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Blunkett au tapis, Blair dans les cordes

Et de deux, pourrait-on dire. Deux départs précipités en moins d’un an. Alastair Campbell, l’ancien directeur de la communication du gouvernement de sa Majesté, a eu beau l’avoir soutenu, en soulignant qu’il avait été un « très très bon ministre », David Blunkett est reparti ce matin au tapis. Deux matchs ministériels en moins d’un an, deux cuisantes défaites par KO. Rien n’y aura fait. Entré dans la matinée par une porte dérobée au 10 Downing Street, après avoir précipitamment annulé une rencontre programmée à la Portcullis House avec des élus de la Chambre des communes, le ministre britannique du travail et des retraites en est sorti avec, pour nouvelle, son statut de démissionnaire, sinon démissionné, quand bien même le premier ministre britannique en aurait été peiné. Motif ? Avoir accepté un poste de direction chez DNA Bioscience, une entreprise de génie génétique, alors qu’il exerçait les fonctions d’élu à la Chambre des communes. Une chose, somme toute, peut-être pardonnable, s’il en avait averti une commission parlementaire des conflits (ce qu’il n’a pas jugé bon de faire) et s’il avait cédé les actions qu’il avait prises dans ladite société, chose qui fut certes faite, mais avant-hier seulement, et au profit de ses fils aînés. L’analyse de David Laws, porte-parole du Liberal Democrate Party sur les questions relatives au travail et aux retraites, ne souffre d’ailleurs d’aucune ambiguïté sur cette affaire : « Le départ de David Blunkett était devenu à la fois inévitable et justifié par son continuel mépris des règles ministérielles au profit de ses propres intérêts financiers. »

Plus agressif, le National Scottish Party cherche désormais à en faire une affaire d’État : « Le problème posé ne tient pas tant à la personne de Mr. Blunkett, qui a maintenant quitté ses fonctions, qu’au jugement du Premier ministre qui a permis à l’un de ses amis et soutiens de revenir bien trop tôt aux affaires », avec la fin que l’on connaît six mois après. Car là réside bien une partie de la crise ouverte dans la matinée : David Blunkett vit aujourd’hui son deuxième KO en mois d’un an, et Tony Blair avec lui. Faits antérieurs reprochés : un précédent départ forcé en décembre 2004, alors qu’il exerçait les fonctions de ministre de l’intérieur, au motif qu’il avait entretenu une liaison avec Kimberly Quinn. Baptisée alors « nannygate », l’affaire fit grand bruit, non seulement en raison de la liaison adultérine que David Blunkett entretenait avec la journaliste américaine, alors mariée (depuis seulement trois mois) avec le millionnaire Stephen Quinn (éditeur du magazine Vogue), mais aussi en raison de la naissance de cette liaison d’un fils, William et, plus ennuyeux surtout, de son intervention présumée dans la délivrance accélérée (en tant que ministre de l’intérieur) d’un visa de résidence au bénéfice de la nounou des enfants de sa maîtresse. De quoi, déjà, s’interroger sur le respect des fameuses « règles ministérielles »

Quant aux suites à donner à cette nouvelle affaire, les médias britanniques regardent bien au-delà des simples faits, s’interrogeant, à l’instar du National Scottish Party et du parti conservateur, dont le leader Michael Howard a qualifié le gouvernement d’« hémorragique », sur l’avenir même d’un Tony Blair, en partie déjà assimilé par certains à un « canard boiteux », en raison de son peu d’inspiration en matière de recrutement ministériel. De quoi restreindre un peu plus ses options quant au remplacement d’un David Blunkett, certes cloué au pilori, mais jusque-là seul représentant gouvernemental à savoir encore séduire les couches ouvrières du Royaume... Le choix qui, murmure-t-on pourrait se porter sur le jeune travailliste David Miliband, n’en sera donc que plus cornélien. Car de sa pertinence pourrait dépendre le retour de la confiance des médias et des électeurs, ou sa faillite définitive. De quoi placer un avis de tempête sur les côtes britanniques, également ressenti, pour l’anecdote, au sein du secteur privé, Lucy Siddiqi, directrice chez DNA Bioscience, ayant également démissionné de ses fonctions en raison de « l’intense attention médiatique » portée aux liens entretenus entre la société qui l’employait et David Blunket.


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