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Accueil du site > Actualités > International > Barack Obama : « Le rêve et le feu »

Barack Obama : « Le rêve et le feu »

Lorsqu’en 1619, débarquèrent à Jamestown (Virginie)-première colonie britannique permanente sur le continent, fondée en 1607- les vingt premiers esclaves noirs, ils étaient loin de s’imaginer que près de 400 ans après avoir foulé le sol américain, qu’un des leurs congénères allait devenir le premier président noir de l’Histoire des Etats-Unis.

Lorsque encore l’esclave forgeron Gabriel Prosser et l’esclave charpentier Nat Turner, menèrent les plus célèbres révoltes d’esclaves, respectivement en 1800 et en 1831, ils ne pouvaient nullement comprendre qu’ils venaient de jeter les jalons de la contestation et de la revendication des Noirs qui n’étaient qu’à ses débuts.
Mais ce fut Philip Randolph, le premier qui a fondé en 1925, le premier syndicat noir afin de mieux canaliser les énergies et de donner aux Noirs, l’occasion propice d’une prise de conscience collective et surtout de s’organiser politiquement. Bien entendu, la religion joua aussi un rôle de premier pla pour cette prise de conscience en leur apprenantà "survivre dans la souffrance".

LE REVE

C’est vers les années 60, années des indépendances africaines, considérées comme les plus violentes dans la lutte d’émancipation des Noirs, que Martin Luther King, apôtre de la non-violence et l’un des leaders du Mouvement des droits civiques, prononça sa célèbre phrase : "I have a dream", avant d’être abattu en 1968. Comme ses prédécesseurs, il ne pouvait pas se douter que 45 ans plus tard, son rêve de l’Amérique réconciliée avec elle-même, où les différentes communautés vivraient en harmonie, transcendant clivages et préjugés raciaux, en vue de l’édification d’une nation plus prospère et plus puissante, allait se réaliser par Barack Obama.

L’eléction et l’installation de ce dernier à la Maison Blanche ne peuvent être dissociées de près de 4 siècles de luttes et de combats héroïques des Noirs en vue de leur émancipation.L’on ne peut taire le soutien et l’appui de certaines personnes de race blanche, qui ont eu à défendre, certains au péril de leur vie, la cause des Noirs pour le triomphe des valeurs de liberté, de solidarité et d’égalité, fondements même de la démocratie.

La victoire d’Obama a surtout été stimulée par la grande et phénoménale mutation de la fin du XXième siècle, que d’aucuns qualifient de seconde révolution capitaliste.Cette mutation d’ordre technologique, économique avec des implications majeures sur le plan socilogique, a touché tous les aspects de la vie humaine au point de constituer un danger pour l’humanité à certains égards.
Elle a eu comme conséquence importante, aux Etats-Unis notamment, la montée en flèche d’une nouvelle classe moyenne, particulièrement noire dont est issu B. Obama, où le critère racial n’est plus l’élément déterminant d’appréciation et de distinction.

L’Histoire des Etats-Unis démontre que, pratiquement tous les grands chefs politiques noirs ont été le produit de la tradition religieuse noire. De l’esclave et prédicateur Nat Turner au pasteur Martin Luther King, de Frederick Douglas au pasteur Clayton Powell, de Marcus Garvey à Malcom X, ou de Booker T. Washington au révérend Jesse Jackson. Il y eut aussi Elijah Muhammad des Black Muslims et ceux issus du militantisme révolutionnaire noir tels que Stockeley Carmichael, Eldrige Cleaver, les Panthères noires ainsi que Angela Davis.

Même si Obama fait exception, il n’en demeure pas moins que son éloquence rhétorique- qu’on trouve chez la plupart des Noirs- ne peut s’expliquer autrement que par son arrière-plan religieux qui est chrétien.

Bien avant lui, en 1984, le révérend Jesse Jackson s’était essayé et n’a pas pu du tout réussi à obtenir l’investiture du Parti démocrate. Cet échec doit être mis sur le compte des mentalités de l’époque qui n’avaient pas suffisamment évolué pour accepter un président noir. Néanmoins, " sa campagne a donné à la population noire le sentiment profond que l’âge de l’Amérique noire aproche et apparaît comme une éclatante démonstration de la force politique de la communauté noire". Il aura été un pionnier- au même titre que De Priest, Dawson et Powell- dans la vie politique de la communauté noire, et aura donné à cette dernière, qui représente 12% de la population américaine, des nouvelles perspectives historiques et politiques.D’aiileurs, l’eléction de B. Obama ne peut être détachée de ce contexte.

Considérés comme faisant partie de la race inférieure par l’idéologie dominante avec des théories racistes distillées, soutenues et défendues par certains milieux scientifiques et intellectuels en mal de renommée, qui n’ont pas résisté à la dure et rude épreuve des faits et du temps ; broyés et exploités jusqu’à la moelle des os par le capitalisme américain ; brimés, humiliés et abattus par la machine répressive Yankee, les Noirs américains- pourtant la minorité la plus importante- faute de mieux, ont confiné leurs talents, énergies et ambitions dans la musique, les sports et la religion.

Toutefois, cette situation a notablement changé pendant les quarante dernières années, à la faveur de la seconde révotion capitaliste, où la structure des classes socilaes des Noirs àa sensiblement évolué par l’émergence d’une classe moyenne noire et même d’une bourgeoisie noire. Cette évolution sociologique des Noirs leur a permis d’embrasser, pour les plus aisés d’entre eux, les mêmes études que les Blancs et d’avoir ainsi accès à certaines professions.

La victoire d’Obama doit être considérée d’une certaine façon comme la victoire de la classe moyenne américaine en général, et au-délà, comme celle de toutes les minorités en particulier car, chacune d’entre elles a subi, à des degrés différents, l’impitoyable et implacable loi de l’Amérique blanche.

LE FEU

Et lorsque enfin en 1963, l’écrivain noir américain James Baldwin, dans son célèbre roman intitulé : "Next time fire", craignait l’embrasement aux Etats-Unis,entre les races suite aux passions soulevées par les nombreux problèmes interraciaux de l’époque, il ne pouvait pas croire qu’un jour, "le feu de la passion" allait céder la place au" feu de la raison".

C’est peut être cela aussi qui donne la mesure de la vitalité de la société américaine...

  MAYIFILUA N’DONGO
 ONG "DEDQ" et "CEFOTED"



 

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4 réactions à cet article    


  • Ahlen Ahlen 1er juin 2009 10:27

    Patience et longueur de temps font plus que force et que rage !


    • apami 1er juin 2009 15:57

      Franchement j’ai commencé à lire... et je me suis arrété au mot « congénères ». De qui se moque-t-on ? Comment faire passer discrètement un message de discrimination sous couvert d’analyse politique ?

      Au pilon !


      • viking 2 juin 2009 03:02

        Congénère qui est semblable ou de la même espèce ou du même genre. 

        Il n’y a pas de connotation raciste d’autant plus que ce passage était écrit en italique ce qui signifierait que l’auteur cite un auteur mais comme il ne le spécifie pas et que le style est à peu près semblable au reste de l’article mon jugement est donc douteux mais je le dis quand même. 

        Quant au vôtre, Monsieur Apami, il n’est jugé douteux parce je suis sûr qu’il est faux ou sophistique car ce mot pris dans son contexte signifie rien d’autre qu’un de leur semblable allait devenir président des Etats Unis. 

        A vouloir trop bien penser, vous avez fini par dire une de ces conneries.

        Monsieur Apami, vous devriez vous recycler chez les Dominicains car vous auriez été très efficace comme juge de l’inquisition et surtout très expéditif.



      • viking 2 juin 2009 03:09

        Effectivement, sachez, Monsieur que de votre QI, nous en avons rien à foutre. Si vous êtes assez intelligent pour comprendre qu’il faut la tenir tant mieux pour vous car votre femme ne risquerait pas de vous engueuler chaque fois que vous vous oubliez en pissant à coté.

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