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 Accueil du site > Actualités > International > Arabie Saoudite : le père de Lama, enfant de 5 ans violée, martyrisée et (...)

Arabie Saoudite : le père de Lama, enfant de 5 ans violée, martyrisée et tuée par lui, est libéré après avoir payé seulement le « prix du sang » !

Lama avait 5 ans, elle est décédée le 22 octobre après 10 mois de soins intensifs. Son père, célèbre prédicateur musulman à la télévision saoudienne l'a violée, torturée et brûlée.

Le 25 décembre 2011, Fayhan al Ghamdi commet l'irréparable : il viole sa fille, la petite Lama. Hospitalisée, on découvre qu'elle a le crâne fracassé, les côtes brisées, des traces de brûlures et un ongle arraché. Les traumatismes constatés comportaient des blessures par câbles électriques, des coups, un dos brisé, des viols particulièrement cruels, et un rectum brûlé. Il a reconnu être l'auteur de ces atrocités.

Lama était à la merci de son père, qui en avait la garde, depuis son divorce. Sa maman était Égyptienne et n'avait droit qu'à quelques brefs coups de téléphone.

Le prédicateur prônait le voile intégral pour les nourrissons de sexe féminin, comme le prédicateur islamiste Abdullah Daoud qui avait déclaré, l'année dernière à la télévision saoudienne que le voile intégral devrait être obligatoire pour tous les nouveaux nés de sexe féminin, selon the Telegraph. Une telle mesure empêcherait les agressions sexuelles et les viols sur les bébés !

Le père de Lama avait fait certifier la virginité de son enfant de 5 ans, par examen médical, car il en doutait selon "the Daily Mail".

Emprisonné et libéré après seulement quatre mois de prison, Fayhan al Ghamdi a été absous, le 26 janvier, d'une simple amende de 200 000 rials (environ 40 000 euros) selon la BBC. Cette compensation financière, qui doit être versée à la mère, est appelée "prix du sang" par la jurisprudence saoudienne basée sur la charia. Si Lama avait été un garçon, la somme aurait été doublée. Le barème du "prix du sang" dans ce pays est de 300 000 rials, si la victime est un musulman et 150 000 rials, si la victime est une musulmane. Il tombe à 3333 rials si la victime est une femme d'une autre religion.

En Arabie saoudite, où la charia régit le droit, la peine de mort est en vigueur pour le viol et le meurtre. Mais un homme ne peut être condamné à mort pour le meurtre de son enfant ou de son épouse, il peut être seulement puni d'une peine de 5 à 12 ans d'emprisonnement en général.

Cependant Fayhan al-Ghamdi a bénéficié de la clémence du tribunal en payant seulement la compensation financière et en ne faisant que quatre mois d'emprisonnement préventif. La question est : pourquoi ? Est-ce le fait de sa célébrité en tant que prédicateur à la télévision saoudienne ? En tout cas cette mansuétude a déclenché un "tollé" mondial, notamment sur les réseaux sociaux. Une pétition demandant de rompre toutes relations avec l’Arabie saoudite est même apparue sur le site de la Maison Blanche.

Par ailleurs sur Twitter le scandale a explosé par l'intermédiaire d'une militante Manal al-Sharif,  qui a été porte-drapeau du combat pour le droit des Saoudiennes à conduire en 2011. Elle a lancé la mobilisation #AnaLama (Je suis Lama) sur les réseaux sociaux arabophones et alerté tous les médias occidentaux par communiqué de presse, avec deux autres bloggeuses.

La libération de Fayhan al-Ghamdi a provoqué aussi la colère des activistes du Women to Drive, un groupe saoudien qui lutte pour les droits des femmes, qui, entre autres, doivent être voilées et ne sont pas autorisées à conduire. Si elles doivent voyager à l'étranger elles doivent être accompagnées d'un proche parent ou d'un bracelet électronique. La mixité est interdite sur les lieux de travail et à l'école.

Devant le "tollé mondial" qui a déclenché par la mansuétude de la justice saoudienne envers le célèbre prêcheur meurtrier, un procès en appel pourrait se tenir samedi. Par ailleurs le gouvernement saoudien a pour l'instant déclaré être prêt à ouvrir un numéro vert fonctionnant 24 h sur 24 pour signaler les maltraitances contre les enfants.

Le Saoudien Hamza Kashgari a posté un constat lapidaire, sur Twitter, qui a été repris partout : "Les femmes saoudiennes ne vont pas en enfer, parce que ce n'est pas possible d'aller deux fois en enfer".

 

Sources : The Telegraph, The Daily Mail, BBC, The Independent, TF1, Le Parisien,



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Les réactions les plus appréciées

  • Par Mr Mimose (---.---.---.215) 7 février 2013 16:37
    Mr Mimose

    Loacoon :

    Vous évoquez la Syrie, parlons-en. Il y a actuellement sur le territoire syrien des milliers de djihadistes financés par nos belles démocraties mais aussi justement par l’arabie séoudite qui ne souhaite qu’une chose, faire tomber Bashar et son gouvernement laic afin d’établir un califat.

    La question est : pourquoi ne pas renverser ces salopards au pouvoir en arabie séoudite au lieu de s’en prendre à la Syrie ?

  • Par Scual (---.---.---.84) 7 février 2013 17:23

    Oh mais c’est horrible ! Soyons les amis indéfectibles de ce pays qui permet de telles atrocités... que vois-je, une Syrie laïque ? Détruisons là !

    On a eu l’Irak, on est en train d’avoir la Tunisie, on avance nos pions au Mali histoire de la faire par derrière à l’Algérie, il nous faut aussi la Syrie. Nous devons mettre au pouvoirs dans tout les pays arabes ces violeurs de fillettes.

  • Par menou69 (---.---.---.180) 7 février 2013 16:35
    menou69

    C’est inceste et ce crime affreux peut avoir lieu dans toutes les civilisations, et le fait que cet homme soit de religion musulmane n’est pas le sujet de cet article. J’ai été scandalisé par le traitement de ce crime par la justice saoudienne, qui s’appuie sur la charia.

    Cet article ne critique pas la religion musulmane, mais met en exergue la loi juridique saoudienne qui est plus que discutable aux yeux de nous européens. D’ailleurs elle l’est aussi pour certains saoudiens et saoudiennes qui luttent contre les discriminations faites aux femmes et petites filles.

    Le crime de cet homme et aussi sa rapide libération a choqué au sein du monde musulman et dans le monde entier qui en a eu connaissance. Il faut lire les tweets rédigés par eux.

    L’Arabie Saoudite est sous le régime d’un dogme musulman spécifique, le Wahhabisme.

    Cette interprétation de l’islam, apparue dans la péninsule au XVIIIème siècle, fut enseignée par un certain Mohammad Ibn Abd Al-Wahhab (1703-1787).

    On la dit hanbalite, c’est à dire appartenant à la tradition d’Ibn Hanbal, la plus rigide des quatre écoles juridiques du sunnisme.

    En réalité, le wahhabisme constitue une école juridique à part, se caractérisant par son radicalisme et un comportement répressif à l’égard de tout musulman n’appliquant pas à la lettre les obligations coraniques. Les quatre écoles juridiques ont été créées au VIIème et au VIIIème siècles par Malik Ibn Anas, Abou Hanifah, Mohammad Ibn Idris Ach-Chafii et Ahmad Ibn Hanbal.

    Notons également que le wahhabisme régit également le Qatar.


  • Par Tall (---.---.---.74) 7 février 2013 16:47
    Tall
    La BBC a bien raison de montrer ce qu’est réellement : la charia
    Il y a en a encore beaucoup qui ignorent que c’est de la barbarie médiévale pure et dure.

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