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Après les affaires récentes, quelle indépendance pour l’Etat et les responsables publics ?

Quelles leçons tirer des convulsions institutionnelles et politiques qui ont accompagné des affaires comme Clearstream ou encore les crises d’EADS et de l’Airbus ? On semble chercher à présent à en noyer la mémoire par une fausse impression de normalité. La situation internationale, la chaleur, les vacances... aidant. Malgré cela, on voit émerger des problèmes sérieux et chroniques qui ne datent pas des années récentes. Les décideurs au gouvernement, dans l’opposition ou ailleurs doivent aux citoyens une analyse transparente de leurs causes profondes. Faute de quoi, à la veille des élections de 2007, les citoyens se verront dans la nécessité de mener sans eux cette réflexion et d’en tirer les conséquences qui risquent de s’imposer lorsque, toutes tendances confondues, ces mêmes décideurs ou leurs amis politiques viendront solliciter le vote populaire.

Au milieu de nouvelles qui se veulent rassurantes sur les commandes et les livraisons d’Airbus, on apprend tout de même qu’EADS "pâtira en 2006 des soucis d’Airbus" et que le constructeur d’avions "a dû dépêcher de nombreux collaborateurs de ses sites allemands pour celui de Toulouse". Quant à l’affaire Clearstream, alors que le général Rondot revient sur sa déposition du 28 mars et affirme notamment que "le patronyme de M. Nicolas Sarkozy ne figurait pas sur les documents reçus", les notes secrètes de la DGSE récemment déclassifiées semblent mettre en évidence des rapports complexes entre Imad Lahoud et la DGSE, perturbés par l’entrée en scène de Jean-Louis Gergorin.

Quel que soit le résultat des enquêtes qui restent à mener, on semble bien avoir affaire, d’une part à des dysfonctionnements de la coupole industrielle publique et privée, et de l’autre à d’incroyables mélanges de genres entre l’industrie, le renseignement, la politique et d’autres activités. Mais est-ce un problème spécifique à la France ? Est-ce la faute au rôle de l’Etat dans le pays depuis la Libération ? Ce sont des questions sur lesquelles porte le débat au sein des "élites". Autant que les citoyens en discutent dans la transparence.

Lors de l’incident du 15 juin à l’Assemblée Nationale, François Hollande s’était plaint qu’"EADS, un des fleurons de notre industrie aéronautique, en France comme en Europe, est aujourd’hui ébranlé par le comportement de l’un de ses dirigeants" dans l’affaire des stock-options. Si le gouvernement en venait à lui confirmer sa confiance, "cela signifierait que nous sommes dans l’irresponsabilité générale, oui, dans l’irresponsabilité générale, puisqu’un président d’entreprise peut se comporter ainsi sans avoir été rappelé à l’ordre par l’État". Dans une réponse très controversée sur la forme, le Premier ministre avait évoqué une absence de "véritable politique industrielle" de la part du Parti Socialiste, un recours à la "facilité" de ses dirigeants "en matière de politique énergétique" et une gestion n’ayant "jamais cessé de brader" le service public, faute de "faire le nécessaire pour les entreprises publiques". Le mini-scandale semble s’être soldé par l’arrivée d’un "patron de gauche" au sommet d’EADS. Etait-ce l’objectif "terre à terre" de François Hollande ?

Mais un article de Ross Tieman paru dans The Observer du 25 juin n’a guère accordé d’importance à ce débat. L’auteur pourfend ce qui lui apparaît comme un protectionnisme industriel de l’Etat français et un "capitalisme entre copains" ("crony capitalism"). Il évoque l’affaire Clearstream en traitant Jean-Louis Gergorin de "pote de De Villepin" ("chum of De Villepin’s") et rappelle que Jacques Chirac en personne avait soutenu la nomination de Noël Forgeard à la co-présidence d’EADS. S’il s’en prend à "De Villepin et sa bande" ("De Villepin and crew"), c’est en tant que représentants d’un monde où "l’économie de marché n’est pas jugée légitime". Ce qui serait, semble-t-il, la faute à une "philosophie catholique anti-profit alliée à un socialisme d’après-guerre". En bref, l’Etat français devrait "sortir" de la gestion d’EADS et laisser faire les partenaires privés. A un moment où le nom de Louis Gallois circule déjà, Ross Tieman s’indigne d’une déclaration de Dominique Perben estimant que le fait d’être sortis tous les deux de la même promotion de l’ENA rendrait plus facile d’échanger des idées : la France est dirigée par une élite restreinte ("a tiny elite"). C’est vrai que Noël Forgeard "n’est que" polytechnicien...

Que la France est gouvernée par une "élite" restreinte et que c’est une très mauvaise chose, cela paraît certain. Mais la lecture d’ouvrages récents comme "The Chosen", de Jerome Karabel, ou encore "Privilege", de Ross Gregory Douthat, montre l’existence aux Etats-Unis d’une coupole sociale également "élitiste" et coriace. Pareil pour la Grande-Bretagne. Quant aux "affaires", Enron n’a pas été triste et a amené des critiques qui paraissent difficiles à réfuter. En matière de mélanges de genres institutionnels, l’exemple du Vice-Président Richard Cheney met en évidence que la politique américaine ne se soucie guère de principes tels que la "séparation de carrières". A la forme près, les dérives sont les mêmes partout. Il reste, toutefois, que les responsables publics et politiques français ne se voient pas interdire la fréquentation, au sein des cercles d’influence, des représentants des milieux industriels et financiers privés. C’est vrai en France, dans une association comme le Siècle (dont Jean-Louis Gergorin a souvent fait partie) qui a même été présidée par le Vice-Président en fonction du Conseil d’Etat, mais aussi au niveau international.

Le secrétariat de la Commission Trilatérale m’a très aimablement fait parvenir la relation de ses membres en date de juillet 2006. Comme l’indique son site, la liste peut être demandée par un simple courrier électronique auquel il est répondu de la même façon. Parmi les membres français, je découvre, ensemble avec des dirigeants de l’industrie et de la banque privées, des personnalités qui se définissent notamment par l’appartenance à des corps de l’Etat (deux ambassadeurs) ou par l’exercice de fonctions à caractère public (un député ancien premier ministre, un député européen), mais surtout :

- l’actuelle présidente d’AREVA, alors que cette entreprise publique n’a pas été privatisée ;

- l’actuel président de l’Assemblée Parlementaire de l’OTAN ;

- un magistrat très connu, présenté en tant que premier vice-président du Tribunal de Grande Instance de Paris ;

- le président du Conseil de surveillance de la Caisse Nationale de Prévoyance, dont les deux principaux actionnaires sont la Caisse des Dépôts, investisseur institutionnel public, et Sopassure qui appartient par moitié à La Poste.

A sa réunion annuelle d’avril dernier, la Commission a tenu une séance intitulée : "Nouveaux défis de la prolifération nucléaire", présidée par l’ancien secrétaire d’Etat US Henri Kissinger. Parmi les intervenants se trouve la directrice des affaires stratégiques du Commissariat à l’Energie Atomique français, apparemment sur le sujet : "affaire iranienne".

La Trilatérale serait-elle un organisme public ? Tel ne semble pas être le cas. Sa déclaration de principe précise qu’elle a été fondée en 1973 par des citoyens ("private citizens"). Elle ne fait état d’aucun mandat gouvernemental ni international. Créée pour "favoriser une plus étroite coopération" entre les pays dits "industrialisés et démocratiques" de trois continents, à l’époque le Japon, les Etats-Unis, le Canada et les pays de l’Europe occidentale, la Trilatérale cherchait à mettre en place "le rassemblement officieux du plus haut niveau atteignable pour examiner ensemble les problèmes essentiels" qui se posaient aux milieux dirigeants des pays riches. Les Etats-Unis ne se trouvant plus, à l’intérieur de ce groupe de pays, dans la même situation d’hégémonie qu’au début de l’après-guerre, il fallait rechercher une forme de gouvernance "partagée" plus appropriée pour le "système international".

A présent, la Trilatérale s’estime indispensable pour aider à l’exercice de cette "direction partagée" d’un "système international plus large". Son Groupe Japonais est devenu le Groupe de l’Asie du Pacifique, l’Union européenne s’est élargie et des personnalités mexicaines ont rejoint le Groupe de l’Amérique du Nord de la Commission. Des citoyens influents d’autres pays : Chine, Conseil de l’Europe "hors Union Européenne", Amérique du Sud... y participent également. L’objectif étant de promouvoir "une pensée et une direction partagées" dans le contexte de la "mondialisation".

Les membres de la Trilatérale (environ 350) sont "des dirigeants éminents du monde des affaires, des médias, du milieu académique, du service public, du syndicalisme et d’autres organisations non gouvernementales de ces trois régions du monde" (Asie du Pacifique, Europe, Amérique du Nord) "à l’exclusion des ministres en exercice". Le président de la principale centrale syndicale des Etats-Unis, l’AFL-CIO, fait partie du Groupe de l’Amérique du Nord.

C’est dans ce critère d’incompatibilité très faible, qu’un problème de déontologie me semble rester non résolu, sans chercher à entreprendre ici une critique de fond des objectifs et de l’action de cette Commission. Disons d’emblée qu’à mon sens ce sont les gouvernements, les parlements, les instances internationales, le mouvement syndical, les partis politiques... qui devraient aborder très sérieusement la question des incompatibilités d’appartenances. Mais tel ne semble pas être vraiment le cas. Les biographies des membres de la Trilatérale ne font d’ailleurs apparaître aucune "séparation des carrières". En ce qui concerne la participation française, mais aussi en partie celles des autres pays de l’Europe occidentale, on est loin d’une quelconque application de la "théorie des apparences" évoquée dans mes articles des mardi 25 et vendredi 28 juillet. De surcroît, à l’examen d’informations plus anciennes concernant la Trilatérale ou le Siècle, il n’apparaît pas que cette situation se soit créée au cours des années récentes. Elle s’est mise en place depuis les années 1970 et n’a cessé de s’aggraver, sans qu’aucun parti politique avec une certaine influence ne s’en plaigne. Le Groupe de Bilderberg en fournit un autre exemple, n’en déplaise à ceux qui crient à la "théorie du complot".

En somme, contrairement à ce que laisse entendre l’article de Ross Tieman dans The Observer, le véritable problème ne semble pas être celui de l’indépendance de l’industrie ou de la banque par rapport à l’Etat, mais bien son contraire. A savoir, comment garantir l’indépendance de l’Etat, des fonctionnaires, des responsables publics, de la coupole politique et syndicale... par rapport aux grands réseaux d’influence et aux géants financiers et industriels multinationaux. Le silence général du monde politique par rapport à ces questions de déontologie essentielles pour la démocratie ne peut qu’inquiéter tout citoyen conscient, quelles que soient les idées dont il se réclame. Des explications claires nous sont dues, de toute urgence, avant les élections de 2007. Sans quoi, il faudra sanctionner les politiques évasifs par un désistement d’office, faute de production de leur exposé en temps utile.


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18 réactions à cet article    


  • alberto (---.---.73.166) 1er août 2006 11:04

    Bravo et encore bravo pour cet article qui met en lumière les collusions du monde des affaires et de la chose publique !

    Le silence général du monde politique à cet égard est éloquent...

    Des explications claires ? : On peut toujours rèver...

    Mais on peut aussi comme vous le faites dénoncer les abus, divulguer les liens occultes des uns d’avec les autres, mettre en lumières les magouilles et spéculations finanço-étatiques en un mot : informer !

    Merci et encore bravo.


    • Mizo (---.---.81.250) 1er août 2006 12:32

      Il faudrait parler davantage de questions de déontologie.

      Des débats transparents et une véritable information citoyenne nous empêcheraient peut-être de nous faire avoir à chaque élection.


      • CP (---.---.178.26) 1er août 2006 14:09

        Que les réseaux d’influence, les cercles de décideurs où tout le monde se mélange, la transversalité politique et professionnelle de ce genre de structures officieuses... correspondent à une réalité facile à constater, c’est évident.

        Mais dans ce cas, pourquoi y en a-t-il qui crient à la « théorie du complot », comme le rappelle l’auteur ? Tout simplement, parce qu’ils cherchent à couvrir leurs amis qui sont dans ces cercles.

        Dans les années 1980 et 90, on a vu un certain nombre de prétendus « chasseurs de fascistes » qui faisaient couler des flots de salive pour expliquer qu’il ne fallait rien croire de tout cela et que si quelqu’un parlait de la Trilatérale, du Siècle ou de Bilderberg, c’est qu’il appartenait forcément à un groupe d’extrême-droite.

        Cette intoxication avait une finalité : étouffer les informations qui mettaient en évidence la participation générale de la coupole politique, toutes tendances confondues avec peu d’exceptions, à de tels réseaux. Mais les faits sont là pour prouver que la Trilatérale, le Siècle ou le groupe de Bilderberg existaient vraiment, et existent toujours.

        Ce qui n’a strictement rien à voir avec les faux commis contre les Juifs aux XIX et XX siècles par des services secrets (Protocole des Sages de Sion, etc...), et qu’on cherché à amalgamer avec les informations objectives des années 1980-90 sur le lobbying du système en place.


        • Yves (---.---.66.242) 1er août 2006 18:33

          Excellent article , qui participe à la lutte contre la désinformation du pouvoir occulte politico-affairiste ... et parfaitement d’accord avec « CP » ... !!!

          - Notamment s’agissant du Groupe du BILDERBERG , créé en 1954 par le Prince Bernhard des Pays Bas et David Rockefeller ... , véritable organisation mondiale occulte , se réunissant une fois l’an dans le secret le plus total ( strictement aucune couverture médiatique ...... , notamment en FRANCE en mai 2003 au château de Versailles ... ) pour prendre des décisions stratégiques en dehors des institutions démocratiques ...

          http://www.syti.net/Organisations/Bilderberg.html


          • Niveleur (---.---.5.202) 1er août 2006 20:20

            « Le président de la principale centrale syndicale des Etats-Unis, l’AFL-CIO, fait partie du Groupe de l’Amérique du Nord. »

            En effet, la liste des membres de la Trilatérale, que tout le monde peut se procurer, inclut à ce jour un Monsieur :

            « John J. Sweney, President, AFL-CIO, Washington DC ».

            Sur le site de l’AFL-CIO :

            http://www.aflcio.org/aboutus/thisistheaflcio/

            on peut lire :

            « In 1995, the biennial convention elected President John J. Sweeney, Secretary-Treasurer Richard Trumka and Executive Vice President Linda Chavez-Thompson. They have been re-elected three times since then, most recently in 2005 for four-year terms. »

            Ce Monsieur était donc déjà président de l’AFL-CIO au moment de la Conférence de Seattle de l’Organisation Mondiale de Commerce, à l’automne 1999.

            Or, un ami militant qui, à l’époque prônait le boycott de la Conférence de Seattle m’avait expliqué que les syndicats français et des responsables d’ATTAC s’y opposaient dans les réunions, au motif que « les syndicats américains étaient contre ».

            Mais justement, on trouve sur le site de la Trilatérale :

            http://www.trilateral.org/annmtgs/trialog/trlglist.htm

            l’annonce suivante portant explicitement le nom de Sweeney :

            " T53. Washington 1999 : The Annual Meeting of the Trilateral Commission

            The Trilateral Commission (1999)

            Ed : Damon C. Morris and Charles B. Heck Contributions by : Robert B. Zoellick, Hisashi Owada, Peter Sutherland, Lee H. Hamilton, Chuck Hagel, John Sweeney, Yotaro Kobayashi, Edmond Alphandéry, John Manley, Tommy Koh, Jusuf Wanandi, Yuan Ming, André Lara Resende, Domingo Cavallo, Andrei Kokoshin, Serhiy Holovaty, Rudolf Scharping, John M. Deutch, Sadako Ogata, Thomas R. Pickering, James Wolfensohn, Stanley Fischer, Toyoo Gyohten, Niels Thygesen, Jim Leach.

            See Table of Contents for links to online transcripts of speeches

            To order 80pp./paper/$5.00 plus S&H

            To download Portable Document Format (pdf 9.4MB/82pp) "


            • jeantho (---.---.1.151) 1er août 2006 23:10

              De nos jours, les milieux d’affaires dépensent beaucoup plus d’efforts qu’on ne le pense pour noyauter, non seulement les médias, mais aussi les organisations par lesquelles citoyens et les travailleurs voudraient se défendre.

              C’est rare qu’une organisation ne soit pas « investie » d’une manière ou d’une autre, en général avec un excellent savoir faire...


            • Ingrid (---.---.71.4) 2 août 2006 01:57

              De nos jours, c’est en effet facile pour les financiers et leurs amis d’obtenir un certain contrôle de fait de la conduite d’organisations qui théoriquement sont censées s’opposer à eux. La « pensée unique » et la « transversalité » sont là pour ça.

              Et si jamais les adhérents se laissent entraîner dans la logique comme quoi un bon dirigeant est celui qui obtient des subventions, des « relations », l’accès aux médias, etc... alors, ça devient un jeu d’enfants.


            • Mizo (---.---.83.26) 2 août 2006 00:06

              Il se passe avec cet article quelque chose que je trouve assez extraordinaire.

              Ce n’est pas un texte « anti-capitaliste », ni vraiment « anti-système ». Il n’entreprend aucune critique des objectifs de la Trilatérale ou d’autres cercles d’influence. Il ne dévoile aucun « grand secret ». C’est un simple exposé sur la déontologie institutionnelle.

              Pourtant, il semble susciter de véritables « silences mortels »...

              Pourquoi ?


              • Ingrid (---.---.71.4) 2 août 2006 01:51

                Oui, il y a certains silences de mort autour de cet article.

                Mais ce qui dérange, c’est précisément qu’en évitant d’adopter un parti pris politique et en se plaçant sur le terrain de la « simple éthique », il fait apparaître toute la gravité de la situation actuelle.

                A mon avis, c’est justement parce qu’on ne peut pas amener le débat sur le terrain de la politique politicienne, que l’article fait vraiment « très mal ».


              • Mizo (---.---.23.118) 2 août 2006 11:59

                Un autre exemple du même type de cercle d’influence, en version qui se voudrait plus « populaire », est le club « Confrontations » :

                http://www.confrontations.org/

                Il est très instructi de regarder la composition de ses Conseils d’Administration et de direction :

                http://www.confrontations.org/presentation/ca/index.php

                http://www.confrontations.org/presentation/direction/index.php

                de son Comité de Parrainage :

                http://www.confrontations.org/presentation/parainnage/index.php

                du Comité de Parrainage de son cercle européen :

                http://www.confrontations.org/presentation/parainnage/cercle_europeen.php

                Etc...

                On y trouve, à côté des chiraquiens Michel Barnier et Alain Lamassoure, de patrons connus commu Francis Mer, Noël Forgeard, Louis Gallois, Franck Riboud... ou du super-banquier Michel Pébereau, des « socialistes » comme Martine Aubry, Jacques Delors, Pascal Lamy, Michel Rocard, Jean Peyrelevade, Dominique Strauss-Kahn... plus des ex-« gauches de la gauche » comme les anciens responsables « communistes » Philippe Herzog et Claude Fischer, le « vert » Daniel Cohn-Bendit, le dirigeant de la CGT Jean-Christophe Le Digou, le dirigeant de la CFDT Jean-François Trogrlic, le « Député Communiste et Républicain » et Maire de Montreuil Jean-Pierre Brard et bien d’autres. Les membres de la Trilatérale n’y manquent pas, comme Edmond Alphandéry, Jean-Louis Bourlanges, Denis Kessler ou Anne Lauvergeon. Pareil pour des membres du Siècle.

                Confrontations se présente notamment comme suit :

                http://www.confrontations.org/presentation/index.php

                "Fondée en 1991 par Philippe HERZOG, Jean-Pierre BRARD, Jean-Christophe LE DUIGOU, Jean PEYRELEVADE et Michel ROCARD, Confrontations Europe réunit des personnes de sensibilités et d’expériences différentes : dirigeants d’entreprises, syndicalistes, élus, intellectuels, acteurs associatifs et politiques issus de plusieurs pays européens.

                Confrontations Europe est à la fois un think tank européen, un lobby d’influence et un mouvement de démocratie participative connu et estimé dans les institutions et les réseaux européens. Elle poursuit un triple objectif : informer et impliquer les citoyens dans la construction européenne ; animer une interface entre la société civile européenne émergente et les institutions européennes ; contribuer à l’élaboration d’un projet de développement pour l’Union élargie et active dans la mondialisation.

                Elle organise régulièrement des débats publics à Bruxelles comme à Paris et des colloques dans plusieurs capitales (Berlin, Budapest, Varsovie, Sarajevo). Elle a créé un réseau européen et, depuis 2004, un bureau permanent à Bruxelles. Elle anime un « club Lisbonne » de parlementaires européen et suit les travaux de plusieurs commissions du Parlement européen.

                Ses travaux portent sur plusieurs sujets économiques et sociaux (la régulation des marchés, les services d’intérêt général, la formation d’un marché européen du travail, le financement du développement...) mais aussi de société et de civilisation (une éthique de responsabilité et de solidarité, le rapprochement des Européens par l’éducation et la culture, la conception d’une société civile européenne). L’élaboration des sujets repose sur neuf groupes de travail qui se réunissent une fois par mois, à Paris ou à Bruxelles...."


                • Christian (---.---.194.68) 2 août 2006 19:57

                  Cette dernière liste des membres français de la Trilatérale est instructive, et on peut facilement trouver des biographies de tous les intéressés :

                  L’ancien ministre Edmond Alphandéry ; l’ambassadeur Jacques Andréani ; l’ancien bras droit de Jean Monnet Georges Berthoin ; le directeur de la rédaction du Figaro Nicolas Beytout ; le Député européen ALDE-UDF Jean-Louis Bourlanges ; le juge Jean-Louis Bruguière ; l’ambassadeur et actuel président de Citigroup France François Bujon de l’Estang ; l’homme d’affaires « international » Hervé de Carmoy ; le président d’AXA Henri de Castries ; le président de Lafarge Betrand Collomb ; le Président de Lazard Michel David-Weill ; l’ancien premier ministre Laurent Fabius ; le PDG se SCOR Denis Kessler ; la présidente d’AREVA Anne Lauvergeon ; le président de l’assemblée parlementaire de l’OTAN Pierre Lellouche ; le directeur adjoint de l’IFRI Dominique Moïsi ; le président d’Air Liquide Benoît Potier.


                  • Mizo (---.---.82.231) 6 août 2006 09:05

                    D’après Wikipedia, Laurent Fabius « est membre de la Commission trilatérale depuis 1998 ». Voir :

                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Fabius

                    Cela signifie qu’il l’était, comme il était président de l’Assemblée Nationale, au moment où il a été jugé par la Cour de Justice de la République dans l’affaire du sang contaminé.


                  • David (---.---.207.52) 9 août 2006 02:34

                    « Cette dernière liste des membres français de la Trilatérale est instructive... »

                    Il y a aussi :

                    « Serge Weinberg, Chairman of the Supervisory Board, Accor ; Chairman and Chief Executive Officer, Weinberg Capital Partners ; former Chairman of the Management Board, Pinault-Printemps-Redoute ; former President, Institute of International and Strategic Studies (IRIS), Paris »


                  • Mizo (---.---.53.220) 6 août 2006 20:21

                    La question de l’indépendance de l’Etat et des responsables publics par rapport aux cercles d’influence a également été abordée dans l’article de De ço qui calt ? :

                    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11189


                    • jeantho (---.---.19.45) 7 août 2006 01:14

                      La belle salade. Un « directeur scientifique » d’EADS... avec quelles compétences exactement ? Son curriculum universitaire paraît bien mince. C’est vrai que ça ressemble à un énorme mélange de genres.

                      Voir :

                      http://permanent.nouvelobs.com/societe/20060804.FAP3638.html?1546

                      Avis favorable à la déclassification du dossier d’Imad Lahoud

                      AP | 04.08.06 | 17:30

                      PARIS (AP) — La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis le 21 juillet dernier un avis favorable à la déclassification de documents classés secret-défense concernant le passage à la DGSE d’Imad Lahoud, mis en examen dans l’affaire Clearstream.

                      (...)

                      Imad Lahoud dit avoir travaillé entre février et mai 2003 à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) « pour des missions ponctuelles sur la traque du financement du terrorisme international ». Selon son avocat, le général Philippe Rondot l’aurait sollicité début juin 2003 pour qu’il continue ces missions jusqu’en juin 2004.

                      (...)

                      (fin de citation)

                      et aussi :

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Imad_Lahoud

                      où on peut lire notamment :

                      " En 1998, il [Lahoud] créé le fonds Volter Funds Ltd : 40 millions d’euros hébergés aux îles Vierges et gérés par HL Gestion (HL pour Heilbronner et Lahoud). GAN, Fortis et les AGF y investissent. Imad Lahoud fit alors l’objet d’un reportage d’Eric Rochant, Traders, qui est passé sur Arte le 10 avril 2001.

                      Le fonds fait faillite en trois jours à la rupture de la bulle des nouvelles technologies, à l’été 2000. Fortis porte plainte en juillet 2000 pour escroquerie et usage de faux. Imad Lahoud fait trois mois de détention provisoire.

                      Début février 2003, il collabore ponctuellement avec la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour lutter contre le financement du terrorisme, mais cette collaboration prend rapidement fin à la fin du mois de mai.

                      (...)

                      Jusqu’en juin 2004, il travaille aux côtés du général Rondot, chargé au ministère de la Défense de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales.

                      Il est alors recruté par Jean-Louis Gergorin à EADS comme directeur scientifique. Il a depuis pris un congé sabatique...."


                      • jeantho (---.---.19.45) 7 août 2006 01:25

                        On peut lire aussi sur la Toile :

                        http://www.kitetoa.com/Pages/Textes/Textes/Texte10/20060609-imad-lahoud-clearstream-informaticien-en-toc-jean-louis-gergorin-eads.shtml

                        « En sécurité informatique, c’est une bille » assènent plusieurs experts du domaine qui ont eu l’occasion de croiser Imad Lahoud ou de se pencher sur les déclarations du général Rondot à propos du supposé piratage de Clearstream.

                        Imad Lahoud est pourtant présenté par (pratiquement) toute la presse comme un « hacker de génie, roi du décryptage informatique, un Mozart de l’informatique comme on en rencontre peu »... C’était aussi l’avis de Jean-Louis Gergorin qui voyait en lui un dieu des mathématiques et un expert pouvant -ce n’est pas rien- résoudre ses problèmes d’ordinateur au bureau.

                        S’il a pu faire croire à Jean-Louis Gergorin, au général Philippe Rondot ou encore à Alain Juillet, qu’il était capable de pirater le système Clearstream, c’est probablement parce que, et pour reprendre ses propres mots, ces derniers ne font « pas la différence entre un portable et un fer à repasser » (ledit fer à repasser étant, par ailleurs, l’endroit où Rondot avait cachée la clef du coffre fort que les juges d’Huy et Pons ont dû fracturer lorsqu’ils l’ont perquisitionné, faute de l’avoir trouvée).

                        (fin de l’extrait)

                        et la présentation par l’éditeur de l’ouvrage « Clearstream l’enquête » de Denis Robert :

                        http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1848107&OrderInSession=1&Mn=12&SID=a552dbe5-5e74-1a20-2cfa-2711460b1250&TTL=120620062158&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=1&UID=0b8225ccb-c267-8389-8a8d-c92ef5cf587d&Fr=3

                        Denis Robert a révélé l’affaire Clearstream en 2001.

                        Il enquête depuis cinq ans sur ce centre névralgique de la finance.

                        Il a été entraîné au coeur de la manipulation qui a affolé l’industrie de la défense et les milieux politiques.

                        Il raconte aujourd’hui cette affaire d’État, à partir de documents inédits : ses rendez-vous avec les principaux protagonistes, ses notes de l’époque, les e-mails et les SMS échangés.

                        Il reconstitue le puzzle et donne la clé de l’affaire :

                        Que cache Clearstream, cette société puissante et discrète installée au Luxembourg ?

                        Comment Jean-Louis Gergorin, le numéro deux d’EADS, est-il entré en possession de dizaines de milliers de transactions puisées au coeur du système informatique ?

                        Quelle était la mission d’Imad Lahoud, directeur d’un laboratoire de recherche en informatique et en cryptologie parmi les plus avancés au monde ?

                        Comment les services secrets français sont-ils intervenus ?

                        Qui ont-ils filé, espionné, écouté, instrumentalisé ?

                        Pourquoi Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont-ils cru qu’ils tenaient l’arme fatale contre Nicolas Sarkozy ?

                        Pourquoi ont-ils décidé de l’utiliser ?

                        Comment Renaud Van Ruymbeke a-t-il été manipulé ? Dans quelles circonstances le magistrat a-t-il réussi à déjouer le piège ?

                        Qui a ajouté de faux noms aux listings de Clearstream ?

                        Quels sont les vrais noms et les vrais comptes ?

                        Comment Nicolas Sarkozy a-t-il élaboré sa contre-attaque pour « pendre à un croc de boucher celui qui a fait cela » ?

                        C’est haletant comme un thriller et parfois drôle comme une comédie. Sauf que tout est vrai.


                      • jeantho (---.---.19.45) 7 août 2006 01:33

                        Comme quoi on ne peut pas tout avoir. Les « élites » françaises ont l’air d’être très bonnes pour les réseaux, mais, matière compétence professionnelle, c’est une autre paire de manches. De ce point de vue, c’est vrai que c’est du « crony capitalism »...


                      • duffy duffy 23 juillet 2007 11:42

                        Votre article est questionnant pour les citoyens que nous sommes. Commnent empècher les élites de se parler ? Il me semble y avoir plus d’inconvénients que d’avantages à les voir s’ignorer. Quelles collusions entre les milieux financiers et les milieux politiques ? Qui est vraiment au courant sauf les intéréssés eux-même, évidemment, ils ne parleront pas publiquement des liens qui existent entre les différents espaces de pouvoir. En terme de lisibilité, je pense que nos dirigeants sont l’image qui reflète notre propre manière de concevoir la collectivité. Dans les pays démocratiques, nous sommes les décideurs puisque nous votons pour nos représentants. Peut-être devrions-nous assortir notre soutien par le vote de certaines conditions. Ainsi, pourrions-nous soumettre le candidat d’un parti aux élections municipales à la condition suivante : nous vous soutiendrons seulement si vous acceptez de publier les enregistrements de vos délibérations en conseil municipal sur le site internet que nous avons créé. Ainsi, nous rendrions un peu d’espace de liberté aux citoyens que nous sommes, et n’en doutons pas, nous limiterions les pratiques douteuses qui sont le fait de certains élus. Mais cette initiative nous appartient. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas eu connaissance de telles pratiques sur le territoire de la République. Hors, si nous voulons combiner démocratie représentative et démocratie directe pour refonder les liens d’admiration, de crainte et d’affection, qui ont longtemps présidé aux relations entre les français et leurs dirigeants, il se peut que ce type de pratiques nous soient fort utiles. En somme, nous aurons toujours besoin de dirigeants. Mais il ne tient qu’à nous de limiter la démesure dans l’usage qu’ils font des pouvoirs que nous leur déléguons.

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