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Congo Brazzaville : Trêve Sociale illimitée et Misère Accélérée vers le Chemin d’Avenir

Quand les ruses du pouvoir et les caprices du FMI prolongent la longue nuit des fonctionnaires

La longue nuit très sombre que traversent les fonctionnaires congolais semble trop longue au motif que nul ne pourrait fixer son terme avec exactitude. La nuit étant ce que elle est : noire, mystérieuse, horrible, invivable et pleine de surprises désagréables. Cette longue nuit -presque infinie- a réduit le pouvoir d’achat des ménages non sans avoir plongé les fonctionnaires dans les marécages de la mendicité et de la misère accélérée.

Jusqu’ici, personne n’ose mettre fin à cette nuit implacable et inhumaine, qui complique davantage la situation sociale des travailleurs.

En effet, très souvent manipulés et corrompus, certains syndicats ont fini par courber l’échine en optant pour la voie lactée du syndicalisme alimentaire, qui permet aujourd’hui à quelques syndicalistes à la retraite de s’enrichir sur le dos des fonctionnaires laissés pour compte.

Ces syndicalistes ont compris la formule et surtout le refrain bien connu de tous : « publier un avis de grève, négocier avec le gouvernement, toucher quelques millions de FCFA lors des négociations et enfin reconduire sans vergogne une énième trêve sociale pour apaiser le climat social ».

C’est dans cette logique insolite que se jouent et se trament toutes les démarches ou initiatives devant améliorer la situation des fonctionnaires congolais, qui, avouons le, broient du noir et se noient dans les dettes. Qui mettra fin à ce long cauchemar ?
Le Fonds Monétaire International (FMI) ne cesse de multiplier le nombre de ses "revues" au Congo Brazzaville sans donner la possibilité de récolter les fameux fruits tant attendus par les fonctionnaires et le reste du peuple.
Les experts du FMI en mission au Congo Brazzaville sont demeurés les mêmes depuis plus de dix ans. Les "efforts réalisés par le gouvernement sont encourageants. Oui ! Mais jusqu’à quand" ?
 
Au moment où le soleil a du mal à se lever pour les fonctionnaires congolais, il y a lieu de se poser la question de savoir si, réellement le langage très diplomatique des experts du FMI et de la Banque mondiale est très rassurant.
En outre, dans son message de vœux à la Nation, le 31 décembre 2009, Denis SASSOU NGUESSO, très calculateur et fin, a comme d’habitude appelé les pauvres fonctionnaires à la prudence, à la patience et surtout à faire preuve de sacrifice car, a-t-il déclaré : "quand la nuit est longue, c’est que le jour n’est plus loin !".
Ce proverbe ne rassure point et ne devrait pas représenter une garantie pour "ceux qui vivent dans la misère et se livrent à la mendicité au quotidien". Car, ne nous voilons pas la face, le Congo Brazzaville aura du mal à accéder à l’initiative PPTE à cause du laisser-aller, de la corruption, la concussion et la privatisation de l’Etat qui ne sont plus à démontrer.
Comment les institutions financières internationales arriveront-elles à effacer la lourde dette qui plombe notre économie de misère au moment où les ministres, les députés, les sénateurs, les conseillers, les délégués généraux et autres proches du pouvoir, perçoivent des gros salaires fonctionnels, qui leur permettent de "sortir la tête de l’eau" et vivre en douceur pendant que les fonctionnaires sont condamnés à vivoter et à "serrer la ceinture".
Jusqu’à quand les fonctionnaires civils seront-ils lésés et domestiqués au profit des officiers supérieurs militaires, policiers, gendarmes et des magistrats ?
Pour cette catégorie de fonctionnaires tout va bien, car tout est assuré et garanti. Mais pour les autres, la nuit sombre et mystérieuse se confond aux maigres salaires qui impliquent la misère, la mendicité. Comme quoi, la redistribution du revenu national est loin d’être équitable et équilibré.
 
Depuis la dépréciation du franc CFA et la chute drastique du prix du baril du pétrole en 1994 et le gel par le pouvoir de l’époque des avancements et autres effets financiers, la situation des travailleurs congolais n’a cessé de se dégrader.
En effet, le 23 septembre 2008, le gouvernement avait signé un accord avec les organisations syndicales tel que l’atteste le communiqué final sanctionnant les travaux de la 4ème session extraordinaire de la commission ad doc sur la trêve sociale, accord portant la levée des mesures de blocage des effets financiers à la suite d’un avancement ou d’un reclassement et d’une révision administrative ainsi que la mise sur pied d’une nouvelle grille salariale et la résolution des problèmes spécifiques des travailleurs par corporation.
La date d’application de cet accord était fixée au 1er janvier 2010. Où en sommes nous aujourd’hui.
 
Par ailleurs, dans la lettre de cadrage budgétaire du 18 août 2009, SASSOU NGUESSO avait appelé le gouvernement à "étudier le moyen d’élever le pouvoir d’achat des travailleurs en levant les dernières mesures de blocage des salaires des fonctionnaires et agents assimilés".
Cette promesse électoraliste a fini par ressembler à une simple ruse indigène. Car, aujourd’hui, le gouvernement refuse l’application de cet accord et honore ses engagements pris. Un refus qu’il justifie par la crise économique mondiale et les négociations avec les institutions financières internationales en vue d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).
 
En réalité, rien ne justifie une telle attitude du gouvernement. Depuis 2003, le budget de l’Etat a dégagé des excédents importants, logés dans un compte de stabilisation à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Lesquels excédents sont aujourd’hui estimés à 4.010 milliards de FCFA, dont 2.500 milliards de 2003 à 2008, 150 milliards en 2009 et 1.360 milliards prévus pour 2010.
Le même gouvernement a indiqué, à l’issu du Conseil des ministres du 06 novembre 2009, que la croissance de l’économie congolaise sera de12,1% en 2010 avec un budget de l’Etat de 2.818 milliards, le plus important depuis que le Congo est devenu indépendant. Ceci prouve à suffisance, la mauvaise volonté politique des dirigeants congolais à maintenir la grande partie du peuple dans un état de précarité inacceptable. 
 

Patrick Eric Mampouya dixit.
 
"Rangot" Raphael Ngoma Tsasa

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2 réactions à cet article    


  • clostra 27 janvier 2010 18:28

    Que pouvons-nous dire à nos frères congolais de Brazza qui pour la plupart fonctionnaires ou non souhaitent travailler honnêtement, cotiser pour leur santé et leur retraite ? Que pouvons-nous dire lorsque à la tête d’entreprises d’intérêt national se trouvent des personnes touchant l’équivalent de 144 SMIC, sinon que chez nous ces personnes sont décomplexées...


    • ZM FINANCE PROJECT 8 février 2010 14:52

      ZM FINANCE PROJECT.
      VOTRE GRANDEUR EST FAITE DE CE A QUOI VOUS ASPIREZ.
      AIDEZ EST UNE ASPIRATION NOBLE.
      AIDEZ C’EST AIMER.
      LE PEUPLE CONGOLAIS SOUFFRE.
      NOUS AVONS LE DEVOIR D’AGIR.

      MOBILISONS NOUS.
      SOYONS TOUS SOLIDAIRES.
      ASSISTONS DANS LA MESURE DU POSSIBLE CEUX QUI N’ONT RIEN.
      ON NE SAIT PAS DE QUOI DEMAIN SERA FAIT.
      AUJOURD’HUI, PLUS PERSONNE N’EST A L’ ABRI DE LA PAUVRETE ET DES DIFFICULTES.
      ET CELA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES.
      QUE DIEU VOUS BENISSE.

      ZM FINANCE PROJECT.
      http://www.zmfinanceproject.com/accueil.html

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