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Combien de jours durera la lune de miel de Barack Obama ?

Barack Obama veut proposer à la population des États-Unis un « new New Deal ». Pour cela, il convie l’Amérique à s’unir pour « faire tourner la roue de l’Histoire » et surmonter ensemble la crise économique. Confiant, le président désigné a déclaré, dans son message de Noël : « je sais que nous pourrons faire en sorte que les gens retrouvent du travail et mener le pays dans la bonne direction ».

En peu de mots, Barack Obama a, le plus simplement, défini le défi qui l’attend : « Au milieu des bienfaits de la foi et de la famille, nous savons que des millions d’Américains n’ont pas d’emploi. Beaucoup d’autres luttent pour payer leurs factures ou pour pouvoir garder leurs maisons. Pour des étudiants mais aussi des retraités, l’avenir semble incertain ». Le 20 janvier, Barack Obama deviendra officiellement le 44ième président des États-Unis.

Le défi incommensurable qui attend Barack Obama est d’abord de redonner aux États-Unis « une stature morale ». Voilà plus de six semaines qu’il planche tambour battant sur la formation de son cabinet. Son « équipe est déjà au travail ». Sur la base du principe qu’il n’y a qu’un seul président en poste aux États-Unis, Barack Obama doit se battre contre la dégradation du temps : deux guerres interminables, ruineuses, impopulaires et la plus grave crise économique depuis la Grande Dépression de 1929. Mais il n’est pas encore au pouvoir. Il n’a pas encore le pouvoir. Il sait qu’il lui faut être patient. Et il sait que le peuple américain est pour sa part très impatient. Selon un sondage du Washington Post, près de la moitié des personnes sondées croit qu’il sera en mesure d’améliorer leur situation après son arrivée aux affaires. Pour l’heure, Barack Obama culmine à 82 pour cent de satisfaction selon cet autre sondage CNN/Opinion Research. Et 80 pour cent approuvent ses nominations.

Joe Biden, le vice-président, prépare le terrain en distillant des messages dont l’objet ne fait aucun doute : l’économie américaine est dans un « état bien pire » que ce qu’il imaginait. « Nous allons hériter du déficit le plus important dans l’histoire des États-Unis d’Amérique ». Ce qui a été confirmé par la Maison Blanche. « La taille du déficit budgétaire, quel que soit le chiffre... je ne suis pas en mesure de prédire si ce sera mille milliards ou moins que ça. (Le déficit) va être grand. Et ce sera un chiffre très important », a commenté Tony Fratto.

La priorité des priorités, avant toute autre décision politique, sera, pour Barack Obama, de créer des emplois et d’investir dans les infrastructures pour remettre l’économie sur des rails. L’objectif n’est plus de créer 2,5 millions d’emplois en deux ans, comme cela avait été annoncé il y a un mois, mais trois millions d’emplois. Le coût ? 850 milliards de dollars. Ce plan musclé est destiné à contrer les nouvelles catastrophiques qui s’amoncellent sur le pupitre du président désigné : un taux de chômage de 6,7 % en novembre et une prévision de pertes de 3 à 4 millions d’emplois en 2009. Et comme si cela ne suffisait pas, il faut compter un PIB qui devrait chuter de 4,5 % au quatrième trimestre et un taux de chômage qui pourrait passer le cap des neuf pour cent (9 %) à la fin de 2009.

Barack Obama centrera toute son action sur la famille : « Mon administration sera totalement dévouée à l’avenir de la classe moyenne et aux familles qui travaillent ». Joe Biden devra, pour atteindre cet objectif, conduire un groupe de travail (un « White House Task Force on Working families ») essentiellement dévoué à cette tâche. Ce groupe sera composé des secrétariats responsables du Travail, de la Santé, des Services humains, de l’Éducation et du Commerce. Se joindront également au groupe le Conseil national économique, le Bureau de gestion et du budget, le Conseil de politique intérieur et le Conseil des conseillers économiques.

Les républicains, évidemment, s’interrogent. Que peuvent-ils faire d’autres ? Le représentant Eric Cantor se demande d’où viendra l’argent pour financer un tel plan de relance ? Certainement pas des économies réalisées par l’administration de Georges W. Bush. Pendant que la tempête ne cesse de s’élever à l’horizon, Dick Cheney, dans une indifférence proverbiale, déclare qu’il est très à l’aise avec ce bilan et avec ce que l’administration de Georges W. Bush a réalisé. « Je pense que nous serons jugés favorablement par l’Histoire », a déclaré le vice-président sur Fox News.

Le FMI et l’OCDE estiment qu’il faut des investissements de 1.240 milliards de dollars pour sortir du marasme dans lequel est plongée l’économie mondiale. Dominique Strauss-Kahn, du Fonds monétaire international, se montre peu optimiste. « Je suis spécialement préoccupé par le fait que nos prévisions, déjà très sombres (...) seront encore plus sombres s’il n’y a pas assez de mesures d’incitation budgétaire ». Selon le directeur général du Fonds : « Nous anticipons une très mauvaise année 2009, avec une récession pour la plupart des économies développées et une baisse de la croissance pour les économies émergentes ». Strauss-Kahn précise : « Je ne suis pas réputé pour être laxiste en matière de politique fiscale. Mais nous sommes au milieu de la plus grande crise que nous ayons connue ces 60 ou 70 dernières années et nous devons prendre cela en compte ».

Le message a été entendu aux États-Unis. Pour Barack Obama : « A moins que nous n’ayons une approche audacieuse, on pourrait voir l’économie continuer à décliner plutôt rapidement et ce n’est pas acceptable pour moi et je ne pense pas que cela soit acceptable pour le peuple américain ».

Si Barack Obama entend accorder une priorité aux affaires domestiques du pays, il ne fait aucun doute qu’il prépare soigneusement sa politique des étrangères affaires. Sortir de l’Irak et combattre en Afghanistan résumeraient assez bien sa position maintes fois exprimée lors de la campagne présidentielle américaine. Et pour bien marquer le pas, il a reconduit à son poste Robert Gates, secrétaire à la Défense, et nommé le général James Jones à la tête du Conseil de sécurité nationale.

Une grande partie de la problématique de combattre le terrorisme en Afghanistan est aussi entre les mains des pays alliés. Obama saura-t-il les convaincre d’investir davantage dans une cause qui peine à trouver sa légitimité ? Après l’ovation et l’engouement pour le nouveau président américain, il faudra bien, un jour, s’asseoir à la table des négociations et prendre des décisions.

La force internationale en Afghanistan compte 65 000 soldats étrangers. S’il n’en tient qu’à la Grande Bretagne, les deux tiers des Britanniques sont favorables à un départ d’Afghanistan. Au Canada, le gouvernement Harper a été sollicité par Robert Gates pour qu’il maintienne ses troupes au-delà de l’échéance de 2001.

Selon l’armée américaine, 30 000 soldats supplémentaires pourraient être déployés dans l’est du pays afin de lancer un projet pilote qui consisterait à armer des combattants des zones tribales afin de lutter contre les talibans. Le ministre de la Défense nationale du Canada, Peter MacKay, n’est pas chaud à cette idée qui n’a, par ailleurs, pas fait l’objet d’une entente chez les dirigeants des pays ayant des troupes dans le sud de l’Afghanistan.

Chris Patten, ancien commissaire européen, s’interrogeait dans le quotidien Le Monde  : « Que répondrons-nous lorsqu’Obama viendra nous demander notre détermination, notre argent, notre solidarité et nos troupes ? (...) La nostalgie du tandem Bush-Cheney nous saisira peut-être. Il était si facile d’être partisan du multilatéralisme à Bruxelles, quand Washington était dirigé par un président unilatéraliste ».

Déjà qu’en prévision d’une fermeture de Guantanamo, l’accueil de prisonniers en sol européen ne fait pas l’unanimité. Luis Amado, ministre portugais des Affaires étrangères, a beau exhorter ses collègues européens de donner un signal clair d’une certaine volonté d’aider le gouvernement des États-Unis à résoudre le problème de Guantanamo, il ne parle qu’en son nom. Amnistie internationale a également beau de relayer le message en incitant l’UE à suivre « l’exemple courageux » du Portugal, le message ne reçoit pas l’enthousiasme attendu.

Si les pays européens applaudissent à l’idée de fermer Guantanamo, ils se montrent plus réservés sur l’éventualité d’accueillir des détenus. Pour l’heure, les Pays-Bas n’accueilleront pas de prisonniers de Guantanamo. Le Danemark a également rejeté cette possibilité. Pour la Suède, les États-Unis ont la responsabilité de leurs prisonniers. Aux Pays-Bas, le constat est lapidaire : « S’ils ne doivent plus être jugés mais ne peuvent pas rentrer dans leur pays, c’est avant tout de la responsabilité du pays qui les a arrêtés et les a mis en prison : les États-Unis ».

La question se pose malgré tout : le gouvernement de Barack Obama cherchera, normalement, à renvoyer un maximum de détenus dans leur pays d’origine. Qu’arrivera-t-il de ces prisonniers menacés de persécution dans leur patrie, comme les Chinois ouïgours, les Algériens ou les Libyens ? La porte risque de se fermer rapidement en Europe. Bernard Kouchner estime que l’accueil de ces prisonniers en Europe devait faire l’objet de « consultations » et d’une « réponse concertée » entre Européens. Que sous-tend ce message de la France ?

Mirek Topolanek, l’actuel Premier ministre tchèque, va assurer, à compter du 1er janvier prochain et pour six mois, la présidence tournante de l’Union européenne. Derrière le Premier ministre se profile le chef de l’État tchèque, Vaclav Klaus, qui, fort de ses tirades europhobes, pourrait mener une guérilla de nuisance. Comme pour rassurer ceux qui doutent, les analystes commentent en ces termes le prochain semestre de l’UE : « Durant les six prochains mois, le pouvoir de nuisance du président tchèque sera « terrible ». Mirek Topolanek, dans une entrevue à Euronews, déclarait : « Nos divisions internes portent surtout sur l’ampleur du processus d’intégration, sur le projet européen dans son ensemble, et ses perspectives. Mais les Tchèques ne sont pas hostiles à l’Union européenne, à la communauté européenne ».

L’Union européenne devra mener des négociations délicates avec les États-Unis relativement aux nouveaux plans stratégiques qu’entend adopter Barack Obama en matière de politique étrangère. Malgré tout le mérite qui lui revient pour sa gestion des crises, Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à imposer l’idée qu’il puisse continuer à présider l’UE au niveau de la zone euro. Il appartiendra à Mirek Topolanek de poursuivre l’héritage du président français : « Nous avons essayé d’organiser toute notre action autour de deux convictions : le monde a besoin d’une Europe forte ; il ne peut pas y avoir d’Europe forte si l’Europe est désunie ». Pour le Premier ministre tchèque : « Nicolas Sarkozy, quand une solution tarde plus de cinq minutes, il montre son vrai tempérament et prend lui-même les choses en main. Moi, cela n me dérange pas. Je suis un peu comme lui. Cela dit, il faut bien avouer que les Français ont une certaine tendance à essayer de prolonger leur présidence ». Il n’en demeure pas moins que Mirek Topolanek assurera, au nom de son pays, la première présidence de l’UE avec un gouvernement très faible. Et Nicolas Sarkozy veillera au grain : « il n’entend pas rester muet dans son coin ». Barack Obama devra-t-il affronter une chorale qui chante d’une seule voix ou une cacophonie à l’européenne ?

Il ne fait aucun doute que l’année 2009 sera, à plus d’un point de vue, une année particulière et singulière aux plans des émotions individuelles et collectives. De grandes joies se mêleront à de grandes déceptions. Monsieur Obama aura beaucoup de fronts à gérer. Le premier, interne. Le second, externe, avec une Europe moins unie que ne le souhaiterait Nicolas Sarkozy.


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29 réactions à cet article    


  • Cangivas 26 décembre 2008 11:45

    Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

    La nouvelle administration veut fermer Guantanamo. Soit. Et elle veut envoyer les prisonniers (tous ou certains, je ne sais) dans des centres de détention (sous administration américaine ou non, là non plus je ne sais pas) en Europe.

    Je ne comprends pas le raisonnement d’Obama. Est-ce parce les prisonniers en restant sur le sol américain (mais hors Guantanamo qui bénéficie d’un régime spécial) devraient être détenus (donc éventuellement bénéficier de mesures de libération) suivant la loi américaine commune ?

    Cette histoire est quand même tordue. 
    Obama souhaite que l’Europe maintienne des prisonniers en détention suivant la seule volonté d’une administration américaine qui, compte tenu des lois américaines, ne pourrait pas continuer à détenir ces mêmes prisonniers sur son propre sol.


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 décembre 2008 14:07

      Cher Pierre,

      « redonner aux États-Unis « une stature morale ».

      >>> je dois dire que je suis assez sceptique sous ce concept de moralité. Redonner confiance, oui. Comment ? En créant des envies de fonctionner, de motiver les troupes. La morale n’arrive qu’au second plan pour être réaliste.

      Faire sortir les américains de leur rêve, tout en les faisant rêver. Voilà le truc, qui est loin d’être simple. Investir dans l’économie à risque, comme ils ont sus le faire mais en y plaçant quelques parachutes.

      Du travail, oui, mais pas abrutissant et pour tous avec des incitants aux entrepreneurs.

      Appliquer certains principes de partage de haut en bas de la hiérarchie dans les entreprises pour conscientiser au but à atteindre. Sortir du carcan des classes qui n’existent pas uniquement en Inde.

      Faire rouler l’argent sans le perdre dans des guerres inutiles.

      L’humanitaire comme utilisation des troupes s’ils veulent exister sur la scène internationale sans être noyer dans les insultes. Assurer la maladie de ses concitoyens comme il est fait en Europe par exemple.

      Énormément de changements d’esprit de l’américain moyen.

       


      • Liberty 26 décembre 2008 15:15

        Pierre,

        Sujet complexe s’il en est, qui vivra verra .
        Toutefois je me souviens de 1981 en France, j’en ai retenu que le président PS a réussi à faire passer sans heurts des mesures qui auraient créé un tsunami dans l’opinion publique si elles avaient été mises en place par un président de droite (dans le contexte de l’époque) .

        Encore à ce jour, fort de l’expérience de ces mesures je me demande si ce type était réellement socialiste.

        Obama me fais un petit peu cet effet, le bon type "démocrate" qui interviens à point nomé fort de sont aura de "démocrate" sa couleur, son prénom de Hussein, dans un contexte international en ébulition ...
        N’est -il pas là pour "calmer le jeu" avant toute chose ?

        17% d’augmentation du budget de l’ONU, n’est-ce pas tout un symbole ? 

        Je vais rester sur le général du sujet, les faits exposés poussent à réfléchir, je n’attends rien de "Baraque", s’il a la baraka il pourra au mieux redorer un peu l’image maléfique et possédée par le mal suprème, Satan qui habite son pays .

        (ha ha ha, je suis volontairement provocateur mais des chrétiens de la sorte, ce n’est pas de la super promotion de leurs idées ni de "leurs valeurs !")


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 15:51

          Liberty

          Il existe une tradition en politique qui veut qu’un nouvel élu ou une nouvelle élue bénéficie d’une lune de miel de 100 jours. Le taux de satisfaction à l’égard de Barack Obama est le plus élevé depuis des décennies pour sa gestion de transition. Les premières décisions d’Obama à la crise seront déterminantes et constitueront à n’en point douter une évaluation sur la façon qu’il entend et qu’il pourra contrôler le Congrès, même si les démocrates y ont une majorité assez forte. Barack Obama devra ou bien mettre de côté des promesses importantes ou les reléguer aux oubliettes, tant sa marche de manoeuvre sera limitée. Quelle sera la réaction de la population américaine face à ces décisions ? Selon un sondage effectué par la chaîne américaine NBC au début du mois, 73 % des Américains approuve le travail de transition qu’il mène. À leurs époques respectives, les présidents désignés Bill Clinton et George W. Bush n’ont jamais atteint ce seuil de popularité.

          C’est le même Barack Obama qui écrivait dans « Foreign Affairs »  : « L’Amérique ne peut faire face seule à tous les défis du siècle, mais le monde ne peut le faire sans l’Amérique » qui prendra les rennes du pouvoir le 20 janvier prochain. 

          Pierre R.


        • Liberty 26 décembre 2008 16:33

          Pierre,

          100 jours ?
          Sarkozy a fait bien mieux : Au bout de 60 jours celui qui disait être le président du pouvoir d’achat que "le pouvoir d’achat ne se décrétait pas" .
          "Pourquoi voudriez vous que je vide des caisses qui le sont déjà ?" .
          Amusant, les caisses ne sont pas vides en période de crise de toute évidence ...

          Plus grand est l’espoir en des hommes qui se font passer pour des omniscients, des demi-dieux, plus grande est la déception, plus les conséquences sont désastreuses .
          Obama ne pourra pas distribuer du LSD à tous les USA pour continuer à les faire rêver indéfiniment.

          Désormais, le seul dieu qui ai un pouvoir sur terre porte le nom de "veau d’or", le "veau-ter" sans rien en espèrer du tout.
          Le maîre à penser de Sarko, Charles Pasqua, a su déclarer : "Les promesses politiques n’engagent que ceux qui les écoutent", aucun scandale suite à ces propos, aucun bruit médiatique alors que l’homme venait de discréditer toute la fonction élective publiquement .

          N’est-ce pas là la phase terminale de la crétinisation de masse, nous ne réagissons même plus aux stimulis les plus irritants, nous continuons à croire, à avoir la foi .
          La politique est devenue mystique, ni plus ni moins .
          Veau-ter est devenu une prière nécessitant une foi aveugle.


        • L'enfoiré L’enfoiré 26 décembre 2008 15:27

           Pierre,
           Voilà l’émission que l’on va avoir sur le sujet dimanche. 
           http://www.programme.tv/images-de-l-annee-1607677.php

          Je vais prendre des notes. smiley




          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 15:53

            L’enfoiré

            Merci pour le lien. Nous avons grand hâte de consulter les résultats de vos notes sur cette émission spéciale et ce débat sur Barack Obama.

            Pierre R.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 15:38

            Cangivas

            Je crois, sans être spécialiste, que l’idée à la base de la fermeture de Guantanamo est de retourner dans un pays d’accueil les prisonniers contre qui les États-Unis n’ont aucun motif de leur intenter un procès. Si ce ne sont que des soupçons. Ce qui est ici en jeu est la possibilité que ces prisonniers, s’ils sont renvoyés dans leurs pays respectifs, fassent l’objet de persécutions. Selon les Nations unies, de 40 à 50 prisonniers sur les 250 de Guantanamo risquent des persécutions s’ils sont renvoyés vers leur pays d’origine. L’Allemagne s’est dite ouverte à l’idée de les accueillir alors que la France, par exemple, hésite. Pourtant, la république française n’a pas hésité à se déclarer prête d’accueillir des membres de la guérilla colombienne (FARC). 

            L’Europe acceptera-t-elle de supporter le poids moral d’un refus d’asile pour ces prisonniers susceptibles d’être persécutés ? Human Rights Watch a déclaré que, sans l’aide des Européens, Guantanamo ne pourra pas être fermé. Pour l’heure, tout n’est que spéculation pour la raison simple que le plan de fermeture de Guantanamo n’a pas encore été rendu officiel par l’équipe de transition du président désigné, Barack Obama.

            Force est de convenir qu’un protocole d’accueil de ces prisonniers découleraient d’une question humanitaire et non d’une question judiciaire.

            L’enfoiré

            Le taux d’insatisfaction de la population des États-Unis à l’égard de leur gouvernement actuel est très élevé. Nous le savons tous. Nous savons aussi que cette même population veut se raccrocher à cette bouée de sauvetage que pourrait lui lancer Barack Obama. La question fondamentale est : pourra-t-il réussir en peu de temps à communiquer au peuple américaine son New New Deal ? La pierre d’achoppement de beaucoup de présidents a souvent été les questions domestiques. Beaucoup de pain sur la planche. Beaucoup de boulot à abattre. Jamais un président n’aura hérité d’un pays dans un tel état de délabrement aux États-Unis. Les chiffres nous donnent le tournis : aux Etats-Unis, la crise pourrait coûter, selon les dernières estimations, jusqu’à 8 500 milliards de dollars.

            Selon Nassim Nicholas Taleb, écrivain et ancien trader : C’en est fini du far west de la finance, comme le rapportait Le Monde. Le défi est de taille : l’avenir de la planète semble à nouveau reposer sur les épaules des Etats-Unis, la première économie mondiale. Et sans doute sur l’espoir, fut-il démesuré, qu’incarne l’entrée en fonctions de Barack Obama, son nouveau président (Le Monde).

            	Je ne sais pas si les États-Unis retrouveront une stature morale. Certainement pas à brève échéance. La marge de manoeuvre du nouveau est particulièrement étroite. Les attentes sont colossales, voire surhumaines. Les premières grandes déceptions par suite des décisions impopulaires de Barack Obama vont ou pourraient compromettre le délicat équilibre qu’il pourrait établir à plus d’un niveau. La fragilité de sa période de transition a été démontré ne serait-ce que dans l’affaire Blagojevitch. Faut-il rappeler ce ver de La Fontaine : selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. Relativement à la destitution de Blagojevitch, demandée par la procureure de l’Illinois, les hauts juges de la Cour ont rejeté la requête sans expliquer leur décision. On peut comprendre qu’avec Madoff, le gouverneur Blagojévitch est actuellement l’un des personnages les plus détestés par l’opinion Américaine. Barack Obama subira-t-il les contrecoups de cette avalanche de scandales ? À suivre.

            Pierre R.


            • Cangivas 26 décembre 2008 18:19

              S’agit-il pour l’Europe d’accueillir des prisonniers (qui demeureront détenus en Europe) ou des prisonniers libérés plus exactement devenus libres au moment même où ils quitteront Guantanamo ?

              Dans les deux cas, le procédé me semble curieux (et à dire vrai, je dirais que les Etats-Unis nous prennent pour des cons ), hormis s’agissant de tel prisonnier qui, devenu libre, refuserait tant de retourner dans son pays d’origine que de s’installer aux Etats-Unis.

              Le problème colombien et des Farc est quand même d’une autre nature.



               


            • ASINUS 26 décembre 2008 16:03

              yep ce nouvel" hadrien" vas veiller a raccoucir et fortifier les limes de l empire , l equipe dont il s entoure
              est formée intellectuellement pour cela" je parle defense" Jones ,puis les conseils en attendant mieux
              de Powell qui lui est sur la meme longueur d onde que Fallon nous sommes bon apres restructuration
              pour un episode de " l empire contre attaque" le renforcement des forces armées initialement 100000h
              mais la presse us parle desormais de "60 000 combattants" le ratio donne donc plus pres des 140000,
              stationnement d unités speciales sur le territoire us " merci Bush" , pour l heure l afghanistant auras ces
              20000 a 30000 h de renfort une brigade de montagne plus une heliportée dans les deux mois pour commencer , yep avec l investiture du "civis americanus" OBAMA 
              la toge regagnera surement un peu d eclat mais le glaive sera
              toujours pret, je gage que certain obamaniaques enthousiasmes dechanterons .....


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 17:03

                Asinus

                Il faut ne pas ignorer un élément essentiel dans l’échiquier politique de Barack Obama : en Afghanistan, il y aura la tenue d’élections présidentielles en 2009. Walter Natynczyk est le chef d’état-major des Forces canadiennes. Il a affirmé au quotidien Le Devoir, de Montréal, qu’il s’attendait à une recrudescence de la violence en 2009. Déjà que Barack Obama se dit convaincu que la menace principale du terrorisme provient de la résurgence d’al-Qaida et des talibans en Afghanistan et au Pakistan.Pour réaliser ses objectifs, il n’aura d’autre choix, pour convaincre les pays alliés, que de puiser dans le capital de sympathie que lui témoignent pour l’heure les grandes capitales. 

                Et voilà que le ministre afghan de l’Intérieur, Sultan Ahmad Baheen, énonce deux conditions pour que soient déployés sur son territoire des renforts supplémentaires :la première est que ces forces soient envoyées dans les zones où on en a besoin, notamment dans la province d’Helmand, ou le long de notre frontière orientale par où des terroristes s’infiltrent dans notre pays. Deuxièmement, que cette augmentation contribue à améliorer l’entraînement et l’équipement des forces de sécurité nationales afghanes, et leur permette ainsi de mieux combattre le terrorisme et défendre le pays (Le Figaro).

                Selon le général Mike Mullen, chef d’état-major américain, l’armée américaine pourrait compter sur 55 à 65 000 hommes avant la fin de l’année 2009. Cela veut dire 100 000 militaires étrangers dans le pays d’ici à quelques mois. De son côté, Hamid Karzaï a demandé au général Mullen quelle sera la nature des missions assignées aux unités déployées. Il semblerait que le Pentagone travaillerait sur un plan visant à doubler les effectifs des forces afghanes pour les porter à plus de 130 000 hommes.

                En début de décembre, Barack Obama déclarait au Chicago Tribune : « Je pense que nous avons actuellement une occasion unique d’améliorer notre image dans le monde entier, et plus particulièrement, dans le monde musulman » (I think we’ve got a unique opportunity to reboot America’s image around the world and also in the Muslim world in particular). Est-ce que cette rénovation passe par l’Afghanistan ?

                Pierre R.



                • ASINUS 26 décembre 2008 18:12

                  @pierre r chantelois

                  bonjour pour l instant les troupe us qui devraient etre deployées
                  dans la zone frontaliere ne sont pas destinées
                  a former mais a combattre il sagit d une brigade de la 10 div de montagne ainsi que d une brigade heliportée" retour a la first cav" ? par ailleurs l armée afghanes vas devenir pléthorique et surdimensionnée
                  par rapport au pays ,une ressucée de l armée sud vietnamienne ?surequipée sur payée dont les postes servaient a fournir la prébende au fideles du gouvernement .Les commensaux et alliés familiaux de karzai
                  sont au commande chaque equipements fourniture et formation donne lieu a des prises de benefices
                  les unités speciales se multiplient mais en ville la ou il y a a picorer , par contre sur le terrain tres peu
                  d unités fiable pour memoire les deux sections afghanes qui accompagnaient les para français outre que chargées d eclairer elles se trouvaient en queue de colonne se sont debandées des les premiers instants " sans les souponner de pire", une armée unitaire repose sur une nation le systeme feodal ou tribal en cour
                  quoiqu on en dise dans ce pays rends pour l instant caduque l idée meme d une armée nationale , derniers gags des strateges us parlent d armer les tribus pour combattre les talibans , yep
                  je gage que pour percevoir du matos neuf il y aura du candidats apres ....


                • maxim maxim 26 décembre 2008 17:18

                  oh ....ben ,la lune de miel ,elle durera tant qu’Obama n’est pas encore véritablement à la Maison Blanche ..

                  et puis après ,les enchantés d’aujourd’hui déchanteront demain ,c’est comme en amour ,au début tout feu tout flamme ,et puis ,lorsqu’il faut vivre en commun ,on découvre vite les travers de l’autre ,et on se dit " si j’avais su ,ce jour là ou je l’ai rencontré ( ou rencontrée ...)j’aurais mieux fait de me casser une jambe ! "


                  • ASINUS 26 décembre 2008 18:15

                    yep maxim yep un rien desabusé mais tres juste


                  • Jordan Jordan 26 décembre 2008 18:20
                    Pour faire court, Le peuple américain se fiche de la politique internationale, l’essentiel pour eux est d’avoir du travail pour enfin retrouver leurs carte de crédit, leur mode de vie.
                     
                    Quand a l’assurance maladie, il n’ a presque pas le choix, les assurances privées ont perdues $2 milliard, l’année dernière. J’ai travaillé ce dossier du temps de Clinton, finalement remis aux calandres grecs. Ne surtout pas s’attendre au tout assuré, comme chez nos voisins canadiens. Ca ne sera que pour les extrêmement pauvres (ce qui d’ailleurs existe déjà).
                     
                    Comme dit une de vos formule, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.
                     
                     
                     

                    • maxim maxim 26 décembre 2008 18:34

                      un candidat aux élections ,c’est exactement le même discours qu’un vendeur de bagnole d’occasion ,il doit vous faire rêver !

                      ",c’est une merveille ,mieux que neuve,jamais en panne ,qui coûte rien à l’entretien ,et dont vous ne voudrez jamais vous séparer !"

                      li ne vous a pas dit qu’elle n’était garantie que jusqu’à la porte du garage !


                      • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 19:04

                        Maxim

                        Je serais en effet très surpris de voir les États-Unis adopter un régime universel de soins de santé, comme celui que nous avons au Canada. Trop d’enjeux et beaucoup de lobbying mettent un frein à la réalisation d’un tel projet. Et je partage votre opinion que le peuple américain est préoccupé davantage par les questions domestiques, chômage et emploi, que par les questions internationales. Sauf lorsque la liste des Boys morts pour une cause qui lui est étrangère s’accroît de jour en jour. Ce n’est pas la stratégie géopolitique qui guide le peuple américain, c’est la date de leur retour.

                        Pierre R.


                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 26 décembre 2008 19:10

                          Jordan

                          Je suis désolé. Le message qui vous était destiné a été adressé à Maxim que je salue du reste pour son commentaire. Mes excuses.

                          Pierre R.


                          • maxim maxim 26 décembre 2008 19:34

                            Pierre ...

                            même si le post ne m’était pas destiné ,j’y ai porté attention et interêt ...

                            il n’en demeure pas moins ,que des promesse faites par un candidat ,et l’engouement que celà suscite aussi bien aux States qu’ailleurs dans le monde ,lors de son succés ,l’engagent à réussir ,surtout aux Usa ,vu la disparité ,et de mentalités d’un état à l’autre ,d’intérêts egalement , !....

                            et les Américains ,c’est plusieurs centaines de millions d’habitants ,qui ont enregistré ces promesses !

                             franchement ,il n’a pas intérêt à se planter ni à décevoir ,


                            • mojique mojique 27 décembre 2008 09:17
                              Obama serait sérieux s’il instaurait la sécurité sociale, comme en France, s’il reconnaissait que la guerre en Afghanistan est aussi inutile que celle d’Irak, que s’il établissait immédiatement une fin d’expulsion des personnes qui ne peuvent plus payer leur loyer.

                              • Jean-paul 28 décembre 2008 15:18

                                @mojique
                                les Americains n’ont aucune idee comment fonctionne la securite sociale en France .
                                S’ils connaissaient le montant de nos cotisations sociales obligatoires ils seraient horrifies !!!!
                                Fiche de paye 7.5% de taxes pour l’employeur ,7.5% de taxe pour le salarie (impot compris )
                                TVA =6%


                              • mojique mojique 27 décembre 2008 09:19
                                Obama serait sérieux s’il instaurait la sécurité sociale, comme en France, s’il reconnaissait que la guerre en Afghanistan est aussi inutile que celle d’Irak, que s’il établissait immédiatement une fin d’expulsion des personnes qui ne peuvent plus payer leur loyer.

                                • mojique mojique 27 décembre 2008 09:23
                                  En fait qu’ont-ils à nous démontrer les va t en guerre en Afghanistan ? Que les Talibans défigurent leurs femmes à l’acide quand elles vont à l’école ? J’imagine que les Afghans pourraient écrire qu’en France, des fous échappés de l’asile poignardent les gens en pleine rue.

                                  • 9thermidor 27 décembre 2008 14:00


                                    un peuple qui a brûlé vivant 500.000 civils ,en deux passage d’ avion, n’a droit d’ avoir son nom qu’au Guiness des records de barbarie,
                                    avec Tamerlan et ses pyramides de têtes coupées.

                                    leçon de morale s’ abstenir. 


                                  • 9thermidor 27 décembre 2008 13:53


                                    les USA sont condamnés à la guerre civile.

                                    plus personne ne veut de leur dollar - qui vaut de l’ or-

                                    imposé par la puissance de feu des armées US.

                                    même les chinois ne veulent plus placer le fruit de leur sueur chez l’ oncle SAM PICSOU.

                                    la banqueroute US est pour 2009, sauf menace lourde sur les vassaux.


                                    • herve33 28 décembre 2008 12:07

                                      Il faut s’attendre à ce qu’ Obama va devoir tenter quelquechose de nouveau et d’inédit pour relancer l’économie américaine et mondiale . 
                                      Le problème , même s’il en a les moyens , il faudra qu’il mettent au pas les spéculateurs de Wall Street et édictent de nouvelles règles très strictes afin d’éviter que les rapaces de la finance ne détournent l’argent des contribuables .

                                      Obama ne sera crédible qu’à cette condition et tous les yeux du monde entier seront tournés vers lui .

                                      Mais la question est : sera t-il capable d’insuffler quelquechose de nouveau pour faire repartir la machine économique .

                                      A mon avis , c’est très peu probable , car ces conseillers sont un recyclage de l’administration Clinton . 

                                      Difficile de faire du neuf avec du vieux .




                                      • Jean-paul 28 décembre 2008 15:13

                                        Humour des americains :
                                        Dans l’equipe d’Obama il manque juste Monica Lewinsky , pour etre complete .


                                        • millesime 28 décembre 2008 23:06

                                          Nous allons bien vite voir que la nomination d’Obama à la présidence américaine s’inscrit dans une logique ou les faiseurs de la crise sont aussi les faiseurs de rois...Obama devra faire le pont entre Wall Street et la City de Londres.

                                          En ce sens, le phénomène de l’obamania s’apparente à ce que les français ont expérimenté avec l’élection de Sarkozy. (les manipulateurs d’opinion ont de l’avenir).
                                          Les américians vont beaucoup souffrir et les disciples d"Obama vont déchanter eux aussi...le conte de fées selon lequel Obama serait un homme "indépendant de l’establishment" prendra fin rapidement, au grand dam de tous ces politiciens de "droite" comme de "gauche" dont la cupidité n’a d’égale que leur lâcheté à défendre la dignité humaine.

                                          Le Cartel anglo-hollandais entend être très actif dans la gestion des Etats-Unis et de la crise pour imposer un réforme du SYSTEME dans le sens d’une dictature financière supranationale. (Zbi Brezinzinki s’y emploira... !)


                                          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 29 décembre 2008 08:14

                                            La situation explosive à Gaza a été scrutée et analysée par Barack Obama. S’il s’est refusé à tout commentaire, sous le prétexte qu’il n’y a qu’un seul président, il n’a pas interdit à ses porte-paroles de commenter la situation. David Axelrod a prévenu la presse que Barack Obama s’en tiendrait au principe fondamental selon lequel l’Etat hébreu est l’allié le plus important dans la région. Et pour cela, toujours selon Axelrod, le président désigné travaillera, lorsqu’il sera en poste, étroitement avec les Israéliens et les Palestiniens. En campagne présidentielle, comme le rappelle très justement Le Figaro, il avait exprimé sa sympathie pour l’État hébreu, déclarant « si quelqu’un lançait des roquettes sur ma maison la nuit pendant que mes filles dorment, je ferais tout pour l’en empêcher et j’attends des Israéliens qu’ils fassent de même ». Il faudra voir maintenant ce qu’il aura à dire sur le fait qu’Israël a lancé sur Gaza la toute nouvelle génération de missiles américains, les missiles GBU-39, comme le rapporte le Jerusalem Post.

                                            Pierre R.

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