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Accueil du site > Actualités > International > Canada : quatrième et dernier débat des chefs

Canada : quatrième et dernier débat des chefs

Les élections fédérales canadiennes auront lieu le 23 janvier, après une longue campagne électorale riche en rebondissements, dont huit heures de débats des chefs au total. La question de l’unité nationale a dominé ce dernier débat, qui comportait aussi d’autres questions, d’intérêt plus grand pour les Canadiens que pour le reste du monde.

Ce dernier débat de la campagne électorale ayant lieu en français et au Québec, la question de l’unité nationale a pris de l’importance. Le contexte se prête bien à une lutte féroce pour les votes des Québécois, que les sondages disent de plus en plus favorables au Parti conservateur du Canada (PCC), aux dépens surtout du Bloc québécois (BQ, qui détient toujours plus de la moitié des intentions de vote au Québec) et du Parti libéral du Canada (PLC), qui passe en troisième position au Québec après le PCC, qui a pris la tête dans les sondages après une remontée spectaculaire. Le Nouveau parti démocratique (NPD) détient moins de la moitié des intentions de vote pour le PCC. Fait à noter, le NPD détient presque le même pourcentage d’intentions de vote au Canada que ce que le PCC détient au Québec, tout en étant en troisième position derrière ce dernier au Canada. Certains envisagent la possibilité de l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire au Canada.

Les positions des principaux partis en lice sur la question de l’unité nationale sont claires. Gilles Duceppe, le chef du BQ, se rabat sur le concept de société distincte et sur le respect des compétences et des priorités de la province de Québec, notamment les droits des chômeurs. Stephen Harper, le chef du PCC, propose de promouvoir l’option fédéraliste dans l’intérêt de tous, et de donner au Québec un plus grand rôle international. Paul Martin, le chef du PLC et du gouvernement sortant, propose de négocier une série d’ententes avec les provinces, ce qu’il a d’ailleurs déjà commencé à faire. Aujourd’hui, il a lancé la phrase suivante : “Le Canada est unique à cause des Canadiens français.” Jack Layton, le chef du NPD, reconnaît le caractère unique du Québec, et veut amener des propositions concrètes acceptables partout au Canada pour que le Québec ratifie la constitution canadienne, rapatriée de Grande Bretagne en 1981 par le gouvernement libéral de Pierre-Elliott Trudeau, sans l’accord du Québec. Il mentionne aussi qu’il est important d’appuyer les communautés francophones à l’extérieur du Québec, qui sont souvent exclues.

En ce qui concerne l’achat de publicité pour la cause fédéraliste, à l’aide de fonds publics, le livre Option Canada, publié hier, impliquant non seulement les libéraux mais aussi les conservateurs dans un autre scandale, quoique de moindre envergure et dans des circonstances moins compromettantes que le scandale des commandites, Stephen Harper a lancé qu’il n’était pas criminel de défendre le fédéralisme. Gilles Duceppe a profité de l’occasion pour blâmer les libéraux et les conservateurs pour la manipulation du vote lors du référendum sécessionniste perdu de justesse en 1995. Stephen Harper a fait référence au chef du Parti québécois, un parti provincial souverainiste québécois, lors du premier référendum de 1980, René Lévesque, en disant : “Les conservateurs vont faire à Ottawa ce que René Lévesque a fait au Québec.” Ce dernier a entre autres instauré des règles de financement des partis politiques. Gilles Duceppe a lancé que si le BQ n’avait pas été là pour poser des questions (441) au gouvernement libéral, les autres partis, fédéralistes, se seraient ligués pour étouffer le scandale des commandites.

La question du financement du PCC n’a été reprise aujourd’hui que par Jack Layton, qui a annoncé qu’une partie de la liste des donateurs du PCC n’avait pas été rendue publique, et qui a demandé des comptes à Stephen Harper, lequel n’a pas répondu à cette question aujourd’hui non plus. Jack Layton a ensuite demandé à Paul Martin la liste des donateurs pour sa candidature à la chefferie du PLC. Aujourd’hui, contrairement à hier, Paul Martin n’a pas posé de question à Stephen Harper sur le financement de son parti.

Les différends commerciaux entre le Canada et les États-Unis dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord américain (ALENA) a permis aux libéraux et aux conservateurs de répartir le blâme entre eux : le mécanisme de règlement des différends, établi par un gouvernement conservateur précédent, a été blâmé par Paul Martin, et ce dernier a été blâmé par Stephen Harper pour son retard à régler un différend avec les États-Unis. Et l’attitude respective des deux chefs de parti envers les Américains a fait l’objet d’un débat entre eux, qui sont, tous deux, passés à la télévision américaine. Paul Martin y aurait défendu les intérêts du Canada, alors que Stephen Harper y aurait plutôt blâmé le Canada pour son refus de s’engager dans l’invasion de l’Irak.

Ce quatrième et dernier débat a eu le résultat surprenant de permettre aux principaux partis en lice d’arriver à un consensus sur certaines questions. Passons-les en revue brièvement. D’abord, l’existence même d’un déséquilibre fiscal, c’est-à-dire essentiellement le droit des provinces au remboursement des trop-perçus par le gouvernement fédéral, qui accumule des surplus année après année, alors que les provinces n’arrivent pas à financer des services essentiels à leur population. Cela avait été reconnu lors du débat d’hier par le Premier ministre sortant, Paul Martin, et repris en choeur par tous les autres chefs de parti présents aujourd’hui. Ensuite, la décriminalisation de la possession d’une drogue comme la marijuana pour consommation personnelle, que Stephen Harper, le chef du parti conservateur, a limitée à 30 grammes, faisant probablement référence à la marijuana dans ce contexte. Tous s’entendent du même souffle pour sévir contre les trafiquants de toutes les drogues (incluant la marijuana). La loi antigang proposée par le BQ et mentionnée ce soir a déjà permis de sévir contre un gang de motards trafiquants de drogue au Québec, les Hells Angels, à l’issue d’un procès aux péripéties rocambolesques.


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1 réactions à cet article    


  • unknow actual ip locking out (---.---.117.52) 12 janvier 2006 03:53

    ce GanG « les Hells Angels » en moto sa ne pouvait surment pas étre de la marijuana alors si plus de 30 grms de weed messieur rentre dans un coffre de motoil se sont fait arrété avec une goldwin NAN mais Dite Nan a la Drogue Sa En Fera Plus Pour Les Autres.Un consommateur (only maryjeanne)

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