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Au lendemain de la journée des droits de l’enfant : CARE France dénonce la situation des enfants handicapés, en marge de la société, en Roumanie

La Journée internationale des Droits de l’enfant du 20 novembre a été l’occasion pour CARE France de rappeler les conditions inacceptables dans lesquelles vivent encore des milliers d’enfants handicapés en Roumanie et de mettre en avant sa lutte pour le respect du droit de chaque enfant à une famille. 

 

La situation des enfants abandonnés en Roumanie

 

Les conditions générales dans les orphelinats pour enfants roumains se sont grandement améliorées depuis les vingt dernières années. Beaucoup d’institutions vétustes ont fermé et ont été remplacées par des services qui permettent aux enfants de grandir dans un environnement familial, ou équivalent. C’est en grande partie grâce au travail de SERA Romania, notre partenaire en Roumanie.

Malgré tout, le nombre d’enfants abandonnés chaque année est encore malheureusement très élevé (environ 10.000[1], dont 4.000 à la naissance). C’est une grande pression sur le système de protection de l’enfance avec de nouvelles arrivées chaque mois, dans un pays durement touché par la crise (1/3 des roumains vivent dans une situation de privation matérielle grave[2]).
 
Plusieurs éléments concrets permettent d’expliquer cet état de fait : la pauvreté, la faiblesse de l’aide sociale, l’absence de politique nationale de sensibilisation pour changer les mentalités, la perception de l’abandon, toujours considéré comme un acte normal (encouragé et organisé sous l’ancien régime du dictateur Ceausescu entre 1965 et 1989) et le manque de promotion du planning familial (les services sont peu accessibles aux populations rurales et mal connus de l’ensemble de la population).
 
 
Le cas préoccupant des enfants handicapés
 
La situation des enfants handicapés reste la plus préoccupante, car il est plus difficile de les placer chez des assistantes maternelles ou des familles d’adoption. La Roumanie compte 2 millions de personnes handicapées, soit presque 10% de sa population (dont 91.000 enfants). L’infirmité d’un enfant peut amener des familles déroutées à les placer en institution. Mais le handicap peut également être une résultante de l’abandon. En effet, les conditions de prise en charge d’un grand nombre d’enfants abandonnés ne sont pas propices à leur développement et à leur épanouissement. Après plusieurs années en orphelinat, les enfants ne ressortent pas indemnes et souffrent souvent de divers degrés de troubles psychologiques et moteurs.
 
Les enfants handicapés vivent dans des conditions qui mettent en péril leur avenir. Le rapport de la Fédération des ONG roumaines FONPC (dont fait partie SERA Romania) présenté en 2009 au Comité des Nations-Unies pour les Droits de l’Enfant, fait état de cas de violation des droits fondamentaux des enfants handicapés dans presque tous les orphelinats visités en 2008. De plus, 35% des enfants handicapés ne suivent aucune scolarité[3]. Et pour ceux qui ont la chance d’en avoir une, elle est souvent inadaptée.
 
 
La réponse de CARE France et SERA Romania
 
A travers son partenaire local SERA Romania, CARE France développe plusieurs projets en faveur des enfants handicapés de Roumanie.
 
La prévention de l’abandon
SERA Romania aide les familles en difficulté à garder leurs enfants (subventions aux familles, centres de jour pour enfants handicapés…).
 
La « désinstitutionnalisation » des enfants 
SERA Romania a participé à la fermeture de plus de 55 orphelinats vétustes depuis 1990, dont 35 de type « foyer-hôpital » pour enfants handicapés (sur les 37 recensés dans le pays), certains étaient de véritables « mouroirs ». SERA Romania développe des projets de réintégration des enfants et leurs familles et met en place des réseaux d’assistantes maternelles, certaines forméespour s’occuper d’enfants handicapés. Pour les moins autonomes, la solution est souvent la maison de type familialqui accueille au maximum 12 enfants. SERA Romania a financé ou cofinancé 40 maisons de type familial depuis 2003 sur les 250 aujourd’hui présentes dans le pays.
 
Les centres d’accueil
 
Les centres pour enfants et jeunes handicapés sont primordiaux pour améliorer leur bien-être, leur autonomie et aider à prévenir leur placement en institutions. Des services de soins adaptés aux enfants handicapés leur sont proposés : soins de récupération physique (kinésithérapie, hydro massages,…), soins d’orthophonie, suivi psychologique, ainsi que des activités individuelles et en groupe. Les familles sont aussi accompagnées par l’intermédiaire de rencontres avec le psychologue, d’assistantes sociales et de rencontres avec d’autres familles.
 
L’accès aux soins pour les enfants défavorisés.
Plus de 2000 enfants en ont bénéficiédepuis 1996. SERA Romania finance une chambre pour ces enfants défavorisés ainsi que quatre infirmières et un médecin dans l’hôpital pédiatrique Grigore Alexandrescu. L’association finance épisodiquement une opération ou un suivi médical. À Bucarest, un appartement thérapeutique, géré par SERA Romania, accueille ces enfants malades, avant et après les soins opératoires.
 
« Cette année, CARE France s’engage à financer ces programmes pour les enfants handicapés à hauteur de plus de 2.5 millions d’euros ce qui représente ¾ du budget total des programmes en Roumanie. Nous nous impliquons durablement pour lutter contre le sort de ces enfants afin de leur permettre un avenir », déclare Philippe Lévêque, directeur général de l’association CARE France.
 
Contacts presse :
Charlyne Liquito - Chargée de la communication
liquito@carefrance.org - 01 53 19 87 61
Coline Clément – Assistante de communication
clement@carefrance.org – 01 53 19 89 92 
 
Fondé en 1945, CARE est l’un des plus grands réseaux humanitaires mondiaux, apolitique et non confessionnel. En 2010, CARE était présente dans 87 pays auprès de 82 Millions de personnes. Dans les situations de réponses à l’urgence ou dans des contextes d’aide à long terme, CARE s’attaque aux causes profondes de la pauvreté. 
 
Les femmes sont au cœur de nos actions car elles sont un levier essentiel dans la lutte conte la pauvreté. Le rôle des femmes est central dans la cellule familiale, et elles peuvent aussi faire changer les choses durablement dans leurs communautés. 

En savoir plus sur CARE :
www.carefrance.org

[3] Source Ministère du Travail roumain, décembre 2010
 
Crédit Photo © Thomas Coex/CARE

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1 réactions à cet article    


  • easy easy 25 novembre 2011 16:42

    Cette manière d’exposer un problème relevant du caritatif, manière devenue très ordinaire pour tous les drames humains, est à mon sens la pire qui puisse être.

    Peut-être depuis l’industrialisation, la première guerre mondiale et le journalisme, nous sommes devenus chiffristes, le chiffre faisant précis, scientifique, imparable.
    Alors que Napoléon allait à montrer de ses batailles plutôt le feu patriotique, passant sous silence la mort de 500 000 de ses soldats dans la retraite de Russie, alors que d’une défaite en Egypte il avait su faire une victoire culturelle et a ainsi pu lancer notre intérêt pour les pyramides, on est passé après lui aux alignements de chiffres. Millions de morts ici, millions de déportés là. On ne posa plus des noms sur ces morts, on se contenta de les comptabiliser en tant qu’unités alignées. La même pierre blanche pour tous.
    Il y en avait tant


    Du coup, de romantiques nous sommes passés statisticiens. Et de nous jeter ensuite à la figure et mutuellement des accusations de froideur.


    Moi, ce qui m’a touché dans la vie, ce sont les personnalités, les histoires individuelles. Ce n’est pas le nombre de blessés qu’Henry Dunant a sauvés qui m’a donné envie de soigner les blessés, c’est sa personnalité, son entreprise, ses difficultés, sa tenacité, son courage, son abnégation, son dévouement. 

    Des histoires de personnes qui se sont dévouées dans l’esprit de Saint Martin, il y en a eu beaucoup et il y en a encore. Qui sont en train de se dévouer pour ces orphelins infirmes que vous alignez ici en chiffres. 

    Mah, vous cherchez à récolter des sous et comme la mode est aux alignements de chiffres impressionnants, vous ne voyez pas d’autre solution. 

    Je ne sais si mon témoignage va vous faire réfléchir mais pour ma part, j’irais à retracer la piste d’Albert Schweitzer sans rien savoir du nombre de personnes qu’il avait soignées, sans rien savoir de leurs maladies ni même dans quel pays ça se passait.
     
    C’est l’esprit de Saint Martin qui est à suivre, lui qui montre la solution, pas le gueux qu’il avait sauvé qui ne montre qu’un problème.
    Je vous rappelle tout de même que ce qui nous avait touché chez l’Abbé Pierre, c’était de le voir brûler d’un feu de foi. On voulait alors brûler du même feu.

    Il ne suffit pas de déposer une pièce dans un tronc pour apporter de la chaleur humaine à un orphelin.

    Ce défaut que je vous reproche ici est bien entendu le même que je pourrais adresser à ceux qui nous vendent des voitures sans qu’on ait la moindre idée de qui les fabrique et avec quel coeur. A vous rappeler encore que le bête charbon que nos arrière grands-parents utilisaient pour se chauffer représentait à leurs yeux le courage et l’abnégation de mineurs. Que le riz que mange un Vietnamien représente toujours le travail et l’abnégation de quelque frère, père, oncle ou tante chérie.

     

    Il est régulièrement fait reproche aux ONG de n’être plus que des machines à fric. Vu le biais que vous utilisez, qui a le très grave défaut de n’être que culpabilisateur et de ne proposer comme résolution aux misères du monde que l’argent, ça ne m’étonne pas.

    Soyons clairs, Albert Schweitzer avait grand besoin d’argent, Norman Béthune aussi, mais le plus important ce n’est pas qu’ils aient pu ou non récupérer des millions de dollars et sauver des millions de vie, c’est surtout que leur feu nous ait donné envie d’en brûler à notre tour.
    Il suffirait que la moitié d’entre nous brûlassent de ce feu pour que chacun n’ait qu’une seule personne à aider et que plus personne ne grelotte d’abandon.



    Enfin, votre manière de sensibiliser, chaque ONG pour sa paroisse, non seulement ne promeut pas l’esprit de Saint Martin qui est fondamentalement universaliste, sans frontières ni genres ni moments, mais l’assassine en spécialisant, en organisant et en saisonnalisant la compassion.

    La place, la gloire et le moment qui est fait à la logistique ONGiste tue l’initiative invididuelle. Alors que c’est partout, à tout moment, n’importe quand, à mains nues, sans tambours ni campagnes que chacun devrait être disposé à offrir sa chaleur humaine et sans que cette disposition ait quoi que ce soit à voir avec la culpabilité mais tout avec l’amour.

     

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