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Accueil du site > Actualités > International > Chasser le dragon en Afghanistan

Chasser le dragon en Afghanistan

Le gouvernement Afghan vient d’interdire, du moins officiellement, depuis le mai 2009, l’importation de « précurseur chimique » utilisé pour la transformation de l’opium en héroïne et met enfin en œuvre, par cette action, une des parties de la résolution 1817 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui vient de proroger son intervention en Afghanistan jusqu’en mars 2010.

Cette décision vient d’ailleurs d’être saluée par la France.

Les précurseurs chimiques et le Pacte de Paris
 
Les précurseurs sont les substances utilisées dans la fabrication des divers produits chimiques "légaux" comme la peinture, médicaments, alimentation...mais aussi dans la fabrication de produits illicite de stupéfiants et de substances psychotropes. Elles sont classées en trois catégories et dûment répertoriées comme vous pouvez vous en rendre compte dans ce document.
 
 La lutte contre le trafic de drogue passe donc obligatoirement par une surveillance accrue des industries chimiques, industrie dont, en France, le chiffre d’affaire avoisine les 90 milliards d’euros chaque année.
 

La législation en matière de contrôle des précurseurs

En droit international, l’article 12 de la Convention des Nations unies de 1988 sur le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, à laquelle les États membres de l’Union européenne participent, constitue le fondement du contrôle des 23 produits chimiques précurseurs. Les éléments centraux du dispositif légal communautaire comprennent :

. l’obligation pour les opérateurs en chimie de réunir une documentation, de constituer des archives et de procéder à un étiquetage,

. l’obtention d’une licence pour les produits les plus sensibles et d’un enregistrement pour les opérateurs,

. la coopération entre les autorités compétentes et les opérateurs (déclaration de soupçons),

. la délivrance d’autorisations d’exportation,

. une coopération administrative entre États membres,

 
 
Le 3 juin 2003, lors de la conférence à Evian, la présidence du G8 a proposé ces conclusions à l’Afghanistan :

"Nous avons confirmé notre soutien à l’Administration transitoire du président Karzaï. Nous avons réaffirmé que le processus de Bonn devait être mené à son terme, dans la lettre et dans l’esprit. Nous demeurons préoccupés par la sécurité intérieure. Pour lutter contre le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, nous soutenons la pleine mise en oeuvre de la stratégie nationale afghane de lutte contre la drogue et le " Pacte de Paris " proposé le 22 mai par les Nations Unies lors de la conférence sur les routes de la drogue."

 

De vastes opérations mises en route depuis des années :

L’opération Topaz, lancée en 2001, est un vaste programme international portant sur le traçage des envois internationaux d’anhydride acétique, produit chimique essentiel, notamment pour la fabrication illicite d’héroïne. Son objectif comprend des activités de détection et de répression devant permettre d’intercepter des envois en contrebande de ce produit et de procéder à des enquêtes pertinentes, ainsi que de réaliser des saisies dans des entrepôts illicites ou des laboratoires clandestins pour remonter jusqu’à la source de la substance détournée.

Le Projet "Prism" a été lancé en 2002 pour prévenir le détournement des principaux précurseurs utilisés dans la fabrication de stimulants de type amphétamine. En 2006, les Opérations "Purple" et "Topaz" ont été fusionnées pour constituer le Projet "Cohesion", initiative d’envergure mondiale visant à combattre le détournement des précurseurs chimiques utilisés dans la fabrication d’héroïne et de cocaïne, en offrant une structure pouvant servir de base à des opérations régionales limitées dans le temps. Mais, Piotr Gontcharov, dans Ria Novosti en septembre 2006, nous décrit une tout autre réalité sur les caravanes de la drogue :

Les "caravanes" existent, seulement il ne s’agit pas de la drogue, mais de ses précurseurs. Le précurseur est un réactif utilisé dans la fabrication d’un produit chimique toxique. Pour transformer une tonne d’opium brut en héroïne, il faut, selon les experts, 2 à 6 tonnes d’anhydride acétique.

Sur les 4.000 tonnes d’opium brut, l’Afghanistan a importé l’an dernier plus de 10.000 tonnes d’anhydride acétique, a précisé M. Costa. Une vraie "caravane", car il faut 500 camions de 20 tonnes pour transporter cette quantité d’agents chimiques.

L’anhydride acétique n’est pas d’origine afghane. Aujourd’hui, selon les experts, cette substance chimique n’est fabriquée qu’en Chine, en Inde et en Russie. Reste à savoir comment ces "caravanes" arrivent à passer inaperçues dans un Afghanistan à l’infrastructure routière sous-développée et dans les pays voisins.

Les problèmes des précurseurs ne semblent donc toujours pas réglés, malgré les nombreuses opérations mises en place depuis 2001.

Début mai 2009, toujours dans Ria Novosti, on pouvait lire : "Les informations sur les pays fournissant à l’Afghanistan l’anhydride acétique (précurseur), utilisé dans la production de l’héroïne seront rendues publiques fin mai, a annoncé jeudi à RIA Novosti Tatiana Dmitrieva, académicienne. Auparavant on avait appris qu’en automne 2008, la Russie avait obtenu des services spéciaux des renseignements sur les filières d’acheminement de l’anhydride acétique en Afghanistan, sur les pays fournissant ce précurseur, sur les organisations se livrant à cette activité, ainsi que sur leurs chefs. Anciennement c’est la Russie et la Chine qui étaient censées livrer le précurseur à l’Afghanistan. "Actuellement des investigations se poursuivent et il est prématuré de parler de quoi que ce soit. Une session de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) se tiendra le 10 mai en présence d’officiers d’Interpol, et des informations pourraient être communiquées fin mai", a indiqué Mme Dmitrieva."

Ces déclarations ont été suivies au mois d’août 2009 par une annonce des Etats-Unis qui déclarent, selon Reuters : " - Les Etats-Unis ont dressé une liste noire d’une cinquantaine de trafiquants de drogue afghans qui auraient des liens avec les taliban, avec ordre de les capturer morts ou vifs, rapporte lundi le New York Times citant un rapport du Congrès qui sera rendu public cette semaine. Le Pentagone a décidé de réserver aux barons afghans de la drogue qui sont complices des islamistes le même traitement que celui qui frappe les dirigeants insurgés, c’est-à-dire qu’ils pourront être abattus à tout moment, ont déclaré à la commission des Affaires étrangères du Sénat deux généraux de l’US Army servant en Afghanistan."

Pourtant, la réalité est tout autre comme on peut le voir dans cette vidéo.

Au péril de sa vie, notamment lors de rencontres inopinées entre les forces de l’ordre et les contrebandiers, Mehran Bozorgnia a mené une enquête sur l’économie de la drogue en Afghanistan. Malgré les millions de dollars investis dans les programmes antidrogue et la présence de militaires venus de tous les pays, la culture du pavot est souvent l’unique chance de survie pour les populations rurales, pauvres et analphabètes. Le commerce du pavot et de l’opium, s’il rapporte énormément aux contrebandiers, profite également aux administrations et aux seigneurs de la guerre, qui peuvent ainsi acheter des armes. Paradoxe majeur : alors que le trafic d’opium avait pratiquement disparu sous le régime des talibans, l’Afghanistan produit aujourd’hui 90% de la consommation mondiale. Comme l’avait déjà écrit Olivier Weber, autre grand reporter :
 
"Bienvenue au pays du peuple de l’opium ! Partout, en Afghanistan, le pavot est roi. 6 100 tonnes ont été récoltées cette année, un record. « Quarante-neuf pour cent d’augmentation en un an ! »soupire d’un air las Mohammad Yaqubi, responsable de l’Organisation des Nations unies contre la drogue (UNODC). Quatre-vingt-douze pour cent de l’héroïne mondiale provient désormais d’Afghanistan. Et le florissant trafic de drogue représente 60 % de son PNB. Le régime du président Hamid Karzai ? Totalement dépassé. Des ministres sont même achetés par les trafiquants. C’est l’opium du peuple au pays de la déconfiture. Quant au frère du président, Wali Karzai, une sorte de gouverneur bis de Kandahar, la grande ville du sud et berceau des talibans, il est mis en cause par un rapport confidentiel de l’armée américaine. « Il faudrait commencer par le mettre en prison,commente un proche de Karzai. Mais tout le monde ferme les yeux, à commencer par les Américains, qui ont besoin de lui, comme des anciens chefs de guerre reconvertis en trafiquants. C’est le règne de l’impunité. "
 
La famille du président Karzai et les politiques en place trempent tous dans le trafic. Alors à quoi bon faire des listes ?

 

"D’après deux généraux américains déployés en Afghanistan, cités dans le rapport sans être identifiés, les gros trafiquants ayant des liens démontrés avec l’insurrection figurant sur la "liste jointe des cibles prioritaires" ont le même statut que les meneurs de l’insurrection et peuvent être arrêtés ou tués à tout moment.

"Nous avons une liste de 367 cibles à capturer ou tuer, dont 50 cibles qui font le lien entre drogue et insurrection", a dit l’un des généraux aux membres de la commission."

La belle affaire !!! Des Karzai sur le peloton d’exécution ? L’impunité au vu et su de tout le monde...surtout de l’OICS :

"La production d’héroïne a battu tous les records en Afghanistan en 2007 malgré les tentatives de la communauté internationale pour enrayer ce fléau, s’alarme l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans son rapport annuel publiable mercredi.

L’Afghanistan a produit une "quantité exceptionnelle" de 8.200 tonnes d’opium l’an passé, soit 34% de plus qu’en 2006, et approvisionne désormais le marché mondial des opiacés à hauteur de 93%, selon ce rapport."

L’éradication du trafic d’opium devient-il maintenant un priorité pour les militaires en Afghanistan, du moins sur le plan de la communication ? Car pour Mc Chrystal, l’ISAF et l’ANA vont devoir "Chasser le Dragon" ensemble...avec des méthodes de coaching et de management à la Sun Tzu sorties tout droit des écoles de commerces :

"La culture afghane est fondée sur les relations personnelles. Ecoutez la population et agissez en conséquence. Gagnez leur confiance. Faites qu’ils s’approprient le résultat", ajoute-t-il.

Il demande aussi à ses hommes de traiter les soldats afghans, entraînés et équipés par les troupes internationales, en égaux.
"Vivez, mangez et entraînez-vous ensemble, dépendez et soyez responsables les uns des autres", écrit-il.
Face à la corruption endémique en Afghanistan (le cinquième pays le plus corrompu au monde, selon Transparency International), il demande aux soldats "d’affronter les responsables corrompus".
"Faites fi des conventions habituelles si elles ne sont plus adaptées à l’environnement. Ceci est une guerre de l’esprit - apprenez et adaptez-vous plus rapidement que les insurgés", dit-il, exhortant ses troupes à "s’améliorer quotidiennement ".
 
Qui sait, en "Chassant le Dragon" ensemble, ils vont peut-être tomber sur un Fantôme (chinois).
 
 
Pour info :

Les prix de l’héroïne :

Pour produire un kilo d’héroïne, dix kilos d’opium sont nécessaires.

Prix de 10 kilos d’opium en Afghanistan : de 1 000 à 1 400 dollars (rendement par hectare : de 35 à 70 kilos).

Prix d’un kilo d’héroïne dans le Badakhshan, à plus de 80 % de pureté : 2 000 dollars (soit 1 600 euros).

Prix à Kaboul : 4 000 dollars.

Prix au Pakistan : de 4 000 à 5 000 dollars au minimum (la pureté a tendance ensuite à diminuer, la drogue étant sans cesse recoupée par les intermédiaires).

Prix en Iran : de 6 000 à 8 000 dollars

Prix à Paris : 150 000 euros.

Etant donné que l’héroïne est coupée avec plusieurs additifs (talc, farine, sucre glace), un kilo à plus de 80 % de pureté peut donner plus de quinze kilos lors des transactions au détail. Ce qui signifie que le kilo « pur » à 150 000 euros peut engendrer en théorie des ventes totales estimées à 1 800 000 euros. La plus-value théorique est donc de 1 à 1 125 : de 1 600 euros, le prix de départ, à 1 800 000 euros. Aucun autre produit ne permet une telle plus-value.

 

Je profite de cet article pour souligner le courage et l’abnégation de tous ces reporters de terrain qui risquent le plus souvent bien plus qu’une place de salarié et une carrière. Sans leur travail et la mise en ligne des informations par les médias classiques, les blogueur alternatifs comme moi n’auraient pas toutes cette info. Encore merci.

Sources données avec les liens dans l’article et autres documents à consulter :

tchat Olivier Weber

article Olivier Weber

France-Diplomatie

Conférence de Presse de D. Villepin

article de Stéphane Alix Le Monde Diplomatique

Documents joints à cet article

Chasser le dragon en Afghanistan Chasser le dragon en Afghanistan

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15 réactions à cet article    


  • morice morice 1er septembre 2009 11:10

    excellent article sur un phénomène bien trop méconnu !! s’attaquer au Pavot commence par l’acide qui permet de le transformer en effet, et vous êtes un des rares à l’avoir relevé !! bravo !


    • E-fred E-fred 1er septembre 2009 18:15

      merci morice

      je suis tombé sur le « précurseur » un peu par hasard, en cherchant d’autres docs...de plus les Etats-Unis ont faits des annonces sur le renforcement des mesures anti-drogue...quand je sais ce que ça a donné en Amérique du Sud, sujet d’ailleurs bien traité dans une de vos série d’article qui parle d’Air America...


    • bourgpat 1er septembre 2009 12:27

      La transformation de l’opium en héroïne est une simple saponification (la même réaction chimique permettant à partir de la graisse avec de la soude d’obtenir le savon). Après il est vrais qu’en fonction du réactif choisis on influe sur la pureté du produit après précipitation et filtrage du précipité.

      Il y a longtemps sur France 5 dans une émission de jean marie pelt, des plantes et des médicaments les différentes drogues étaient abordées ainsi que leur transformation. Enfin la transformation peut toujours etre opperée en dehors des frontières afghanes.


      • E-fred E-fred 1er septembre 2009 18:23

        à bourgpat

        Ca fait un peu Rika Zaraï votre truc...manque plus que les poireaux...

        L’article parle de tonnes de drogues et de produits chimique...qui est en capacité de fabriquer en grande quantité ces produits, de les stocker et de le faire transiter pour retrouver un stockage...

        Si la transformation est faite par delà les frontières, il faut bien faire franchir les frontières, et comme le fait remarquer un des reporter, ce n’est plus une caravane de chameau mais une colonne de poids lourds, vu les quantité.. ;d’autant plus que les points stratégiques sont souvent visé par des attentats ou incendie de véhicules (type passe de khyber) et les ponts...si je voulais m’attaquer au problème, je fixerait tout les ponts et passage, mais là il faudrait du monde...

        Si la drogue n’est pas transformée sur place, celà fait aussi moins de plus-value sur le produit, donc beaucoup moins d’argent...


      • bourgpat 1er septembre 2009 19:46

        [quote]Sur les 4.000 tonnes d’opium brut, l’Afghanistan a importé l’an dernier plus de 10.000 tonnes d’anhydride acétique, a précisé M. Costa. Une vraie « caravane », car il faut 500 camions de 20 tonnes pour transporter cette quantité d’agents chimiques.[/quote]

        entre faire rentrer 10 000 tonnes de produits chimiques en contrebande et sortir 4000 tonnes d’opiums directement puis les transformer au plus proche de la consommation la rentabilité dépend de la difficultés à rentrer les produit chimiques sous un éventuel embargo.

        Après la transformation est réalisée par les mêmes groupe qui gèrent déjà l’exportation. Le faire à l’un ou l’autre des points d’acheminement avant la vente au grossiste dépend du risque.


      • fonzibrain fonzibrain 1er septembre 2009 17:02

        merci e fred pour cet article


        on sait que la cia était impliqué dans le traffic de cocaïne,et on a vu que les usa ont envahi l’afghanistan l’année ou les talibans avaient éradiquer la culture du pavot.


        IL FAUT LÉGALISER TOUTES LES DROGUES ET C’EST L’ÉTAT QUI DOIT S’EN OCCUPER.

        non au ggvt mondial oui aux nations souveraines

        • E-fred E-fred 1er septembre 2009 18:29

          à fonzi

          les trucs chimiques c’est de la vraie mer... ça fout en l’air une personne, quand ce n’est pas la famille entière...non, l’égaliser ce type de came n’est vraiment pas une solution...par contre ne pas criminaliser celui qui est tombé dedans, ça c’est une solution.


        • Pyrathome pyralene 1er septembre 2009 22:33
          IL FAUT LÉGALISER TOUTES LES DROGUES ET C’EST L’ÉTAT QUI DOIT S’EN OCCUPER.

           
           OLA !! E Fred a raison,les drogues chimiques ne sont que des poisons mortels qui mènent à la déchéance et à la mort.........ok pour le cannabis,mais pas pour la merde qui asservi et qui tue.
           Outre le fait. prioritairement, de s’attaquer à ceux (des états ...)qui s’en remplissent les poches et leur permettent d’asservir les populations,c’est surtout une obligation de prévention et d’information,pratiquement inexistante actuellement.......

        • finael finael 1er septembre 2009 18:09

          Excellent.

          Mais comment pourrait-on persuader les paysans, qui n’ont guère d’autres revenus, de se remettre aux cultures vivvrières ?

          Que faisons nous là-bas ?


          • E-fred E-fred 1er septembre 2009 18:36

            à finael

            Le paradoxe est que l’opium à l’air de bien pousser là-bas...
            pour ce qui est de faire la morale aux paysans, je pense qu’on est vraiment mal placé...ou il faut revoir le système de commerce...les paysans font ce qui se vent bien et qui se cultive facilement, et sans subventions de la FNSEA ...perso, je ne jette pas la pière sur ceux qui cultive l’opium ou le pavot ou je ne sais quoi...ce n’est pas le paysans afghan qui vient vendre la came à nos gaminEs...et ce n’est pas le paysan Afghan qui profite de l’argent généré...

            En fait on devrait leur acheter l’opium, à bon prix, du moins plus cher que celui que leur propose les narcos-barons...et après utiliser cet opium dans nos industries pharmaceutiques...plutôt que de fourguer de l’argent à dans soi-disant plan contre la drogue...


          • Pyrathome pyralene 1er septembre 2009 18:59

            Excellent article E Fred ! à croire qu’on fait la guerre pour la drogue.....la production s’est littéralement envolée depuis le début des hostilités....


            • stephanemot stephanemot 2 septembre 2009 02:16

              et Karzai choisit comme vice president un traficant notoire...


              • Suldhrun Coyotin 2 septembre 2009 03:23

                Et la colombie , a  des sous marins, pour le transfort , oui oui des sous marrants , ai je dit 


                Tappez le google en ces termes sous marins colombie

                Et vous verrez ka la Colombie , autant de ports en mer , ka la Suisse en porcs bancaires

                Bien dit E friend



              • Fred2 2 septembre 2009 17:25

                Afghanistan’s deputy chief of intelligence has been killed in a suicide attack on a mosque in Laghman province, the provincial governor says.

                Abdullah Laghmani and at least 21 other people were killed in the attack in the town of Mehtar Lam.

                A Taliban spokesman, Zabiullah Mujahid, told AP news agency a suicide bomber had targeted Mr Laghmani.

                The attack came after the UN released a report saying opium cultivation had dropped significantly in Afghanistan.

                The UN Office on Drugs and Crime said poppy cultivation had dropped by 22% in a year and opium production by 10%.


                • E-fred E-fred 29 novembre 2012 12:55
                  Choses vuespar Jimmy Kempfer

                  Même si tout le monde est d’accord pour dire que les choses n’évoluent pas assez vite en matière de drogues, à l’aune de la Conférence Internationale sur la réduction des risques, il est indéniable qu’un sacré bout de chemin a quand même été parcouru. Que d’événements depuis la première conférence de Liverpool en 90 à laquelle s’étaient rendus les premiers pionniers de la réduction des risques français.

                  Depuis 1927, le «  British system  » permettait aux médecins anglais de prescrire aux personnes dépendantes les drogues (héroïne, opium, cocaïne, amphétamines) dont elles avaient besoin. A la fin des années 60, le gouvernement commença à mettre fin à ce système et créa des cliniques spécialisées où l’on dispensait de la méthadone orale en doses dégressives avec comme objectif le sevrage.

                  La conférence, une idée british

                  Fin 70, pratiquement tout le pays s’était soumis à cette politique, sauf Liverpool où de très nombreux usagers d’héroïne bénéficiaient d’un traitement de maintenance à la méthadone et où le Dr Marks continuait à prescrire héroïne et cocaïne injectables à de nombreux patients, contribuant à maintenir un meilleur climat social que dans le reste du pays. Début 80, lorsque éclata l’épidémie du sida, seul environ 1 % des toxicomanes locaux furent touchés contre 10 % environ dans l’ensemble du pays et plus de 40 % à Glasgow et Edimbourg qui menaient les politiques les plus répressives en matière de drogues (1). En 87, le gouvernement Tchatcher recommanda une politique de réduction des risques inspirée des méthodes pratiquées à Liverpool qui devint ainsi un modèle national (2).

                  En 90, face à la catastrophe sanitaire à laquelle sont confrontés de nombreux pays, Pat O’Hare, le responsable de HIT, centre local spécialisé dans la prévention et l’information sur les drogues, a l’idée de promouvoir l’expérience et envoie des invitations en Angleterre et à l’étranger. La première Conférence internationale sur la réduction des risques liés aux drogues drainera un nombre élevé de professionnels enthousiastes, notamment américains. Devant le succès et l’intérêt de la rencontre, l’idée d’une conférence annuelle devint évidente.

                  Après Liverpool, il y eut l’Australie, la Hollande, le Canada, l’Italie, la Tasmanie, la France, le Brésil et cette année la Suisse. Confiné essentiellement au monde anglo-saxon où, dans certains pays, la réduction des risques était une politique évidente et pragmatique face à une situation alarmante, la conférence a vite su élargir son audience et drainer nombre d’intervenants travaillant dans le domaine des drogues. Depuis Toronto en 94, la participation de plus en plus importante des Français va de pair avec le développement de la politique de réduction des risques dans l’Hexagone. Une lauréate française en 95 (3) et la tenue de la conférence à Paris en 97 en sont la meilleure illustration. Cette année, une centaine de Français environ étaient présents.

                  En dix ans la conférence aura contribué à développer et maintenir de multiples réseaux internationaux débouchant souvent sur des évolutions politiques favorables. Les pays baltes, la Hongrie, la Pologne ont ainsi développé des programmes méthadone et parfois su faire évoluer leur législation.

                  Notons que la conférence n’a jamais pu avoir lieu aux USA qui jugent que les principales réponses face aux problèmes des drogues doivent être morales, répressives et politiquement payantes. La réduction des risques étant un concept inacceptable susceptible d’envoyer un «  mauvais message  » aux citoyens.

                  A travers la Conférence.

                  Cette année, la Suisse, avec sa politique de pointe en matière de drogues, fut sans contexte un lieu d’accueil symbolique majeur pour cette Xe Conférence. La position géographique et la réputation consensuelle de ce pays ont sans doute contribué à son succès.

                  Belle illustration des actions suisses en matière de réduction des risques, le BIPS (Bus Itinérant Prévention Sida) stationnait quotidiennement devant le centre de conférences. Ce grand camping car aménagé en bus d’échange de seringues en épata plus d’un par la qualité de son accueil et de son professionnalisme. En plus des seringues, eau stérile et tampons alcoolisés habituels, ils offrent : tampons secs, filtres divers, cuillères, acide citrique, crème cicatrisante, kits variés. et ont fait faire des stages de réanimation et de prévention des overdoses. Depuis 91, ils ont ainsi distribué près d’un million de seringues aux 50 à 80 usagers qu’ils rencontrent quotidiennement.

                  Autre objet d’un immense intérêt, la visite du programme de prescription d’héroïne. Si cette visite fut organisée en dehors des heures d’ouverture, un groupe d’auto-support danois put y retourner et filmer et interviewer quelques usagers genevois.

                  Quelques stands de fabricants de matériel de réduction des risques, tels que Braun Medical AG (4) à l’origine du très complet «  Safety Kit  » suisse et le fabriquant australien du «  Fitpack  », un nouveau récupérateur individuel sécurisé présentaient leurs créations à ceux qui s’intéressaient à cet aspect basique incontournable autour duquel s’articule tout le concept de la réduction des risques à savoir le shoot propre. Si la présence de stands «  à vocation commerciale  » effarouchèrent quelques âmes trop vertueuses, les autres purent apprécier le pragmatisme et l’ingéniosité suisse quand à l’élaboration des outils destinés aux injections. Leurs réponses sont précises et fonctionnelles comme leurs montres .

                  Autre succès auprès des aficionados de la réduction des risques : les nombreuses publications de HIT (5), notamment le «  Safer Injecting Briefing  », véritable manuel de haut niveau sur l’injection des drogues. Au sous-sol plus d’une centaine de posters offraient un échantillonnage varié sur les multiples aspects et questions liées aux drogues et à leur consommation.

                  Le stand allemand des «  Teststik  » Ontrak, des testeurs de drogues bon marché (60F) et facilement accessibles au grand public intrigua également beaucoup de monde. Certains furent pris de vertige à l’annonce de la sensibilité de ces tests susceptibles de détecter 1/25 milliardième de gramme de THC (6). D’après le responsable du stand, aux USA, près de 85 % des entreprises testent ainsi leur personnel. Il suffit d’avoir respiré accidentellement de la fumée de cannabis pour réagir positivement à ces tests durant plus de 15 jours. Ainsi, la main d’un non fumeur ayant serré la main d’un deuxième non fumeur qui, lui, a serré la main d’un troisième fumeur de cannabis peut être testée positive.

                  Les drogues cuisinées ou l’Auto production

                  Nouvelles drogues, nouveaux modes de consommation mais également nouvelles façons de préparer et fabriquer les drogues. Jean Paul Grund, lauréat du International Rolleston Award 99 et ethnographe hollandais ayant longtemps travaillé pour le Lindesmith Center (7), et Dave Burroughs, un spécialiste australien des développements de programme de réduction des risques, animèrent un atelier passionnant avec une vidéo très démonstratrice.

                  L’héroïne étant presque aussi chère qu’ici, les usagers de drogues russes se débrouillent : auto-production de pavot, extraction et transformation de la codéine en héroïne, fabrication de «  Vint  » amphétamine artisanale extraite de l’Ephédra, un arbrisseau. Dans cette vidéo, on voit un usager faire chauffer, avec une casserole tenue à l’aide d’une pince à linge, le goudronneux suc de pavot, expliquer pourquoi il dilue une pilule écrasée d’un antihistaminique, pour réduire les démangeaisons provoquées par le mélange, filtrer plusieurs fois, rajouter de l’anhydride acétique, précurseur, lequel fait l’objet d’un lucratif marché noir, et s’injecter rapidement, pour cause d’instabilité chimique, le «  Kompost  » (8) noir (9) Le tout en un peu plus d’une heure. Un autre fait chauffer une marmite avec une décoction de pavot (10). Il y verse de l’acétone et du vinaigre, transvase dans un bocal, secoue longuement puis explique que l’opiat est au fond et l’acide, qu’il récupère à l’aide d’une louche, au dessus. Après quelques autres manipulations, il récupère un film d’une substance noirâtre : de l’héroïne.

                  Un autre presse une grosse poignée de cotons noirs et s’injecte le jus. Sur un marché, de vieilles babas vendent un flacon de décoction (l’auto production de pavot supplante de plus en plus la culture du cannabis). D’autres vendent de grosses seringues pleines d’un liquide brun ou remplissent d’autres seringues avec (Backloading), quand ils ne vendent pas directement une seringue avec aiguille prête à l’usage.

                  Etranges pratiques que ces auto-productions ! Certains usagers russes manifestent une farouche volonté de produire des drogues à tout prix. Est-ce pour cela que ce ce pays vient d’adopter une loi plus répressive à l’encontre des usagers que des revendeurs ?

                  Forts de leur «  conviction amphétaminique  », les injecteurs de «  Vint  » russes pensent que le produit est «  antiseptique  » et détruit le virus du sida. Mais si ce «  Speed  » artisanal peut permettre de «  tenir  », elle ravage les dents et couvre les bras d’abcès. Apparemment, les usagers de «  Vint  » sembleraient plus touchés par le VIH. L’état général des usagers d’amphétamines se détériore bien plus vite. Ils sont donc plus rapidement obligés de s’adresser au système de soins.

                  En dehors de la Russie, d’autres pays ont une «  tradition  » d’extraction, de transformation et d’auto-production de drogues. Les usagers néo-zélandais connaissent tous l’héroïne obtenue depuis la codéine, elle-même extraite de comprimés vendus en pharmacie. Chaque année, la police démantèle des dizaines de petits labos individuels. En Angleterre les usagers les plus ingénieux utilisent les mêmes méthodes, quand aux USA, des centaines de petits labos clandestins sont découverts chaque mois. La fabrication de drogues de synthèse, amphétamines, opiacés est accessible à de plus en plus de personnes.

                  Les usagers français, pour l’instant, semblent se contenter du «  Rachacha  » cette décoction de pavots que certains vont chercher dans les champs de pavots assez nombreux dans notre pays. Le «  Rachacha  » est exclusivement saisonnier. On en trouve surtout en été, à la saison des festivals et des «  free-parties  » en plein air, juste après la maturité des plants de pavots, début juillet.


                  (1) En France, à cette époque, on estime à plus de 30 % les usagers de drogues contaminés par le virus du sida.
                  (2) Voir «  L’expérience de Liverpool  » aux éditions du Lezard.
                  (3) Chaque année durant la Conférence internationale sur la réduction des risques liés aux drogues, le Rolleston Award est décerné à une personnalité ayant apporté une contribution majeure dans le domaine de la réduction des risques liés à l’usage des drogues. Le Dr Rolleston, médecin anglais, joua un rôle important lors de la mise en place du «  British System  ». Chaque année est ainsi décerné un Rolleston Award international et national. (Ce dernier est attribué à une personnalité du pays où a lieu la conférence). En 95, le Rolleston Award international fut décerné à Anne Coppel et en 97, le lauréat du Rolleston Award national fut le Dr Alain Muchielli de Nice dont le réseau Option Vie s’est arrêté faute de financement.
                  (4) Braun Medical AG — Emmenbrücke 6020 — Suisse
                  (5) HIT, Cavern Court, 8 Mathew Street – Liverpool L2 GRE UK Tél 44 (0) 151 227 4012
                  (6) THC : tétrahydrocannabinol : principe psycho-actif du cannabis.
                  (7) Le Lindesmith Center à New York, financé par le milliardaire G. Soros, promeut et soutient de nombreux projets de réduction des risques à travers le monde et notamment dans les ex-pays de l’Europe de l’Est.
                  (8) Certains écrivent «  Compot  » ou «  Kompote  ».
                  (9) Cette préparation, dans laquelle entre de l’anhydride acétique, est censée faire baisser les overdoses. Le «  Flash  » est moins violent.
                  (10) Le pavot est traditionnellement cultivé en Ukraine et en Russie. Il est très utilisé dans l’alimentation.

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