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Accueil du site > Actualités > International > Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’Etat (...)

Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’Etat nation

Politique d’empire et dissolution des nations, voici deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom d’un empire mondial, consolide son pouvoir financier fort sur un morcellement vers le bas. Les Etats, peu importe leur imperfection, restent des instruments « de derniers recours » pour défendre l’intérêt général contre le pillage et le chaos au profit d’une oligarchie financière en pleine déroute.

Sans surprise, L’Economist, porte-parole des banques de la City de Londres et grand défenseur de l’Empire britannique, vient d’appeler, dans sa dernière livraison, à la dissolution de la Belgique. Politique d’empire et dissolution des nations, deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom pour un empire mondial, consolide son pouvoir financier sur un morcellement vers le bas. A contrario, les Etats, quelles que soient leurs imperfections, restent l’instrument essentiel pour défendre l’intérêt général contre le pillage au profit d’une oligarchie financière.

La carte du fédéralisme et de la régionalisation réduisant l’espace politique à une entité culturellement, linguistiquement et économiquement homogène, a souvent été l’arme de l’oligarchie. Si le fédéralisme belge frise souvent la caricature à cause du casse-tête linguistique, un véritable champ de mines « régionaliste » a été installé sur l’ensemble de l’espace européen. Par exemple, « l’Etat de Bavière » possède depuis cinq ans sa propre représentation à Bruxelles. En Angleterre, Tony Blair a lancé en 1997 la « devolution » accordant des pouvoirs considérables au Pays de Galles et à l’Ecosse. Cette dernière dispose d’un véritable parlement doté d’un exécutif dirigé par un Premier ministre responsable devant 129 députés. Les 17 « communautés autonomes » d’Espagne gèrent 60 % des dépenses publiques des régions basque, catalane et de Galice. En 2006, les Catalans ont approuvé un statut qui reconnaît la Catalogne comme « nation » et lui accorde la moitié des impôts.

La monarchie belge, appelée à diriger ce pays après le Congrès de Vienne de 1815, a très souvent servi de laboratoire d’application de ces politiques de « balkanisation », transposées ensuite à l’ensemble des pays européens. Si les poussées indépendantistes flamandes possèdent des racines historiques internes bien réelles, une faction de l’oligarchie financière internationale a pris la décision d’accélérer le processus. Au moment où le système financier international se désintègre, le pouvoir des Etats doit être affaibli au maximum pour protéger la nébuleuse financière.

L’« évaporation » de la Belgique lèvera le tabou de la transgression des frontières, dont l’intangibilité fut considérée comme le fondement même de la paix dans l’après-guerre.

Loin de l’excitation à l’idée d’un possible éclatement du pays, affichée parmi les journalistes toujours en quête de sensationnel, une bonne majorité de Belges - Flamands et Wallons - flairent à juste titre la manipulation derrière cette question.

The Size of Nations

Trois opérations ont été lancées pour accélérer ce processus.

1) D’abord, une clique d’économistes réputés s’est spécialisée dans le calcul de la taille « optimale » des Etats. Il s’agit en particulier d’Alberto Alesina, d’Harvard, et d’Enrico Spolaore, de Tufts University. Ils ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research (NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations charitables directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson).

En dehors d’une avalanche d’articles sur le sujet dans la presse économique bien en vue (Economist, Frankfurter Algemeine, Wall Street Journal, etc.), Alesina et Spolaore ont publié en 2003 un livre retentissant, The Size of Nations [La taille des nations].

Pour les auteurs, les frontières d’une nation ne résultent pas d’un vouloir vivre en commun, mais de marchandages sur « les avantages de la taille et le coût » dans la gestion d’un territoire. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.), les auteurs s’interrogent sur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend de l’ouverture de ce pays au commerce ». De là, évidemment, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possède le monde comme marché » et que, par conséquent, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». On saisit tout de suite pourquoi The Size of Nations est devenu le livre de chevet des indépendantistes flamands.

2005 : In de Warande

2) Un autre livre, Manifeste pour une Flandre indépendante, fut publié en décembre 2005 par le think-tank flamand « In de Warande », appelant, sur la base d’un argumentaire « purement économique », à la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, s’il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

D’abord, selon leurs calculs, les 6 millions de Flamands sont saignés à blanc par un transfert croissant de richesses qui maintient 3,2 millions de Wallons dans un état d’assistanat. La Flandre contribuerait ainsi à hauteur de 10,4 milliards d’euros par an : 2 milliards pour Bruxelles et 8 pour la Wallonie, soit près de 1 800 euros par an et par Flamand, ou 6,6 % du PIB flamand. Ce chiffre a été fortement revu à la baisse par la Fédération des entreprises belges (FEB) qui s’oppose au dépècement du pays.

L’exemple reste mal choisi car, à titre de comparaison, l’Île-de-France transfère 6 % de sa richesse aux autres régions françaises, tandis que Midi-Pyrénées reçoit 6 %. En Angleterre, le Pays de Galles reçoit 11 %, alors que l’Allemagne de l’Ouest ne verse qu’une misérable 4 % à l’ex-Allemagne de l’Est avec les résultats peu reluisants que l’on connaît.

« La solidarité est une bonne chose, explique le groupe, mais celle-ci est excessive. Elle permet à la Wallonie de maintenir un taux de chômage de 20 % et d’occuper 10 % de sa population active dans des emplois publics inutiles. »

Plus important que les statistiques est le fait que « In de Warande » reproduit l’argumentaire de The Size of Nations : l’Union européenne ne rend pas seulement possible l’indépendance des Flandres et de la Wallonie, elle les incite fortement à évoluer dans cette direction. D’une part, les autorités européennes se sont déjà substituées à l’autorité nationale belge dans divers domaines et offrent à chaque pays, aussi petit soit-il, un marché de biens et de services. L’introduction de l’euro a également levé l’obstacle qu’aurait pu constituer l’impératif monétaire d’un petit pays obligé de battre monnaie. D’autre part, le principe de subsidiarité incite l’UE à accorder plus de prérogatives à des niveaux d’administration plus homogène. C’est donc l’évidence : l’intégration économique conduit à la désintégration politique et la mondialisation réduira la taille des entités politiques.

Banquiers et indépendantistes

D’où sort donc ce groupe ? Fondé par René de Feyter, ancien administrateur délégué de l’Union économique flamande (VEV), « In de Warande » est constitué d’une cinquantaine d’hommes d’affaires dirigées par le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés. Parmi ses nombreux mandats, il est administrateur, aux côtés du vicomte Etienne Davignon, d’une société minière spécialisée dans le cuivre, née d’une scission avec Umicore, l’héritière de l’Union minière de la Société générale au Congo belge.

Si l’on compte essentiellement parmi ses membres des hommes d’affaires, on y trouve également quelques figures historiques du mouvement indépendantiste flamand tel que Bruno Valkeniers, un élu du Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok ou VB) ou encore l’universitaire Mathias Storme, qui tout comme Jan Jambon, est membre du parti politique Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), le nouveau nom de l’ancienne Volksunie.

Le N-VA a quasiment fait du livre The Size of Nations son programme électoral. Au colloque du parlement flamand « La Flandre en Europe », le 11 juin 2005 à Bruxelles, Enrico Spolaore (l’un des auteurs) ouvrait les travaux. Lors du débat, Bart de Wever, le président de N-VA, affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...). En tout cas, la démocratie chrétienne, en formant un cartel électoral avec le N-VA (forcément plus fréquentable que les « affreux » d’un Vlaams Belang xénophobe) a été entraînée dans le maelström du séparatisme. En Flandres, le cartel CD&V/N-VA, sous la direction d’Yves Leterne, a obtenu d’excellents scores aux élections de 2004 et fut le grand vainqueur aux élections fédérales du 10 juin 2007. Cette victoire a conduit le roi à désigner, pour former un gouvernement, Yves Leterne, un homme qui affirme que la Belgique n’est qu’un « accident dans l’histoire » et qui chante La Marseillaise quand on lui demande d’entonner l’hymne national...

Bye-Bye Belgium

3) En face, en image miroir, ces développements ont provoqué le désarroi parmi les politiciens wallons divisés entre fédéralistes, indépendantistes et rattachistes ultra minoritaires, mais influents.

Peuplée de cobayes humains, la Belgique offre assez souvent à l’oligarchie un laboratoire permettant des expériences sociologiques, grandeur nature et en temps réel. Ce fut le cas lors de la scandaleuse émission de « politique-fiction » de la télévision francophone RTBF du 13 décembre 2006, intitulée Tout ça (nous rendra pas la Belgique).

L’ayant préparée durant deux ans dans le plus grand secret sous les noms de code « Karine et Rebecca » et « BBB » [Bye-bye Belgium], les journalistes du JT annonçaient, images truquées à l’appui, que le parlement flamand venait de voter sa sécession d’avec le royaume de Belgique, provoquant plusieurs milliers d’appels téléphoniques et forçant l’intervention du ministère qui découvrait l’émission après coup.

Le scénario était calqué sur celui du livre de Philippe Dutilleul, publié lui aussi en 2006 aux éditions Labor, la prestigieuse maison d’édition francophone belge. Labor, qui publie Bakounine et Michel Onfray, édite aussi les livres du rattachiste militant, le baron Paul-Henry Gendebien. Cet ancien député belge fut une des figures historiques du fédéralisme en Belgique. Dans France-Soir, il déclara qu’il est sûr que la Wallonie trouvera dans la France un bon pays d’accueil car « par le passé, plusieurs personnalités se sont prononcées en faveur de l’intégration au cas où la Belgique disparaîtrait, des gens comme le général de Gaulle ou Pierre Mesmer. Aujourd’hui, nous avons des contacts avec des responsables politiques de droite ou de gauche. La France respecte pour le moment sa position classique : non-ingérence, mais non-indifférence, comme pour le Québec. La classe politique française ne pourra pas longtemps faire semblant d’ignorer ce qui se passe à sa frontière, et elle doit déjà se préparer aux différentes hypothèses. Je pense même que ce sera le dossier principal de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy qui commence en 2008. » Dutilleul, interrogé à son tour par France-Soir, va encore plus loin et n’exclut pas le rattachement de la Wallonie au Luxembourg, soit comme un tout, soit partiellement, selon la volonté des habitants.

L’Economist de Londres, qui a bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans rougir que « le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour ».

Il est temps de lire ou de relire Friedrich Schiller

La vraie question aujourd’hui n’est pas l’indépendance ou le statu quo, mais quelle mission pour nos populations. Allons-nous participer à une reprise économique mondiale remettant l’homme au centre de notre société, ou devenir une myriade de sous-régions « low cost » en compétition les unes avec les autres au grand bénéfice d’une oligarchie à la dérive.

Au lieu de courber l’échine devant les tenants de l’empire de la mondialisation, présentons un grand dessein pour ce pays qui fut l’un des berceaux de l’humanisme, qui est riche en productivité et qui a toujours été un espace de dialogue de cultures et de civilisations.

Relisez le grand « poète de la liberté », l’Allemand Friedrich Schiller, qui, dans une annexe à son essai sur « la révolte des Pays-Bas » (La Chute d’Anvers), démontra déjà comment la cupidité de quelques marchands flamands avait fait échouer la naissance d’un grand Etat nation à la fin du XVIe siècle.


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34 réactions à cet article    


  • Antoine Diederick 15 octobre 2007 13:34

    Merci de cet article,

    Que « The Economist » ponde un avis comme celui que vous citez ne m’étonne pas....

    Les britanniques depuis 1945 veulent imposer sur le continent une certaine vision. Il faut combattre cette vision qui ne fera pasnotre bonheur, j’en suis convaincu.

    Je suis aussi convaincu que le forcing anglo saxons en terme de mots sur ces questions sont un chant d’adieu ; ils sentent trop que les questions que vous évoquez , vont leur échapper.


    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 13:40

      Ce fut le cas lors de la scandaleuse émission de « politique-fiction » de la télévision francophone RTBF du 13 décembre 2006, intitulée « Tout ça (nous rendra pas la Belgique) ».

      Cette émission ne fut en rien scandaleuse, pas d’accord.

      Elle a permis une prise de conscience tout comme votre article la permet.

      Votre article a le mérite de nous faire découvrir ce qui « traîne » dans l’esprit d’hommes politiques flamands.

      ../..


    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 13:42

      en tout cas bravo....vous mettez le doigt sur cette Europe des couleuvres à avaler !!!


    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 13:44

      mettre un lien sur la publication dont vous avez la responsabilité serait bien ds votre profil, et ce afin d’en prendre connaissance à des fins documentaires .

      Merci.


    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 13:49

      Au lieu de courber l’échine devant les tenants de l’empire de la mondialisation, présentons un grand dessein pour ce pays qui fut l’un des berceaux de l’humanisme, qui est riche en productivité et qui a toujours été un espace de dialogue de cultures et de civilisations.

      D’accord avec vous....et présentons un grand dessein pour l’Europe aussi ds le mme esprit !


      • Antoine Diederick 15 octobre 2007 14:00

        « on » est encore en train de décider du sort des Belges sans leur demander avis....ce n’est pas nouveau....


        • LE CHAT LE CHAT 15 octobre 2007 14:24

          Que ne dirait on pas de la Corse et des dom tom , si on ne jugeait que comme les flamands, quel coût des tranferts de la métropole ? mais en appliquant le régionalisme façon british , on multiplie les équipes de foot ! smiley


          • Antoine Diederick 15 octobre 2007 14:34

            At Le chat....

            t’as mis tes godasses de foot avé les crampons...les bottes cé pour partir en campagne... smiley


          • brieli67 15 octobre 2007 14:38

            enfin du sérieux sur le sujet !

            même si je radote

            FAITES DES SONDAGES SERIEUX ça ne coûte pas la peau des fesses il doit y avoir des scientifiques et des statisticiens sympas corrects et intègres sur Avox.

            Au lieu de jazzer sur les vaccins sur les lutheries de la larve de De Villiers...

            13O JOURS sans capitaine à bord. C’est encore le petit qui va casquer. Les lendemains seront durs....


            • Antoine Diederick 15 octobre 2007 15:24

              Sarkozy, c’est pas son job de s’occuper des belges....qu’il reste bien là où il est....


              • stephanemot stephanemot 15 octobre 2007 15:28

                The Economist est particulièrement cynique dans son « time to call it a day » qui sonne comme une notification de licenciement sans appel ni entretien préalable ; le pays aurait eu son utilité à sa création mais n’aurait plus de raison d’être.

                Le financier préfère une IPO plus juteuse sur le court terme, quitte à détruire de la valeur sur le long terme. Pourtant, il existe toujours une envie d’entreprendre au sens fort et noble du terme.


                • Gael Gael 15 octobre 2007 15:58

                  Je veux bien admettre que les raisons économiques pèsent dans la balance, mais cet article va finalement dans le sens de celui que l’on entend régulièrement dans la presse « classique » : les riches flamands ne sont pas solidaires avec les wallons et donc revendiquent leur indépendance !

                  C’est un peu réducteur et finalement assez éloigné de la réalité. Si le Vlaams Belang obtient de tels scores, c’est avant tout car il est un des seuls partis d’opposition ! Tous les flamands ne sont pas séparatistes !

                  Maintenant, je ne pense pas qu’il y ait d’un côté les « bons » (l’Etat Nation) et de l’autre les « mauvais », l’empire du côté obscur, l’argent ! Le concept d’Etat-Nation est une ineptie car il associe les deux termes ! Parlons d’Etat, voila tout, mais il y a deux nations distinctes en Belgique qui vivent ensemble ou en tout cas l’une à côté de l’autre. C’est aussi le cas en France même si ces nations ne sont pas reconnues ! La revendication nationale ne se fait pas uniquement pour des raisons économiques !

                  Il est possible que la Belgique se scinde un jour, mais en attendant, il serait bon de poser les vraies questions : le système fonctionne-t-il ainsi ? Non ! Et les wallons par le refus de changer quoique ce soit condamnent justement l’avenir de l’Etat belge !

                  je ne me permettrai pas de juger si la belgique doit ou non disparaître, mais simplement essayons de raisonner de façon plus complexe !

                  Gael


                  • JL JL 15 octobre 2007 17:43

                    à Gaël : «  »Le concept d’Etat nation est une ineptie car il associe les deux termes«  ».

                    Sauf erreur, on parle d’état nation quand l’Etat et la nation se confondent. Il y a des Etats américains, mais une nation américaine. Et ni la Bretagne ni la Corse ne sont des nations au sens qui nous intéresse ici, celui du Larousse : « Communauté politique distincte des individus et qui la composent et qui dispose de la souveraineté », même si l’on peut parler à leur propos de nationalismes.

                    Souveraineté, voila le mot qui pose problème aux démanteleurs de nations.


                  • Karel Vereycken Karel Vereycken 15 octobre 2007 18:59

                    Mieux vaut des républicains sans République, qu’une République sans républicains !

                    On ne peut pas faire abstraction de la réalité du monde comme un tout, et celle-ci se définit par une désintégration de tout le système financier international, une économie de casino, de paris financier imposant un court-terme financier qui par sa nature déshumanise tous les processus économiques. La banque d’affaires Goldman Sachs envisage un fonds de défaisance de plus de 100 milliards de dollars pour refinancer les parieurs ayant perdu leur culotte en jouant au casino. A force de sauver des bulles financières avec des méga-bulles encore plus folles, on finira avec une hyper-inflation qui finira de faire rassembler Weimar 23 à un pic-nic !

                    En politique, je suis républicain dans le ses ethymologique. La monarchie, à part certains actes courageux d’Albert « au casque », me donne des boutons, et la vieille aristocratie qui gère la boutique encore plus. Dans le cadre d’un « nouveau Bretton Woods » qui met l’argent au service d’une politique de grands travaux pour satisfaire les besoins primaires de la planète, la seule alternative digne et crédible me semble d’imaginer une république belge, et cela veut dire créer un vouloir vivre en commun, une « nouvelle solidarité » autour de toutes les richesses que ce pays pourra contribuer pour bâtir le reste du monde : dans les domaines de l’énergie, du transport, de l’éducation, de la santé, etc.

                    Mais, comme le disait le grand Lazare Carnot : « Mieux vaut des républicains sans République, qu’une République sans républicains ! » Que les politiciens Flamands et Wallons ne tombent d’accord que sur un programme anti-immigration que certains en France appeleraient « dégueulasse » montre que la route pour la République reste encore longue...


                  • Antoine Diederick 15 octobre 2007 19:25

                    Le République belge sera le démantelement...ce sera automatique...fini plus de Belgique.


                  • Antoine Diederick 16 octobre 2007 00:52

                    a l’heure actuelle la solidarité entre communautés est mise en cause et une « nouvelle solidarité » républiciane ne pourra pas voir le jour dans un république belge, cela sera intenable ....c’est à mon avis une utopie.


                  • Reflex Reflex 15 octobre 2007 16:11

                    Rarement, il nous aura été donné, d’aussi magistrale façon, une analyse de ce que soudain, certains qualifient d’« évaporation de l’Etat belge ». Brillant assurément ! L’exemple, le cobaye « Belgique » est cependant prié ici de se ployer à l’exercice de démonstration de l’auteur. Ne consentons ni à l’attaque ad hominem, ni davantage à l’aveugle absurdité. Avec d’autres contributeurs, demandons à l’auteur de nous éclairer par ce qu’il entend par le truisme évanescent de « nouvelles solidarités ».

                    En effet, il convient mal d’opposer, en cette Belgique dépourvue de Belges selon le mot célèbre de Jules Destrée à l’intention du souverain à l’entame du XXe siècle, un pays fantasmé pour les besoins de la démonstration à un idyllique paradis de l’entente populaire.

                    « Une faction de l’oligarchie financière internationale a pris la décision d’accélérer le processus » d’évaporation de cet Etat belge, nous assène Karel Vereycken. Certes, il n’y a guère d’anges dans le groupe de la Warande. Davantage de nostalgiques du mouvement flamand au noir romantisme, frappé de l’idéologie collaborationniste. Remi Vermeiren, avant d’être un spécialiste des marchés dérivés, fut et reste inculpé pour avoir, à la tête de la très flamande et réactionnaire Kredietbank, orchestré la plus vaste fraude fiscale au détriment de l’Etat Belgique... L’avenir nous dira si, enfin, ce pays petit (Lépold II le méprisait ainsi) jugera ces grands inciviques qui s’inscrivent dans la longue volonté d’une Flandre dévoyée, de nuire, par tous les moyens dont elle croit disposer, aux mamelles qui l’ont émancipée.

                    En revanche, rapprocher la Warande du vicomte Davignon, dans une commune volonté d’attenter à la Belgique, relève, sinon de l’erreur, du moins de la désinformation. Il ne suffit point de siéger au sein d’une même conseil d’administration pour partager un point de vue identique. Tout au contraire ! S’il demeure quelques nostalgiques d’une Belgique puissante, internationalement reconnue et au verbe étincelant, c’est bien en Etienne Davignon que nous la retrouverons. Diplomate de haut vol, chef de cabinet de Paul-Henri Spaak (alors socialiste) puis de Pierre Harmel (chrétien-démocrate) aux Affaires étrangères, il fut un commissaire et vice-président de la Commission européenne respecté avant de mettre son prestigieux carnet d’adresses au services d’une Société Générale qui n’allait pas tarder à choir aux mains françaises de Suez. S’il ne put empêcher cette domination française, il maintint le pôle énergie (Tractebel) à Bruxelles, permettant l’éclosion d’une nouvelle élite patronale francophone, des très dissemblables Philippe Bodson à Jean-Pierre Hansen...

                    Sans doute doit-on, sans que l’auteur ici formellement querellé aborde la question, noter le caractère insaisissable d’une quelconque belgitude parmi les capitaines d’industrie marquant le tournant du XXIe siècle. Quoi de commun, en effet, entre un Etienne Davignon et un Maurice Lippens (Fortis Banque et Assurance), voire un François Narmon (Dexia Banque), qui tendent à sauvegarder une identité à un Etat qui, toujours, en a manqué et un pirate tel Albert Frère. Car, loin de la légende parisienne du fils de marchand de clous, l’homme de Gerpinnes, prétendument le plus riche de Belgique, s’amuse de ses brillants coups de bourse. Après avoir vendu, cher et vilain, la sidérurgie wallonne à l’Etat belge, s’être allié au Canadien Paul Desmarais senior, l’octogénaire s’amuse selon son terme à accroître sa « galette ». Etrange revanche de l’autodidacte de génie qui, un jour, fait vaciller Lafarge, le lendemain acquiert un vignoble ou une salle d’enchères prestigieuse, le surlendemain juge bon de s’offrir une chaîne française de brasseries où il ne mettra les pieds tandis qu’en pantouffles, il gagne son bureau très provincial pour mieux dominer Total, Suez ou Lafarge après avoir saigné Bertelsmann.

                    Karel Vereycken ne rencontre pas davantage notre assentiment lorsqu’il assimile Bruxelles à un futur district européen affublé d’un string étoilé. Tout d’abord, un épiphénomène du type « Bye Bye Belgium » reste avant tout une fiction. Ensuite, la Région-Capitale de Belgique et Capitale de la Région Flandre (une absurdité eu égard à la prégnance de plus de 85% de francophones résidents) représente un tel casse-tête politico-juridique qu’elle échappera très difficilement au statu quo. Non sans relever qu’une Europe dont le centre de gravité s’est nettement déplacé à l’Est n’aurait que faire d’une zone en déshérence que rien ne la prépare à gérer. Au contraire d’ailleurs, voici des années que les élus bruxellois, après une ère de corruption foncière qui permit à l’Union d’obtenir les surfaces indispensables à ses services mais laissa la ville en lambeaux, font appel à une quasi cogestion de l’Union. En vain hélas, quand cette capitale européenne présente les caractéristiques essentielles d’un brassage culturel, d’une ouverture historique aux influences les plus cosmopolites, d’une soif d’universalité que caractérisent parfaitement ses institutions académiques et culturelles.

                    Karel Vereycken pourra ainsi constater que, de prémices différentes, nous aboutissons à de semblables conclusions. Tout au plus, sommes-nous au trop ou insuffisamment proches de l’objet du débat. Avec cette caractéristique des Belges francophones aujourd’hui déchirés. Faut-il préférer le rattachement à une France foncièrement et majoritairement réactionnaire, tenter de sauvegarder l’unité de ces quelques arpents qui furent au XIXe siècle la troisième puissance économique mondiale, au espérer un sursaut dans ce que les économistes aiment à baptiser de « stand alone » ? L’humaniste, par définition de gauche, peine à se déterminer. Aussi n’est-il pas étonnant que la formation d’un gouvernement, plus encore contre-nature sans doute que feue l’alliance libérale-socialiste, se révèle aussi pénible.

                    Car, hors les ailes marchantes radicales du confédéralisme sinon de l’autonomie des communautés (FDF, Spirit et, surtout, NV-A) des partis en cause, se trouvent autour de la table de négociation autant d’esprits progressistes que d’éteignoirs conservateurs.


                    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 16:43

                      At Reflex,

                      Avec d’autres contributeurs, demandons à l’auteur de nous éclairer par ce qu’il entend par le truisme évanescent de « nouvelles solidarités ».

                      En effet, si personnellement les propositions de l’auteur m’intéressent, j’aimerai aussi bien qu’il précise son appartenance politique afin de « contextualiser » (ce que l’on m’a déjà reproché sur Avox).

                      Il se fait que les francophones et flamands de Belgique ne se parlent plus et il est vrai aussi que comme francophones nous ne savons plus où se trouvent les sources d’inspirations des fiers flamands indépendantistes.

                      Cet article propose un piste...

                      ../..


                    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 16:55

                      « l’intégration économique conduit à la désintégration politique »

                      Oui, mais pas seulement....la richesse économique aussi...

                      @ Reflex

                      Mais nous ne savons pas exactement ce que recherchent les « progressistes belges (flamands uniquement ?) » quand ils parlent de meilleure gestion (projet technocratique qui sert quel projet réel ?) et les tenants des conservatismes (statu quo etc... ), tandis que s’agite le nationalisme flamand sans doute instrumentalisé.

                      En ce qui concerne la France, il semble bien que le centrisme ou cette droite sarkozienne soit réactionnaire en effet mais peut-être pas dans le sens marxiste du terme.


                    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 17:17

                      S’il semblent peu commode de savoir ce que veulent vraiment les flamands et le peu de véritable dialogue entre communautés ( pas assez d’infos via la presse des projets de part et d’autre du pays), la raison en est surement les politiques centrifuges amenées à leur comble, tandis qu’en terme de changement voici ce que propose un parti


                    • Antoine Diederick 15 octobre 2007 17:34

                      @ Reflex,

                      Belle intervention , stylée...et avec quelques vérités bien amenées.


                    • slashbin 16 octobre 2007 01:18

                      @Antoine

                      Intéressant. Je ne suis pas très porté pour le parti Ecolo, néanmoins, je suis partisan de cette idée de circonscription fédérale, apte à remettre un peu de cohérence nationale.


                    • Antoine Diederick 16 octobre 2007 08:41

                      @slashbin (IP:xxx.x7.245.132) le 16 octobre 2007 à 01H18

                      Moi, non plus je ne suis pas un fana de ce parti, non pas que je sois contre l’écologie.

                      Cette cohérence nationale, oui, il faudrait en remettre au menu, mais est-ce encore possible pour le moment ?

                      A-t-elle jamais existé cette cohérence nationale.... ?


                    • Ridenow 15 octobre 2007 16:58

                      «  »« La vraie question aujourd’hui n’est pas l’indépendance ou le statu quo, mais quelle mission pour nos populations. »«  »

                      tout a fait d’accord avec vous. et Dans cette optique, je trouve votre facon de lier logique de subsidiarité et de démocratie locale avec « mainmise du grand capital » franchement malsaine.


                      • JL JL 15 octobre 2007 18:07

                        Bon article qui pose un réel problème. Je lis :

                        «  »The Size of Nations : Pour les auteurs, les frontières d’une nation ne résultent pas d’un vouloir vivre en commun, mais de marchandages sur « les avantages de la taille et le coût » dans la gestion d’un territoire.«  »

                        De fait, l’oligarchie financière mondiale voudrait bien régler son compte à l’état nation et le remplacer par un comptoir à l’instar des comptoirs des Indes, pour ceux qui savent ce qu’ils étaient pour l’empire français des 18 et du 19è siècles. Ces comptoirs seraient chargés d’assurer le maintien de l’ordre, la protection des biens privés, le prélèvement des taxes bien sûr, et les services publics indispensables, si personne n’en veut.


                        • JL JL 15 octobre 2007 18:53

                          Deux Belgique, nous aurions-nous eu cela :

                          "Les flamandes dansent sans rien dire / Sans rien dire aux dimanches sonnants / Les flamandes dansent sans rien dire / Les flamandes ça n’est pas causant / Si elles dansent c’est parce qu’elles ont vingt ans / Et qu’à vingt ans il faut se fiancer / Se fiancer pour pouvoir se marier / Et se marier pour avoir des enfants / C’est ce que leur ont dit leurs parents / Le bedeau et même son éminence / L’archiprêtre qui prêche au couvent / Et c’est pour ça et c’est pour ça qu’elles dansent /

                          (Refrain)

                          Les Flamandes / Les Flamandes / Les Fla / Les Fla / Les Flamandes

                          Les Flamandes dansent sans frémir / Sans frémir aux dimanches sonnants / Les flamandes dansent sans frémir / Les flamandes ça n’est pas frémissant / Si elles dansent c’est parce qu’elles ont trente ans / Et qu’à trente ans il est bon de montrer / Que tout va bien que poussent les enfants / Et le houblon et le blé dans le pré / Elles font la fierté de leurs parents / Et du bedeau et de Son Eminence / L’archiprêtre qui prêche au couvent / Et c’est pour ça et c’est pour ça qu’elles dansent /

                          Refrain

                          Les Flamandes dansent sans sourire / Sans sourire aux dimanches sonnants / Les flamandes dansent sans sourire / Les flamandes ça n’est pas souriant / Si elles dansent c’est parce qu’elles ont septante ans / Qu’à septante ans il est bon de montrer / Que tout va bien que poussent les p’tits-enfants / Et le houblon et le blé dans le pré / Toutes vêtues de noir comme leurs parents / Comme le bedeau et comme Son Eminence / L’archiprêtre qui radote au couvent / Elles héritent et c’est pour ça et c’est pour ça qu’elles dansent /

                          Refrain

                          Les Flamandes dansent sans mollir / Sans mollir aux dimanches sonnants / Les flamandes dansent sans mollir / Les flamandes ça n’est pas mollissant / Si elles dansent c’est parce qu’elles ont cent ans / Qu’à cent ans il est bon de montrer / Que tout va bien qu’on a toujours bon pied / Et bon houblon et bon blé dans le pré / Elles s’en vont retrouver leurs parents / Et le bedeau et même Son Eminence / L’archiprêtre qui radote au couvent / Et c’est pour ça qu’une dernière fois elles dansent /

                          Refrain (ter)"

                          .....

                          C’était un hommage à Jacques Brel.


                          • moebius 15 octobre 2007 23:11

                            ...le refrain est pas mal non ?


                            • moebius 15 octobre 2007 23:14

                              ..et le roi des belge il devient quoi dans cette affaire ?


                            • TALL 16 octobre 2007 09:31

                              Sachant que le Roi a, de l’aveu du Palais ( c’est donc un minimum ) : 12,5 M €, un yacht et un château en France, il deviendra SDF ( Sans Difficulté Financière ).


                            • JL JL 16 octobre 2007 09:48

                              Le refrain ? Si on ne lit pas avec la musique en tête ce n’est pas la peine.


                            • Asp Explorer Asp Explorer 16 octobre 2007 07:40

                              Excellent article, qui ouvre une fenêtre sur ce pays lointain et méconnu qu’est la Belgique, mais aussi sur ce que nous promet ce merveilleux traité européen simplifié qui va être adopté dans les semaines qui viennent.


                              • Internaute Internaute 16 octobre 2007 09:37

                                Il est erroné de dire que la nation est issue d’un « vouloir vivre en commun ». Les nations sont le fruit de la domination d’une élite sur une autre, le peuple n’ayant jamais son mot à dire, sauf aux temps anciens de la vie en tribu. Lorsque Charles le Téméraire se fait battre par Louis XI, les bourguignons deviennent français de gré ou de force. Les nations sont fortes lorsque l’Etat est fort et inversement. La déliquescence politique de la Belgique comme celle de la Yougoslavie conduit à sa perte. On trouvera toujours au sein du bloc le plus homogène qui soit une minorité (ou majorité) qui voudra bien se différencier du reste. Les Yougoslaves étaient yougoslaves jusqu’au jour où on leur a dit qu’ils étaient bosniaques, croates ou kosovars. Il suffit d’appuyer au bon endroit au bon moment. Souvenons-nous que ce sont les révolutionnaires communistes qui ont inventé l’Ukraine. Jusque là, les ukrainiens étaient russes.

                                Il est faux de croire que la supression des Etats-Nation se fait en les remplaçant par des unités plus petites et plus homogènes. En disant cela on laisse croire que les petites entités auront le droit de se gouverner. Vous expliquez bien que l’Etat sous sa forme actuelle défend l’intérêt général des populations. Les petits états ne se feront que sous la tutelle d’un pouvoir central fort, en l’occurence celui du Soviet Suprême de l’Union Européenne. Ils n’auront le droit d’exister qu’en acceptant la juridiction supra-nationale européenne et qu’en respectant la Charte des Droits de l’Homme, la Charte du Grand Capital International et toute charte contraigante qu’on inventera demain même si cela va à l’encontre de l’intérêt général. Oui, on leur laissera l’illusion de gouverner, ils auront un petit parlement qui aura pour mission de voter l’application locale des lois préparées par le Soviet. Leur autonomie se limitera à ce qui est cosmétique, à l’horaire d’ouverture des bureaux de poste et à la décoration des abri-bus.

                                Cette régionalisation qui se prépare est un leurre pour créer un seul Etat supra-national gouverné de manière tout à fait centralisée et autoritaire par le pouvoir de Bruxelles.


                                • luklamainfroide 16 octobre 2007 12:58

                                  Merci a l’auteur pour son article et qu’il ce rassure rien n’est parfait c’est ce qui fais je crois le sel de la vie !

                                  L’église catholique avait un secret pour imposer ces vues sur le monde d’alors c’était celui ci , divisé pour règner ! la recette fut tellement bonne que plus tard on s’en servis contre elle et ci éfficasse qu’elle reste en aplication jusq’à nos jours ,toute l’europe va y passée ceci est prévut depuis longue date l’URRS a un peu retarder les choses mais les gens qui ont penser la transnational son obstinés et ont malheureusement pour nous, les moyens de leur folie !je me permet de joindre a ce commentaire un poeme Shiller qui inspira Beethoven !

                                  Friedrich Schiller - Poésie

                                  Ode à la joie Ode à la joie (Schiller 1)

                                  Ô Joie, belle étincelle divine, Fille de l’Elysée, Nous entrons ivres d’enthousiasme, Ô Déesse, dans ton sanctuaire. Tes charmes réunissent Ce que la mode sépare ; Tous les hommes deviennent frères Là où tes douces ailes reposent.

                                  Chœur

                                  Soyez unis êtres par million ! Qu’un seul baiser enlace l’univers ! Frères, au-dessus du pavillon des étoiles Doit résider un père bien-aimé !

                                  Que celui qui a l’inestimable bonheur D’être l’ami d’un ami, Que celui qui a conquis une douce femme Unisse sa joie à la nôtre ! Et aussi celui qui n’a qu’une âme Sur la terre ; Et celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne En pleurant de notre cercle !

                                  Chœur

                                  Que tout ce qui habite le globe Rende hommage à la sympathie ! Jusqu’aux étoiles ils aspirent, Où l’inconnu trône.

                                  Tous les êtres puisent la joie Aux seins de la nature ; Tous, bons et méchants, Suivent ses traces de rose. Elle nous donne les baisers Et la vigne, l’ami, fidèle jusqu’à la mort ; Le vermisseau lui-même connait la volupté Et le Chérubin est devant Dieu.

                                  Chœur

                                  Vous vous prosternez, millions d’êtres ? Monde, pressens-tu ton créateur ? Cherche-le au-dessus de la voûte des étoiles, C’est au-dessus des étoiles qu’il doit habiter.

                                  La joie est le moteur puissant Dans l’éternelle nature. La joie, la joie fait tourner les rouages Dans la grande horloge du monde. Elle fait sortir les fleurs de leurs germes, Briller le soleil au firmament, Rouler dans l’espace les sphères Que l’astronome ne connaît pas.

                                  Chœur

                                  Joyeux comme le soleil qui vole À travers les splendides plaines du ciel, Courrez, frères, votre carrière, Heureux comme le héros qui court à la victoire.

                                  Du miroir étincelant de la vérité La joie sourit à celui qui la cherche. Sur le sentier escarpé de la vertu Elle soutient les pas du malheureux. Sur les hauteurs rayonnantes de la foi On voit flotter sa bannière, À travers l’ouverture des sépulcres brisés Elle se tient dans le chœur des anges.

                                  Chœur

                                  Souffrez avec courage millions d’êtres ! Souffrez pour un monde meilleur ! Là haut, au-delà de la voûte étoilée Un Dieu puissant vous récompensera.

                                  On ne peut récompenser les Dieux, Il est beau de leur ressembler. Que les pauvres et les affligés se mêlent, Et se réjouissent avec les joyeux. Que la haine et la colère soient oubliées, Que notre ennemi mortel soit pardonné, Que nulle larme ne fatigue ses yeux, Que nul remords ne le ronge.

                                  Chœur

                                  Anéantissons le souvenir des offenses ! Que le monde entier soit réconcilié ! Frères, au-dessus du dôme des étoiles, Dieu juge comme nous jugeons.

                                  La joie pétille dans les verres, Dans les flots dorés de la vigne, Les Cannibales puisent la douceur, Le désespoir y puise du courage. Frères, levez-vous de vos sièges Quand le verre rempli circulera, Laissez l’écume de la boisson enivrante jaillir vers le ciel : Offrez ce verre au bon génie.

                                  Chœur

                                  À celui que les astres célèbrent, À celui que chante l’hymne du Séraphin ! Ce verre au bon génie Au-dessus de la voûte des étoiles !

                                  Courage et fermeté dans les souffrances ! Secours à l’innocent qui pleure, Éternité de serments, Vérité envers l’ami et l’ennemi, Virile fierté devant les trônes des rois, Frère ce qu’il faut sacrifier nos biens et notre vie, - Au devoir accompli sa couronne, Le malheur au mensonge !

                                  Chœur

                                  Fermez le cercle sacré, Jurez par ce vin doré : Être fidèle à vos serments, Jurez-le par le souverain céleste.

                                  Affranchissement des chaînes de la tyrannie, Générosité envers le méchant, Espoir sur le lit de mort, Grâce sur l’échafaud ! Que les morts vivent aussi ! Buvez, frères, et répétez à la fois Que tous les péchés soient pardonnés, Et que l’enfer ne soit plus !

                                  Chœur

                                  Une douce gaieté à la dernière heure ! Un doux sommeil dans le tombeau ! Frère, une sentence de paix Sur les lèvres de Celui qui juge les morts !

                                  Shiller .


                                  • orsi 18 octobre 2007 00:00

                                    LA Belgique n’a plus de gouvernement depuis quatre mois. Est ce que ça va plus mal depuis ? est ce que ça a changé quelque chose ? quand à l’idée de faire de Bruxelles une sorte de Washington DC, c’est vite passer par perte et profit l’avis de la France et de l’allemagne pour qui la capitale de l’Europe est à Strasbourg.

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