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Accueil du site > Actualités > International > Colombie : cessez-le-feu entre le gouvernement et les FARC

Colombie : cessez-le-feu entre le gouvernement et les FARC

Le 23 juin dernier à la Havane, le gouvernement colombien et la guérilla des FARC sont parvenus à la signature d’un cessez-le-feu bilatéral et définitif. Celui-ci précède la conclusion d’un accord final de paix dans les prochaines semaines et met fin à un conflit armé vieux de plus de 60 ans. Les Colombiens devraient retrouver enfin une société apaisée, à condition de surmonter les causes qui ont mené au conflit et de faire preuve de beaucoup de bonne volonté.

Le cessez-le-feu a été signé par le président colombien Juan Manuel Santos et le chef des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), Rodrigo Londono dit « Timochenko », en présence du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, et de plusieurs chefs d’Etat latino-américains. 
C’est une étape décisive des négociations, qui ouvre de nouvelles perspectives pour mettre fin à un cycle de violence qui paraissait sans fin et remplacer les balles par les arguments. 

La société civile colombienne reste vigilante sur les nombreux défis à venir pour parvenir à une paix véritable dans la vie quotidienne des Colombiens, et, pour que la paix soit durable, des accords doivent être conclus en matière de transformation des structures agraires, de participation politique, de justice transitionnelle et de réparation aux victimes, il faut aussi que la lutte contre les trafics illicites soit assumée par tous les membres de la nation. 

La tâche s’annonce délicate face à une partie importante des pouvoirs économique et médiatique qui refusent la voie politique et préféreraient des solutions militaires. Or, le silence des armes suppose la réincorporation des guérilleros à la vie civile. L’accord prévoit les mécanismes pour garantir leur sécurité ainsi que celle des habitants des territoires qui étaient jusqu’à maintenant sous leur contrôle car la résurgence d’autres acteurs armés illégaux tels que les paramilitaires est possible.

La paix en Colombie suppose un consensus associant toutes les composantes de la société colombienne : elle doit se traduire par la réparation aux victimes, et une amélioration de la situation de millions de paysans déplacés et privés de leurs terres. 

La guerre civile a provoqué plusieurs milliers de morts chaque année, et plus de trois millions de « déplacés » ont été recensés depuis 1985. La moitié des 42 millions d’habitants du pays vit dans la pauvreté et plus de huit personnes sur dix en zone rurale n’ont pas d’eau potable.

Cinquième puissance économique d’Amérique latine, avec un PIB de 162 milliards de dollars en 2007, la Colombie a pourtant d’importantes ressources naturelles (minerais, pétrole, café, charbon, émeraudes...) et n’a jamais subi de crise monétaire ou financière. Les principaux acteurs ont su surmonter la violence pour fermer une page sombre de leur histoire. Puissent les Colombiens vivre enfin dans un monde apaisé.


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2 réactions à cet article    


  • CN46400 CN46400 2 septembre 10:31

    On ne peut s’empêcher de penser aux accord israëlo-palestiniens d’Oslo, je croise les doigts pour que, cette fois, çà tourne mieux... Depuis 1948, 70 ans, assassinat de Elicer Gaitan le jour de son investiture, la violence politique est endémique, et toujours attisée, sous divers prétextes, par les yankee !


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 2 septembre 10:47

      @CN46400

      Ne pas oublier non plus Uribe, prédécesseur de Santos à la tête du pays, aujourd’hui sénateur, riche prpriétaire et sponsor d’une milice para-militaire. 
      Au cours d’une tentative d’enlèvement ratée en 1983, les combattants de la guérilla des forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP) avaient assassiné son père  qui servait de prête-nom pour couvrir certaines activités du Cartel de Medellín . Deux décennies plus tard,il est devenu président de la république de Colombie (2002-2010), et a entrainé le gouvernement dans une guerre civile contre le groupe rebelle qu’il tenait pour responsable de la mort de son père.
      Aujourd’hui, il représente la principale résistance à l’accord.

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