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Accueil du site > Actualités > International > Australie : des droits nouveaux pour les Aborigènes

Australie : des droits nouveaux pour les Aborigènes

Le conseil des ressources maritimes du territoire du nord s’est joint au gouvernement du territoire pour combattre une décision de la cour fédérale de Darwin, octroyant aux Aborigènes l’exclusivité des droits sur une portion de la côte.

Le gouvernement du territoire du nord a immédiatement fait appel de cette décision devant la Haute Cour.

La portion de côte concernée représente 80 % de la zone côtière du territoire du nord. Trois juges ont unanimement accordé aux propriétaires traditionnels la zone intertidale (zone de balancement des marées, découverte à basse mer) de Blue Mud Bay, au nord-est de Arnhem.

Cette décision permet aux Aborigènes locaux d’exercer un contrôle total de ces eaux littorales. Ils seront donc seuls habilités à autoriser la pêche et à délivrer les licences professionnelles dans cette zone où l’on trouve des espèces très recherchées, comme le barramundi (poisson côtier, très prisé en Australie), les crabes de boue, et les holothuries (ou concombres de mer, consommés en Asie).

Les impacts potentiels de cette décision sur l’industrie de la pêche professionnelle sont en cours d’évaluation.

Si la décision de la cour fédérale était confirmée par la Haute Cour, il serait néanmoins accordé un délai de pêche libre, d’une durée de douze mois, nécessaire à la mise au point des nouvelles modalités d’exploitation.

Les Aborigènes ont déclaré : " En devenant dépositaires de ces ressources, nous nous engageons à en assurer la prospérité et la pérennité. "

Une lutte de longue haleine

Présents en Australie depuis environ 50 000 ans, les Aborigènes sont un peuple de cueilleurs et de chasseurs. Trois siècles après le début de la colonisation, c’est dans les années 1960 qu’ils commencent à obtenir la reconnaissance de leur peuple. En 1967, par référendum, les Australiens non Aborigènes approuvent avec une confortable majorité (91 % de oui) l’octroi de la citoyenneté australienne aux Aborigènes.

Avant cette date, les Aborigènes étaient classés comme " élément de la faune et de la flore australienne ".

Actuellement, les Aborigènes détiennent des titres de propriété sur environ 12% du territoire national. Dans le Territoire du nord, quelques 480 000 km2, soit plus d’un tiers de la superficie du territoire sont possédés par les Aborigènes. Ils sont également propriétaires de deux célèbres parcs nationaux : Kakadu et Ayers Rock/Uluru. A Kakadu, des négociations ont été menées entre les Aborigènes et les compagnies minières. Celles-ci doivent désormais payer des droits d’exploitation aux communautés Aborigènes. De plus, avant d’exploiter un gisement, les compagnies minières doivent obtenir une autorisation du “Land Council” (Conseil aborigène) concerné. Les organisations touristiques sont également soumises aux mêmes obligations.


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6 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 3 avril 2007 13:51

    très intéressant article ! le droit des aborigènes à garder la terre de leur ancêtres ! les aborigènes sont un peuple très soucieux de l’écologie et si ils gèrent aussi bien les ressources de la mer que celles des espaces terrestres , la biodiversité sera bien mieux préservée . Ce sont les envahisseurs européens et depuis peu asiatiques qui sont peu respectueux de la nature .Les farmers veulent raser les forêts du Queensland pour faire encore plus de pâturages .Les animaux introduits s’attaquent à la faune locale et risquent de faire disparaitre de nombreuses espèces uniques au monde ( pour le loup de tasmanie , c’est déjà fait smiley )


    • Kookaburra (---.---.155.90) 3 avril 2007 19:57

      Dans votre article vous ne portez aucun jugement moral et c’est bien ainsi, car la question des droits des Aborigènes est complexe. Prendre une position « les bons noirs et les méchant blancs » serait un peu simpliste. Mais je ne vois pas très bien le sens de votre article, au moins que c’est une simple information ? A première vue il semble peu juste de donner 80% de la côte à un peuple qui ne représente que 2% de la population, mais est-ce que la côte d’un pays peut raisonnablement devenir propriété privée ?


      • Fif Fif 4 avril 2007 08:16

        @ Kookaburra

        D’après votre pseudo, vous semblez connaître le sujet.

        Effectivement mon article est une simple information, doublée d’un petit rappel historique, sans polémique (d’autres sont plus doués que moi). Chacun y trouvera ce qu’il voudra.

        Quant au fond de l’article, les Aborigènes ne sont pas devenus les propriétaires de cette portion de la côte, mais en ont obtenu les droits d’exploitation.

        Vous savez, la notion de propriété de la terre me fait sourire. On croit posséder de la terre, et puis un jour c’est elle qui nous possède.

        Fif


      • Asu Asu 4 avril 2007 09:47

        « ...A première vue il semble peu juste de donner 80% de la côte à un peuple qui ne représente que 2% de la population... »

        connaitre le sujet, je n’irais pas jusque là quand je lis cette phrase xD


      • spud (---.---.254.75) 4 avril 2007 17:37

        Assez incroyable ils reprennent donc leurs droits !? Pour une bonne nouvelle c’est une sacrément bonne nouvelle ! smiley


        • Kookaburra (---.---.192.110) 4 avril 2007 18:14

          à Fif Effectivement, je suis Australien. La question des Aborigènes là-bas est une question « sensible » et très disputée. Il y a beaucoup de litérature là-dessus mais en anglais. Faire un article objectif et raisonné demanderait plus de travail que je ne suis prêt à faire. Je signale seulement qu’il serait erroné de faire une comparaison avec les noirs des Etats-Unis. Une comparaison plus évidente serait avec les Indiens d’Amérique. Il y a certaines similarités : l’invasion par les occidentaux, les tentatives d’intégration, l’incompréhension mutuelle, les massacres, la décimation par les maladies occidentales, la reconnaissance tardive des droits des indigènes et, aujourd’hui, l’idéalisation de ces cultures en voie de disparition. Le thème est aussi associé (à tort) à un autre thème controversial : le multiculturalisme. Vous comprendrez ma reticence à me lancer là-dedans !

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