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Accueil du site > Actualités > International > Comment l’Amérique s’oriente vers la dictature

Comment l’Amérique s’oriente vers la dictature

Je propose ici une traduction de l’article « America’s Coming Dictatorship » de Justin Raimondo. Cet auteur est un libertaire américain, éditeur du site Antiwar.com. Dans cet essai, il décortique la mécanique du déclin de la démocratie américaine, mise en oeuvre par une élite autoproclamée dont la raison d’être est devenue la sauvegarde d’un empire. Comme l’écrivait fort justement Zbigniew Brzezinski, « la démocratie est antagoniste de la mobilisation impériale. » Le mantien de l’empire doit-il aller jusqu’au sacrifice de la liberté républicaine telle qu’elle est définie par la Constitution américaine ? Telle est la question fondamentale à laquelle fait aujourd’hui face le peuple américain et son choix - si toutefois il lui reste encore la force de l’imposer - déterminera certainement l’avenir des hommes dans ce XXIe siècle qui s’ouvre sur des perspectives aussi graves que celles de celui qui l’a précédé.

La marche de l’Amérique vers la dictature
Théorie et pratique du "conservatisme" oligarchique Justin Raimondo, Article original en anglais

La guerre en Irak et la question ses motivations a suscité de l’intérêt pour un certain nombre de sujets qui étaient jusqu’alors considérés comme obscurs et dont l’évocation était autrefois limitée à de rares cercles académiques et journaux spécialisés. Parmi ces sujets, on trouvera la notion de néoconservatisme, la théorie de la guerre juste, et de manière plus surprenante, les théories de Léo Strauss, le pendant philosophique d’un machiavélisme cynique qui promeut l’idée du "mensonge noble." Alors que le désastre Irakien se matérialisait, des sujets autrefois considérés comme abscons se sont immiscés dans les articles de la presse populaire, au point où nous fûmes un jour instruits d’une longue explication des doctrines de Strauss dans les colonnes du New York Times.

Ainsi que l’a écrit Jeet Heer dans le Boston Globe,

"Aussi curieux que cela paraisse, nous vivons dans un monde de plus en plus façonné par les idées de Léo Strauss, un philosophe controversé qui mourut en 1973. Bien qu’il soit inconnu du grand public, Strauss fait partie des deux ou trois intellectuels les plus influents de la vision conservatrice du monde qui domine Washington sous le règne de George W. Bush. L’envie de décrypter la pensée de la maison blanche a conduit les éditeurs du New York Times et du journal Le Monde à plonger des journalistes dans les travaux de Strauss et à pister ses disciples dans les cercles du pouvoirs. Le New Yorker a même trouvé un contingent de Straussiens affecté à des missions de renseignement au Pentagone."

Cet intérêt soudain fut initié par le constat d’un nombre anormalement élevé de Straussiens ayant trouvé une place à proximité des centres de pouvoir à Washington — un nombre extraordinaire d’étudiants de Strauss (ou de ses disciples les plus en vue) étant employés à l’intérieur et aux alentours de l’administration Bush, en particulier aux postes clefs de la bureaucratie de la sécurité nationale. Comme l’a fait remarquer William Pfaff, il inclut alors "le sous secrétaire à la défense Paul Wolfowitz, Abram Shulsky de l’office de plan spéciaux du Pentagone, Richard Perle conseillé spécial du Pentagone, Elliott Abrams du conseil national de sécurité, ainsi que les auteurs Robert Kagan et William Kristol."

Il est facile de comprendre comment le concept de "mensonge noble" s’inscrit naturellement dans la conception néoconservatrice, et la course vers la guerre d’Irak constitue sans doute un cas d’école d’implantation de la méthode Straussienne : une élite éclairée manipule l’opinion du public dans le but de le conduire à une action qui, en fin de compte, doit être menée pour son propre bien. Dans le cas de l’Irak, on nous a menti dans le but d’envahir et d’occuper ce pays, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les "armes de destruction massive" ou les liens prétendus entre Saddam, Al Qaida et les attaques du 11 septembre, deux affirmations dont les promoteurs savaient qu’elles étaient mensongères, et qu’ils n’ont pourtant eu de cesse de réitérer.

Alors que nous sommes aujourd’hui dans un état de guerre permanent, c’est à dire une atmosphère idéale au développement des théories d’un Straussien (ou de tout autre personnage autoritaire,) il est temps pour le Parti de la Guerre d’affirmer franchement sa théorie de la gouvernance, qui en temps normal serait maquillée sous les termes de "la paix par la force," mais qui aujourd’hui s’affiche sous les traits de "la paix par la dictature." En plus de rationaliser les pratiques d’un régime fondé sur le mensonge, la méthode Straussienne et la philosophie qui l’accompagne ont d’autres utilités. Harvey Mansfield, une figure Straussienne, professeur de la gouvernance à l’université de Harvard, démontre son utilité comme promoteur de l’autorité du régime, et plus particulièrement de la prééminence de l’exécutif sur les autres branches du gouvernement en temps de guerre. Mansfield "plaide en faveur d’un exécutif fort" dans les colonnes du Wall Street Journal, et il y développe un argumentaire fondateur du modèle de dictature dont j’ai parlé l’autre jour.

Mansfield commence par un panégyrique sur la compréhension incorrecte mais malheureusement presque universelle de la Constitution comme un document "souple," d’où il résulte la notion de "Constitution vivante," un de ces clichés que presque personne ne pense jamais à contester — sauf quand il est trop tard. C’est à dire, lorsque les tanks sont déjà en train de circuler dans les rues...

Regardez : il n’y a rien de "souple" dans la Constitution. Elle signifie très exactement ce qu’elle affirme, et son texte n’est en aucun cas obscur ou même complexe. Je noterai en plus qu’à chaque fois que quelqu’un essaye de nous priver de certaines de nos libertés, ou encore de contourner d’une certaine manière les pleines intentions des pères fondateurs [Ndt : de l’Amérique,] il préface invariablement ces intentions d’une ode à la "souplesse" de la Constitution. Balivernes ! Les pères fondateurs pensaient ce qu’ils ont dit, et ont dit ce qu’ils pensaient dans un anglais simple et compréhensible, une langue que même un professeur de Harvard peut comprendre. Ainsi, après examen de l’argumentaire de Mansfield en faveur d’une dictature de l’exécutif — et il est indubitable que telle est son intention — nous pouvons observer la vieille méthode Straussienne de "réinterprétation" des claires intentions de l’auteur pour les détourner en leur exact contraire.

Il semble au premier abord que les pères fondateurs, des révolutionnaires, et mêmes libertaires par certains aspects (sauf pour Hamilton,) avaient l’intention de fonder une république d’hommes libres, c’est à dire une forme de gouvernement constitutionnellement limité et qui n’avait certainement rien à voir avec le royalisme contre lequel ils venaient de se rebeller. Certes, mais un Straussien est capable d’y lire des messages "cachés" qui restent invisibles aux autres, et Mansfield y détecte une contradiction interne, un lien délibéré entre "le règne d’un seul homme" et l’esprit républicain qui imprègne la Constitution, vous l’aurez compris, d’une teinte d’autoritarisme :

"Il apparaît que la règle de la loi présente deux faiblesses, toutes les deux suggérant le besoin du règne d’un seul homme. La première est que la loi restera toujours imparfaite par sa vocation d’universalité, constituant ainsi une solution médiane même dans le meilleur des cas, qui reste inférieure à la clairvoyance d’un homme avisé, capable de juger des circonstances particulières. Cette faiblesse est discutée par Aristote dans le fameux passage de sa `Politique’ lorsqu’il se demande `s’il est plus avantageux d’être commandé par le meilleur des hommes ou par les meilleures lois.’

"L’autre faiblesse consiste en l’incapacité de la loi à se faire obéir par elle même ... Une police est obligatoire, et les maîtres de la police sont dans l’obligation de mettre en oeuvre la volonté [Ndt : `energy’ est terme utilisé par Alexander Hamilton] en plus de la raison. Il est illusoire de penser que les gouvernements puissent montrer leur volonté sans jamais recourir à l’usage de la force".

"La meilleure source de volonté se trouve être la même que la meilleure source de raison - un seul homme. Un seul homme, ou pour reprendre l’expression de Machiavel, uno solo, constituera la meilleure source de volonté s’il considère nécessaire le maintien de son propre pouvoir. Un tel individu aura la plus grande détermination à rester vigilant, et tout à la fois cruel ou charitable dans d’équitables proportions. Nous sommes en train d’évoquer le prince de Machiavel, l’homme qu’il s’oublia quelquefois à qualifier de tyran."

Tel est le sujet abordé par Mansfield dans son livre, Taming The Prince, dans lequel il affirme que la conception moderne de l’exécutif est simplement le vieux portrait aristotélicien du personnage royal qui personnifie le droit du plus fort à régner sur le plus faible. Notre incapacité actuelle à reconnaitre ouvertement cet héritage ancestral nous conduit à l’habiller de la mythologie de la Constitution. Nous couvrons une réalité royaliste des atours du républicanisme et promouvons le mythe d’un exécutif au service du peuple. "Les pères fondateurs de l’Amérique" avaient une autre idée en tête, affirme Mansfield, parce qu’ils

"étaient conscients de ces deux faiblesses de la règle de la loi lorsqu’il ont créé la présidence. Le président sera la source de volonté du gouvernement, c’est à dire dans l’administration du gouvernement, la volonté étant un terme neutre qui recouvre à la fois la vertu discrétionnaire aristotélicienne et la tyrannie de Machiavel — notions que seul un parti-pris peut distinguer."

Tyrannie ou vertu discrétionnaire, peu importe. Il s’agit là d’une question partisane, totalement subjective. En tous cas, le culte de Strauss se fonde sur le culte du leader, ou de "l’homme avisé," ainsi que le présente Mansfield, le uno solo qui voit plus loin que ce que les citoyens ordinaires peuvent percevoir. Bien sûr, il est conduit par la volonté acharnée d’affirmer et de maintenir son propre pouvoir, mais c’est dans ce caractère impitoyable que la république puise sa "volonté" et sa capacité à survivre à sa fragilité inhérente.

"Un gouvernement libre" affirme Mansfield, "devrait montrer son respect pour la liberté même lorsqu’il est conduit à en priver ses citoyens." Ce petit aphorisme, méritant d’être gravé dans le marbre de la pierre tombale de la république américaine, résume presque parfaitement le ton et le contenu du panégyrique de Mansfield à la "grandeur" de la présidence, et à la nécessaire "extension" de son pouvoir en temps de guerre — ce qui signifie, dans le lexique des néoconservateurs, à partir de maintenant.

Les droits ne sont pas inhérents, dans l’univers de Strauss et Mansfield, mais purement conditionnés, et notre condition actuelle ne nous permet pas de nous payer ce luxe. D’après Mansfield :

"À notre époque ... l’opinion que les libertés civiles doivent rester intactes quelles que soient les circonstances a émergé dans les cercles progressistes. Cette opinion admet comme principe que les libertés civiles ont le statut de libertés naturelles et sont inaliénables. Ceci signifie que la Constitution possède le statut de ce qui était appelé au 17ième siècle, la loi publique naturelle ; elle est aussi naturelle que l’état de la nature duquel elle émerge. Dans cette conception, la liberté n’a qu’un seul ensemble de loi et d’institutions susceptibles de la protéger et elles doivent rester inviolées sauf à remettre en cause la liberté elle-même".

"Mais Locke était un libéral plus avisé. Ses institutions ont été `constituées’ moins par création que par modification des institutions anglaises existantes, et non pas déduites des conséquences invariables du désordre de l’état de la nature. Il reconnaissait la différence, ainsi que les autres Américains de l’époque, entre les libertés naturelles, inaliénables mais peu sécurisantes, et les libertés civiles, plus sécurisantes mais modifiables. Parce les libertés civiles sont assujetties aux circonstances, une constitution libre a besoin d’une institution qui puisse répondre à ces circonstances, un exécutif capable d’être fort lorsque c’est nécessaire."

Je ne vais pas me lancer dans une contestation de la réinterprétation de la position de Locke sur les droits naturels, si ce n’est qu’elle décrit un Locke étrange, en renversant la défense par le philosophe des notions de droits naturels et de gouvernements limités, pour pratiquement parvenir à un manifeste en faveur d’un super-centralisme qui ferait reculer d’horreur ce libéral du 17ième siècle. Voilà un exemple typique de la méthode Straussienne.

En laissant Locke de côté, intéressons nous de plus près à la théorie Mansfieldienne de "libertés civiles" pour toujours "contraintes par les circonstances" — tout comme celle de notre Constitution souple et bien-sûr celle "sécurisante mais modifiable" de la Déclaration des Droits. Dans le monde étrange de Mansfield de la "liberté" parfaite, où "un gouvernement libre doit montrer son respect pour la liberté même lorsqu’il lui est nécessaire de la reprendre à ses citoyens," il n’existe pas de droit à la liberté d’expression, pas de droit de se rassembler, et en fait pas de droit du tout, même celui de la propriété : toutes ces notions ne sont simplement que des privilèges temporaires, et sont éthérées en temps de guerre. Des droits inaliénables ? Sauf si le président en décide autrement.

Il ne s’agit rien de moins que d’un argumentaire visant à légitimer la dictature. C’est de l’autoritarisme déguisé en un verbiage "américanisant," une prescription pour le fascisme aussi surement que les déclamations d’Alfred Rosenberg ou les polémiques de Robert Brassillach. Ainsi que John T. Flynn, le libéral converti à la `vieille droite’ conservatrice et opposé au New Deal l’affirmait :

"Lorsque le fascisme arrivera, il n’aura pas la forme d’un mouvement anti-Américain ou celle d’une apologie de l’Hitlerisme, pratiquant la déloyauté. Il ne prendra pas non plus la forme d’une croisade contre la guerre. Il apparaitra sous les atours lumineux d’un patriotisme enflammé ; il prendra des formes et des couleurs authentiquement ingénues, et se propagera uniquement parce que ses leaders, encore invisibles, sauront identifier les grandes aspirations, désirs et pensées de l’opinion publique et sauront attirer sous leur bannière les leaders qui commandent aux minorités influentes de la vie publique américaine. Le danger ne se situe pas tellement dans les führers en devenir qui pourraient émerger, mais dans la présence en notre sein de certaines aspirations profondes d’espoirs, d’appétits et d’opinions. La guerre contre le fascisme doit commencer à partir de là."

Flynn, l’un des opposants les plus virulents à Franklin Delano Roosevelt, a écrit ces mots dans As we go marching, son réquisitoire contre une Amérique d’après-guerre ayant combattu le national-socialisme — et commençant à combattre le soviétisme totalitaire au moment où le livre a été publié — mais, il le craignait, qui perdrait son combat interne contre un autoritarisme naissant. Flynn définissait le fascisme comme l’émergence de l’état providence et guerrier, fondé sur le principe des gouvernements tentaculaires en interne et du militarisme à l’étranger. "Tout d’abord, posons nous la question de la définition du fascisme," écrivait-il :

"Il s’agit, pour le dire simplement, d’un système d’organisation sociale dans lequel la politique de l’état est conduite par une dictature fondée sur une élite politique et dans laquelle le système économique est un capitalisme oligarchique, fermé et planifié, où le gouvernement assume la responsabilité de la création du pouvoir d’achat par l’instrumentalisation de la dette publique nationale et où le militarisme est adopté comme un grand projet économique visant à créer des emplois autant qu’un grand projet romantique au service de l’état impérial."

Quelle anticipation presque parfaite de notre situation actuelle ! Comment ne pas imaginer qu’il ait dû le voir en rêve. Alors même qu’une guerre impopulaire approche de son crescendo horrifiant, et que le président proclame son "droit" de la mener en défiance avec le congrès et la volonté populaire, les théoriciens de nouveau fascisme — que Lew Rockwell qualifie de manière incisive de "fascisme rouge" — se voient offrir de larges espaces sur les pages éditoriales du War Street Journal pour défendre leur point de vue. Les masses seraient-elles en train d’affirmer un mécontentement croissant envers la "sagesse" de leurs dirigeants, qui ne sont, après tout et par définition, que les meilleurs d’entre eux ? Et bien dans ce cas, nous n’avons qu’à donner au président les pouvoirs d’un roi, de sorte qu’il puisse ignorer les "illusions temporaires" du peuple, ainsi que l’affirme Mansfield — telles que par exemple, "l’illusion" que nous ne pouvons pas gagner la guerre en Irak, et que de toutes façons, nous n’aurions jamais dû nous y rendre — pour laisser notre glorieux leader et commandant en chef s’occuper de ce travail. Ceci affirme Mansfield, constitue la vraie "grandeur." Bien évidement, il rappelle l’esprit de Franklin Delano Roosevelt, parmi d’autres (Lincoln, le grand "émancipateur," qui emprisonnait ses opposants et interdisait des journaux pour des propos "séditieux," reçoit lui aussi la forte approbation de Mansfield.)

Ce qui est étrange, c’est qu’à la fois Flynn et Mansfield soient considérés comme des conservateurs, des hommes de la Droite — pour autant, leurs prises de positions politiques et morales ne pourraient être plus opposées. De quelle espèce de "conservatisme" s’agit-il que celui qui exalte le principe du chef, n’a que dédain pour la Constitution et le concept de "droit" inaliénable, et appelle ouvertement à une direction autoritaire en cas "d’urgence" ?

Aujourd’hui, nous contemplons un "conservateur" ostensible, Thomas Sowell, se languissant d’un coup d’état militaire dans les colonnes du National Review, et dans le même magazine, le colonel "Buzz" Patterson, auteur de War Crimes : The Left’s Campaign to Destroy Our Military and Lose the War on Terror, émettre l’avis que le parti Démocrate, et plus particulièrement sa branche du congrès, sont légalement coupables de "trahison," et devraient être immédiatement punis pour ce crime. Mansfield avance sa théorie, alors que Sowell et Patterson — accompagnés des Anne Coulter et des David Horowitz d’un mouvement "conservateur" néoconnisé — montrent l’exemple pratique de la politique des fascistes rouges. La Droite américaine est aujourd’hui très éloignée de La Conscience d’un Conservateur.

Les bases légales du nouvel autoritarisme — le "Patriot Act," le Military Commissions Act, la croissance de l’état policier — sont soutenues par la théorie de Mansfield sur la suprématie de la présidence et le concept de "présidence unitaire" — en clair, le principe du chef, qui est la pierre angulaire du fascisme moderne.

Centrée sur l’impérialisme et le mouvement qui vise à imposer son système sur presque toute la Terre, cette idéologie "volontariste" utilise la centralisation économique et administrative qui constitue la marque de fabrique du "libéralisme" américain moderne, et le militarisme et l’impérialisme caractéristiques du "conservatisme" moderne, dans une synthèse parfaite de la "gauche" et de la "droite" qui satisfait tout le monde et ne laisse aux dissidents que les espaces marginaux de "l’ultra gauche" et de "l’ultra droite". C’est ainsi que nos fascistes modernes peuvent, non sans raisons, se qualifier eux-mêmes de "centristes", voire de "modérés."

Dans le monde étrange dans lequel nous sommes entrés après le 11-Septembre - lorsqu’un accident de l’espace-temps causé par le pouvoir explosif des impacts des avions sur les tours du World Trade Center nous a poussés vers une autre dimension - qui pourrait leur dénier cette autoqualification ? Après tout, dans ce monde étrange, le haut est en bas, la vérité est mensonge, et la "démocratie" signifie le règne d’une élite autoproclamée. Un Straussien est tout à fait à l’aise avec ces inversions universelles : pour le reste d’entre nous, il faudra juste nous y habituer.


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121 réactions à cet article    


  • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 15 mai 2007 11:30

    Strauss’s central theme is excellence, both moral and intellectual. Excellence is the supreme end of political life (Edward Skidelsky). [...] L’homme moderne est un géant comparé à l’homme d’autrefois. Mais il nous faut aussi noter qu’il n’y a aucun progrès équivalent en sagesse et en bonté. L’homme moderne est un géant dont nous ne savons pas s’il est meilleur ou pire que l’homme d’autrefois." (Leo Strauss, Progrès ou retour, in La Renaisssance du rationalisme politique classique)

    Monsieur Larchey-Wendling

    Excellente initiative d’avoir porté à notre attention ce philosophe peu connu du grand public mais fort bien installé au sein des stratèges néo conservateurs américains. Il faut convenir que nous avons eu l’occasion - maintes fois répétée - d’expérimenter la notion du mensonge noble, propre à Léo Strauss.

    Puis-je recommander Leo Strauss et le droit naturel - (site de Claude Rochet) - une page remarquable, d’une richesse documentaire exceptionnelle, qui permet de saisir les enjeux des polémiques récentes en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique autour de la pensée de Strauss. Pour toute personne qui désire approfondir la personnalité complexe de ce philosophe de derrière les rideaux, je vous recommande ce site fort bien inspiré.

    Pierre R.

    Montréal (Québec)


    • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 11:48

      J’avoue que je ne suis pas assez fin connaisseur de Léo Strauss pour savoir si on peut lui imputer les dérives fascistes/autoritaires de ses disciples et l’utilisation qu’ils ont fait/font de la notion de mensonge noble.

      Par contre, l’idéologie néoconservatrice me parait néfaste au plus haut point. Il faut rapidement la comprendre, la combattre et la vaincre avant qu’elle ne mue en une forme moderne de nazisme.


    • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 11:55

      Je tiens à m’excuser auprès des lecteurs. Le texte qui j’ai soumis contenait les citations en italique ce qui rendait sa lecture plus aisée dans les changements de contexte, d’autant plus que l’auteur utilise souvent le second degré. Cette mise en forme a disparu à la publication. Je trouve cela très dommageable ... Est-ce un problème logiciel ou une décision délibérée de l’éditeur (Agoravox), je n’en sais rien.


    • L'équipe AgoraVox L’équipe AgoraVox 15 mai 2007 13:14

      Ils ont en effet sauté par erreur. On vient de les remettre. Merci de vérifier qu’on ait rien oublié.


    • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 14:17

      Merci pour les corrections. C’est déjà beaucoup mieux. Cependant, il y a encore quelques corrections que je vous envoie par e-mail.


    • Claude Rochet Claude 26 novembre 2008 16:54

       Dont acte, mais la moindre des choses, surtout lorsque l’on se veut "reporter", est de vérifier ses sources, surtout quand on colle sur un mort qui n’y peut mais, une étiquette de "fasciste". Je sais que c’est à la mode, mais quand même
      Strauss n’était pas un positiviste, s’est opposé à tous les totalitarismes et certains commentaires lu sur lui ci-dessous sont tout simplement affligeants de bêtise et d’ignorance crasse.
      Il suffit de lire Leo Strauss.


    • aquad69 15 mai 2007 11:38

      Bonjour Dominique,

      excellent article, auquel je souscris absolument.

      L’inquiétant est que celà n’est pas limité à l’Amérique, mais qu’il s’agit d’une gigantesque vague de fond qui se prépare à engloutir l’ensemble des sociétés développées, et, par suite, l’humanité toute entière.

      Quand nous auront réussi la synthèse entre le culte du chef fasciste, la toute-puissance de la « société » sur l’individu, et le système sécuritaire d’un stalinisme de masse, le tout aménagé avec les techniques génétiques, psychologiques et policières d’aujourd’hui, les anticipations à la George Orwell pourraient paraître bien naîves et optimistes...

      Vous avez aimé le troisième reich ou l’URSS stalinienne ? Vous allez adorer le vingt-et-unième siècle !

      Cordialement Thierry


      • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 12:37

        Bonjour Thierry. Nous avons effectivement de graves problèmes : énergétiques et climatiques, dérive autoritaire/fasciste « justifiée par »/fondée sur le terrorisme, capitalisme prédateur et destructeur. Peut-être serait-il temps que l’on comprennent que ces problèmes sont indissociables de la mondialisation néolibérale, c’est à dire la globalisation de l’insoutenable modèle économique américain. Ce modèle nous conduit droit à la guerre.


      • ju ju 16 mai 2007 00:26

        En parlant d’Orwell, je vous conseille de voir le très bon documentaire Orwell Rolls In His Grave http://video.google.com/videoplay?docid=-4467655342219448521

        Ce documentaire fait un parallèle entre les concepts Orwellien et ce qui se passe dans les médias américains. Le documentaire s’intéresse entre autre à la couverture par les médias américains de l’élection de Bush en 2000,la décision de la cour suprême, ainsi qu’à la façon dont les médias américains ont « vendu » la guerre en Iraq « en mars 2003, 51% des américains croyaient que Saddam Hussein était personnellement responsable des attentats du 11 septembre 2001. »

        Sinon en ce qui concerne « une élite éclairée manipule l’opinion du public dans le but de le conduire à une action qui, en fin de compte, doit être menée pour son propre bien »

        Ceci est très bien expliqué par Noam Chomsky dans le documentaire Manufacturing Consent.

        Chomsky s’intéresse également à cette élite éclairée qui manipule l’opinion du public dans ses articles sur les médias.

        Extrait de l’un d’eux : ...Walter Lippman, who was the dean of American journalists, a major foreign and domestic policy critic and also a major theorist of liberal democracy...argued that what he called a « revolution in the art of democracy, » could be used to « manufacture consent, » that is, to bring about agreement on the part of the public for things that they didn’t want by the new techniques of propaganda....

        ...He argued that in a properly-functioning democracy there are classes of citizens. There is first of all the class of citizens who have to take some active role in running general affairs. That’s the specialized class. They are the people who analyze, execute, make decisions, and run things in the political, economic, and ideological systems. That’s a small percentage of the population... Those others, who are out of the small group, the big majority of the population, they are what Lippman called « the bewildered herd. » We have to protect ourselves from the trampling and rage of the bewildered herd...

        article complet : http://www.zmag.org/chomsky/talks/9103-media-control.html

        un autre article de Chomsky qui s’intéresse aux médias « mainstream » : http://www.chomsky.info/articles/199710—.htm


      • faxtronic faxtronic 15 mai 2007 11:53

        magnifique article, qui commente si justement les manoeuvres des conservateurs. je rajouterais aussi les manouvres des declinologues en France (Baverez, etc...) qui sont associé a Sarkozy.


        • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 12:26

          Je me permets de signaler que l’auteur Justin Raimondo est un (paléo)conservateur/libertaire, dans la terminologie américaine, c’est à dire, il est pour la préservation des valeurs telles qu’elles sont décrites par la Constitution américaine. Et que bien-sûr, il se démarque radicalement des néoconservateurs. Il faut donc faire attention à la précision quand on utilise le terme de conservateur.


        • faxtronic faxtronic 15 mai 2007 13:19

          je fais aussi la distinction entre conservateur et neoconservateur. Le neoconservatisme sera rapproche du fascisme par :

          La primauté de l’etat

          La fin justifie les moyens

          Le patriotisme comme arme de segregation (nationalisme) et comme outil pour la guerre

          Utilisation ouverte de la guerre a des fins economiques (lebensraum) sous couvert de guerre ideologique.


        • frédéric lyon 15 mai 2007 12:02

          Magnifique article, qui permet de se rendre compte de la faillite intellectuelle et morale qui frappe la gauche antilibérale en France.

          Il est urgent de la circonscrire et de la marginaliser, soyons clairs (enfin !) : L’ultra-gauche antilibérale ne vaut pas mieux que le Front National, tous ces gens n’ont pas vocation à diriger le pays et la famille social-démocrate n’a pas à se commettre avec ces gens-là.


          • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 12:09

            Je ne vois absolument pas le rapport entre votre commentaire et l’article. Pourriez-vous préciser votre pensée svp ?


          • frédéric lyon 15 mai 2007 12:38

            L’antiaméricanisme est le socialisme des imbéciles. Vous comprenez mieux maintenant ?

            Notre pays a mieux à faire que de se complaire dans une politique antiaméricaine systématique.

            Pour le plus grand profit de qui ?


          • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 12:48

            Pourriez-vous préciser encore plus car je dois être un peu dur de la feuille ? Qu’est-ce que l’américanisme ? Est-ce celui que Justin Raimondo dénonce, c’est à dire celui des néoconservateurs qui veulent détruire la Constitution et la Déclaration des droits ? Ou est-ce celui que des français attaque dans la politique de l’administration américaine ? Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais Raimondo se classe lui-même dans la catégorie ultra-gauche/ultra-droite lorsqu’il tient compte du paysage politique américain d’aujourd’hui.

            Alors c’est quoi être anti/pro-américain selon vous ?


          • JL JL 15 mai 2007 14:32

            A Dominique Larchey-Wendling : il semble que ce soit Frédéric Lyon qui, aveuglé par sa haine pour les antilibéraux, n’ait rien compris à votre article.

            Pour preuve sa phrase : «  »L’antiaméricanisme est le socialisme des imbéciles. «  » aussi absurde qu’incongrue dans cette discussion.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 2007 01:47

            Ceci est une copie d’un commentaire que j’avais mis poliment dans la file d’attente, mais vue la façon dont les choses évoluent, je pense utile de l’insérer ici à ce qui m’apparaît comme le point de dérapage...

            «  » Juste mon grain de sel dans un débat qui ne peut que s’étendre et dépasser le cadre de ce blogue. 1) Un petit texte de référence pour ceux qui s’intéressent à la droite américaine : http://www.projectcensored.org...

            2. Je pense faire oeuvre pie en référant les véhéments défenseurs de l’américanisme qui intervienntt à cet échange à un article de mon site qui conduit à tout un florilège de petits pamphlets assez critiques sur les USA. http://www.nouvellesociete.org...S’ils veulent bien me répondre directement,j’y trouverai plaisir et la discussion ici pourra se poursuivre plus civilement. smiley

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          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 2007 01:56

            Ceci est une copie d’un commentaire que j’avais mis poliment dans la file d’attente, mais vue la façon dont les choses évoluent, je pense utile de l’insérer ici à ce qui m’apparaît comme le point de dérapage...

            «  » Je pense faire oeuvre pie en référant les véhéments défenseurs de l’américanisme qui intervienntt à cet échange à un article de mon site qui conduit à tout un florilège de petits pamphlets assez critiques sur les USA. http://www.nouvellesociete.org/5142.html S’ils veulent bien me répondre directement, j’y trouverai plaisir et la discussion ici pourra se poursuivre plus civilement. smiley


          • Sylvio Sylvio 15 mai 2007 12:23

            Super article, un peu difficile à lire mais qui décrit bien la situation actuelle de l’évolution de nos démocraties.

            A voir cet article également très intéressant : « L’Amérique cadenassée, ou la démocratie dictatoriale à la recherche d’un “dictateur à rebours” »

            http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3121

            Pour voir comment ces principes philosophiques réfléchis et apliqués dans le concret, aujourd’hui, il suffit de lire les rapports du PNAC (Project For a New American Century : think tank, « groupe de réflexion » qui prône la suprématie américaine et l’impérialisme américain pour le XXIe siècle de quelconque manière : politique, économique, culturel ou militaire) : http://www.newamericancentury.org/publicationsreports.htm

            Le 1er rapport « Rebuilding America’s Defenses : Strategy, Forces and Resources For a New Century » montre clairement la stratégie américaine de l’administration pour les prochaines années.

            Les objectifs de la guerre en Irak y étaient par exemple clairement énoncé (ce rapport a été publié en 2000) par ceux qui ont lancé cette guerre (beaucoup de membres du PNAC ont ou ont fait partie de l’administration Bush). Pourquoi la presse qui a longuement édicté les différentes causes possible de cette guerre n’est elle pas aller les chercher à la source dans ce rapport ? Pourquoi les journalistes disent-ils « Oui c’est vrai cette guerre est aussi une guerre du pétrole » et ne disent-ils pas « Les néo-conservateurs de l’administration Bush ont décrit dans le rapport du PNAC pourquoi ils souhaitaient entrer en guerre contre l’Irak. », est-ce que les journalistes n’ont jamais entendu parler du PNAC ? Suivent-ils des communiqués de presse sans faire aucune investigation (pourtant je suis sûr que des journalistes ou écrivains doivent s’être intéresser au PNAC).

            PNAC :
            http://www.newamericancentury.org/
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Project_for_the_New_American_Century


            • fouadraiden fouadraiden 15 mai 2007 12:49

              salut ,

              je vois que tu tiens vraiment à ton sujet,sans doute juste.

              ceci dit,les philosophes ont toujours été borgnes au sujet de l’histoire et quelle drôle d’idée de relier l’administration américaine à l’un d’entre-eux.

              avec le même raisonnement on pourrait s’interroger pour savoir quels sont les auteurs classiques qui représentent le mieux les quatre siècles qui viennent de s’écouler et qui sont exclusivement occidentales ?

              à Léo Strauss ? à lui seul ?

              c’est encore un moyen détourné pour nous désigner des coupables expiatoire,non ?


              • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 12:59

                Bonjour,

                Comme je l’ai fait remarqué dans un commentaire précédent, je ne sais pas si on peut attribuer au philosophe Strauss la mise en oeuvre qui a été faite de ses préceptes. Je ne le connais pas assez pour cela. Mais il me semble que l’auteur attaque plutôt l’utilisation d’une forme très cynique de rhétorique qui veut convaincre que l’Amérique qu’ont toujours voulu les pères fondateurs est une dictature.


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 15 mai 2007 16:47

                Bonjour

                Il faut voir Léo Strauss agissant, au plan des idées et en tant que facteur d’influence critique, auprès d’une sphère sélecte et bien circonscrite, évoluant très près du pouvoir américain. Cette sphère a la particularité d’avoir réuni un groupuscule très puissant et très déterminé qui n’a pu d’abord intervenir auprès de Bush père et de Clinton mais qui a enfin atteint ses objectifs avec Bush fils. L’un des plus fervents disciples de Strauss aura été Wolfowitz et sa suite qui ont travaillé à une seule grande oeuvre : la démocratisation du moyen-orient à l’aide d’un mensonge noble.

                Strauss, s’il n’est pas la source de tous les maux, aura été une caution philosophique à plusieurs de ces derniers.

                L’existentialisme français a eu ses disciples sauf que Jean-Paul Sartre, à l’exception de son adhésion au parti communiste, n’a pas érigé sa philosophie en doctrine politique.

                Pierre R.

                Montréal (Québec)


              • fouadraiden fouadraiden 17 mai 2007 17:00

                Peirre m,

                c’est n’importe quoi ,car vous mesurez comment cette prétendue influence ?

                le mot influence n’explique rien comme tous ces faux concepts issus des sciences humaines .

                et il y a bien une doctrine politique dans la philospohie de Sarte contrairement à ce que vous dites ou ce que la neutralité relative de notre génie laisserait croire.

                Léo Strauss n’est la cause de rien du tout quand bien même il servirait, dans la bouche de nos protagonistes, à justifier leur politique actuelle.


              • ZEN zen 15 mai 2007 14:27

                @ L’auteur

                Merci pour cette analyse foisonnante et salutaire.

                Leo-Strauss, que j’ai un peu lu, a donné lieu à des gauchissements discutables, à des interprétations récupératrices ; Pas étonnant, état donné l’aspect assez hermétique et sans doute équivoque de sa pensée parfois (voir le site indiqué par Pierre). C’est le propre de toute pensée philosophique d’être soumise à des manipulations et à des distorsions( Platon, Rousseau, entre autres , ont subi ce sort...)

                Je conseille le blog de JP IMMARIGEON, rédacteur occasionnel sur AV, qui montre que l’affaiblissement de la puissance US est en route...


                • Jean-Philippe Immarigeon Jean-Philippe Immarigeon 15 mai 2007 14:28

                  Article fort intéressant, qui confirme et valide tout ce que j’ai pu écrire depuis 5 ans dans Défense Nationale, ainsi que mon ouvrage paru l’année dernière, ou encore l’article de mon blog d’il y a 3 mois, « Feu la constitution US ».


                  • JL JL 15 mai 2007 14:30

                    Texte ardu, bourré de références, mais passionnant. Impossible de tout digérer en une fois.

                    Vous écrivez : «  »Les pères fondateurs de l’Amérique« avaient une autre idée en tête, affirme Mansfield, parce qu’ils  »étaient conscients de ces deux faiblesses de la règle de la loi lorsqu’il ont créé la présidence .«  »

                    Au sujet de « la règle de la loi », est-ce un effet de la traduction ? Pouvez-vous préciser ce qu’il faut comprendre de cette expression que, selon Baudrillard, j’appellerai un oxymore ? En effet, dans « De la Séduction » Baudrillard écrit : « Le contraire de la loi ce n’est pas l’absence de loi, c’est la règle. On peut transgresser la loi, on ne peut pas transgresser la règle, sinon à sortir du »jeu«  ».

                    Le lis plus loin : «  »Un gouvernement libre« affirme Mansfield, »devrait montrer son respect pour la liberté même lorsqu’il est conduit à en priver ses citoyens.«  »" : Ces propos sont Typiquement des propos d’obscurantistes.


                    • JL JL 15 mai 2007 14:31

                      Je lis : «  »Ainsi que John T. Flynn, le libéral converti à la `vieille droite’ conservatrice et opposé au New Deal l’affirmait : « Lorsque le fascisme arrivera, il n’aura pas la forme d’un mouvement anti-Américain ou celle d’une apologie de l’Hitlérisme, pratiquant la déloyauté. Il ne prendra pas non plus la forme d’une croisade contre la guerre. Il apparaîtra sous les atours lumineux d’un patriotisme enflammé ; il prendra des formes et des couleurs authentiquement ingénues, et se propagera uniquement parce que ses leaders, encore invisibles, sauront identifier les grandes aspirations, désirs et pensées de l’opinion publique et sauront attirer sous leur bannière les leaders qui commandent aux minorités influentes de la vie publique américaine »".

                      Pourrait-on remplacer « américain(e) » par « français(e) » et s’interroger au sujet de la récente élection présidentielle française ?

                      «  »Les leaders qui commandent aux minorités influentes de la vie publique …«  » : Des leaders comme Bernard Kouchner, par exemple ?


                    • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 14:43

                      Merci de vos remarques sémantiques. N’étant pas juriste ou avocat moi-même, j’espère que je n’ai pas commis trop d’impaires sur la traduction des mots. Sur le mot « règle de la loi, » c’est la traduction de « rule of law » en anglais. Peut-être « règne de la loi » est mieux ?

                      En ce qui concerne « Ces propos sont Typiquement des propos d’obscurantistes », vous faites référence à la citation de Mansfield, le professeur néocon de la gouvernance à Harvard ... effectivement le néoconservatisme est une forme d’obscurantisme qui veut combattre les héritages de combats sociaux et pour les libertés civiles fin-60 début 70 ... en clair et en français, l’héritage de 68. Mais peut-être ne s’agit-il que d’une coïncidence.

                      Pour en savoir plus sur le néconservatisme et ses origines, voir le reportage « The Power of Nightmares » par exemple sur archive.org.


                    • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 15:09

                      « Des leaders comme Bernard Kouchner, par exemple »

                      C’est « ouverture » de NS à « gauche » est assez curieuse pour plusieurs raisons. D’abord elle succède à une proposition faite à H. Védrine, chantre de l’hyper-puissance et certainement pas atlantiste béat (ou pire) comme Kouchner. Ensuite parce qu’elle fait de l’ombre à un autre atlantiste à deux balles comme Pierre Lelouche.

                      Peut-être que le problème de la classe politique française vis-à-vis de l’attitude à adopter face aux USA serait simplement résolu si elle acceptait de qualifier l’administration Bush pour ce qu’elle est : d’ouvertement fasciste. Ensuite, on pourrait expliquer qu’on souhaite un « changement de régime » pour la « libération démocratique » du peuple américain. Mais bon, il faudrait expliquer comment un gouvernement fasciste est arrivé au pouvoir dans la « démocratie modèle » et nos dirigeants auraient peut-être quelques difficultés à y parvenir ...


                    • GRL GRL 15 mai 2007 15:55

                      Constatez ,

                      Allegre ( gauche ) , education => étudiants , reforme des universités , possibilité d’une grande force contestataire et émeutière. Sale boulot pour Allegre

                      Védrine ( gauche ) , justice => réformes impopulaires en voie de réalisation , durcissement des peines annoncé , eugénisme renaissant , Védrine , porte parole de la honte.

                      Kouchner ( gauche ) 2008 France présidente de l’europe , et sortie possible des néocons en Amérique , qui peuvent toutefois esperer rester au pouvoir si guerre d’Iran il y a et si les hostilité sont trop engagées. Peuple français et même européen largement opposé à la guerre, contre un Sarkozy pret à la faire ... et Kouchner , porte parole de la honte , avatar médiatique d’un echec populaire possible.

                      Il y a un rapport entre les domaines les plus sujets à la contestation populaire et à un rapport de force à l’interieur du pays, et la nomination possible de gens de gauche pour en mener les missions. Cà peut etre comme une sorte de parachute pour Sarkozy si la situation tourne mal. C’est aussi un moyen de canaliser une partie de la vindicte populaire sur des personnalités de gauche ayant accepté de travailler avec Sarkozy , de continuer à garder la gauche la tete sous l’eau tout en avançant dans le programme, et peut etre aussi de mieux faire passer des restrictions de droits individuels avec un Hortefeux à l’intérieur. C’est aussi un moyen de pouvoir changer de ministre et ne pas jouer ses va-tout d’entrée. ( voire Villepin grillé avec le CPE , etc ... )

                      Mais j’attends la composition du gouvernement pour me faire une idée plus précise.


                    • frédéric lyon 15 mai 2007 15:43

                      Cet article n’a pas tardé à susciter des commentaires « antisionistes », qui lui vont d’ailleurs comme un gant.

                      Finalement l’antiaméricanisme, l’antilibéralisme et « l’antisionisme » d’aujourd’hui se calquent étroitement sur l’antiaméricanisme et l’antisémitisme d’avant-guerre d’Adolf Hitler, d’Hermann Goering, de Jacques Doriot et de Marcel Déat, dont ils reprennent les réthoriques « révolutionnaires » et « socialistes » pour désigner les mêmes ennemis : Les Juifs et les Anglo-Saxons.

                      Les Kollabos de la dernière guerre, ceux qu’on a oublié de fusiller à la Libération, ont apparemment fait des petits.


                      • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 15:51

                        Heureusement, vous êtes là pour veiller au grain. Et je vais faire comme vous. Le texte ne parle ni des sionistes, ni des Israëliens, ni des juifs et est écrit par un conservateur Américain. Alors je vais essayer de déclarer toute récupération sur ces thèmes comme hors sujet.

                        Quand à l’(anti-)américanisme ... vous ne m’avez toujours pas répondu ... L’américanisme est-il pour vous le suivisme aveugle et criminel de tous les délires d’une administration fasciste ?


                      • didu didu 15 mai 2007 15:44

                        Et pourquoi on ne parle jamais de la France ?

                        Les USA sont bien loin d’etre une dictature...Les minorités sont trés bien traitées et respectées et la liberté de parole est completement respectées.

                        En France on se coltine des lepéniste et nazillons qui votent Sarko et des discriminations qui n’en finissent plus.

                        Espèce de sales fachos. Vous essayez de concentrer le regard sur les US pour avoir bonne conscience ici mais vous ne trompez plus personne...

                        On sait trés bien que la France est une putain de sale dictature avec journalistes menacés et RACISME d’Etat.


                        • didu didu 15 mai 2007 15:50

                          Quid des crimes de la France en Afrique ?

                          Du génocide Rwandais et de l’implication de la France ?

                          Et quid du Racisme d’Etat qui sevit en France ?

                          Les US sont sur le point de choisir un noir comme président et la France en est toujours à bruler des noirs (affaires de Marseille,il ya un mois), à discriminer ceux qui sont arabes ,à stigmatiser les chinois et les indiens...Ce pays de nazillons et de collaborateurs n’a toujours pas compris que ces minorités sont FRANCAISES !

                          Et dire que ce pays de grenouilles et d’escargots se prend pour le pays des droits de l’homme...


                        • didu didu 15 mai 2007 15:56

                          Espèce de sales RACISTES, bande de nazillons...

                          Vous essayez de vous donner bonne conscience en insultant un autre pays...

                          Maire noir de Los Angeles : Tom bradley en 1973.

                          Condi Rice a un des plus hauts postes dans le gouvernement, Colin Powell

                          sans citer tout les arabes,juifs,indiens,noirs,pakistanais,hispanics dans les gouvernements succesifs et dans les hopitaux,dans les universités, grandes entreprises...

                          Personne ne va oublier que le France est impliquée dans des crimes contre l’humanité en Afrique et partout ailleurs. Personne ne va oublier le racisme latent qui sevit en France.

                          Plus d’articles pour faire diversion comme celui-ci=Plus de racisme en France=plus d’emeutes, d’entreprises et de bus brulés.

                          Quand est-ce que vous comprendrez donc ?


                        • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 15:57

                          Vous n’avez pas compris ce qui est écrit dans le texte. Il défend la CONSTITUTION américaine contre le mouvement néoconservateur qui s’est donné pour objectif de raser les libertés civiles américaines et soumettre le monde entier (global dominance). Et si en France on s’inquiète de l’attitude américaine, c’est qu’hélas elle entraine le monde entier dans SES CHOIX catastrophiques.

                          Vos pires ennemis ne sont pas extérieurs, si toutefois vous êtes un américain.


                        • didu didu 15 mai 2007 16:08

                          Mais retourne à l’école ignare !

                          J’en ait définitivement MARRE de ce qui est devenu une tradition dans ce pays, c’est à dire attaquer tout ce qui vient de l’étranger et de cet anti-américanisme que les gens pratiquent pour se donner bonne conscience...

                          Les US restent le pays le plus libre sur la planète, pays où l’on peut dire ce que l’on veut dans les limites du respect et de l’acceptable...Il n’ya qu’en France où l’on a le privilège d’entendre pibliquement Sevran nous dire qu’il faut euthanasier tout les noirs de la planète et aprés se rallier à Sarko, Il n’ya qu’en France où l’on peut allumer son poste télé et apprendre jour aprés jour les dérives RACISTES ET NAZIE qui s’opèrent dans ce pays(reportages sur les supposés "sauvages d’Afrique,meurtres racistes, discriminations à l’embauche, d’ailleurs les talents discriminés s’expatrient et trouvent du travail en moins d’une semaines aux US et au Royaume-Uni...)

                          PS : Sarko n’a rien à voir avec le modèle de société américain...Il est à strictement à son opposé...

                          A quand des articles sur la France comme dictature... ?


                        • Dominique Larchey-Wendling 15 mai 2007 16:15

                          Vous insultes ne constituent en rien des arguments et je vous rappelle que l’AUTEUR du texte est un AMERICAIN, libertaire et (paléo-)conservateur. Pour ma part, je m’inquiète de ce que fait l’administration américaine à l’intérieur et à l’extérieur et j’ESPERE que le PEUPLE américain saura l’arrêter avant qu’il soit trop tard.

                          Vous ne vous placez absolument pas sur le terrain de l’analyse mais de la vindicte autoritaire. Calmez-vous et servez-vous de votre cerveau au lieu de cracher votre haine.


                        • didu didu 15 mai 2007 16:16

                          Ce que vous appelez le « mouvement néo-conservateur » (gimmick obligé de tout les faux-intello...) a régularisé plus de 12 millions de sans-papiers depuis 2002 sous l’impulsion de Bush notament...La liberté de parole y est respectée, en tout cas bien plus qu’en France...

                          allez vous informer au lieu de reprendre une rhétorique désuète.

                          PS ; si vous ne l’avez toujours pas compris en lisant mes messages, je suis de GAUCHE.

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