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Chine : l’envers des Jeux

42 milliards de dollars. Ce n’est rien moins que le coût des investissements réalisés en Chine pour les jeux Olympiques de Pékin. A l’image du faste de la cérémonie d’ouverture, les autorités chinoises ont fait le choix d’en mettre plein la vue à l’ensemble de la planète. Une image trompeuse parce que Pékin n’est pas la Chine. Dans le Sichuan, secoué par un terrible tremblement de terre le 12 mai dernier (70 000 morts), les habitants tentent sans moyens et sans aides de reconstruire.

Les olympiades de Pékin devraient en toute logique séduire participants et spectateurs. Tout a été fait en ce sens, sans compter. La facture s’en ressent, trois fois plus élevée que les Jeux d’Athènes (15 milliards de dollars) qui n’avaient pourtant rien de miséreux. Pays de tous les records, la Chine a cette soif de reconnaissance des nouveaux riches. Elle s’offre les olympiades les plus chères de l’Histoire. Il ne s’agit pas d’une inflation incontrôlable, les organisateurs des prochains Jeux de Londres en 2012 tablent sur 15,8 milliards de dollars soit un budget beaucoup plus près des Jeux d’Athènes.

Pour une partie des Chinois, ces Jeux ont un goût amer. Selon Les Echos, le chantier de la reconstruction de la province dévastée du Sichuan nécessiterait de mobiliser 9,3 milliards de dollars. Le problème n’est pas tant celui de la capacité financière du Tigre chinois dont le PIB flirt avec les 4 000 milliards de dollars que de la répartition des richesses. Le schisme est réel entre la vieille Chine et la Chine moderne. La première regarde passer les trains quand la seconde est dedans.

Mais, la Chine moderne ne présente pas la même servilité. Les tensions sociales s’amplifient rapidement, et le gouvernement oscille entre répression et objectif d’« harmonie sociale ». Préférence a toutefois été donnée au tour de vis. Selon le site contrefeux.com, des dirigeants locaux ont relayé des directives selon lesquelles aucun pétitionnaire ne pourrait se rendre à Pékin ou dans la capitale provinciale pendant le durée des JO, ou encore que toute manifestation de masse durant cette période ferait l’objet d’une répression sévère. Avec un peu trop de zèle. Le 24 juillet dernier, le PCC a été contraint d’adopter deux nouvelles mesures pour limiter la gestion trop brutale des manifestations par les dirigeants locaux.

Source importante du mécontentement populaire, la corruption qui gangrène l’Etat Chinois, à tous les niveaux. Lors du chantier de préparation des Jeux, en 2006, le régime chinois s’était trouvé contraint de faire le ménage à la mairie de Pékin. Un coup de balai qui n’avait pas épargné Liu Zhihua, le vice-maire en charge de l’importante enveloppe des grands travaux liés aux JO, destitué du jour au lendemain.

En 2005, l’OCDE chiffrait le coût de la corruption entre 3 et 5 % du PIB chinois. Sur 4 000 milliards de dollars, cela représente beaucoup, beaucoup d’argent. Suffisamment pour que l’OCDE considère qu’elle s’impose désormais comme « une menace sur la légitimité » du régime.

 


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10 réactions à cet article    


  • Marc Bruxman 14 août 2008 12:43

    Les 42 Milliards pour les JO ont été décidés AVANT le tremblement de terre. Vous dites que les habitants sont encore en train de reconstruire ? Ben ce serait pareil si il y avait eu un tremblement de terre ici ou ailleurs. Faites un voyage à la Nouvelle Oreléans si vous voulez vous en convaincre. On ne parle pas ici d’une "petite" catastrophne naturelle qui détruit quelques maisons dans une ville mais d’un vrai cataclymse à l’échelle de toute une région.

    Quand à la corruption et aux émeutes dans les provinces chinoises, ce n’est pas nouveau. La seule différence c’est que la presse est maintenant moins verouillée que ce qu’elle était. Alors ces infos remontent jusqu’à Beijing et de Beijing elles remontent à Paris. Avant vous aviez une émeute à Chengdu, la police matraquait les manifestant, la prese fermait sa geule et personne ne le savait. Aujourd’hui il y a une émeute à Chengdu et le monde entier le sait.

    Le gros problème c’est que les provinces sont quasiment gérées de façon autonomes du gouvernement central. Ce qui rend ce gouvernement central furax. Très souvent en Chine, un ordre est envoyé de Beijing, et le gouverneur de la province se torche avec. Il dira a Beijing qu’il l’a appliqué et comme c’est lui qui fait appliquer la censure, aucune info ne remonte jusqu’à Beijing. Le gouvernement est donc dans la merde parce que d’un coté la liberté de la presse lui nuit (en montrant aux citoyens des grandes villes l’envers du décor), mais de l’autre une certaine liberté fait remonter des informations utiles depuis les provicnes qui permettent de sévir.

    Wen Jiabao sait très bien que la situation actuelle n’est pas tenable, il essaie juste de gérer lentement la pression pour parvenir à un équilibre et ne pas sauter dans le processus. On saura dans 20 ou 30 ans si la Chine a réussi sa transition vers plus de droit de l’hommes. Pour l’instant, on en est au stade ou le simple fait d’avoir relaché la soupape révéle au monde une situation qui était auparavant cachée. Mais qui était auparavant bien pire. Si la soupape avait été relachée d’un coup, la cocotte aurait explosée.



    • HELIOS HELIOS 14 août 2008 18:51

      Beijing, appellation anglosaxonne se dit Pekin en Français.

      Je ne suis pas dogmatique, je fais des fautes de frappe, d’orthographe et quelquefois de grammaire, mais je parle et j’ecris français sur un site français, par respect pour les lecteurs, pour la lange et pour moi-même. Je comprends qu’on puisse utiliser un mot etranger quand le concept qu’il porte n’existe pas dans notre langue. lirsque celuiçi existe, on doit utiliser le mot français.


    • Yann M. 14 août 2008 23:57

      Beijing prononciation en mandarin de Pekin qui s’écrit de la même manière en Pinyin (version du mandarin utilisant  l’alphabet latin et il peut se traduire par capitale du Nord).

      De la même manière ce n’est pas Nankin mais Nanjing (capitale du sud) en pinyin.

      Donc les anglo saxons se sont contenter de s’adapter plus vite à la prononciation usuelle dans le pays. C’est pas possible de faire pareil en français ?

      Pour la petite histoire j’ai expliqué à plusieurs reprises à des chinois que Paris se prononce Paris et pas Bali. Ils ont tous eu du mal avec le r voir le pé et certains ont renoncé, mais y en a aucun qui m’a fait la remarque que par respect pour lui et sa langue, il devait se conformer strictement à ce qui est dans le dictionnaire officiel chinois.

      Enfin, à vérifier, Beijing serait bien utiliser en français au Québec.


    • Marc Bruxman 15 août 2008 02:39

      Beijing, appellation anglosaxonne se dit Pekin en Français.

      Ah non Beijing c’est pas une appellation anglosaxonne mais ... chinoise ! Beijing est la transcription en alphabet latin (selon le système pinyin actuellement en vigeur en Chine) du nom de la ville en mandarin. Beijing voulant dire "capitale du nord" (Bei == nord) et Nanjing (que les français appellent Nankin) est la capitale du sud.

      Pékin que l’on utilise en français est un dérivé de "Peking" qui est la transcription du nom de la ville selon un ancien systeme de romanisation qui n’est plus en vigeur.

      Et de façon générale ca m’a toujours amusé cette manie de transcrire le nom des villes dans les langues locale. Ca fout plus le bordel qu’autre chose. Pourquoi ne pas appeler les villes par le nom qu’elles portent pour leurs habitants ? Cela éviterait bien des désagréments comme par exemple :

      • Lille qui se dit Rijsel en Hollandais. Super pratique sur l’autoroute quand vous ne le savez pas !
      • La ville Hollandaise que nous français appelons Bois-le-Duc se dit "’s-Hertogenbosch" en néerlandais. La encore, ca met la confusion dés que l’on passe la frontiére.
      La seule chose que l’on peut reprocher à l’utilisation de la version pinyin des noms de villes chinoises pour en parler en Français c’est que si l’on a pas appris à prononcer le pinyin ce n’est pas intuitif du tout et donc le nom sera incompréhensible pour un chinois (ca même si on sait prononcer c’est fréquent) mais inversement vous n’arriverez pas à reconnaitre le mot si il est prononcé par un chinois et que vous vous y attendez. Ainsi on voit par exemple en ce moment que les journalistes n’ont pas pris ce genre de cours et écorchent les noms chinois à la moindre occasion.

      Encore plus drole, des journalistes qui ont visiblement utilisés un traducteur automatique ont récemment posté une dépéche parlant d’"un incident en mongolie interiéure à proximité de la nouvelle frontiére". Un lecteur non averti pensera donc localiser cela au nord de la mongolie intérieure à la limite du territoire chinois. Erreur ! Le traducteur automatique a tout simplement traduit le nom de la province chinoise du Xinjiang qui veut dire littéralement "nouvelle frontiére" (Xin = nouvelle). Et on a récupéré un communiqué de presse complétement foireux ! Et conaissant les problèmes que connait le Xinjiang, la signification de la dépéche est alors complétement différente ! ! ! Sur le coup ca m’a bien fait marrer.



    • tvargentine.com lerma 14 août 2008 13:20

      La Chine pourra faire tout les efforts ,elle ne sera jamais une vrai puissance militaire et industrielle
       
      C’est un pays une dictature communiste qui réprime toutes contestations dans le sang et qui pratique le libéralisme exacerbé pour enrichir un régime corrompu dont les apparatchiks remplissent leurs comptes en banque à l’étranger

      La fracture sociale entre les 95% de la population paysanne et les prolétaires ouvriers sans droits et de l’autre l’énorme richesse fera que la vrai révolution fera chuter cet empire de sable.

      Les perdants seront ceux qui auront délocalisés leur production dans ce pays pour y rechercher le moindre cout (dictature + libéralisme exacerbé = ferme ta geule ou on te bute)


      • Tarouilan Tarouilan 14 août 2008 22:14

        Il se trompe de pays, notre Lerma...... il confond sans doute avec la dictature française, voyons les détails :

        1 - Militaire, une armée détruite par le nabot (et il semble que sans prévenir les français, il nous prépare comme à l’habitude un coup tordu : http://vigicitoyen.canalblog.com/ )
        2 - Industrielle, grâce aux copains du même nabot elle a disparue en même temps que la pollution.
        3 - Contestation du régime sur les médias français...... ?, elle n’est pas possible, tous ses copains ont fait mais basse sur elle.


      • K K 15 août 2008 09:45

        Bonjour M Lerma, Le seul fait que la dictature communiste pratique le libéralisme, la disqualifie de son communisme au sens de Marx et Engels. C’est donc un régime dictatorial qui se dit communiste peut être, mais qui ne l’est pas. A ce jour il n’y a pas eu de vrai régime communiste et il n’y en aura probablement aucun.
        Ce type de régime (mais aussi d’autres types comme le libéralisme pur ou l’anarchie) nécéssiterait que l’être humain soit absolument parfait : scrupuleux, dénué d’ambition pouvant nuire au voisin, acceptant de se contenter de ce qu’il a et n’éprouvant pas de jalousie etc...


      • K K 14 août 2008 19:17

        La Chine a aussi une des plus grosse réserve de dollars suite à des années de commerce extérieur avec les Etats Unis. Ils les utilisent avant qu’ils ne soient complétements dévalués. Il faut espérer qu’ils vont aussi reconstruire les sites dévastés par les catastrophes naturelles.


        • appoline appoline 14 août 2008 19:49

          Beaucoup pensent la même chose ; l’amertume de ces jeux. Le sport paraît presque un prétexte derrière ce déballage de moyens qui ne flatte que l’élite chinoise. Tout ce qui passe aujourd’hui était prévisible alors pourquoi le CIO a attribué ces jeux à Pékin ? Cette candidature n’a certainement pas été étudiée avec les personnes affûtées en sinologie car en bout de courses ces jeux vont faire plus de mal que de bien, surtout pour les chinois eux-mêmes ; enfin ceux que les dirigeants planquent derrières les palissades. On est vraiment tristes.


          • cybitnap cybitnap 16 août 2008 03:35

            Les JO n’ont pas été attribué par le CIO au sens où on peut l’entendre(3 personnes (Messieurs C, I et O) dans leur coin). Y a eu un vote et la majorité ont voté pour la Chine. C’est aussi pour ca que la majorité a choisi Londres et pas Paris pour 2012. Rien que les 4 premiers mots de l’article sont à charge. Dans mon cercle privé, je suis le 1er à critiquer la Chine (Avocat du diable ?) mais cet article est ridicule.


            42 milliards de dollars, c’est toujours plus impressionnant que de dire que ca a couté 28 milliards d’euros, soit à peu près autant que ce que nous a couté les 35 heures chaque année. Et pour 28 milliards, la Chine a construit une infrastructure sportive parfaite, des transports, des quartiers entiers rénovés, 600 000 emplois, un tourisme qui va augmenter,... Bien sûr y a les travers et on est les 1ers en France à voir les inconvénients pour n’importe quoi !

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