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Commerce international : l’urgence de ne pas agir avec précipitation

Oxfam a publié récemment un rapport dans lequel cette organisation vouée à la coopération et à la solidarité internationale s’inquiète des pressions faites sur les pays en développement pour que ceux-ci signent rapidement un nouvel accord de commerce international qui conclurait le cycle de Doha. D comme Doha ou D comme dupes ?

Recette pour un désastre porte un message on ne peut plus clair : mieux vaut pas d’accord en 2006, dans le cadre des négociations commerciales de l’OMC, qu’un accord qui minerait le terrain du développement Technorati Tag World dans les pays censés profiter de nouvelles règles de commerce international.

Pompeusement nommé Programme de Doha pour le développement, le cycle de négociations entamés en 2001 par la signature d’une déclaration de tous les pays membres réunis lors de la quatrième Conférence ministérielle de l’OMC dans la ville de Doha, au Qatar, devait faire en sorte que le système commercial international puisse « jouer un rôle majeur dans la promotion du développement économique et la réduction de la pauvreté Technorati Tag World (extrait de la Déclaration ministérielle). »

Or la réalité est tout autre, fait le constat Oxfam.

Confrontés aux producteurs agricoles Américains et Européens qui peuvent compter sur un généreux système étatique de subventions ou de protection de leurs marchés intérieurs, les producteurs agricoles Technorati Tag World du reste du monde partent défavorisés.

La fin des subventions agricoles, annoncée tant à Washington qu’à Bruxelles à grand coup de relations publiques à peine déguisées en négociations publiques, est une belle attrape :

D’après l’analyse d’Oxfam, si les propositions actuellement sur la table étaient acceptées, tant l’Union européenne que les États-Unis pourraient augmenter leurs dépenses agricoles ayant des effets de distorsion des échanges, bien qu’ils aient annoncé des réductions de ces dépenses de 70 p. 100 et de 54 p. 100 respectivement.

Recette pour un désastre, page 2, mais aussi les pages 10 et 11 pour l’explication de ce phénomène.
Dans le cas plus particulier du coton, même si les subventions américaines ont été jugées illégales par l’OMC en 2004, les États-Unis tardent à se conformer à la mise en oeuvre des recommandations d’un groupe spécial de l’OMC pour corriger la situation.

Que valent des règles internationales qu’une superpuissance commerciale peut bafouer impunément ?

Pendant ce temps, les meneuses de claque de ces pressions, pardon de ces négociations internationales, refusent que les pays les plus pauvres Technorati Tag World protègent leurs marchés agricoles intérieurs.

La proposition américaine visant l’accès aux marchés agricoles aurait de lourdes incidences sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance du fait qu’elle empêcherait les pays en développement de protéger des produits vitaux pour les agriculteurs pauvres.

Recette pour un désastre, page 2.

De leur côté, les Européens veulent « soustraire de nombreux produits exportés par les pays en développement aux réductions tarifaires ».

Mais, pendant que tous les yeux sont tournés vers les champs des producteurs agricoles, le véritable enjeu des négociations de l’OMC, c’est le secteur des services.

L’accord sur l’accès aux marchés pour les produits non agricoles (AMNA) que les pays en développement sont invités à signer aurait pour effet de réduire à néant la possibilité pour ceux-ci de protéger leurs marchés industriels et de services intérieurs encore fragiles.

Pendant ce temps, « les discussions sur la réglementation du recours aux barrières non tarifaires, et l’élimination des crêtes tarifaires et de la progressivité des droits dans les pays riches Technorati Tag World ont été reléguées aux oubliettes ».

Bref, les pays riches veulent le beurre et l’argent du beurre.


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7 réactions à cet article    


  • romG romG 26 juin 2006 14:10

    Michel,

    Un début de solution ne résiderait-il pas dans l’application des règles du commerce équitable dans les pays industriels ? Ce qui permettrait de revaloriser les productions locales, diminuer les subventions et se placer dans une optique de développement durable.

    En France, une telle démarche est soutenue, entre autres, par Minga.


    • parkway (---.---.18.161) 26 juin 2006 15:40

      romg

      hier je participais à un forum sur la décroissance.

      bien sûr développer le commerce équitable, c’est un début.

      mais il faut aussi et surtout, changer les mentalités « tout pour le fric » de nos chers politiques et autres citoyens aveugles !

      Donc, à un moment ou à un autre, il faudra trancher dans le vif, mais rapidement car notre belle planète s’enlaidit de jour en jour !

      L’OMC, est notre principal ennemi : menteurs et truqueurs pour assouvir leur soif de pognon et malheureusement ce n’est pas de la démagogie !


    • romG romG 26 juin 2006 16:29

      Salut Parkway,

      Est-il possible d’avoir un compte-rendu de ce qui s’y est dit ? Même si je suis d’accord avec le constat, je n’arrive pas à me dire que tout cela est applicable (en tout cas, pas dans l’espace de temps restreint qui nous est imparti). C’est pourquoi je préfère la rhétorique « développement durable » (soutenable est préférable, mais bon), pour réussir à attirer l’adhésion du plus grand nombre. A mon sens, la décroissance, si elle doit se faire, ne se fera que dans la douleur.

      Je suis un incorrigible utopiste et un rêveur acharné, mais je suis aussi un esprit critique et scientifique qui voit les possibilités techniques (travaux sur le facteur 4, de l’association négaWatt ...) qui, si elles étaient appliquées, pourraient probablement permettre de ne pas en venir à certaines extrêmités. Quant à l’OMC ...

      Cordialement.


    • Michel Monette 26 juin 2006 19:28

      J’ai écrit quelques billets sur le commerce équitable : http://blogsocial.viabloga.com/texts/equitable.shtml

      L’équitable une des pièces d’un puzzle qu’il n’est pas facile de reconstituer. Un exemple, entre mille autres : que veut dire « être développé » ? Le sommes-nous quand nous laissons des millions d’êtres humains croupir dans la misère en adoptant l’attitude de Ponce Pilate (il est facile de dire que les miséreux sont victimes de leur propre misère, mais il est aussi facile de dire que ce n’est absolument pas de leur faute).


    • Adolphos (---.---.59.170) 27 juin 2006 12:30

      Il est clair que la sécurité nationnale impose de conserver un large pan d’agriculture propre, et que si ca génes quelque peu les pays du sud, ce n’est pas notre probléme. Ils n’ont qu’a faire de l’industrie et du service, comme tout les pays qui se sont développé.


      • Internaute (---.---.248.174) 3 juillet 2006 17:43

        « Bref, les pays riches veulent le beurre et l’argent du beurre. » Quel raccourcis vous prenez-là. Vous assimilez allègrement les marchands internationaux ayant leur base dans les pays riches aux populations des pays riches.

        Le cycle de Doha et le commerce international sont une plaie pour tout le monde sauf pour ceux qui naviguent sur les océans.

        Les pays pauvres ne verront jamais se développer une industrie nationale tant soit peu consommatrice de capital s’ils sont obligés d’accepter la concurrence étrangère. On cherche donc à les maintenir dans un rôle de fournisseur de main-d’oeuvre bon marché. L’installation d’insdustries étrangères sur leur sol a aussi un effet dévastateur sur l’équilibre social local car il attire des millions de plus pauvres dans des cités qui ne peuvent ni les accueillir ni leur donner du travail. Le commerce international favorise l’extension des bindon-ville et stérilise les initiatives locales.

        Le commerce international est une catastrophe pour les populations des pays riches qui voient les emplois industriels disparaîtres. On y perd notre savoir-faire, nos emplois et nos économies. Au bout du compte c’est la chute garantie du niveau de vie. La seule façon d’y remédier est de changer rapidement le personnel de l’Assemblée Nationale.

        Il est significatif que les politiques qui défendent le commerce international sont les mêmes qui défendent le brassage des populations.

        Les investissements à l’étranger sont une bonne chose lorsqu’ils se placent dans le contexte local. Ainsi, l’implantation de Toyota en France ou de Peugeot en Chine a un sens positif en créant de la valeur et en améliorant le système productif. Là où cela ne va plus du tout est lorsqu’on parle d’enlever les limites au commerce international entre des ensembles économiquement trés différents. On rentre dans un tout autre sujet qui touche beaucoup plus à la politique et à l’avénement d’une république universelle chère aux francs-maçon qu’au développement économique. Le grand brassage crée des dépendances dont nous n’avons absolument pas besoin. Depuis le 19° siècle et avec peu de moyen techniques, la France s’est nourrie. Aujourd’hui on est obligé de fabriquer du maïs pour l’exportation et d’importer les fruits et légumes. Nous n’avons rien gagné. Nous avons seulement perdu notre indépendance alimentaire même si la balance commerciale agricole a un solde positif. Si c’est cela l’OMC il faudra qu’on en explique les avantages.

        A la délocalisation des emplois, opposons la localisation des ventes. Que les slips fabriqués au Lesotho soient vendus en Afrique et pas ailleurs.


        • Michel Monette 4 juillet 2006 16:47

          La part de responsabilité vis-à-vis l’économie mondiale est collective. Vous et moi sommes bien à l’aise de profiter de bas prix dans une foule de produits de consommation. Contrairement à vous cependant, je ne crois pas que la solution soit un retour au protectionisme, mais plutôt des règles commerciales grâce auxquelles tous les pays seraient gagnants. D’ailleurs, en passant, l’Amérique du Nord et l’Europe « assurent encore près des deux tiers du commerce mondial des produits manufacturés » (OMC. Statistiques du commerce international 2005, page 2.) qui représentent tout de même 6570 milliards de dollars, comparé à 783 milliards de dollars pour les produits agricoles qui viennent au 12e rang des produits exportés. Mais il est vrai aussi que « les exportations européennes de produits agricoles (...) ont représenté 47 pour cent des ventes mondiales en 2004 » (Idem, page 5). Bref, vous qui vivez en Europe et moi qui vit en Amérique du Nord profitons des retombées du commerce mondial au point où tout retour en arrière serait un sacrifice.

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