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Brigadiers du “Free Market” & Dysfonctionnement Dans l’Age Democratique

L’Amérique s’est reveillée au matin du 17 octobre 2013 avec un soupir agacé. Les deux Chambres des représentants ont enfin convenu d’un consensus pour le plafonnement de la dette nationale. Au poids financier exorbitant pour remporter les élections présidentielles Américaines - soit une envolée de $92 million en 1980 pour culminer à $2 milliard de dollars en 2012 - une débâcle amère du dysfonctionnement paralysant dans l’âge démocratique. L’expérience démocratique Yankee semble avoir migré dans le ciel d’un étrange oxymore. La Gauche nourrit une phobie contre le gigantisme des corporations financières. La Droite entretient quant à elle, une aversion pour un gouvernement au pouvoir étendu. Récusant la dynamique féconde entre gouvernement et industrie, secteur public et privé, l’exclusivisme politique sucidaire du Tea Party a achevé de suspendre l’expérience démocratique Occidentale au gibet des brigadiers du “Free market”. Pour les brigadiers du “Free market”, une ligne rouge est indépassable dans le contrat social. La réduction de la pauvreté et du chômage, le financement de l’assurance santé pour tous les citoyens, et l’assouplissement du fardeau de la dette passent pour un altruisme inpudique et par conséquent, tenus dans les priorités démocratiques pour une sorte de “cannibalisme moral”.

Pourtant, dans le passé, les Etats-nations avaient porté main forte aux démocraties Occidentales contre les assauts de la pauvreté et du chaos socio-politique. Aujourd’hui, c’est le mouvement inverse. La démocratie en Occident semble impuissante et elle tournerait même le dos aux crises qui assaillent la polis : chômage, endettement, réforme des systèmes de santé et de l’éducation, etc...L’enjeu n’est pas de battre le rappel des fantômes du déclin de la démocratie Occidentale. Au contraire, ici comme ailleurs, la question n’est pas de servir l’opium commode des repères nationaux de superiorité militaire, industrielle ou encore des palmarès économiques des entreprises nationales. Il s’agit surtout de prendre la mesure de la pertinence de nos critères de nations démocratiques à resoudre nos propres problèmes pour ne pas dire, à nous préoccuper de la destinée des autres nations.

 

Parmi 21 nations influentes au niveau mondial, l’Amérique occupe la queue en matière d’inégalité, de taux de pauvreté, d’espérance de vie, de mortalité infantile, d’obésité, de congés annuels payés, de congés de maternité. Près de 1% de la population Américaine détient plus de revenus que 180 million d’Américains toute classe confondue. Pendant plus de quarante ans, on n’enregistre pas de changement significatif dans le pourcentage d’Américains vivant en situation de pauvreté. D’un bas taux historique de 11.1% en 1973, la ceinture de pauvreté a même franchi le seuil de 15% en 2011. Le pourcentage des Afro-Américains en situation de pauvreté touche le point culminant de 27.6% et celui des communautés Hispaniques a franchi le seuil de 25.3% en 2011.

 

Cette stagnation dans la pauvreté s’accompagne paradoxalement d’une protection des privilèges des corporations. En effet, les taxes des corporations comme part du P.I.B. ont connu un déclin de 6.1% en 1952 à 2.1% en 2000 pour plonger au seuil de 1.2% en 2011. En 2006, les six banques au top aux USA amassaient des revenus équivalents à 55% du PIB national. En juin 2012, ces banques détenaient 60.1% du PIB Americain.

Bien que Les USA dépensent par an près de 18% de son économie pour les dépenses en santé de ses citoyens, son système de santé se révèle l’un des plus pauvres parmi les nations industrialisées. La chaîne des hôpitaux, des compagnies pharmaceutiques ainsi que les géants des industries d’assurance de santé pèsent de leur poids sur les budgets de financement de santé. Un dysfonctionnement démocratique en Occident serait un luxe insultant alors que les villes au 21eme siècle font face aux Goliaths des crises socio-économiques.


 

Narcisse Jean Alcide Nana, International Security Studies,

 

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