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Accueil du site > Actualités > International > Aux origines de la Conférence « de Bilderberg » (1ère partie)

Aux origines de la Conférence « de Bilderberg » (1ère partie)

Du 31 mai au 3 juin 2012 s’est tenue à l’hôtel Westfields Marriott de Chantilly (Virginie, Etats-Unis), à une quarantaine de kilomètres de la Maison Blanche et à mi-chemin entre le Dulles International Airport et le siège central de la CIA à Langley, la Conférence annuelle « de Bilderberg ». C’est sous la nouvelle présidence du Français Henri de Castries (Président du Directoire du groupe AXA) et avec la discrétion qui caractérise son organisation et la tenue de ses débats que cette rencontre a réuni cette année encore un peu plus de 145 participants parmi lesquelles MM Josef Ackermann (Chairman de la Deutsche Bank AG), Kenneth Clarke (Membre du Parlement Britannique et Ministre de la Justice), Peter D. Sutherland (Chairman de la banque Goldman Sachs International) ou encore M Henry A. Kissinger, participant de longue date de ces rencontres. A l’occasion de cette soixantième Conférence et pour mieux cerner la nature et les objectifs de celle-ci, remontons le temps jusqu’en mai 1954, moment où eut lieu la première Conférence dite « de Bilderberg ».

JOSEF RETINGER, ARCHITECTE DU « GROUPE DE BILDERBERG »

Intéressons nous tout d’abord à la personnalité de celui que tous, conformément au mots de C. D. Jackson (Général Américain, expert de la Guerre Psychologique ayant servi au Strategic Services durant la Seconde Guerre Mondiale puis devenu Assistant Spécial du Président Eisenhower), considéraient comme « une sorte d’éminence grise de l'Europe » et qui, par son action de père fondateur et de Secrétaire du groupe « de Bilderberg », réussit dans l’après-guerre à fédérer autour de l’idée d’une unification européenne dans le cadre du Traité de l’Alliance Atlantique des personnalités parmi les plus influentes de son temps, tant européennes qu’américaines.

Né le 17 avril 1888 à Cracovie, dans la Pologne autrichienne, Josef Hieronimus Retinger part en 1906 faire ses études à Paris où, fréquentant de nombreux salons et cafés littéraires français, il fera la rencontre d’André Gide, de Giraudoux, de François Mauriac, de Maurice Ravel , ou encore du Marquis Boni de Castellane.

Dès 1917, Josef Retinger s'intéresse activement à la question européenne, nourrissant ses réflexions des théories des fédéralistes britanniques, propagateurs et ardents défenseurs notamment de l’idée d’un gouvernement mondial. Patriote dans l’âme, Retinger s'attachera également à promouvoir, dans une optique fédéraliste, les intérêts de son pays natal, la Pologne, celui-ci étant alors pris en étau entre la Russie et l'Allemagne.

Vers la fin de la Première Guerre Mondiale, ses machinations pour une Pologne libre ayant toutefois fini de le rendre indésirable aux yeux de tous, sa tête sera rapidement mise à prix par les Puissances Centrales et les Alliés lui interdiront l’accès à leur sol. Exilé aux Etats-Unis, il sera jeté pour un temps en prison.

Revenu de ces aventures, Retinger sera durant la Seconde Guerre Mondiale étroitement associé avec le Chef du Gouvernement Polonais en exil, le Général Wladyslaw E. Sikorski et sera notamment l’inspirateur, en 1943, du Comité Interallié des Ministres des Affaires Etrangères à Londres.

A la fin du terrible conflit mondial, peu avant qu’il ne fonde avec son ami M Paul Van Zeeland (Homme d’Etat et ex-Premier Ministre Belge) la Ligue Européenne de Coopération Economique et ne devienne, suite au Congrès de La Haye qu’il co-organisa, Secrétaire du Mouvement Européen et du Comité International de Coordination des Mouvements pour l'Unité Européenne, Josef Retinger tint un discours au Royal Institute of International Affairs le 7 mai 1946 à Londres qui restera dans les annales pour avoir été, dans l’après-guerre, l'un des tous premiers appels en faveur de l'unification politique du Vieux Continent.

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Le 9 décembre 1948, une délégation du Mouvement Européen se rend au quai d’Orsay, à Paris, pour remettre au comité d’étude pour l’Union Européenne créée par les cinq Etats signataires du Traité de Bruxelles un projet d’Assemblée européenne

Le 9 décembre 1948, une délégation du Mouvement Européen se rend au Quai d'Orsay, à Paris, pour remettre au comité d'étude pour l'Union européenne créé par les cinq États signataires du Traité de Bruxelles un projet d'Assemblée européenne. De g. à dr. : Francis Leenhardt (ancien résistant et Député Français), Étienne de la Vallée Poussin (Sénateur Belge et membre de l’Assemblée Consultative du Conseil de l’Europe), Duncan Sandys (gendre de Sir Winston Churchill, Député Britannique puis Ministre d’Etat) , Robert Bichet (Parlementaire Français, Président du Conseil Supérieur du Pétrole et Vice-Président de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe), Joseph Retinger, Raoul Dautry (Ministre d’Etat Français et Administrateur Général du Comissariat à l’Energie Atomique) et Henri Brugmans (Président Exécutif de l'Union Européenne des Fédéralistes).

LA METHODE RETINGER

Durant la première partie de l’année 1952, Josef Retinger consulta un certain nombre de ses amis, parmi lesquels MM Paul van Zeeland et Paul Rykens (à l’époque Président du groupe Unilever), et réussit grâce à ces nombreux contacts liés durant la Seconde Guerre Mondiale à réunir un groupe de personnes, parmi les hommes les plus influents dans leurs domaines respectifs et à les amener à prendre un intérêt actif dans ses projets.

La principale difficulté de cette tâche était, selon Retinger, de trouver les personnes les plus appropriées pour jouer un rôle de premier plan.

En mai, le Dr Paul Rykens introduisit Retinger auprès du Prince Bernhard des Pays-Bas. Au cours de leur premier entretien, celui-ci se montra à la fois sympathique et intrigué à l’égard du projet. Josef Retinger pensa au rôle que pourrait jouer le Prince, qu’il avait rencontré brièvement durant la guerre et au Congrès de la Haye en 1948. Celui-ci, fervent défenseur de la cause de l’unité européenne, s’intéressait à la politique et accepta de se joindre à MM van Zeeland et Rykens.

Le groupe s’élargi rapidement et fut rapidement rejoint par M Alcide de Gasperi (Président du Conseil et fondateur du parti Democrazia Cristiana) et l'Ambassadeur Pietro Quaroni pour l'Italie, M Hugh Gaitskell (à l’époque leader du Labour Party) et Sir Colin Gubbins (ex-Chef du Special Operations Executive) pour la Grande-Bretagne, MM Antoine Pinay (Président du Conseil) et Guy Mollet (ex-Ministre d’Etat, devenu chef de fil de l’opposition) pour la France, M Max Brauer (Maire de Hambourg) et le Dr Rudolf Mueller (avocat d’affaires et ancien président de la German Economic Administration de la zone anglaise pour l'Allemagne), MM Panagiotis Pipinelis (Représentant Permanent pour la Grèce auprès de l’OTAN) et M Ole Bjorn Kraft (Ministre des Affaires Etrangères) pour le Danemark.

Une première réunion fut ainsi organisée à Paris le 25 Septembre 1952 et les participants y convînrent de l’urgence d’agir afin d’améliorer les relations entre alliés européens et américains.

Des années plus tard, l'ambassadeur Quaroni, décrira ainsi cette réunion : « Je me souviens de la première réunion à laquelle j'ai été invité. Nous avons été pressés autour d'une très grande table dans une petite pièce. Nous nous sommes accordés sur le principe, mais ne savions pas comment exécuter, organiser les choses, comment trouver les moyens. Rien n'était clair. Des suggestions jaillirent de la bouche de Retinger comme des rafales de mitrailleuses. Elles n'étaient pas toutes excellentes, il est vrai, mais quand l’une d’elles était réfutée, il en tirait dix de plus de sa manche. Il était probablement le seul parmi nous qui ait jamais vraiment étudié la question des deux côtés de l'Atlantique et qui avait des idées précises sur le sujet ».

Après la réussite de cette première réunion, le « groupe » se consacrera durant l’année 1953 à l’établissement de nouveaux contacts ainsi qu’à des consultations, ponctuées d’une série d’autres réunions ainsi que deux visites aux Etats-Unis où, en raison de l’agenda politique (les élections présidentielles s’étant déroulées le 4 novembre 1952), et selon Retinger, « les choses avaient été un peu plus lentes à démarrer ». Un groupe américain fut alors créé et, rapidement, se réunit sous la présidence M John Coleman (Président de la Société Burroughs), assisté par M Joseph Johnson (Directeur de la Fondation Carnegie).

 

LE GROUPE SE MET AU TRAVAIL

 Ainsi constitué, le groupe réuni autour de Josef Retinger se mit rapidement au travail et dès la fin du mois de janvier 1954, celui-ci s’attela, sur base des notes de MM Gaitskell, Rykens, van Zeeland, du Dr Mueller et de l’Ambassadeur Quaroni, à la rédaction d’un premier rapport relatif aux relations entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique.

 Les 7 et 8 février, le « groupe » se réunit de nouveau à Paris, au 12bis Rue Christophe Colomb (8ème arr.), dans l’appartement de M. Kajetan Morawski (ami de Retinger et militant pro-européen, surnommé « Le légendaire ambassadeur de la Pologne libre », il fut l’un des partisans « d’une Europe cuisinée à la française »).

La réunion commença le dimanche 7 février à 16h30, les participants travaillèrent jusqu’à l’heure du dîner et reprirent leurs travaux le lendemain dès 9h30 jusqu’au soir, ne s’arrêtant à peine que pour prendre un déjeuner à la fourchette offert par leur hôte.

 Le 25 février, une réunion du groupe adopta à l’unanimité la version finale du rapport dont, comme il avait été convenu et afin d’éliminer d’avance toute zone de friction côté européen, la note contenant certaines critiques émises par les Américains ne serait transmise qu’à ces derniers.

 

L’ARAIGNEE TISSE SA TOILE

Durant les mois de mars, avril et jusqu’à la première conférence qui se tiendra fin mai, Josef Retinger va multiplier les contacts et les échanges avec les différents membres du groupe afin de s’assurer du bon déroulement du recrutement des personnalités à inviter lors de celle-ci.

Début mars il rencontre M Harold Macmillan (Ministre d’Etat Britannique dans les cabinets Eden et Churchill) avant d’aller à Paris s’entretenir avec MM Antoine Pinay et Guy Mollet.

Le 28 mars il arrive à Bruxelles pour assister à la réunion du Bureau Exécutif du Mouvement Européen où il s’entretiendra notamment avec M Paul-Henri Spaak (ancien Ministre d’Etat Belge, Président du Mouvement Européen et premier Président de l’Assemblée Générale de l’O.N.U.) et Sir Winston Churchill.

Le 13 avril, S.A.R. le Prince Bernhard des Pays-Bas lui rend visite à Londres afin de lui assurer que « tout est bien en mains pour la conférence Europe-Amérique. »

Début mai, les cartons d’invitations, à en-tête du Palais de Soestdijk et signés de la main du Prince, sont imprimés et envoyés personnellement à la septantaine d’invités qui participeront à cette première conférence.

Le Prince et Retinger se reverront le 15 mai afin de parler des derniers arrangements à prendre avant que celui-ci ne se rende le lendemain à Bruxelles dans l’intention d’en référer à Paul van Zeeland, à qui il écrira pas moins d’une dizaine de lettres durant cette période.

 

SHOW MUST GO ON…

Cette première conférence se tint donc à l’Hôtel Bilderberg d’Oosterbeek, près d'Arnhem, dans les hautes terres boisées de l'Est des Pays-Bas, les 29, 30 et 31 mai 1954.

Elle réunit un groupe d'hommes d'Etat éminents, de financiers, d’industriels et d’intellectuels des principales nations d'Europe et des Etats-Unis d’Amérique pour la conférence internationalle la plus inhabituelle jamais tenue jusque-là.

Le samedi 29 mai à 10 heures, S.A.R. le Prince Bernhard des Pays-Bas ouvrit cette première journée de rencontre en remerciant tous les participants d’avoir bien voulu répondre à son invitation ainsi que de leur présence à cette conférence qui devrait « permettre un libre échange de vues sur le développement des relations entre les Etats-Unis d’Amérique et leurs alliés de l’Europe Occidentale. »

Dans son discours inaugural, le Prince enjoignit ceux-ci à garder à l’esprit les points suivants :

· « Etant donné que les pays libres de l’Europe, les Etats-Unis et le Canada doivent agir comme une unité, ils devront s’efforcer de penser de même » (nous soulignons) ;

· « Il s’agit d’un processus à long terme. Mais entretemps, nous devons nous efforcer d’éliminer les frictions et les malentendus qui existent dans le monde occidental » (nous soulignons) ;

· « Les peuples de l’Occident doivent devenir plus conscients de leur responsabilités à l’égard du monde entier et (…) nous devons apporter au monde la preuve que notre réponse aux problèmes mondiaux est la bonne. Nous devons offrir au monde une conception de la coopération internationale, de la civilisation et du mode de vie qui permette à tous de trouver une place, y compris ceux qui sont nos adversaires aujourd’hui ».

Après de vifs applaudissements, le Prince laissa la parole aux rapporteurs du groupe afin que ceux-ci exposent aux participants le contenu des premiers rapports qui servirent de base de travail pour la conférence.

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Vue aérienne de l’Hôtel Bilderberg à Oosterbeek

Très vite après, les premiers échanges de vues s’organisèrent. Parmi les interventions marquantes, nous noterons celle de M Gardner Cowles (patron de presse Américain) qui, partant du « fait que, selon lui, les Etats-Unis pour la première fois de leur histoire ne se sentent plus en sécurité » face au « danger réel, important et immédiat pour la civilisation mondiale » (nous soulignons) que représente l’Union Soviétique, il est d’avis que « l’Otan constitue la meilleure protection possible pour l’Europe Occidentale », position sur laquelle il sera rejoint par M Gaitskell.

Certains européens se montrent quant à eux plus nuancés sur ce point, tel M Giovanni F. Malagodi (Député Italien et Directeur de Banca Commerciale Italiana) qui, déplorant « que l’Article 2 du Traité Atlantique, relatif à l’évolution de cette alliance vers une communauté atlantique ait été négligé », ira jusqu’à se plaindre « qu’il n’est pas si facile de jouer le rôle de partenaire secondaire dans l’alliance occidentale ». Ce dernier fit enfin remarquer « qu’on a trop souvent tendance à parler de « leur » plan (« le plan des Américains », ndA) ou de « leurs » idées au lieu de « notre » plan, « nos » idées, concluant, que les grands ne devraient pas vouloir dominer les petits mais que tout devrait être réglé d’un commun accord ».

On peut ici constater une des oppositions fondamentales entre les Etats-Unis et certains de leurs alliés européens sur la question du rapport de force au sein de l’Alliance atlantique, opposition que l’activité du « groupe » doit tenter d’aplanir par son action afin que tous puissent « agir comme une unité » et s’efforcent « de penser de même. »

Après un déjeuner, les échanges de vues se poursuivirent toute l’après-midi.

Parmi ces interventions, celle du Dr H. M. Hirschfeld (Economiste Hollandais), membre du « noyau dur » du « groupe », illustre bien l’état d’esprit « interdisciplinaire » qui règne durant les débats de cette assemblée, tout en dégageant la ligne idéologique derrière laquelle les participants sont attendus à se ranger.

Ainsi, il dit : « Il existe deux systèmes au sein du monde libre, celui de la « libre entreprise » (le système libéral/capitaliste, ndA) et celui de la « sécurité sociale » (le système de l’état-providence/socialiste, ndA). Entre eux, il nous appartient de trouver un juste milieu (la « troisième voie », ndA). » Le Dr Hirschfeld poursuivra son allocution, déclarant avoir « été frappé du fait que jusqu’à maintenant dans la discussion sur la défense contre le communisme on n’ait pas porté attention au rôle joué sur ce point par la religion et les divers communautés confessionnelles car il s’agit là, pour Hirschfeld, d’un des points les plus importants » qu’il regrette d’avoir vu omis jusqu’ici.

Durant ces trois jours, on verra ainsi les interventions se succéder et le discours des membres du « noyau dur » et des quelques intervenants qui y réagissent glisser allégrement du point de vue militaire à celui de l’économie, de la politique ou bien encore du spirituel, dans un esprit de totale communion contre « l’ennemi Soviétique ». Dans ces Mémoires (rédigées par son secrétaire personnel, M John Pomian), Retinger racontera d’ailleurs qu’ « après trois jours à vivre ensemble dans ce lieu isolé, que les participants n’ont quitté qu’une seule fois, lorsque le Prince Bernhard les a invités à un cocktail au Palais Royal tout proche, un lien encore flou mais déjà discernable avait était créé. Une nouvelle entité était née. »

 

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Photo prise durant la première Conférence « de Bilderberg »

L’EFFET BILDERBERG

Quiconque a déjà assisté à ce « genre » de session sait qu’un panel limité de rapporteurs peut à lui seul diriger et orienter comme bon lui semble les débats d’une « telle » assemblée.

C’est grâce à son côté à la fois « formellement informel » et « informellement formel » (les participants agissant ici à titre privé mais avec la qualité d’expert que leur confère leur fonction) que les Conférences « de Bilderberg » réussirent à fédérer autour de leurs idées tant d’hommes influents de cette époque jusqu’à aujourd’hui.

C’est grâce à cette ambiance si particulière où se mêle solennité et convivialité que les membres du « groupe » réussirent depuis 1954 à amener chaque participant à s’ouvrir à la confidence de tous mais également à se montrer réceptif et à recevoir la parole qui lui était délivrée.

Grâce à l’autorité qui émane de ses rapporteurs ainsi que de son nom, le « groupe de Bilderberg » a su influencer depuis près de soixante ans et dans une majeure partie les intérêts politiques, économiques, sociaux et culturels des peuples d’Europe et d’Amérique.

A ce propos et afin de mieux pénétrer l’esprit et les buts de cette réunion, relisons ensemble ce qu’écrivait Josef Retinger dans une note circulaire aux membres du « groupe » (le « noyau dur ») datée du 5 mai 1954 :

« Il convient de rappeler que la Conférence ne visera pas à élaborer des solutions à chacun des problèmes que doit affronter l’alliance occidentale. (…) Mais la Conférence étudiera les répercussions de ces problèmes sur l’opinion publique et les voies par lesquelles celle-ci peut-être influencée favorablement (nous soulignons).

« Les gouvernements démocratiques peuvent diriger l’opinion de leur pays, mais ils doivent également suivre ses orientations, et c’est pourquoi nous croyons qu’à l’heure actuelle, alors que les gouvernements occidentaux développent tous leurs efforts pour maintenir leur unité, la tâche qui revient en propre aux individus est d’agir sur l’opinion publique de leur propre pays afin de la conduire d’aussi près que possible à la rencontre de celle des autres pays de l’alliance occidentale (nous soulignons). »

 

EPILOGUE

Depuis 1954, les conférences annuelles « de Bilderberg » ont réunis des centaines de participants issus du monde politique, de la finance, de l’industrie ou encore de la presse.

Grâce à un agenda parfaitement choisi, des rapports minutieusement rédigés afin d’orienter le plus efficacement le panel de participants sélectionnés pour leur influence et leurs « sympathies transatlantiques », et surtout grâce à la renommée de son organisation, le « groupe de Bilderberg » a réussi à guider et à influencer de manière déterminante l’opinion publique et les principaux dirigeants politiques et économiques du « monde occidental » en vue de la construction d’un bloc économique et politique européen dans le cadre d’une interdépendance économique (Plan Marshall) et militaire (OTAN) avec les Etats-Unis.

A travers les origines du « groupe », c’est toute l’ingérence de ces quelques hommes dans les grands évènements de la seconde moitié du XXème siècle et jusqu’à aujourd’hui qui apparaît au grand jour, comme semble nous l’indiquer les grands thèmes inscrits à l’agenda de ces conférences ainsi que les personnalités qui s’y retrouvent pour, chaque année, y communier durant trois jours…


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23 réactions à cet article    


  • Richard Schneider Richard Schneider 13 juin 2012 20:31

    Très instructif. J’attends la suite avec impatience.


    • cancrela 13 juin 2012 21:38

      Bravo et merci. Peu de gens connaissent Bilderberg, j’avais commencé un article et il passe à la poubelle.
      Le votre est beaucoup moins polémique (c’est mieux mais pas dans mon caractère) et également mieux abouti et renseigné.
      Chapeau bas, j’attends également la suite avec impatience.
      J’en ferai certainement un dossier pour le montrer à mes amis.
      Cordialement


      • Constant danslayreur 13 juin 2012 22:25

        Patience, plus que quelques années et le -(-« messie »smiley- se proclamera tel depuis Jérusalem et alors vous verrez très précisément à quoi cette « alliance occidentale » autour des états unis, avec une influence en déclin de la couronne britannique et précisément après 48, rimait.

        Évidemment pour qu’il soit crédible en tant que messie aux yeux des juifs, il va falloir que non seulement ils les ramène en terre sainte (quasi-fait) et peut chaut qu’ils s’agisse d’israélites sémites ou de juifs convertis venus du nord du Caucase, qu’en sus la terre sainte s’étende à des frontières bien plus connues que celles actuelles, mais que surtout, Israël gouverne le monde à l’exclusion de toute autre puissance états unis inclus...

        Grave erreur de se fier aux apparences par les temps qui courent

        Grave erreur de confier sa vie et son âme à l’Antéchrist.


        • bert bert 14 juin 2012 01:03

          vivement le bilbeurg sans sauce amérikaine smiley


          • Leviathan Leviathan 14 juin 2012 08:42

            (Je remets un commentaire posté dans un autre article)

            Pour en savoir plus sur les véritables fomenteurs de l’Union Européenne, lisez également :

            Ci-joint, un trombinoscope des membres importants du Groupe de Bilderberg (Think-tank mondialiste, oligarchique et ploutocratique de David Rockefeller, œuvrant pour l’établissement d’un gouvernement mondial sous hégémonie américaine depuis 1954), publié par le journaliste espagnol Daniel ESTULIN :
            http://www.danielestulin.com/wp-con...

            .

            - Pour en savoir plus sur le « Groupe de Bilderberg »

            - Pour en savoir plus sur la « Commission Trilatérale »

            - Pour en savoir plus sur le projet de Gouvernement Mondial.


            • Richard Schneider Richard Schneider 14 juin 2012 17:01

              à Léviathan :

              Je vous sais gré de mettre à notre disposition tous ces liens qui sont fort utiles à ceux qui s’intéressent à ces questions.
              RS

            • CASS. CASS. 5 avril 2013 08:15

              En fait ces bilderberg ne sont que le plan des rothschilds khazars qui ne date pas d’aujourd’hui.


            • iris 14 juin 2012 09:22

              le monde dirigée par un secte....
              car il faut avoir de l’argent pour y participer ???


              • AmaruKaShakur AmaruKaShakur 14 juin 2012 09:34

                Merci pour ces informations, votre article mériterait de faire la une, il n’a guère la place qu’il mérite au vue de l’importance de son contenu et de sa longueur.

                Bravo !


                • Neymare Neymare 14 juin 2012 11:14

                  Les objectifs du groupe Bilderberg correspondent à plusieurs nécessités en relation avec le futur de l’humanité. Il ne faut pas se focaliser sur les méthodes employées (il est vrai souvent discutables pour le moins), ni sur une situation à un temps T.

                  L’Homme se doit d’assurer sa pérennité, pour celà il doit :

                  - protéger la planète, les ressources naturelles
                  - éviter de tout faire péter avec des guerres atomiques
                  - trouver l’unité pour tendre vers un idéal

                  Pour celà une feuille de route avec des objectifs a été mise en place :

                  - réduction de 90% du nombre d’etres humains : en effet, l’Homme est comme un cancer pour la planète, or si ça continue dans la lancée sur le plan démographique, la planète ne sera plus vivable, et ses ressources vont s’épuiser, l’Homme disparaitra
                  -établissement d’un gouvernement unique au niveau mondial, l’humanité ne sera géré que de façon univoque, ce qui facilitera évidemment le controle des naissances, le controle des risques et évitera les conflits
                  -établissement d’un seul culte ou religion : l’homme continue a évoluer et il atteindra au cours des décennies qui viennent un niveau spirituel supérieur à ce qu’il est actuellement, affaiblissant ainsi l’obscurantisme des religions monothéistes.

                  Tout ceci fait partie d’un large plan pour l’humanité qui dépasse largement le groupe Bilderberg qui n’est qu’un exécutif.
                  Vous comprendrez aisément que la diminution du nombre d’etres humains ne se fera pas sans tensions, tous les moyens seront bons :
                  - on coupe les vivres (d’ou les crises que nous vivons et qui ne ferons que s’amplifier)
                  - on fait des guerres
                  -on subira des catastrophes naturelles destructrices (la Terre est un organisme aussi vivant que vous et moi et se défend de la meme façon)
                  -on controlera les naissances etc...

                  Alors évidemment vu de notre petite planète tout celà est injuste et cruel : ce sont bien évidemment les plus pauvres qui vont le plus en baver (comme toujours), néanmoins tout celà est vital pour l’humanité, sinon nous disparaitrons tous à breve échéance, ce n’est pas nous qui allons détruire la planète mais bien elle qui va nous détruire.

                  Enfin comme je l’ai dit précédemment, tout celà est géré a un niveau supérieur, et la situation peut etre vue avec une meilleure appréciation quand on se place sur ce niveau supérieur. L’ensemble de ce plan et le retour à une situation pérenne devrait prendre environ 200 ans


                  • XanderDjiff XanderDjiff 14 juin 2012 13:14

                    Pour gérer le problème de la population, certes il faut lancer des mesures visant a ralentir la croissance démographique actuelle, mais il faudrait aussi se tourner vers l’espace, et préparer la colonisation du système solaire. On est pas obliger de tout détruire pour regler la surpopulation, on peut envisager une voie constructive et humaniste ! Un tel projet serait fédérateur, le problème, c’est que ces « élites » ne veulent pas fédérer, mais dominer, et exterminer leurs adversaires.

                    On devrait faire un grand « Bildeberg citoyen », où nous autres « de la plèbe » élaboreront des solutions humaines à notre avenir. Et si cette initiative avait du succès, les vraies solutions viendraient de la fusion de la vision technocratique des Bilderberg, et de celle plus « terre à terre » des citoyens.

                    En tout cas, si on persiste à rester spectateurs, et non a etre acteurs réels, nous en subiront les conséquences, de la froide logique des élites mondiales, pour qui nous sommes très largement sacrifiable.

                    Mobilisons-nous ! De droite comme de gauche, unissons-nous dans l’adversité !


                  • Croa Croa 14 juin 2012 13:17

                    Je n’ai pas le sentiment que les objectifs du groupe Bilderberg soient ceux-là !

                    Ni écolos ni réductionnistes, ces gens sont juste pour une hégémonie libérale élitiste (au profit d’une oligarchie = eux.)

                    C’est assez grave comme ça, non ?
                     


                  • Code_7 15 juin 2012 12:15
                    A Neymare,

                    Vous débitez une telle quantité d’absurdités à la phrase, qu’on s’y perd.J’ai même cru au début que vous étiez sur du 12e degré d’ironie.

                    « Les objectifs du groupe Bilderberg correspondent à plusieurs nécessités en relation avec le futur de l’humanité ».
                    Quelles nécessités ? N’essayez pas de trouver un sens général caché à la vie, il est différent pour chaque individu. C’est ce qu’on appelle la liberté.

                    « réduction de 90% du nombre d’êtres humains [...] établissement d’un gouvernement unique au niveau mondial [...] établissement d’un seul culte ou religion ».
                    Que de bon sens que tout celà ! Vous avez oublié l’interdiction des livres et la mise en place du « crime par la pensée ». Du coup, j’imagine qu’on brûle les athés ?

                    « l’homme continue a évoluer et il atteindra au cours des décennies qui viennent un niveau spirituel supérieur à ce qu’il est actuellement »
                    Dans votre cas, vivre un millénaire n’y changerais rien. Dailleurs, aucune spiritualité n’est requise pour vivre en harmonie avec son environnement, les animaux y arrivent très bien. Et l’Homme inventa la concept d’idéologie, ou comment essayer d’imposer sa vision du monde à tous ceux qui n’ont rien demandé.

                    « Enfin comme je l’ai dit précédemment, tout celà est géré a un niveau supérieur, et la situation peut etre vue avec une meilleure appréciation quand on se place sur ce niveau supérieur ».
                    Il faut absolument que vous me passiez le Nº de votre dealer, parce que c’est vraiment de la bonne là. Du recul, de la « hauteur », vous en avez apparament pourtant bien besoin. Ne vous torturez pas les méninges et prenez un peu de repos ; allez par exemple garder un troupeau de chèvres dans les Pyrénées, cela vous fera du bien.

                  • Neymare Neymare 14 juin 2012 11:22

                    J’ajouterai que ce plan est en partie dévoilé sur les
                    Georgia Guidestones, tout celà en relation avec les sociétés secrètes ésotériques dont les Francs maçons, les rose croix, illuminatis etc...
                    Les secrets de l’initiation dans ces sociétés font que leurs membres les plus élevées peuvent recevoir des directives du système qui gère tout ça, un système qui dépasse largement notre vision étriquée de l’humanité ou meme de l’univers.
                    Si vous etes intéressé par ce genre d’initiation ou simplement savoir de quoi il s’agit vous pouvez consulter les enseignements sur ce site, tout y est gratuit (c’est ce qui différencie une secte d’une organisation sans but lucratif)
                    http://www.crc-rose-croix.org


                    • Wendigo Wendigo 14 juin 2012 11:47


                      Mais qui dirige les Builderbergers, à qui rendent ils des comptes ??? personne ne semble se poser la question, pourtant, pour un truc secret ..... on en parle quand même beaucoup.
                      Perso si je voulais faire vraiment de la manipulation de masse, je me cacherais derrière des société et autres groupe prétendus secret, afin de détourner l’attention.
                       Contempler un billet de 1$ et vous verez des symbole en pagaille, plus que flagrant sur une de ses face et rien à ce qui semble sur l’autre ..... à première vue, mais un symbole caché est dans le coin en haut à droite en minuscule. Un symbole que l’on retrouve aussi loin que l’histoire nous porte, qui a toujours eu la même signification. Et chose étrange, ce symbole vous le retrouvez sur deux monnaies qui passent actuellement un sale quart d’heure (euro greque et dollar) coincidence, vraiment ??
                      Une deuxième chose est à noter concernant ces builderbergers, mais il n’est pas de bon ton de l’exprimer au grand jour cela pourrait avoir des répercussions catastrophique sur des innocents, une chose qui touche à la génétique. Que les plus curieux cherchent et trouvent pas eux même, car cela leur expliquera une face cachée de ce que pourrait être le « nouvel ordre mondial », que dans le fond n’est toujours pas très clair. Darwin aurait certainement eu une explication cohérente je pense ...


                      • Neymare Neymare 14 juin 2012 11:58

                        Le Bilderberg et donc l’Humanité sont gérés tout simplement par le système qui les a créés, système qui intervient quand ça part en coui..e comme c’est le cas actuellement


                      • Wendigo Wendigo 14 juin 2012 12:12

                        Oui on va dire ça comme ça, simpliste, basique, pourquoi chercher plus loin ..... sauf que.
                        Dites moi, pourquoi ces gens sont ils eugènistes alors ? quel type de gènes défendent ils, puisque eugènisme il y a ?
                         Attention, je ne fait aucune référence à des origines, religions ou autre, seullement seul le plus fort et le plus addapté survie. Je vous le redis, ces gens bien que n’étant pas d’une même famille ont une ressemblance génétique unique et commune .
                         Pour ce que vous me dites, cela manque de logique, puisque que la mouise, c’est eux qui l’amènent, ils ne peuvent donc pas en être issu, puisqu’ils en sont la cause ! Mais dans quel but ? Voir leurs gènes dominer ce monde ?


                      • mortelune mortelune 14 juin 2012 14:11

                        Bilderberg, bienvenue chez les maitres du monde et le nouvel ordre mondial.


                        « La principale difficulté de cette tâche était, selon Retinger, de trouver les personnes les plus appropriées pour jouer un rôle de premier plan. »

                        Avec Sarko, ils avaient récemment trouvé un nain qui se croyait grand. Les recrues ne sont pas bonnes du tout mais les peuples sont si bêtes qu’au final on peut être certain d’une chose, c’est que le nouvel ordre mondial sera mis en place, s’il ne l’ai pas déjà...

                        • mortelune mortelune 14 juin 2012 14:12

                          « s’il ne l’est pas déjà... »


                        • Dazen-Li 14 juin 2012 14:32

                          Ce qui dirige - et non celui - est Mon Saigneur Pognon. (MSP)
                          Ces gens assoiffés de pouvoir - eugénistes sans doute, oui, pour se légitimiser - jouent dans le monde réel à Risk-Monopoly, et leur mégalomanie dépasse de loin tout ce qui est imaginable en termes d’inhumanité....
                          Ils se sont infiltrés partout, dans tous les lieux décisionnaires - éducation, médias, banques - et pourtant, ils se retrouvent aujourd’hui en difficulté devant les réactions de leur bétail humain....
                          Alors le voile se lève un peu...
                          Mais cessez donc de les croire Maitres à jamais de l’organisation de nos vies !
                          Sans nous, leur fric ne leur sert à rien ! Sans les « masses populaires » ils ne sont maitres de rien du tout !
                          Et si nous étions en train d’inventer un ordre mondial basé sur la fraternité, sans frontières, sans profits, sans compétition, sans (échelle de) « valeurs » ? Là, maintenant, ensembles ?
                          Que deviendraient MSP et ses joueurs fous ?
                          Et je pense que c’est vers cela que l’humanité se dirige, et c’est parce qu’ils sentent ce danger pour leur « royauté » (dictature) qu’ils incitent à la haine, aux altérophobies de toutes sortes, religieuses, ethniques, culturelles....
                          L’avenir sera ce que nous le ferons !


                          • Wendigo Wendigo 14 juin 2012 18:45


                             Regarder la surface d’un lac, ce n’est pas voir le lac .... mais juste ses apparences, qui plus est dans des eaux aussi troubles.
                            Ce qui est par contre drole est de constater l’accéptation de la théorie de l’évolution et en même temps de refuser de la voir quand elle s’exprime sous notre nez. C’est ce que pensait cro-magnon quand sapiens lui a réglé son sort.
                            Attention aux apparences.

                            Sinon cet article est bien fait.


                            • Code_7 15 juin 2012 12:28
                              L’article est super complet et bien documenté.

                              Merci à l’auteur de rester dans la neutralité la plus totale, ca permet à chacun de se faire son opinion sur ces réunions.
                              Vivement la suite.

                              • Marine 18 juin 2012 00:07

                                C’est avec les Éditions Félix que j’ai pour la première fois, pris connaissance de ce groupe. À l’époque, le collectif d’auteurs qui avait écrit le livre jaune 5 avait décidé de rester anonymes -ce qui est dommage, puisque la notoriété des sources me semble si importante (Kempf, je connais !). Cette organisation et son existence autrefois occulte semble maintenant reconnue et acceptée. Même la famille LePen en parle allègrement à la télé alors qu’il y a peu de temps de cela n’importe qui serait passé pour fou, simplement pour avoir mentionné le mot "illuminati’. Dans le livre jaune, on mettait surtout l’accent sur l’occultisme présumé des membres de ces groupe. Ce qui est déconcertant, c’est qu’on a l’impression qu’on amène peu à peu à nous faire accepter comme vérité.les soi-disant discours de fou d’hier. Conspirationnistes ou confédérationnistes ? Les prochains articles jetteront la lumière sur ce mystère, je l’espère.

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