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Chili : Un leadership discret et puissant

Daniela fait partie de ces leaders étudiants de l'ombre. Depuis l'explosion du mouvement étudiant chilien en avril 2011, elle a agit avec discrétion. En septembre, elle est élue comme Présidente de la fédération des étudiants de l'Université Centrale du Chili (FEUCEN). Avec l'aide de la fédération, les étudiants ont mené une bataille contre la vente de l'Université. Leur lutte est devenue le symbole de la lutte nationale. 

Présidente FEUCENDébut 2011, des cris résonnent dans les halles de cette université à but non lucratif et datant des années 1980. Ces mêmes slogans résonneront dans les grandes manifestations : "l'éducation au Chili ne se vend pas !". Car la "U centrale" est en passe d'être vendue à une entreprise. Mis au courant, les étudiants se révoltent contre cette décision. Après des mois de grèves, ils gagneront leur pari car la vente sera annulée. Pour Daniela , cette battaille fut un grand signal pour ceux de sa génération : " Malgré l'énorme investissement, malgré les groupes politiques et financiers qui étaient derrière, les étudiants de l'Université Centrale ont réussis prévenir la vente de l'université. Cette bataille fut la première victoire du mouvement étudiant chilien , contre le profit dans l'éducation, géré par les étudiants des universités privées. Cettte lutte des étudiants de l'Université centrale est un exemple clair des revendications du mouvement étudiant national, sur l'interdiction de toutes les formes de profit dans l'éducation. Celle-ci comprise comme un droit social et non comme une marchandise." La U centrale fait partie des meilleures universités du Chili.Suite à la bataille et la victoire des étudiants, la Fédération étudiante fit la demande pour devenir membre de la Confédération des étudiants du Chili (CONFECH), défendant historiquement les universités publiques. Après d'intenses discussions et un vote , l'U Centrale sera la première université privée à y faire son entrée. "La lutte pour la récupération de l'éducation publique , est un combat pour tous, sans corporatisme , ni division !" souligne Daniela.

Selon l'étudiante en droit, même si le mouvement étudiant chilien a réussi à mettre sur la table politique la question de l'éducation, il n'a pas réussi à avoir un impact social. La venue de Gabriel Boric à la présidence de la plus grande fédération étudiante du pays, celle de l'Université du Chili (FECh), a été perçue comme une radicalité du mouvement pour 2012. "C'est parce que les étudiants doivent être l'exemple de la vocation transformatrice de cette année et relever le défi d'être radicales dans la largeur et la profondeur de nos revendications qui donneront un nouveau visage à la démocratie du pays et qui permettra de renforcer le mouvement étudiant, explique Daniela. Cela permettra également d'élargir l'arrière d'un mouvement social en cours de construction. Ce qui peut donner corps à de majeurs questionnements en matière de droits sociaux , questionner le système à partir de sa racine, en faisant attention de ne pas tomber dans les forces réformistes cherchant des correctifs pour le système. Nous devons arrêter la progression du capitalisme, en commençant par changer le paradigme existant au Chili." D'où une autocritique procédée au sein des membres de la CONFECH afin d'analyser les erreurs de 2011 et les défis de 2012. "Nous ne sommes pas parvenus à écouter les citoyens qui soutiennent les revendications étudiantes , ayant une cote d'approbation de 80 %, mais ne soutiennent pas la façon dont nous nous mobilisons. Nous avons quelque chose à réévaluer et il faut que nous trouvions de nouvelles façons de nous exprimer . Nous ne pouvons pas nous épuiser dans des marches hebdomadaires." confie la leader étudiante. Dans une interview pour le journal chilien La Nacion, Daniela annonçait l'arrivée forte des universités privées dans le mouvement 2012. "Les universités du secteur privé n'ont pas été des établissements démocratisées. Beaucoup de ses autorités conservent des pratiques non démocratiques afin que les étudiants ne puissent pas se mobiliser." Daniela explique que les étudiants de la U centrale ont dû faire face à l'arrivée des forces de l'ordre. ces dernières avaient été appelés par le Recteur et furent autorisées à employer la force pour déloger les étudiants en grève. "Mais, ces étudiants se sont prononçés et se sont battus , en prenant le défi de se transformer en un acteur important, continue-t-elle. L'entrée des universités privées donnera à la CONFECH un avant et un après. Cela montre que les étudiants laissés de côté par le système (privé ou public) sont tous dans les mêmes problèmes."

Pour Daniela, l'impact qu'a eut le mouvement étudiant à l'étranger n'est pas innocent : " A l'étranger, le Chili est considéré comme un modèle. Or, "la jaguar d'Amérique du Sud" voit monter la lutte pour les droits sociaux. Cela signifie et symbolise une rupture d'un paradigme qui se trouve dans notre société, et cela commence à s'éffriter. Nous avons montré que nous sommes la génération de transition. Le mouvement étudiant doit devenir transcendant et s'allier avec d'autres contestations sociales. Ces mêmes acteurs sociaux doivent se comprendre et construire un pouvoir social d'où nous pouvons décider nos actions entant que société et voir le développement du pays comme un but collectif. Nous devons assumer les difficultés et surmonter les barrières d'un institutionnel excluant et apporter le changement de nos mains". Ces jours-ci, suite à la crise d'Aysén, les dirigeants étudiants ont multipliés les réunions. Daniela, Présidente des étudiants de l'emblématique U centrale , avait bien sûr sa place. Celle qui a travaillé aux côtés de Camila Vallejo, observe la transformation du mouvement étudiant sous la présidence de Gabriel Boric. Nul doute que la lutte des étudiants de l'Université centrale reste encore dans de nombreux esprits comme un exemple fort d'une victoire étudiante contre le profit dans l'éducation au Chili. 


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2 réactions à cet article    


  • Kefton 10 mars 2012 23:22

    Bonjour,

     Je n’étais pas au courant cette tentative de vendre les locaux au secteur privé, en effet ceci est scandaleux. Je ne sais si vous êtes présents à Santiago, mais je peux vous dire que la manière de manifester de ces étudiants est tout simplement scandaleuse. Saccage des universités publiques, des tags sur des bâtiments historiques, des abris bus détruits, saccage de petits commerces, destruction de panneaux signalitiques, ect.... Ceci n’est absolument pas de la liberté d’expression, comment peut-on en même temps défendre l’université publique et saccager les locaux ? Quant aux dégâts du mobilier urbain, c’est le contribuable qui paye !

     Et surtout une ville ça se respecte, une ville ceux sont des milliers (millions ?) d’heures de travail, des investissements se chiffrant en milliards de dollars, tout ceci se respecte. De ce que j’ai vu ces étudiants ne respectent rien.

     La liberté d’expression est un droit, la destruction non !


    • Anémone C. HUBERT 11 mars 2012 09:30

      Bonjour Kefton,

      Je ne suis pas à Santiago.
      Mais, pouvez-vous m’en dire davantage sur ces destructions ?
      J’en ai eu des échos et j’ai conscience que les étudiant n’ont pas tous la même façon
      de réagir, même si la majorité des marches sont pacifiques. Il y a ces fameux « encapuchonados »... je suis d’accord avec votre dernière phrase. merci de me dire que vous savez car vous semblez vous être sur place :)

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