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Chine - USA : Le casse-tête chinois


obama-china

 

La face de l’économie mondiale, risque de changer radicalement sous peu. Il n’a échappé à personne, que la Chine joue un rôle prépondérant dans notre économie mondiale, et avec les USA, tous les deux, ont pour ainsi dire créé la pluie et le beau temps ces dernières années, ou plutôt le beau temps, suivi maintenant de la pluie. En fait, la Chine et les USA partagent depuis près d’une décennie une bien étrange relation symbiotique, tel un parasite et son hôte, relation qui semble s’être irrémédiablement compliquée.

Aux yeux du public, la Chine est simplement le pays qui a la fâcheuse tendance d’apposer son “Made in China” sur quasiment tous les produits de consommation courante non-alimentaire (et encore, cela change déjà), et les USA, reflètent le “American Dream” où tout est possible (même pour un autrichien faisant de la gonflette, à se retrouver gouverneur de la Californie). On se doute bien que la Chine est le premier exportateur mondial en produits manufacturés, mais on sait un peu moins que les USA sont le premier pays importateur de ces produits, et que surtout, tout est réglé en US Dollars. Ce que l’on sait encore un peu moins, c’est que le premier pays au monde qui rachète les Bons du Trésor Américain, c’est…la Chine. Ce qui fait toute la complexité de leur relation. L’un, ne peut pas être sans l’autre… encore.

Au fait, que sont les Bons du Trésor, ces Treasury Bonds ? C’est tout simplement une manière, pour un pays, de trouver de l’argent, d’emprunter. Un particulier en manque d’argent, peut aller voir sa banque, “taper” sa famille ou ses amis, un pays au contraire, peut augmenter les impôts (Très impopulaire et il y de plus en plus le risque, que l’impôt, à force d’être augmenté, tue l’impôt), il peut émettre des Bons du Trésors, qui rapporteront aux acquéreurs, ou encore “taper” sur d’autres pays pour leur piquer les richesses. 

Un particulier toutefois, ne peut pas indéfiniment s’endetter auprès des banques, de la famille, et des amis (Au risque de tomber dans le sur-endettement). Pour un pays, c’est bien plus simple. D’ailleurs la France en est un bel exemple, avec un taux d’endettement actuel 68% de ses richesses. On pense même qu’à la fin de la présidence Sarkozy, la France atteindra les 80%. (A titre d’exemple, l’endettement maximum autorisé pour un particulier par une banque, est le fameux tiers, 33,33%)

Revenons à notre couple Chine-USA.

Grosso modo, la Chine exporte en masse aux USA, et se fait payer en dollars. Ainsi, la Chine se trouve assise sur une montagne de dollars ne sachant plus quoi en faire, et se dit, qu’elle n’a qu’à acheter les Bons du Trésors américains que l’on paye en dollars, et qui seront rémunérés en dollars. D’ailleurs, pour payer le coût du prêt, les USA…créent d’autres Bons du Trésors. En somme, la Chine prête des dollars aux USA, afin qu’il puisse payer les exportations des Chinois. En fait, les USA payent avec des dettes. Hum, n’y a-t-il pas quelque chose qui ne tourne pas rond ? Oui, vous avez saisi. Les USA payent avec du vent, avec de la monnaie de singe tel un particulier sur-endetté.

Les Chinois ont beau être entrés dans le cercle des pays les plus puissants du monde, ils ne sont pas moins stupides que nous. Ainsi, la Chine devient de plus en plus réticente à acheter les Bons du Trésors US, car elle entrevoit au rythme où cela court, le spectre de l’inflation, qui pourrait ainsi dévaluer ses Bons du Trésors, qui, au mieux, à leur tour rapporteraient moins que ceux d’un autre pays, et au pire, perdraient toute leur valeur, en cas de … faillite US. Ainsi, la Chine est plus que tentée, d’acheter des Bons du Trésors d’autres pays, ou de se faire payer ses exportations… en autre chose qu’en dollars. Euros ? Au passage, les USA n’apprécient pas en général ce genre de manoeuvre (Cas du Venezuela, ou de manière plus connue et dramatique, cas de l’Irak qui souhaitait se faire payer son pétrole en Euros. On a bien vu où cela l’a mené)

D’ailleurs, à la vue de ce spectacle des moins réjouissants, le Premier Ministre Chinois Wen Jiabao a affirmé en début d’année :

Nous avons prêté énormément d’argent aux USA, et bien sûr, nous sommes inquiets de la sécurité de nos avoirs. Pour être honnête, je suis définitivement inquiet.

Ouh la la. Le premier prêteur d’argent frais au monde est inquiet. Le fait que le nouveau Secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner parle parfaitement le Chinois (Tiens, tiens, hasard ? ) et le fait qu’il connaisse très bien la culture chinoise, pour avoir vécu en Asie lors de sa jeunesse n’y fait rien. Dare Dare, le 21 février 2009, Hillary Clinton, annule son agenda en cours, et part pour la Chine, afin de “rassurer” le gouvernement chinois. Fini les discours très durs sur la Chine que Hillary a tenu en 1995, maintenant, elle parle de la Chine, comme d’une “Grande Puissance“, qualificatif, qui n’a pas manqué de flatter la Chine. Dans les médias, on parle d’une visite pour la promotion des Droits de l’Homme, mais dans les antichambres du pouvoir, on parle pognon, “hard cash”, de ce dollar, qui n’est peut-être plus aussi “hard” qu’on le prétend. Hillary en a profité pour rappeler le credo des USA depuis l’abandon de la parité dollar-or en 1971, qui martèle que le dollar n’a pas besoin d’une garantie de sa convertibilité en or, sachant que le dollar repose sur l’économie US solide et florissante. Peut-être en 1971, mais en 2009 avec la crise que l’on connait ?

Les Chinois sont d’autant plus nerveux, que l’économie n’est plus au beau fixe pour eux non plus, car avec la chute de leurs exportations, se sont déjà 20 Millions de Chinois qui ont perdu leur emploi, entrant ainsi dans la pire récession que le pays ait connu depuis les années 80. Ainsi, il temps de faire des changements, comme le suggère Zhou Xiaochuan, numéro Un de la Banque Centrale Chinoise, et de placer le dollar au rang de…devise mondiale de réserve. (En langage courant chinois diplomatique : On en veut plus de votre patate pourrie ) Tiens, le dollar ne serait plus aussi sûr ? Ouille, il y a là de quoi fâcher les Américains.

Or, comme nous, comme moi, les Chinois se tiennent un peu courant au niveau des informations internationales. Et que n’entendent-ils pas ? Les choses se compliquent : La note de crédit attribuée aux USA par Standard and Poor’s sera très probablement revue à la baisse (L’indice de confiance en somme), comme cela a déjà été fait avec le Royaume-Uni. C’est là que s’envolent les belles paroles de Hillary en Chine et la cotation “AAA”. Tiens cela me rappelle les belles fausses cotations des…actifs liés aux subprimes, actifs pourris maquillés en “sûrs”.

Comme dirait le dicton, “jamais deux sans trois”, et voici la troisième mauvaise nouvelle économique :

Barack Obama, qui a été souvent considéré comme le Messie capable de tous nous sortir de ce bourbier économique (Après que les USA nous y aient tous jetés, précisons-le), doit aussi se résigner, et avoue que la sortie de crise sera plus lente que prévue. (Je traduis en langage commun : C’est la merde générale).

Tiens donc ? Serait-ce le fait que le déficit budgétaire US pour 2009 pourra flirter avec les 1,7 Billions de dollars (1,7 Mille Milliards de dollars) ? C’est vrai qu’on a pas encore l’habitude de ce vocabulaire. Billion en Europe signifie Mille Milliards. (Attention, “Billions” aux USA signifie Milliards)

Comment s’appelait d’ailleurs le titre du New York Times le 13/05/2009 ? The China Puzzle. Eh oui, c’est réellement un casse-tête chinois que doivent affronter les USA en ce moment : Comment trouver du cash, du “hard-cash”, sachant que les bouts de papier en couleur nommés “Treasury Bonds” ne valent plus grand chose, et risquent d’être recyclés dans le jeu de société “Monopoly”, et sachant que le copain chinois n’en veut plus, pire, il risque même de ne plus vouloir être payé en dollars.

Autant dire, qu’il se prépare dans les hautes sphères financières, un beau poker menteur. Mais les USA sont-ils encore crédibles à cette table de jeu ? Je ne suis pas un expert de la finance (Je sais qu’il y a des petits malins qui ne manqueront pas de le souligner), mais un simple citoyen avec un peu de bon sens. Mais qu’en pensent les experts ? Jim Rogers et George Soros, deux grands investisseurs américains du calibre de Warren Buffet, ont depuis longtemps déserté les USA et se sont établis en Asie. Pour eux, les USA sont finis, il n’y a que l’administration passée et celle d’Obama qui refusent encore de voir la réalité en face. Jim Rogers va même plus loin : A tous ceux qui possèdent encore des actions US, il conseille de TOUT vendre et de se reporter sur la Chine ou Singapour, voire même, d’investir dans…l’agriculture, le seul secteur qui a ses yeux a encore de l’avenir.

Le roue de la roulette tourne… La bille s’apprête à s’arrêter…Rien ne va plus.

 

Sources :

  • The New York Times - David Leonhardt - 13/05/2009
  • FAZ.net - Claus Tigges - 25/05/2009
  • Le Monde - Sylvain Cypel - 23/05/2009
par JM mercredi 27 mai 2009 - 5 réactions
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  • Par Pierre93 (xxx.xxx.xxx.109) 27 mai 2009 14:51

    Cet article de Ria-Novosti exprime l’avis des Russes sur ce partage du monde USA/Chine. Il est très clairvoyant et explique indirectement pourquoi nous subissons à la fois la crise financière (domination US) et industrielle (domination Chine).
    "

    Par Dmitri Kossyrev, RIA Novosti

    La dernière étape, la plus importante, de la tournée asiatique de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton - sa visite à Pékin - a confirmé toutes les prévisions : l’Amérique propose à la Chine un nouvel agenda, très fort.

    Le voyage d’une semaine de Mme Clinton en Asie (Tokyo-Jakarta-Séoul-Pékin) s’est avéré étonnamment stérile, dans sa totalité, sur le plan de la signature de documents. La secrétaire d’Etat a effectué son premier voyage à l’étranger dans l’unique but d’esquisser un nouvel agenda des rapports avec chaque pays.

    . "La Chine reconnaît notre interdépendance, a déclaré la secrétaire d’Etat. Clairement, nous allons nous en sortir ou tomber ensemble".

    L’économie mondiale a été profondément marquée, ces dernières années, par ce "pacte sino-américain", aux termes duquel la Chine pouvait se permettre d’inonder les Etats-Unis (et le monde entier) de ses produits bon marché grâce aux investissements effectués par des compagnies américaines dans les entreprises chinoises. C’est pourquoi les Américains ont vécu au-dessus de leurs moyens en achetant des produits américano-chinois bon marché et de bonne qualité. Dans le même temps, Pékin achetait des bons du Trésor américains. C’est ce système qui s’est écroulé. A présent, les Etats-Unis et la Chine doivent élaborer en commun de nouvelles règles du jeu financier, que les autres seront contraints d’accepter. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’idée de "direction américano-chinoise du monde" mise en avant actuellement aux Etats-Unis.

    C’est, du reste, la raison pour laquelle les experts chinois ne sont guère enthousiasmés par les propos tenus par Mme Clinton, lorsqu’ils les commentent sobrement, à la lumière des dernières données du Fonds monétaire international. En 2003, le produit national brut des Etats-Unis représentait 32% du PNB mondial, alors que celui des "économies émergentes" - Chine, Inde, Russie, Brésil - et de deux ou trois autres pays n’en constituait que 25%. En 2008, les chiffres se sont inversés : 25% pour les Etats-Unis, 32% pour les Etats émergents. Le monde multipolaire est arrivé, mais la politique de George W. Bush n’a été qu’une tentative désespérée et effrénée de prévenir l’inévitable, souligne le journal chinois Jenmin Jibao.

    Mais il est évident depuis longtemps que les tentatives des Etats-Unis et de leurs alliés européens de monopoliser le droit de dicter leurs critères de la démocratie ou des droits de l’homme ont eu, comme toute chose, un début et une fin. Sur le plan moral, cette idéologie ne diffère en rien des idées de propagation de la "civilisation" ou du christianisme, au nom desquelles l’Europe a exterminé de par le monde des milliers et des milliers de personnes (voire des civilisations entières). Cela ressemble aussi à l’idéologie des conquêtes de Gengis Khan qui envoya aussi ses armées à l’ouest pour y faire régner la justice et les lois célestes (!).

    Outre cet aspect moral de la chose, il en est un autre. Une véritable industrie, qui coûte des milliards de dollars, lutte aux Etats-Unis pour les droits de l’homme à l’étranger, mêlant l’argent et l’enthousiasme, l’idéologie et le travail subversif ordinaire. Ses méthodes sont connues : miser sur l’opposition pro-américaine dans de nombreux pays, ou tout simplement la créer, la proclamer seule et unique combattante pour les droits et les libertés et l’aider ouvertement. Autrement dit, il s’agit d’entretenir le mécanisme de sape le plus puissant au monde, à l’instar du Komintern (l’Internationale communiste, ndlr.), qui créa des organisations communistes dans le monde entier entre les deux guerres mondiales. Mais en plus de l’hostilité générale envers les Etats-Unis que suscite cette machine, elle s’avère trop onéreuse et, bien entendu, inefficace, dans les conditions présentes. Si les Etats-Unis veulent rester assez forts pour "gouverner le monde en commun avec la Chine" ou, tout bonnement, survivre dans ce monde, quelqu’un devait dire tôt ou tard ce que dit aujourd’hui Hillary Clinton."

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