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Brésil : Lula à la recherche d’une nouveau souffle

Lorsqu’il a été élu en octobre 2002 à la présidence du Brésil (170 millions d’habitants, 10e puissance industrielle mondiale), le chef du Parti des travailleurs, Luiz Inacio Lula da Silva, avait pris l’ampleur de la tâche et de la responsabilité.« Parce que toute l’Amérique Latine nous regarde et parce que nous portons l’espérance de tous les Latino-américains, nous n’avons pas le droit d’échouer ». Quatre ans plus tard, son bilan se présente en demi-teinte.

L’élection de Lula, cet enfant du Nordeste devenu ouvrier tourneur à l’âge de 14 ans, était apparue comme le frémissement d’un bouleversement politique sur le continent sud-américain. Depuis, d’autres magistratures suprêmes ont été gagnées par des représentants d’une gauche hostile au modèle libéral, la dernière étant celle de Bolivie.

Le président Lula était attendu sur sa capacité à réduire la pauvreté, et surtout les inégalités criantes, dans un pays où 1% de la population détenait en 2002 53% de la richesse nationale.

Un premier bilan serait positif. La mise en place du programme bourse-famille aurait permis de diminuer ces inégalités notamment depuis 2003 et 2004. Mais le chemin à parcourir est particulièrement long et dans le camp même de Lula, beaucoup trouvent que les choses ne vont pas assez vite et appellent de leurs vœux un coup de barre à gauche.

Il faut dire que Lula a, dès son arrivée, tenté - et réussi à le faire - de rassurer les milieux d’affaires, le FMI en tête. Si le gouvernement brésilien a su gagner la confiance des marchés financiers, le plus dur reste à faire : conserver celle des mouvements sociaux.

Jusqu’à présent, la stratégie du compromis et les concessions du président Lula aux milieux d’affaires n’ont pas entraîné de rupture avec sa base, hormis peut-être avec les classes moyennes, qui demeurent cependant peu représentatives numériquement. Entre le gouvernement et les mouvements sociaux, c’est encore un mélange de sympathie et d’attitude critique qui prévaut.

Le président Lula sait bien qu’une telle situation ne peut perdurer, et dans la perspective des élections présidentielles qui se dérouleront fin 2006, il souhaite désormais orienter sa politique en faveur des plus défavorisés. Tout dépendra pourtant de la capacité du président à reconstituer autour de lui une garde rapprochée de la même qualité que celle qui lui avait permis d’accéder au pouvoir. Des affaires de corruption surgies depuis juin 2005 ont eu pour conséquences de nombreuses démissions dans son entourage, dont la dernière frappe son "maître à penser économique", le ministre de l’économie Antonio Palocci. Un ministre qui avait su gagner la confiance des milieux d’affaires en imposant une politique de rigueur fiscale et budgétaire. Un homme qui, avant d’accéder aux responsabilités, avait été le chef de la campagne présidentielle victorieuse de Lula en 2002. Tout un symbole.


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1 réactions à cet article    


  • Luc (---.---.105.70) 4 avril 2006 14:56

    Il faut préciser que les nombreuses et récentes démissions de ces derniers jours (9 au total)sont dues à la mis en application de la loi brésilienne selon laquelle les occupants de fonctions publiques doivent démissionner six mois avant une élection s’ils souhaitent occuper un siège de la législature.

    Ceci afin d’éviter le mélange des genres auxquels on assiste régulierement en France, concours de photos d’elus, distribution de petits cadeaux diverses et variés, confusion des caisses publiques avec les caisses des partis pour le financement des campagnes éléctorales (cf le cas du ministre, president UMP, et candidat Sarkozy)

    La corruption fait des ravages au Brésil et ce depuis des décennies, la maxime « tous pourris » revient systématiquement dans les conversations quotidiennes en ces temps pré-éléctoraux.

    Il faut dire que la presse brésilienne est plutot encline à faire la chasse au scoop sur le thème de la corruption (sans toujours verifer la véracité de ses informations)plutot que la chasse aux idées et aux projets politiques des uns et des autres.

    La conscience politique des brésiliens fait qu’ils votent plutot pour un homme que pour une idée. Aussi peu importe l’absurdité du programme si l’homme est apparamment honnete.

    Enfin ici un homme politique peut etre libéral aujourd’hui comme conservateur hier ou communiste demain, il lui faut être dans le camp qui lui assurera une réelection dans son fief et cela sans que ses électeurs n’en prennent ombrage.

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