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Accueil du site > Actualités > International > Ce que je ferais si j’étais Mugabé ou Tsvangirai !

Ce que je ferais si j’étais Mugabé ou Tsvangirai !

C’est désormais clair pour les peuples africains que l’Union africaine est un syndicat de chefs d’Etat et de gouvernements. Clair depuis le dernier sommet tenu au bord du Nil avec la gestion du problème zimbawéen. On attendait, on espérait que pour une fois les paires d’un chef d’Etat lui disent ce qu’est la démocratie. Mais c’était sans compter que les autres ne sont pas meilleurs que lui. Et pour cause ?

"Accéder à l’eau". Un problème pour tous les pays du monde et singulièrement pour les pays africains. Quoi de plus normal que les chefs d’états et de gouvernement de l’Union Africaine(UA) choisissent les bords du Nil pour leur 11ème sommet. Ce sommet portait sur les efforts d’adaptation à fournir et de gestion à appliquer pour que cette ressource naturelle de plus en plus rare ne vienne pas à compromettre l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement en Afrique. Mais voilà que Robert Mugabe dans ses habits neufs de président mal élu (c’est selon) y débarque pour un show tel qu’il en a l’habitude.

Pareil que du temps de la défunte Organisation de l’Unité Africaine et comme c’est désormais la coutume au cour des sommets de ce genre, le thème principal est occulté et tous les reporters et les analystes ne parlent plus que de l’attitude que va adopter l’UA. Et comme d’habitude les chefs d’état africains n’ont que de vielles sauces à servir aux peuples tout en se reservant de la moutarde sur leurs tables de petits rois.

Pendant plus de deux heures le sommet en son deuxième jour a connu un débat houleux, car Robert Mugabe s’est naturellement défendu. D’après une radio internationale dite idiotement mondiale au non d’un principe que je vous épargne, "c’est le vice-président botswanais qui a déclenché les hostilités, en réclamant l’exclusion pure et simple de Robert Mugabe de l’Union africaine". Le représentant du Nigeria aurait, quant à lui, critiqué la politique du président zimbabwéen, une politique qui pourrait déboucher sur une guerre civile. Abdoulaye Wade (Sénégal) a pour sa part dénoncé la stratégie politique de son homologue, en insistant sur la nécessité de mettre en place un gouvernement d’union nationale. Robert Mugabe aurait alors pris la parole, en déclarant avec juste raison que le Zimbabwe n’avait pas de leçon à recevoir et qu’il y avait dans cette salle des pays où les élections présidentielles s’étaient beaucoup plus mal passées que chez lui. Et le grand Bob de se retirer d’une salle qui puent ses semblables qui veulent faire semblant. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement !

Quand on sait que sur la cinquantaine de pays qui forment l’Union, la bonne gouvernance est la chose la moins partagée et les élections mal organisées sont légions.

Commençons par Compaoré du Burkina : 20 ans au pouvoir, trois élections successives toutes entachées d’irrégularités ou de tripatouillage de la loi fondamentale. Aux dernières nouvelles c’est plutot son petit frère qui se préparerait pour le remplacer à kosyam le palais royale euh présidentielle burkinabè. Mugabé lui montre la voie. Alors il déclarera : "je pense que les zimbawéens peuvent trouver des solution en s’asseyant au tour d’une table de négociation".

Ensuite Omar Odimba Bongo le el hadj gabonais, avec sa célèbre phrase « comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? ». Ce qui en dehors du fait que ce soit un champion de l’art de parler sans rien dire et en plus du fait que Jean Ping son homme soit le patron de l’U.A nous prouve qu’il jubile de voir de telles situtions dans d’autres pays.

Citons aussi le tunisien Ben Ali, un exemple de longévité au pouvoir doublé d’un bafouilleur attitré des droits de l’homme. Mais aux yeux de l’occident il est plutôt fréquentable puisque les arabes se tiennent plutôt tranquilles dans son pays et préfèrent boire du coca cola et aller à la plage plutôt que de poser des bombes à Paris ou à Madrid.

Que dire du président Laurent Gbagbo de cote d’ivoire ? peut-il dire un mot à Mugabe ? lui n’a pas encore organisé les élections de 2005 maintenant prévues pour le 30 novembre 2008 dans le cadre des accords de ouaga (une autre farce servi aux ouest africains) que facilite l’autre l’enfant terrible de Ziniaré(ville natale de Blaise Compaoré au faso).

Quand au khalife libyen l’homme des pétrodollards, hier terroriste aujourd’hui partenaire du beau Sarkozy , il doit être heureux d’avoir un Mugabe de l’autre coté de la langue arabe- ici l’anglais- et bientot je peux le parier ce sera un francophone avec Gbagbo. Prenons le malien et le nigérien eux ont des rebelles qu’il faut gérer. Le béninois est très jeune pour parler à mugabe. Le maroc est un royaume. "tu la ferme" dira Mugabe. Le sud africain est le plus fidèle soutien à Mugabé quoi que l’on fasse. L’Egypte c’est à peine si Moubarak pense à l’afrique en dehors des sommets et l’instant de la coupe d’afrique de football. Le camerounais Paul Biya faut-il en parler ? les Sassou et consorts ? Pas la peine d’en faire un dessein car ils ont été plus mal élus (réélus même ) que le grand Robert Mugabé. Aussi la bande à Mugabe avait tout le loisir de faire un show médiatique et profiter au passage assener des flèches aux européens et à la communauté internationale.

A l’issue d’un débat houleux de plus de deux heures donc , les dirigeants africains se sont mis d’accord sur une résolution qui a été adoptée à l’unanimité d’après leur communiqué final. C’est un texte qui appelle à la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il encourage Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai à entamer le plus rapidement possible un dialogue politique. Et les voici entrain de sortir la sauce Kenyane pour le servir aux Zimbabwéens. La résolution recommande aussi aux Etats concernés par le problème zimbabwéen de s’abstenir de toute action pouvant avoir un impact négatif sur le processus en cours. C’est une allusion à peine voilée aux pressions américaines et européennes, exigeant le départ de Robert Mugabe. Les européens ont leurs raisons que les spoliations des terres de leurs ressortissants n’ignorent pas et les américains savent rendre la monaie du soutien anglais pendant la guerre contre le terrorisme. Mais une fois de plus ils ne vont plus rien dire ni faire et si j’étais Tsvangirai je m’abstiendrais de toute initiative et de ne croire en rien et attendrais mon tour car quoi que l’on dise Mugabe est plus proche de la sortie que du début. S’il ne meurt pas avant le terme de son actuel mandat. Et si j’étais Mugabé j’irai jusqu’au bout-suivez mon regard- puisque les africains et la communauté internationale ne le poursuivront qu’après son mandat.


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7 réactions à cet article    


  • faxtronic faxtronic 4 juillet 2008 16:06

    belle analyse. Abdoulaye Wade, lui est pas mal je crois.


    • faxtronic faxtronic 4 juillet 2008 16:16

      Je me souviens d’avoir etudié le Zimbabwe dans les premieres annés de 80, a l’ecole primaire. J’avais dessiné une belle antilope sur mon cahier. Et aussi d’avoir vu une video sur les habitants du Zinbabwe, qu’ils etaient alors libres, et que les animaux etaient beaux. J’avais 8 ou 9 ans. Cela me changait des rivieres pleins de cadavres qui m’avait terriblement choqué, coulant dans le nil dans les années 77 ou 78, vu a la télé. Cela m’a terriblement marqué. (C’etait l’Ouganda).


      • charlie 4 juillet 2008 17:30

        Elle est jolie ton histoire FAX...la gazelle, c’est la maman, de bambi ???


        • morice morice 4 juillet 2008 23:44

           on n’a pas a souhaiter être Mugabé... 


          • abraham 5 juillet 2008 01:46

            C’est très facile de caricaturer et de donner de grandes leçons de "démocracie" aux Africains. Mais pourquoi ne pas parler aussi de Georges Bush et des elections americaines truquées en 2000 ?
            SVP, commencez par coller aux faits : 1- le sommet ne s’est pas tenu sur les bords du Nil mais sur ceux de la mer rouge ; 2- ne parlez pas du Maroc, parcequ’il n’y etait pas, n’étant pas membre de l’UA.
            Les coups d’etat africains dont vous parlez ont été presque tous installés avec le soutien ou la protection de l’armée française, si ce n’est de compagnies petrolieres françaises comme ELF (au Congo quand un gouvernement democratiquement élu avait tenté de mettre fin au pillage des ressources de pays par cette compagnie française). Oubliez-vous que ce sont les massacres de l’armee française au Cameroun qui ont écrasé l’intelligentia locale et ont abouti au regime que vous denoncez actuellement ?
            Le tord de Mugabé aura été de toucher aux terres injustement arrachées des communautés locales par une poignée de colons blancs autrefois soutenus par une des répressions les plus féroces contre les peuples africains (celle menée par le régime colonial raciste de lan Smith qui se reclamait ouvertement de l’apartheid et de la suprematie raciale blanche) elle-même soutenue par la France et une bonne partie de l’Occident... Pourquoi Mbeki condamnerait-il Mugabe alors qu’il sait que tot ou tard l’Afrique du sud cherchera, elle aussi, à remettre la terre à ses populations spoliées et à redistribuer de manière plus equitable les richesses entre blancs et noirs et que surement, elle se fera, alors diaboliser et boycottée par l’Occident, comme l’est actuellement le Zimbabwé ?
            Par les sanctions qu’elle a imposé au Zimbabwé, comme naguere, elle l’a fait pour d’autres peuples "rebelles", l’Occident affame un peuple et ensuite demande des "elections démocratiques" esperant que ce peuple "votera avec son ventre"... Mais il restera encore au Zimbabwe, un peuple fier et digne qui gardera le ventre vide mais n’aura pas à baisser la tete face à l’Occident...
            Les questions de fonds que l’Occident ne veut pas discuter sont plus complexes que les carricatures faciles qui ne font que renforcer le paternalisme occidental dont l’Afrique n’a que trop souffert...


            • tabyam 9 juillet 2008 09:52

              Je vous concède la véracité d’un certain nombre de vos observations. N’empèche que le Maroc reste et restera un pays de l’UA. Il suffira que les chefs d’état africains révisent leurs positions par rapport au problème de la RASD et vous verrez que naturelement le maroc reviendra sur la table.
              bref pour vous dire que l’objet de mon analyse n’etait nulement de renforcer quelconque position. Ce n’etait pas non plus pour dire qui fait quoi pour qui en afrique. Simplement je voulais faire ressortir le fait que lontemps encore les peuples africains devront souffrir de l’incredulité de leurs dirigents et aussi et surtout que je reste convaincu que tout homme tout peuple a le choix je dirai meme des choix y compris celui de mourir. Alors dites moi pourquoi nous continunion à accuser les autres d’etre à l’origine de nos malheurs ? Pourquoi les africains ne peuvent pas un jour dire non ? je repete on peut forcer un chien à se coucher mais reconnaissez que l’on ne peut l’obliger à manger. respectuesement votre.


            • kakadou n’diaye 6 juillet 2008 15:55

              N’enterrons pas Ian Smith si précipitamment !!

              Ou quand un blanc égale deux noirs.

               

               

              « Bon débarras » titre Jeune Afrique  dans son numéro 2446 (page41) en évoquant la mort, survenue le 20 Novembre dernier, de Ian Smith, « roi » sanguinaire et raciste d’une Rhodésie autoproclamée indépendante ( devenue Zimbabwe) de 1964 à 1980 ? Ian Smith qui n’hésitait pas à proclamer partout haut et fort que « sans les blancs l’Afrique ne peut fonctionner » et qui nous fit, plusieurs fois descendre dans les rues, pour manifester, à Londres, à Paris dans les années 75-79 tant la répression exercée contre le mouvement de libération de Nkomo-Mugabe était féroce et les propos inacceptables.

              N’enterrons pas Ian Smith si précipitamment.

              D’abord parce qu’il y a du Ian Smith en nous tous. Le mépris ostentatoire d’un individu envers un groupe d’individus constitué et défini par sa race ( « les noirs », les « arabes »…) sa religion (les juifs, les mahométans..)ou son statut social ( les « paysans-cul-terreux, les prolos, les forgerons, les intouchables..) est non seulement le phénomène social le plus partagé mais chaque individu en détient une parcelle, cette parcelle de Dieu ou d’Allah ou plutôt son antithèse exact, Satan ou Lucifer. Le racisme n’est qu’une des formes d’un mépris global,  celui spécifique à la race, qui incite à penser que l’autre appartient non à un groupe social différent mais à une autre espèce humaine, différente ..et inférieure. La réalité sociale ( celle des paysans et des propriétaires, des patrons et des ouvriers ) s’appuie et se consolide mais surtout se dissimule et se nie sous un constat génétique : » Je m’enrichis, je domine, j’appartiens aux strates supérieures de la société par justice et droit : je suis supérieur , de naissance, par ma couleur, ma religion , ma nationalité , ma culture » bref, l’inné remplace l’acquis, l’essence, l’histoire. Le racisme de I Smith n’est que l’expression idéologique d’un état de fait social, économique et politique : deux cents familles détiennent plus de 80% des richesses du pays et la totalité d’un pouvoir politique, garant de leurs richesses, qu’ils n’entendent pas céder.

              N’enterrons pas I.Smith si précipitamment car force est de constater que I. Smith avait raison. Dans les 30 ou 40 dernières années, l’Afrique, maitresse d’elle-même, s’est enfoncée. Si statistiquement la richesse a augmenté elle a été largement confisquée et en terme de santé, d’éducation, d’environnement, de développement agricole, d’hygiène, de justice sociale et de participation citoyenne voire même souvent d’infrastructures, l’Afrique a régressé et continue de régresser, vite.

              L’africain comme disait Smith serait-il, génétiquement, incapable de gouverner et de diriger ses affaires ?

              Aussi ne l’enterrons pas si précipitamment avant que le fumet de ce constat n’ait été balayé et que l’on comprenne bien que la volonté hégémonique de la minorité blanche n’ a laissé place qu’à un soulèvement armé et que le roi  parti, nu, sans partie, sans patrie, sans amis, sans appuis, après quelques années de vaine opposition, n’a laissé derrière lui, pour gouverner, qu’un quarteron de militaires qui n’en peuvent mais. C’est-à-dire que, en tant que raciste, Ian Smith a mis en scène une pièce de théâtre où se jouait et continue de se jouer maintenant qu’il est sorti de scène, sous les applaudissements effarés du public international, l’incapacité africaine à gérer les affaires d’un pays, en faisant en sorte que les seuls qui lui succèdent, hors de tout recours démocratique sont des militaires qui encombreront et encombrent encore largement la place qu’il a laissé. Les Mugabe, A.Dada, Bokassa, S.Abacha, Eyadema, Mobutu, S.Barré, Taylor, ….j’en oublie quelques dizaines, sont bien là pour nous rappeler que le mépris global, la certitude d’appartenir à une espèce supérieure, n’est pas mort, lui, qu’il s’embarrassât ou pas de la « farce démocratique » dénoncée, sans relâche, par le Prix Nobel de littérature, Soyinka ou encore de paix, de justice et d’ordre comme ces officiers envoyés par l’Union Africaine au Darfour et qui n’y ont apporté que viols vol des populations et détournements des sommes dévoluées à la troupe.

              Ainsi I.Smith triomphe. Le mépris qu’il manifestait à l’égard des africains a été repris par les africains eux-mêmes contre leurs « frères » de race et de culture.

              En enterrant Smith n’enterrons pas le mépris qui nous taraude tous envers tous ceux qui ne jouissent pas d’un statut social égale au notre. N’enterrons pas  le fait que le combat politique et en particulier le combat démocratique est d’abord le combat contre toutes les formes de discriminations.

              Le mépris est la matrice d’un ressentiment, qui est lui-même la matrice fondamentale des guerres et des conflits comme vient de le démontrer R.Girard dans son dernier ouvrage

              En refusant d’enterrer I.Smith sans autre forme de procès qu’un « bon débarras » vite lâché nous répondons, de fait, à la réaction de Doudou Dienne, rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, au « Discours de Dakar » du 26 juillet dernier, du Président Sarkozy. Lors de la séance du 7 novembre il n’a pas hésité comme le dit Jeune Afrique « à dire tout haut ce que beaucoup d’africains ont ressenti… ». Le discours de Dakar, vitupéra-t-il, « s’inscrit une dynamique de légitimation du racisme » auquel fait écho l’invective de BHL :« discours raciste ». Et tout un chacun d’intervenir. « Mais non … »disent d’aucuns qui soulignent, comme Jean Daniel, la condamnation sans équivoque de la traite et du colonialisme, « mais si… » disent d’autres qui n’acceptent pas qu’on puisse avoir une vision si condescendante a-historique, a-sociologique de l’Afrique et de son histoire.

              Il ne fallait peut-être pas attendre une analyse pertinente d’un Président qui est avant tout un homme de communication et un homme foncièrement de droite.

              Raciste le discours de Dakar ? Paternaliste plus certainement qui est une forme atténuée de ce mépris global qu’est le racisme.

              Mais est-ce que le problème est vraiment là ? Au  racisme smithien, déclaré, droit dans ses bottes, avec ses centaines de milliers de victimes, tant du fait de la répression féroce que du maintien des populations dans un dénuement indicible, le paternalisme sarkozien ne fait pas figure d’ogre d’autant que l’échec complet du système politique et économique mugabien compte aussi des victimes  par centaine de milliers.

              Au mépris de I.Smith pour les africains répond le mépris de Mugabe pour ses mêmes africains et peut-être celui que Sarkozy laisse filtrer dans son discours, mais enfin ! les conséquences ne sont pas les mêmes !

              Arrêtons de chercher le racisme partout où il se trouve. Il est partout. Le mépris, avec le bon sens, est la chose du monde la mieux partagée.

              Avec la grande, très grande, majorité des africains il est bien évident que le problème n’est pas là. Il n’est pas dans la vertu. Mais dans l’efficacité.

              A la parodie de démocratie, aujourd’hui en œuvre dans une grande partie de l’Afrique, à la tragique  guignolade des ministres choisis dans l’ethnie, le clan, la religion, le statut, loin de leurs compétences, a la distribution des terres des blancs, en Rhodésie, aux « anciens combattants » -comme si ce statut garantissait l’efficacité agricole- à la réalité de ce  mépris global, répond la régression économique, la famine, la misère…

              Au mépris blanc  répond le mépris noir.

              La démocratie est aussi dans l’efficacité économique, dans la redistribution sociale, dans la possibilité pour chacun de vivre sans rêver d’improbables et souvent tragiques voyages. Le reste, pour important qu’il puisse être, est secondaire.

              Il importe plus de dénoncer le mépris des dirigeants africains actuels, dont Mugabe, pour leurs peuples, que le mépris supposé et sous-jacent d’un Sarkozy ( ou de sa « plume » Guaino), ou le mépris réel et publié d’intellectuel comme Watson . Il importe de ne pas occulter le présent en prétendant faire ressurgir le passé.

              C’est d’ailleurs la voie choisie par Soyinka.

              L’instrumentalisation du racisme de I.Smith est ainsi au service d’une caste qui pratique le même mépris du peuple, caste qui entend se cacher derrière le racisme de Smith afin de mieux faire oublier le sien avec, comme en écho, les mêmes milliers de morts, les mêmes millions de victimes ..

              Le racisme ne peut en aucune façon être vu, pensé, ressenti, analysé sans référence explicite aux oppositions fondatrices entre propriétaires et paysans, entre capital et travail et aux formes politiques et idéologiques qui les sous-tendent. Au bénéfice quasi exclusif des uns, au détriment mortifère des autres. Si Mugabe a triomphé du racisme ( encore que de nombreuses réactions zimbabwienes anti-blancs clairement racistes peuvent se comprendre et non s’excuser) il est loin d’avoir vaincu ce mépris global dont le racisme n’est qu’une expression parmi d’autres, pas vaincu le fait qu’une minorité exploite une majorité et détient tous les pouvoirs, y compris la force, la torture, la violence, la prison, la répression, la censure..) afin de maintenir son exploitation.

              C’est Ian Smith que l’on ovationne au dernier sommet du SADC de Johannesbourg en ovationnant Mugabe. C’est l’invraisemblable, l’incroyable domination haineuse et stupide d’un groupe d’illuminés sur l’ensemble d’un peuple. C’est Ubu salué par ses affidés et ses sbires mais surtout par ses semblables.

              Elle leur permet de masquer leur propre mépris envers leur pays. Alors que l’espérance de vie croit de plusieurs mois par an en Occident l’Afrique des dirigeants qui font une « standing ovation » à Mugabe, la voit décroitre de plusieurs mois par an depuis trente ans qu’ils sont à la tête de leur pays jusqu’à atteindre aujourd’hui moins de 40 ans ! Un blanc égale deux noirs non seulement en musique mais en espérance de vie…c’est ça aussi le racisme. La réalité crue et atroce de ce chiffre est bien un crime comme l’humanité.

               

               

               

               

              Kakadou N’diaye.-Mbour- Sénégal

               

               

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