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Cameron, fossoyeur des services publics britanniques

Et si, sous son apparence affable, David Cameron avait été un Premier Ministre encore plus antisocial que Margaret Thatcher ? La situation fiscale, et celle de l’éducation supérieure, le laissaient déjà penser. Une série de papier sur la situation du système de santé, et sur la situation des prisons, font apparaître un bilan absolument désastreux dans l’ensemble des services publics.

 

La grande déconstruction du bien commun
 
Quand le gouvernement conservateur avait annoncé un plan de coupes budgétaires massif, de l’ordre de 20% sur un mandat, cela était un peu théorique. Mais quelques années après, la réalité mord. Il y a près de deux ans, malgré des chiffres de croissance et d’emplois apparemment positifs, on constatait une envolée de la pauvreté très préoccupante. Il y a six mois, The Economist avait publié une étude incroyable montrant le caractère profondément antisocial des politiques menées, avec un poids des économies du premier mandat beaucoup plus lourd sur les classes populaires et un nouveau budget qui coupait toujours plus dans les porte-monnaies des classes populaires, tout en trouvant le moyen de faire gagner les classes moyennes supérieures, outre la forte baisse de l’impôt sur les sociétés.
 
 
Mais derrière ces chiffres agrégés, la réalité est encore plus parlante dans le détail. Le gouvernement de David Cameron a triplé les frais de scolarité à l’université, à 9 000 livres par an, suivant l’exemple étasunien qui créé un mur d’argent entre les classes populaires et les études supérieures. Dans un autre papier, The Economist revient sur la détérioration du système de santé britannique, en y attribuant la cause aux dysfonctionnements du service public. Sauf qu’avec 7,3% du PIB consacré à la santé (et 6,6% prévu en 2021), soit bien moins que la moyenne occidentale, difficile de ne pas y voir l’effet direct du manque de moyens. Les dysfonctionnements ne peuvent pas expliquer que les taux de survie après un cancer, une attaque ou un accident cérébral soient si mauvais outre-Manche.
 
 
Dernier exemple de la grande dé-construction des services publics britanniques : la situation détestable des prisons du Royaume, qui, malgré une relative stabilité de la population carcérale, ont expérimenté une chute de 25% du nombre de gardiens. Résultat : en quatre ans, le nombre d’agressions contre les gardiens, mais aussi entre prisonniers, a plus que doublé et le nombre de suicide a progressé de plus de 75%. Quand on se base sur ces quelques papiers, il est difficile de ne pas voir à quel point les gouvernements Cameron ont transformé la société britannique en faisant reculer le service public d’une manière historique. On peut sans doute y voir une des raisons de la colère populaire qui a mené à la victoire du Brexit en juin, mais aussi à l’ascension de Jérémy Corbyn à la tête du parti travailliste.
 
 
Malheureusement, au moment où toutes les preuves des méfaits des politiques ultralibérales de Cameron se dévoilent, la droite française semble vouloir prendre l’exacte même direction, en annonçant des coupes de 100 milliards dans les dépenses publiques, comparables à celles mises en place en Grande-Bretagne. Nous sommes prévenus des conséquences de ces politiques.
 

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