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Après le réchauffement des relations Cuba-US, l’inéluctable levée de l’embargo

Les relations entre Cuba et Washington ont entrepris un tournant historique ces derniers jours avec la reprise du dialogue entre le président états-unien Barack Obama et son homologue cubain Raul Castro. Un dialogue qui en réalité a été entrepris depuis plus longtemps mais qui vient de porter ses fruits avec un échange de prisonniers à la clé : condamné à 15 ans de prison pour importation de dispositifs satellitaires interdits à Cuba, l'agent de l'USAID Alan Gross a été libéré coté cubain en échange de trois des "Cinq héros" cubains (les deux premiers ayant été libérés en 2011 et 2013), condamnés à perpétuité par Washington pour avoir infiltré les milieux anti-castristes de Floride et accusés d'avoir infiltré des bases militaires américaines. Washington a également annoncé un nouvel allègement des sanctions drastiques infligées à Cuba depuis plus d'un demi-siècle.

Cependant, le tournant historique reste la reprise du dialogue entre les deux états, qui rompt avec plus de 50 ans de relations économiques et diplomatiques inexistantes, accentués par une série de textes imposant à l'île des Caraïbes des sanctions unilatérales drastiques et contribuant à sa marginalisation au niveau mondial, beaucoup de pays subissant une pression les contraignant à s'aligner sur la position des États-Unis.

C'est ainsi que l'Union Européenne a adopté depuis 1996 une "Position commune" rompant toute relation économique ou diplomatique avec Cuba. Cette résolution, bien que dans les faits peu respectée depuis 2008, notamment par la France qui a conclu plusieurs accords avec l'île, est remise en question depuis 2012 et des négociations ont été entreprises depuis le début de l'année 2014 entre les États membres en vue de son abolition.

Adoptée en son temps par l'ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, cette "Position commune" est remise en question depuis quelques années de par son inefficacité - une quinzaine de pays membres de l'UE entretenant des relations de types économiques ou diplomatiques avec Cuba - mais aussi par l'aberration qu'elle implique. En effet, une résolution de ce type n'est pas appliquée pour des pays tels que l'Iran ou le Zimbabwe, pour lesquels un embargo a pourtant été décrété.

C'est un peu ce qui motive la nouvelle donne posée par les États-Unis. On sentait déjà une volonté chez Barack Obama de revoir la position des États-Unis au sujet de Cuba, ce dernier ayant d'ailleurs déclaré il y a un an, suite à la poignée de main symbolique avec Raul Castro lors des funérailles de Nelson Mandela, qu'il "était peut-être temps pour Washington de revoir ses relations avec Cuba". Cette volonté s'est désormais concrétisée mais il reste une étape à franchir : celle de la levée de l'embargo.

Comme pour la "Position commune" de l'Union Européenne, les sanctions économiques infligées par Washington à La Havane brillent par leur inefficacité et ce depuis 1962. Loin de faire fléchir le régime, elles affectent tous les secteurs de la société cubaine et constituent une entrave au développement de l'île, en plus de constituer une grave violation du Droit international. La fin de cet état de siège économique est d'ailleurs réclamé par une majorité grandissante de voix et de pays, comme le démontre la dénonciation unanime des quinze États membres de la Communauté des Caraïbes réunie récemment en sommet à La Havane. Cuba est aujourd'hui un membre important de l'OEA et bénéficie du soutien d'une grande partie de l'Amérique latine, et l'hostilité de Washington à son égard constitue un obstacle au développement de relations avec l'Amérique latine, et notamment l'Amérique du sud.

Par ailleurs, en octobre 2014, et ce pour la 23ème année consécutive, la levée des sanctions contre Cuba a été votée par 188 pays lors de la réunion annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies. Seul Israël, allié indéfectible des Etats-Unis, lui a apporté son soutien.

A l'intérieur même de l'élite politique outre-Atlantique, nombreuses sont les voix qui estiment que l'embargo contre Cuba doit être levé. C'est le cas d'Hillary Clinton [1], secrétaire d'Etat d'Obama durant son premier mandat, qui estime dans son dernier ouvrage que l'embargo contre Cuba "n'a pas eu les résultats escomptés" et qui a exhorté Obama à assouplir l'embargo, voire le supprimer. C'est aussi le cas de Charlie Christ [2], ancien gouverneur démocrate de la Floride, qui est "arrivé à la conclusion que [les Etats-Unis] doivent lever l'embargo. La définition de la folie est de refaire la même chose en espérant un résultat différent".

Le New York Times [3] a récemment consacré un long éditorial à cette réflexion, dans lequel l'auteur se positionne en faveur d'un rétablissement des relations diplomatiques et économiques avec Cuba :

« Pour la première fois depuis plus de 50 ans, un changement de politique aux Etats-Unis et à Cuba rend politiquement possible le rétablissement de relations diplomatiques formelles et le démantèlement de cet embargo insensé. […] M. Obama devrait saisir l’opportunité de mettre un terme à une longue ère d’inimitié et aider la population qui a énormément souffert […]. Le gouvernement [cubain] a fait part de sa disposition à rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis sans conditions. En guise de premier pas, l’administration Obama devrait éliminer Cuba de la liste du Département d'État des nations soutenant le terrorisme […]. Le gouvernement des Etats-Unis reconnait que La Havane joue un rôle constructif dans le conflit en Colombie en accueillant des pourparlers entre le gouvernement et les leaders de la guérilla. Depuis 1961, Washington a imposé des sanctions pour se débarrasser du régime castriste. Au fil du temps, il est devenu évident pour de nombreux responsables américains que l’embargo est un échec cinglant. […]. Un sondage récent montre qu’une ample majorité de Cubains-américains de Miami sont désormais opposés à l’embargo. Une majorité significative d’entre eux est favorable au rétablissement de relations diplomatiques, reflétant ainsi le point de vue de l’ensemble des Américains ».

 

La levée des sanctions contre Cuba est donc inéluctable, comme était inéluctable la remise en question de la Position commune de l'Union Européenne, ce type de sanction ayant montré son inefficacité malgré plus d'un demi-siècle de mise en application.

 

Lahcen SENHAJI

 

 

Notes :

 

[1] Matthew Lee, « Hillary Clinton demande la fin de l'embargo contre Cuba », The Associated Press, 6 juin 2014.

[2] Agence France Presse, « Charlie Crist critique l'embargo et veut voyager à Cuba », 17 mai 2014.

[3] The New York Times, « Obama Should End the U.S. Embargo on Cuba »


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49 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 18 décembre 2014 17:16

    heu...les Républicains ne veulent pas lever l’embargo...Ils sont majoritaires dans les deux chambres.. !

    Encore de l’enfumage d’Obama.. ?

    • Jean 18 décembre 2014 17:19

      Non, cela va se faire et très rapidement, mais je n’arrive pas à discerner ce qu’il y a derrière, ce n’est pas de l’humanisme, porter encore un coup à Vlad ? Merci de votre article.


    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 décembre 2014 17:20
      Un réchauffement ?

      L’objectif américain étant un redéploiement sur le monde avec une nouvelle approche et une nouvelle stratégie parce que la notion de brutalité chute comme les courbes de popularité et aussi parce que les USA ne sont plus ni craints ni respectés comme auparavant : ils veulent se maintenir dans un monde ou l’arme nucléaire ne dicte plus sa dissuasion et où l’économie mondiale aléatoire peut abattre la plus forte des nations ! Les USA ont déjà leur programme pour l’après OBAMA, ce rapprochement avec Cuba n’est qu’un petit chapitre de ce programme et tout le monde verra la suite dans peu de temps ...

      L e sujet étant donc le même que celui développé par « gruni », voir ma réaction ici : Mohammed MADJOUR (---.---.---.157) 18 décembre 09:29

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/jeb-bush-prochain-president-des-160881#forum4191927


      • oncle archibald 18 décembre 2014 17:29

        J’ai lu de ci de la que les exilés cubains installés en Floride montent au créneau contre la politique souhaitée par Barack Obama pensant que le seul espoir de voir Cuba devenir un pays « convenable » est d’abattre le régime castriste et non de composer avec lui.


        Pour ce conflit comme pour d’autres, et j’irai même jusqu’à dire pour presque tout ce qui demande un choix, les options fondamentales se résument à l’une ou l’autre de ces deux positions : 

        1/ il y a ceux qui détestent, qui vivent dans la haine et le ressassé, qui ne rêvent que de victoire par anéantissement de l’adversaire, 

        2/ il y a ceux qui pensent que la victoire ne peut venir que par adhésion à des idées, que par la force on peut écraser mais pas convaincre, que les solutions obtenues par écrasement de « l’autre » ne sont jamais de bonnes solutions sur le long terme.

        Il n’est qu’à regarder dans quel état se trouvent aujourd’hui l’Irak et l’Afghanistan, la Syrie et Lybie, la façon dont les pays de l’ex URSS ont été soumis au communisme et s’en sont libérés, l’impasse dans laquelle s’est mise Israel face aux Palestiniens, et même, plus près de nous, le « non règlement » de la question du mariage homosexuel qui sans cesse revient sur la table faute d’avoir été honnêtement débattue jusqu’à obtenir un consensus.

        Vous aurez compris qu’inlassablement je milite dans le groupe 2 !



        • gruni gruni 18 décembre 2014 18:27

          Complètement d’accord avec l’auteur sur la levée de l’embargo. Espérons que l’arrivée possible au pouvoir des républicains ne ralentira pas processus. 


          Merci pour l’article

          • L'enfoiré L’enfoiré 18 décembre 2014 19:28

            Enfin, pourrait-on dire.

            Fidel n’a pas été mis au courant des tractations d’après ce qui est dit dans la presse.
            Est-ce qu Fidel est devenu aussi faible ?
            Ou alors Raoul qui a pris le poil de la bête ?


          • César Castique César Castique 18 décembre 2014 20:18

            « Est-ce qu Fidel est devenu aussi faible ? »


            Ou gaga...

          • colza 18 décembre 2014 18:40

            Je suis sûr également que la levée de l’embargo est inéluctable et que même les républicains vont s’y mettre.

            Dans ce deal, toutefois, je ne pense pas que le bien-être du peuple cubain soit l’objectif premier, mais bien la libéralisation de Cuba avec main-mise des Tasuniens sur le commerce et l’industrie.
            Espérons que cela ne signera pas le retour à l’ère pré-castriste où ce pays était à la fois le bordel et la salle de jeu des USA ou la « russification » du pays avec une oligarchie triomphante et le peuple laissé-pour-compte.

            • Lucide bdpif@laposte.net 18 décembre 2014 19:51

              SUr que les Tasuniens sont jaloux de l’industrie et du commerce à Cuba. Cà marche tellement bien ...


              Soyons sérieux ...

            • Le chien qui danse 18 décembre 2014 19:55

              Cuba est le pays du monde qui a fourni le plus important contingent de personnel médical qualifié pour combattre l’épidémie d’Ebola. Cette aide constitue le fer de lance d’une diplomatie de la santé qui a joué un rôle important ces derniers mois dans la détente des relations entre Washington et La Havane.

              Mediapart


            • César Castique César Castique 18 décembre 2014 20:17

              « Cuba est le pays du monde qui a fourni le plus important contingent de personnel médical qualifié pour combattre l’épidémie d’Ebola. »

              Tellement qualifié que celui de leurs médecins qui a contracté le virus, a dû être envoyé, d’urgence, se faire soigner en Suisse, aux Hôpitaux universitaires de Genève.

            • colza 19 décembre 2014 10:16

              Cuba, c’est (quand même) 11 millions d’habitants privés depuis 50 ans du glorieux privilège de faire la fortune de l’industrie alimentaire, textile et technologique.

              Les Tasuniens ont très bien compris le marché que représente Cuba du point de vue économique, industriel et accessoirement touristique (soyez certain que les grandes chaînes hôtelières n’attendent que le feu vert des politiques pour construire de magnifiques « resorts » avec juteux profits à la clé.
              Voyez ce qu’était Cuba à l’époque de Batista. Les mafias cubaines aux USA n’attendent que le retour au pays pour reprendre leurs activités de jeu et de prostitution.
              N’entendez pas, par mon propos, que je suis contre le retour de Cuba dans le « concert des nations », mais simplement que ce retour doit se faire au profit du peuple et non de l’oligarchie.

            • izarn 18 décembre 2014 19:17

              1996 : Encore une casserole contre Chirac et Juppé à l’époque !
              Ceci pour les ahuris qui peuvent croire encore au patriotisme et aux interets de la France qui pourrait venir des corrompus de l’UMP, atlantistes et européistes (C’est kif kif, ajoutez : Enculés)


              • Le chien qui danse 18 décembre 2014 19:56

                Cuba est le pays du monde qui a fourni le plus important contingent de personnel médical qualifié pour combattre l’épidémie d’Ebola. Cette aide constitue le fer de lance d’une diplomatie de la santé qui a joué un rôle important ces derniers mois dans la détente des relations entre Washington et La Havane.

                Mediapart


                • César Castique César Castique 18 décembre 2014 20:16

                  « Cuba est le pays du monde qui a fourni le plus important contingent de personnel médical qualifié pour combattre l’épidémie d’Ebola. »


                  Tellement qualifié que celui de leurs médecins qui a contracté le virus, a dû être envoyé, d’urgence, se faire soigner en Suisse, aux Hôpitaux universitaires de Genève.

                • César Castique César Castique 18 décembre 2014 20:25

                  En ce qui me concerne, je ne vois pas ce qu’il y a d’historique dans le rabibochage d’un pays tropicalo-folklorique avec l’Empire. Pffffffffffff...


                  D’ici que les Ricains fassent réhabiliter Fulgencio, il n’y a pas loin... Après ça, on pourra pas dire que les papes réussissent au communisme smiley

                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 décembre 2014 21:00

                    Il me semble qu’il y avait un peu le feu au lac...
                    Parallèlement aux négociations USA/Cuba, se menaient d’autres négociations...


                    La Russie a signé un accord avec Cuba en Juillet dernier pour réactiver la base militaire russe à Cuba...

                    La Russie mène aussi des négociations militaires avec plusieurs pays d’ Amérique latine, Nicaragua, Argentine, Venezuela..., pour y mettre des bases militaires, ou trouver des ports pour ses navires.
                    Et on a vu des navires militaires russes dans le port de la Havane... à quelques encablures de la Floride...

                    Aller faire soudain des bisous à Castro- frère n’est sûrement que l’effet du hasard....

                    • CN46400 CN46400 18 décembre 2014 21:34

                      Des bases russes à Cuba, ouais, sûrement pour faire remonter le rouble.....


                    • moussars 19 décembre 2014 12:38

                      C’est tellement évident !
                      Il fallait empêcher le risque que Poutine (re)vienne à Cuba en réponse au comportement ricain en Ukraine.
                      Cette annonce fait suite au camouflet à propos de l’abandon du SouthStream (que dire de celui de Nabucco !) au profit du « TurkStream » en réponse au comportement inqualifiable de Bruxelles aux ordres des amerloques.
                      Dans combien de temps la Turquie va quitter l’OTAN au profit des BRICS ?
                      Dans combien de temps l’Europe aura des problèmes d’apporvisionnement en gaz et pétrole ?
                      Les étatsusiens se marrent bien... L’Europe sera encore plus le vassal du pays le plus criminel de l’histoire...


                    • 65beve 18 décembre 2014 22:08

                      Cuba va pouvoir redevenir le bordel des USA.

                      En échange, les cubains pourront à nouveau importer des pièces détachées de Pontiac et d’Oldsmobile.

                      • goc goc 18 décembre 2014 22:39

                        En échange, les cubains pourront à nouveau importer des pièces détachées de Pontiac et d’Oldsmobile.

                        Dans l’état actuel, c’est plutôt les cubains qui pourraient exporté leur savoir-faire et leur production de pièces détaches vers une Amérique habituée à l’obsolescence programmée et au remplacement d’objet des la fin de charge de batterie


                      • COVADONGA722 COVADONGA722 19 décembre 2014 06:27

                         cuba si ! mince pauvre Maugis lui reste plus que la Corée du nord !





                        • antyreac 19 décembre 2014 17:09

                          La Corée du Nord commence elle aussi à s’intéresser au capitalisme

                          Personne n’est parfait.

                        • Ruut Ruut 19 décembre 2014 06:48

                          Cool les cubains vont enfin pouvoir avoir des Os qui plantent et des produits made in china hors de prix, quel progrès.
                          lors que nous voyons SONY ne pas sortir un film car il craint des intrusions sur un OS américain installé sur des ordinateurs américains, maintenu par des américains par des non américains, il y a de quoi avoir des doute sur la fiabilité et la sécurité des logiciels et matériels américains.


                          • Robert GIL Robert GIL 19 décembre 2014 08:23

                            Cuba a fait des choix sociaux et économiques. Ce pays sans ressources naturelles importantes (sauf le nickel soumis à embargo US) mais bénéficiant de soleil, de plages et de paysages paradisiaques s’est retrouvé du jour au lendemain, après l’écroulement de l’URSS, amputé de 80% de ses exportations et d’un chiffre similaire d’importations venus de l’est européen. Quel pays aurait pu rester la tête hors de l’eau au milieu d’un tel désastre ?

                            .

                            Au cours de la période dite « spéciale », les Cubains ont souffert durement une dizaine d’années de pénuries presque totales. C’est dans cet environnement de dénuement que les Cubains ont su trouver en eux mêmes des solutions comme la production agricole bio à la porte des villes ainsi que la mise en circulation et la découverte de médicaments à base de plantes locales. Pendant toute cette période, pour sortir du marasme, le gouvernement cubain a choisi d’investir prioritairement dans deux secteurs : le tourisme en ayant conscience du danger de la « dollarisation » des esprits et la santé avec l’accueil de milliers d’étudiants étrangers venus majoritairement d’Amérique latine et d’Afrique et surtout l’ouverture de laboratoires de recherches dotés de moyens avec à proximité des centres de production de plantes médicinales. Toutes les provinces disposent de domaines de plusieurs centaines d’hectares produisant herbes, fruits, jusqu’à des écorces, où travaillent des spécialistes de haut vol. Des entreprises considérés comme « stratégiques », placées souvent sous haute surveillance.

                            .

                            voir : CUBA AU TOP DE LA RECHERCHE MEDICALE


                            • Deneb Deneb 19 décembre 2014 09:12

                              Tiens, tiens, les cocos fusionnent avec la secte bio. C’est vrai que le communisme devient de plus en plus quantique...


                            • asterix asterix 19 décembre 2014 10:26

                              Bonjour Robert,

                              Ma réponse sera d’une toute autre teneur que l’analyse de ce « fait historique » qu’est le rétablissement de relations diplomatiques que je propose à nos lecteurs ci-dessous.
                              Elle ne repose pas sur de la vague propagande dont tu te fais l’interprête, mais sur des faits tangibles et vécus. Et elle sera même double, ne t’en déplaise.
                              N’oublie pas que moi, j’ai vécu 4 ans à Cuba et cela m’a ouvert les yeux.
                              Dois-je t’acheter une paire de lunettes à double foyer ?
                              Première expérience :c’était la première fois de ma vie que j’attrapais la gale et je rentrais en Belgique quelques jours plus tard. J’te dis pas l’avion, j’ai reçu les deux derniers sièges pour moi tout seul, comme si j’étais un pestiféré. Service des urgences, houlàlà c’est grave. Rendez-vous dès demain chez un spécialiste, du fric à payer pour notre médecine gratuite, le spécialiste, qui m’envoie chez un autre spécialiste qui finit lui-même par m’envoyer à l’Institut de médecine tropicale à Anvers. Traitements coûteux, bains de je ne sais quoi, cinq, six séances différentes, je ne me souviens plus. Mais après trois semaines, miracle, j’avais à nouveau la peau d’un bébé, un bébé de 50 ans. J’en ai maintenant bien plus, c’est le genre de truc qui ne marche jamais à revers.
                              Vive la médecine occidentale ! J’ai dû lui coûter un maximum mais peu importe, la peau d’un bébé te dis-je.
                              Seconde expérience : de retour à Cuba quelques mois plus tard, à nouveau le même problème pour avoir dormi en province chez des « familiares » sur le chemin de Trinitad, une ville dont le centre est encore totaleent 18ème sièce, c’est magnifique. J’en avais le droit puisque j’étais marié avec une cubaine.
                              La catastrophe ?
                              Et ce d’autant plus que je n’allais pas rentrer à Bruxelles avant au moins six mois !!!
                              ET BIEN PAS DU TOUT ! 
                              Au retour, mon ex me conduisit à l’hôpital d’Habana Centro, avenida 5, celle que les Cubains n’ont jamais appellée avenida Salvator Allende, malgré les ordres de Fidel.
                              Crasseux l’hôpital, je n’étais guère rassuré mais sans solution de rechange. Je fus reçu endéans les dix minutes par une grosse doctoresse noire qui avait un cigare à la bouche. Elle se retourna vers mon ex et lui posa une question :
                              - Est-ce qu’il se lave au moins ton extrangero ?
                              - Beh oui, nous n’avons toujours pas l’eau courante mais la Pipa ( la citerne à eau ) passe tous les jours et nous montons alors cinq seaux d’eau à la corde au troisième étage. Il se lave même avec du savon venu d’Europe, tu sais !
                              - T’en as un pour moi ?
                              - Oui si tu viens le chercher chez nous, c’est à 300 mètres d’ici. Mais comment va t’il faire pour se soigner ? Regarde,carida : il est plein de boutons et se gratte tout le temps, on ne sait même plus b...
                              - Ennuyeux cela !
                              - Oui, plutôt...
                              - Bon, ce n’est pas grave. Mais comme il n’y a pas de médicaments, va plutôt acheter - là je ne sais plus quelle plante - à l’herboristerie et il sera guéri en trois jours.
                              - Merci, companera ! Et que coûte la consultation ?
                              - Rien, ici la médecine est gratuite. Mais n’oublie pas le savon que tu m’as promis !.
                              Chose due, chose faite.
                              ET TROIS JOURS PLUS TARD, j’avais la peau d’un bébé, un bébé de 51 ans...
                              Rien à dire : vive la médecine cubaine

                              Pourquoi suis-je intervenu dans ton sens puisque, ce n’est un secret pour personne, je suis totalement opposé au système castriste ?
                              Mmh, pas tout à fait dans ton sens... Nous partons cette fois quelques mois plus tard pour la province de Camaguay, afin de visiter une coopérative piscicole dans le cadre de la préparation de mon bouquin. Miracle, un de plus, ma vieille Ford 1948 arrive à bon port ! En deux jours et avec au moins 300 litres d’essence ...à un dollar le litre puisque je ne suis pas un privilégié du régime qui reçoit des bons qu’il utilise ou échange contre de la bouffe, c’est selon.
                              Nous nous arrêtons donc à mi-chemin chez un vague cousin et sa famille. Catastrophe, le mec qui conduisait un tracteur d’état encore en état de marche ( un miracle absolu, celui-là ! ) a versé dans le ravin. Il a une fracture ouverte entre le coude et l’épaule, on voit l’os qui a transpercé la chair, c’est horrible à voir. Il geint, c’est atroce. On le conduit donc au dispensaire local à bord de la vieille Ford car il n’y a que des charriots à boeufs au village. Vingt litre de carburant supplémentaires, ce n’est rien puisque c’est pour la bonne cause. Promis-juré, on reviendra prendre de ses nouvelles au retour. Sorry ( enfin non : disculpe ) voilà 20 dollars cadeau, je ne sais pas t’en donner plus, dis-je à sa femme. Tout ira bien, tu verras.
                              Mwais...
                              On repasse trois semaines plus tard, le mec était affalé sur un lit de paille, il avait la fièvre, on lui AVAIT COUPé LE BRAS jusqu’à l’épaule. Cinquante autres dollars cadeau, une fortune. Désolé-disculpe, il m’en faut absolument garder 200, il reste 200 km jusqu’Habana et je dois garder de quoi payer l’essence. Ma Ford 1948 n’est toujours pas tombée en panne, mais il faut prévoir...
                              Deux mois plus tard, j’ai appris que le gars était mort d’une septicémie foudroyante.
                              C’est tout, Robert. Tu en conclus ce que tu veux...


                            • Robert GIL Robert GIL 19 décembre 2014 11:29

                              je peux te faire l’inverse de ton discours en disant que j’ai vecu 5 ans a cuba et un autre peut faire d’un exemple catastrophique qu’il a vecu en france une generalité ;; ;


                            • asterix asterix 19 décembre 2014 12:19

                              Mon petit Robert,

                              La différence entre toi et moi, c’est que tu fais de tes généralités des certitudes et moi je n’exprime que mes doutes. Je ne vois pas en quoi, alors que j’ai au moins trois faits véridiques qui me sont arrivés à Cuba en réserve, dont ce qui est arrivé à ma belle-soeur dans le même hôpital d’Habana centro que tu peux retrouver via mon espace personnel. Je ne t’en sors qu’un, ce qui fera au total trois sur quatre, tu ne pourras donc pas m’accuser de faire de la propagande, de l’anti-propagande répétitive. J’y ai un jour offert 8.000 doses individuelles d’Augmentin dans le cadre de l’association humanitaire pour laquelle je travaillais à titre gratuit, on m’a reçu comme le camarade étranger qui soutenait la révolution et le lendemain, elles étaient toutes volées.
                              Il me semble également que le rapport de ma consultation dermato à l’hôpital d’Habana centro ne va pas du tout à l’encontre des principes, pour toi ABSOLUS, que tu défends.
                              Je pense que le communisme est une doctrine qui ne réussira jamais, mais qu’il y a des gens qui y croient et mettent leurs actes en corrélation avec leurs pensées. Ceux-là sont pour moi admirables.
                              Et les autres de la merde.
                              Fais-tu partie de la majorité ou de la minorité ?
                              Tu sais bien de quel côté est la minorité, non ?


                            • Yvance77 Yvance77 19 décembre 2014 12:24

                              « c’était la première fois de ma vie que j’attrapais la gale »...
                              .
                              Moi aussi mais c’était à Menton - Alpes-Maritimes été 1986 ... que dois-je en déduire si je suis votre logique ?


                            • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2014 17:58

                              Yvance, Il y a une différence énorme entre Menton où j’ai été plusieurs fois et Cuba, où je n’ai été qu’une fois et qui entrera dans ma liste de pays ou d’endroit que je ne mettrai plus les pieds avant un changement fondamental.Des anecdotes, j’en ai aussi ; Allons-y : C’était au printemps 1996 pour situer.La péninsule de Varadero est le plus souvent la porte d’entrée des touristes dans ce monde d’exception, ce ghetto de faux riches qui ignorent l’extérieur et qui s’ignorent entre eux.

                              D’abord, le vol avec la Cuban Airline à bord d’un Iliouchine, avion drastiquement rustique. Une fois atterri à La Havane, pour regagner son hôtel dans cet endroit de rêve pour touriste, celui-ci est tout de suite mis au parfum de l’ambiance. La réflexion qui vient tout de suite, c’est la comparaison entre nos méthodes de ralentissement de nos autos. Chez nous, on installe à coup de monnaies des casses vitesse. A Cuba, pas de problème, c’est gratuit : on laisse faire la nature. Les slaloms commencent donc pour éviter les nids de poules laissés par les ruissellements. D’après, le film d’Antoine, les routes seraient devenues des billards ! Oui, entre Varadero et La Havanne, et encore, pas partout.

                              Arrivé à l’entrée de Varadero, contrôle avec barrière et guérite. La plaque minéralogique avec numéro spécial donne le tempo et le sésame ou non.

                              Les hôtels internationaux vont se succéder à un rythme accéléré plus prestigieux les uns que les autres avec des allures américaines. Luxe et volupté contrastant avec les préliminaires vus sur la route. Rien n’est trop beau pour satisfaire ce pourvoyeur de moyens financiers pour le pays.

                              Les panneaux publicitaires ont progressivement remplacé ceux qui montraient la gloire de la « revolucion » et de son leader, « el commandante ».

                              Le dollar se sent à plein nez tout en étant interdit officiellement à l’extérieur de l’enceinte.

                              La visite de La Havane va confirmer les impressions de départ avec des surprises de taille. Dans la voiturette moderne, le guide résiste aux questionnements avec le sourire le plus convainquant.

                              Pour comprendre, il faut prendre du recul et rien ne vaut une vue du fortin en face de la capitale. C’est beau de loin, c’est sûr. Les monuments sur l’autre rive se perdent dans une ville qui cherche son modernisme. Sera-ce le même topo sur l’autre rive au plus près ?

                              La traversée de la baie mène droit au Musée de la Révolution. Un tank trône, en avant plan du bâtiment, fier d’avoir repoussé l’envahisseur impérialiste. Car cette « Revolucion » est le leitmotiv, le fil rouge de ce demi siècle cubain puisque « La Revolucion es construir » trône sur une façade décrépie et « La Revolucion necessita sacrficios », sur un mur. Le passé de la résistance contre un embargo est volontairement le seul souvenir que l’on veut graver à jamais dans les esprits. Ce passé est tour à tour montré et caché comme si l’autorité avait voulu arrêter le temps les armes à la main.

                              Les voitures ne courent pas les rues, elles y trottinent de peur qu’elles ne se cassent. Elles ont un âge canonique de 40-50 ans et on les entretient. Trouver les pièces de rechange est une préoccupation majeure. Véritable musée ambulant qui vaut tout de même au mieux 150 mois du salaire le plus élevé d’un médecin. La médecine est gratuite ici. Les médicaments brillent, en revanche, un peu par leur absence. Le logement est aussi un problème majeur reconnu par le régime.

                              Alors, on répare, on bricole et on parvient à rouler vaille que vaille. Les moyens de transports publics quand par chance, ils passent toutes les heures, on les veut les plus efficaces possible au détriment d’un confort.

                              El camello« , »le chameau« comme on l’appelle, est là. Embarquons dans ce long bus.

                              Sur l’immense place de la Révolution, on croit entendre les discours de Fidel Castro tellement ils ont imprégné les heures des premiers mai.

                              Le Capitole se veut être une copie de l’original de Washington.

                              Volontairement, un plongeon dans ce passé que l’on veut oublier et qui revient lancinant, les différents endroits célèbres qui ont hanté Hemingway, le restaurant Floridita, le bistro Bodeguita. Les photos, les signatures rappellent ces moments d’un autre espace temps. On veut les ignorer, on les pousse avec nostalgie à la vue du touriste pour probablement ne pas le désorienter.

                              Très vite, la visite guidée mène à l’immense place de la révolution où le monument du poète José Marti trône en maître avec le Che rappelant la tribune aux discours fleuves du président et avec les Ministères, aux bâtiments plutôt austères et secrets.

                              La visite suivante ne va pas passer par les échoppes d’aujourd’hui. Hors du cycle touristique, elles étonneraient le touriste, habitué aux grandes surfaces, supermarchés avec profusion de marchandises. Les gens d’aujourd’hui ne sont pas habilités à donner un avis sur leur vie. »On se partage la précarité, les combines et les sacrifices dans une interminable course de fond« , comme l’écrit l’écrivain cubain Fernando Leonardo Padura

                              Bien au contraire, on oriente ensuite le touriste vers le cimetière avec ses mausolées de personnages de la pègre, mafias d’avant révolution et qui ont sévi grâce à la prostitution en contournant la prohibition de l’autre côté. Epoque qui n’est pas plus enviable. 

                              Quelle est la raison de ce choix ? Je sais dans certains pays, on visite les catacombes, mais cela fait partie d’histoires bien plus anciennes. La visite continue après le musée où plastronne en évidence la statue de Christophe Colomb, qui est passé dans ces parages dans son rôle de découvreur du nouveau monde. Monde qui, ici, a suspendu son vol. Nous sommes dans l’histoire, mais c’est un peu la préhistoire, la période d’avant la révolution qui impressionne et que l’on montre avec ostentation. Une archéologie que l’on veut plus libertaire et plus libertine.

                              La place de la cathédrale va essayer de s’extraire au jour le jour, de refaire le plein de touristes et de dollars. On parcourt, on fréquente des échoppes à la sauvette. Le tour des belles, aussi, qui sont là pour satisfaire ces voyageurs en mal d’aventures nocturnes bien rémunérées par ces mêmes billets verts interdits.

                              Interdit ces billets ? Oui et non.

                              La place de la cathédrale va essayer de s’extraire au jour le jour, de refaire le plein de touristes et de dollars. On parcourt, on fréquente des échoppes à la sauvette. Le tour des belles, aussi, qui sont là pour satisfaire ces voyageurs en mal d’aventures nocturnes bien rémunérées par ces mêmes billets verts interdits.

                              Interdit ces billets ? Oui et non.

                              Dans la légalité, il faut échanger ces beaux billets verts dès l’entrée dans le pays contre la monnaie locale qui n’aura évidemment cours que sur place. Le peso local sera converti en CUC, une première fois à raison de 25 pesos par CUC convertible en dollars. Pour tous les Cubains, le rêve ultime est d’entrer en contact avec un étranger, considéré comme une sorte de banque de charité ambulante. Le salaire mensuel moyen équivallant à peu près à 10 euros, sera payé en pesos, en CUP, le peso cubain, sans valeur à l’extérieur du pays et la nourriture en CUC reliée à son tour en dollar. Dans le magasin, les bons de rationnement s’échangent contre le kilo de riz et les haricots rouges. Le médecin et le policier sont au sommet de la hiérarchie des salaires et doivent se contenter de 800 pesos par mois. Le marché noir est là. On y trouve pour 35 pesos un steak d’une livre, mais il faut aimer la graisse. Vu l’état des routes et les distances importantes, tous déplacements se résument pour des transferts en avion. Mais avec quel avion ?

                              - Je n’ai pas demandé de faire du parachutisme, ai-je eu l’intention de faire remarquer à la vue de l’un d’entre eux.

                              Car l’impression est bien là. Tout y est. Dans la carlingue de l’Andronov, on se regarde en face de chaque côté de la carlingue, on se sourit, pas très rassurés. Le cockpit est ouvert. Pendant la visite, pas besoin de chercher le pilotage automatique. Les nuages sont nombreux et on danse en coeur. Quinze minutes de vol et ce qui devait arriver, arriva. On doit faire demi tour, la piste à destination est impraticable due aux intempéries. Dure loi de la nature. Dure loi de la faiblesse des moyens.

                              Fin de l’histoire et peut-être une autre qui commence aujourd’hui.

                              Fidel n’a pas été au courant des échanges entre Obama et Raoul, peut-être aurait-il été contraire à dire »Yo sigo siendo el Presidente"


                            • asterix asterix 20 décembre 2014 20:23

                              A Yvance, une petite question : et le jour où tu as eu une petite écharde au bout de l’index, l’hôpital de Menton t’a t’il coupé le doigt ?


                            • asterix asterix 19 décembre 2014 09:21
                              C’est déjà toute la différence entre un effet d’annonce et la réalité tangible du terrain. Finalement, hors des relations diplomatiques qui existaient depuis longtemps via « la Représentation » disent les Cubains en montrant du doigt le plus moderne immeuble de Habana, le plus moderne mais également le plus inaccessible et le plus protégé, qu’est l’Ambassade suisse qui représente, doux euphémisme, le long du Malecon les intérêts américains, qu’il y a t’il de changé ?
                              Pratiquement : rien !
                              Théoriquement beaucoup puisque le rétablissement des relations entre les deux pays signifie d’abord la fin d’un état de guerre - tout aussi théorique - entre les deux pays qui dure depuis 1962.
                              Et en fait, l’article le souligne et je l’avais abordé hier : l’embargo, source de toutes les discordes et interprêté différemment selon l’opinion politique de tout un chacun, ne sera pas levé de sitôt car il dépend, côté américain de la révocation de la loi Heyles-Burton, prérogative du Congrès ...à majorité dorénavant républicaine. La réaction quasi sauvage du Sénateur de Floride Marco Rubio - un cubain naturalisé comme le furent beaucoup d’opposants au régime castriste - est très symptomatique à cet égard : ce sera non, mille fois non et sans aucune condition, point.
                              Vu côté américain, la question est plus d’ordre intérieur qu’international. Elle devrait être posée ainsi : pourquoi diable Obama, qui fait la guerre partout dans le monde, trouve subitement nécessaire de se rapprocher de Cuba ? Je n’y vois pas l’expression d’une morale subitement retrouvée, mais un calcul dans le fond évident. L’élection américaine, depuis Clinton, se joue exclusivement sur le vote hispanique. On pourrait donc envisager qu’il se prive volontairement, ou plutôt prive les Démocrates du vote de Floride qui est quand même perdu pour s’assurer celui des autres hispanophones qui, eux, n’ont pas une vision nationaliste mais culturelle de leur vote et seraient donc susceptibles d’apporter dans un bel ensemble leur voix si courtisée au clan démocrate plutôt que républicain et, par là, empêcher la probable élection du candidat qui sera désigné par les plus conservateurs redevenus majoritaires et plus dangereux encore pour la paix dans le monde que ne le fut et l’est encore l’impérialisme made in USA, version démocrate.
                              Donc, l’initiative d’Obama n’est qu’un prétexte qui ne lui coûte rien et ne crée aucune avancée, cqfd.
                              Plus dingue encore et ce n’est relevé nulle part, l’interlocuteur, je cite Raoul Castro, fut - remémorez-vous l’affaire Ochoa, numéro 3 du régime fusillé d’urgence après un procès mascarade pour l’empêcher de parler - le plus grand passeur de cocaïne au monde durant les années 80, lorsque c’était le cartel de Medellin qui régnait en maître sur le marché. Donc, si le rapprochement avec Cuba est positif, il n’en revient pas moins que les Etats-Unis s’assoient royalement sur leur propre morale en envisageant de donner à un traficant de niveau mondial, assassin de surcroît,, l’opportunité d’être reçu avec tous les honneurs à Washington.
                              Fallait-il donc que les vrais motifs de ce rapprochement, forcément cachés, soient si impérieux ?
                              La CIA qui dispose du vrai pouvoir, prépare t’elle une révolution de couleur à La Havane aussi ?
                              Je pense que c’est là la vraie raison. Un mouvement de révolte sur l’île communiste ( ? ) se fera dans un bain de sang, car le peuple cubain, victime depuis toujours, sera le moment venu seul et mains nues face à un régime surarmé parmi les plus répressifs au monde et personne ne l’aidera, sauf de manière indirecte.
                              Et nos amis Amerlocks auront beau jeu d’agiter une fois de plus les droits de l’homme, leur version des droits de l’homme... Quand on vous disait que politique et morale sont antinomiques. C’est toujours le plus retors qui gagne. En l’occurence, Obama réussit à se montrer plus diabolique en la matière qu’un régime qui a pourtant montré depuis le 1er janvier 1959, et ce malgré une propagande intense qui en fait le protégé d’une certaine extrême gauche toute aussi aveugle ou de mauvaise foi que sa consoeur de droite, n’avoir de leçon à recevoir de personne.
                              Pobre pueblo cubano une fois de plus victime d’une real politik qui le dépasse...
                              .
                              Alain Sapanhine c/o Asterix

                              • asterix asterix 20 décembre 2014 20:27

                                Tiens, tiens, ici il n’y a aucun clown pour me répondre que je suis c..., de mauvaise foi ou menteur !!!
                                Ils se contentent de moinsser, le manque d’arguments sans doute...


                              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 décembre 2014 10:37


                                Cherchez plus midi à 14 heures, il y a du pétrole dans les eaux territoriales de Cuba.
                                La Russie a annulé 90% de la dette cubaine pour un meilleur accès au pétrole cubain.


                                • asterix asterix 19 décembre 2014 12:56

                                  Depuis le temps qu’on le sait ! Mais il est bourré de souffre et on l’exploite au moins, je dis au moins puisque je l’ai de mes yeux vu sur la route qui longe la côte des plages de l’est à Matanzas.
                                  Le matériel est obsolère et, encore et toujours américain. Il ne date pas d’avant la guerre de Sécession, mais c’est tout juste.
                                  Rien ne fonctionne à Cuba, c’est encore et toujours à cause de l’embargo, rien que de l’embargo...


                                • Yvance77 Yvance77 19 décembre 2014 11:09

                                  En tout cas chapeau à Cuba qui a tenu ferme malgré toutes les saloperies subies par Uncle Sam...
                                  .
                                  Castro a eu au moins les couilles montées façon pastèque... et ce ne sont pas nos conducatorx qui peuvent en dire autant ; tous occupés qu’ils furent et sont à faire des pipes à tous les présidents US


                                  • asterix asterix 19 décembre 2014 12:45

                                    Malgré ton curieux drapeau, tu énonces là une vraie vérité.
                                    Chapeau d’avoir résisté ! Le prix fut colossal et les illusions perdues, mais Cuba la rouge a résisté.
                                    Dans un autre média, je terminais mon intervention en disant que je souhaite de tout coeur à Cuba de garder le peu, le très peu d’acquis sociaux de la Révolution
                                    Et j’en concluais : ADELANTE REBELDES !
                                    Aucun de ces crétins qui défendent en bloc le bilan de Fidel ne fait partie de cette catégorie. Ce sont tous des conservateurs égarés dans leurs certitudes. Des croisés de la catéchèse ; ils n’en changeront jamais. Des anathèmes sur clavier, des zombies du web.

                                    Merde, ton drapeau est vachement bizarre.
                                    Tu ne peux pas en mettre un autre à la place ?
                                    Non, non ! Le drapeau de l’oncle Sam, qu’allais-tu penser ?
                                    Tiens, même Spartacus rigole et eux pas ! 


                                  • Yvance77 Yvance77 19 décembre 2014 13:30

                                    « Merde, ton drapeau est vachement bizarre. »
                                    .
                                    En quoi ? L’UE actuellement ce n’est pas cela ? Une dictature soft et fachisante à la solde d’intérêts déservant tous les peuples la composant !

                                    « Tu ne peux pas en mettre un autre à la place ? »
                                    .
                                    Je considère que cet avatar représente parfaitement au contraire ce qu’est cette Europe dont le cri serait « UsraHeill » si elle pouvait vociférer quelque chose... aussi je ne vois pas pourquoi en changer !


                                  • César Castique César Castique 19 décembre 2014 16:04

                                    « Chapeau d’avoir résisté ! Le prix fut colossal et les illusions perdues, mais Cuba la rouge a résisté. »


                                    Et on frémit en pensant aux privations inhumaines que s’est infligées le couillou façon pastèques, dont nous cause l’agent 77.

                                    P.S. - J’attends peinardement les jours de liesse populaire qui succéderont à l’effondrement total du régime. Je copie-colle dans mon dossier « prévisions » et je prends date avec les sceptiques plus ou moins indignés.

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