Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Belgique : chronique d’un échec annoncé

Belgique : chronique d’un échec annoncé

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Yves Leterme, le Belge qui confond La Brabançonne avec La Marseillaise, ne connaît sans doute pas bien les fables de La Fontaine. Sans quoi il aurait évité, tel le lièvre de l’histoire, de musarder en chemin et d’avoir finalement à choisir entre la fuite et le déshonneur.

Au fond, tout cela était écrit depuis le 28 août 2007, date à laquelle M. Leterme avait rendu pour la première fois son tablier au roi, après les négociations de Val Duchesse. « Les pseudo-négociations d’Yves Leterme ont été une perte de temps criminelle », écrivait l’éditorialiste du Soir le 27 août. Que dire alors de ce nouvel échec, intervenant près de onze mois plus tard ? Dans les jours qui viennent, on calculera certainement combien cette pantomime a coûté au pays ; en termes d’énergie, de temps, de confiance, de pouvoir d’achat, d’inflation. Alors que tous les pays d’Europe se mobilisent pour faire face aux défis cruciaux que sont l’augmentation du prix des matières premières et de l’énergie, que la Terre entière cherche des solutions au réchauffement climatique et à la crise économique, alors que l’inflation belge est la deuxième plus élevée d’Europe et que le pouvoir d’achat des ménages s’effondre, la Belgique s’offre le luxe d’une crise institutionnelle anachronique. Ce serait risible si ce n’était scandaleux, outrageant et méprisant pour les citoyens qui luttent jour après jour pour la survie de leurs familles.

« Cinq minutes de courage politique »

Les Belges marchent volontiers à la « méthode Coué ». A force de s’entendre répéter que tout allait bien, à force d’entendre M. Leterme annoncer jour après jour de sa voix monocorde que « nous sommes sur la bonne voie », ils ont fini par croire que « Monsieur 800 000 voix » allait pouvoir enfiler le costume de Premier belge et sortir le pays d’une crise sans précédent. Las, c’était oublier un peu vite que les 800 000 voix en question étaient des voix flamandes, cristallisées sur un cartel incluant un parti qui ne fait pas mystère de son engagement séparatiste. L’élection d’Yves Leterme, c’était le triomphe de la Flandre et la promesse, claironnée, d’une « grande réforme de l’Etat » - entendez, plus d’autonomie pour la Flandre. Héraut de cette croisade, M. Leterme déclarait, à peine le scrutin bouclé, que le règlement du cas Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) demandait simplement « cinq minutes de courage politique ». Apparemment, treize mois de négociations ne les lui ont pas données…

Surmonter les crises

On pourra toujours tenter de faire porter le chapeau à la N-VA et au noyau dur du CD&V, le propre parti d’Yves Leterme, qui ont délibérément choisi de sacrifier la cause « Belgique » à la cause « Flandre ». On pourra toujours dire que M. Leterme n’avait pas l’étoffe d’un Premier ministre capable de résoudre l’équation communautaire. On pourra toujours reprocher aux francophones d’avoir opposé aux revendications flamandes une fin de non-recevoir frôlant l’obstination. On pourra toujours estimer que le roi a fait un mauvais calcul en remettant Yves Leterme en selle après chacun de ses échecs. Mais aujourd’hui, en Belgique, l’heure n’est pas à chercher des coupables. L’heure est à trouver une équipe capable d’amener ce pays à surmonter les différentes crises auxquelles il est confronté. Certes, la réforme de l’Etat est l’une d’entre elles. Mais seulement une parmi les autres. Les responsables politiques qui ne l’admettront pas dans les semaines qui viennent porteront une lourde responsabilité au regard de l’Histoire.


Moyenne des avis sur cet article :  4.4/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Bigre Bigre 17 juillet 2008 15:21

    >Les responsables politiques qui ne l’admettront pas dans les semaines qui viennent porteront une lourde responsabilité au regard de l’Histoire.

    Je vois un oxymore  dans responsables politiques  !  

    De quoi un politicien est-il responsable, et responsable sur quoi ?

    Serait-il responsable des finances publiques ?  Ça se saurait ! Et vu les déficits accumulés, il y a quelques irresponsables qui courent encore les urnes !

    Aucun n’a encore été responsable sur ses biens personnels, et tant que ce ne sera pas le cas, ils seront tous irresponsables !

    Ces gens jouent avec l’argent des autres, avec l’argent de l’Etat et ne regardent que la prochaine échéance. C’est tout.

    C’est tout parce qu’aucun ne regarde le bien être commun, aucun ne fait de la Politique, l’organisation de la cité, ... où sont leurs idées ? Parties avec le vent, soufflées qu’elles étaient et qu’elles sont encore, dans le sens du vent ...

    Internet est une formidable machine qui permettra de resservir toutes chaudes, les paroles, les erreurs, les conneries des hommes politiques, .... mais électeur responsable est peut être aussi un oxymore ....





    • morice morice 17 juillet 2008 16:00

       On a toujours dit que le coq gaulois avait les deux pieds dans le fumier. On a jamais pensé que ça pouvait arriver à un Lion...


      • Antoine Diederick 17 juillet 2008 18:24

        Lotharingiens en effet....Lorains en somme...


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 18 juillet 2008 11:47

        Décidément, entre Leterme qui croit que la Marseillaise est l’hymne belge, et Brian Cowen (Prime Minister), qui demande aux Irlandais pour un traité qu’il dit ne pas avoir lu, on est gâté, en Europe. On pourra mettre n’importe quel traité constitutionnel, si on veut que ça marche, il faudra surtout changer nos politiciens.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès