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Cinq morts dans un attentat à Bogotá : FARC ou paramilitaires ?

Ce mardi, un attentat dans le nord de Bogotá qui visait un ex-ministre a fait 5 morts et une quinzaine de blessés. Le gouvernement accuse les FARC, mais d’autres voix attribuent l’attentat aux paramilitaires.

Photo : Timothée L'Angevin

Une bruyante détonation retentit. Margarita se précipite sur le pas de la porte de son magasin. Elle jette un coup d’œil aux passants, tout aussi perplexes qu’elle. 10 minutes plus tard, un flash info apparaît sur son téléviseur. Un attentat vient de se produire à sept rues plus au nord. Le bilan est lourd, 5 morts et plus d’une quinzaine de blessés.

L’attentat a eu lieu à 11h locale sur l’avenue Caracas, dans le quartier de Chapinero – nord de la ville. Il visait l’ex-ministre Fernando Londoño qui se trouvait bord d’une voiture blindée. L’explosion a tué un agent de la sécurité, un policier et trois passants. L’ex-ministre a été conduit à l’hôpital, où il serait hors de danger selon des sources policières.

 

Sur les lieux de l’explosion, une foule opaque se presse contre les rubans jaune de la police. Les regards sont braqués vers un bus calciné. Un vendeur ambulant, qui était présent sur les lieux, a été projeté sur le sol par le souffle : “quand j’ai relevé la tête, j’ai vu des gens courir partout et des corps sur le bitume. La police est arrivée 10 minutes plus tard.”

Un attentat à la voiture piégée a été déjoué devant le siège de la police ce matin. On soupçonne les FARC d’être responsables – forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla active qui compte environ 9000 hommes. Une série d’attaques qui, selon les sources officielles, se conjugueraient avec l’entrée en vigueur du Traité de Libre-Echange Colombie/Etats-Unis. Un traité très controversé qui ouvre les portes de la Colombie aux capitaux nord-américains.

 

Dans le magasin de Margarita, plusieurs personnes accusent virulemment la guérilla, alors que d’autres attribuent l’attentat aux paramilitaires – groupes armés actifs d’extrême-droite. Un homme fulmine : “ce sont ces foutues guérillas, il y a deux ans, elles ont posé une bombe à Radio Caracol, à quelques rues d’ici (attentat qui n’avait fait aucun mort).”

Margarita nuance les propos : “les paramilitaires ont eux-aussi toutes les raisons de poser des bombes. Le gouvernement ne pas tenu ses promesse lors de leur démobilisation”. Des sources apparues dans Prensa Latina vont dans ce sens. Selon elles, les peu d’aides attribuées aux paramilitaires démobilisés entre 2002 et 2006 et l’extradition aux Etats-Unis des principaux leaders paramilitaires seraient l’unes des raisons de l’attentat.

Cependant, certains membres de l’aile très à droite du gouvernement voient cet attentat comme une opportunité pour en finir avec les FARC. Les tentatives de paix enclenchées par le président Santos risquent de se fondre dans une vaste opération militaire. 


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