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Accueil du site > Actualités > International > Conseil européen : kézako ?

Conseil européen : kézako ?

Le Conseil européen des 15 et 16 décembre 2005 a fini par adopter le budget de l’UE pour la période 2007-2013. Mais au-delà de ces perspectives financières, c’est à un véritable tour d’horizon politique que se livrent les chefs d’États et de gouvernements.

Le Conseil européen se réunit deux fois tous les six mois sous la présidence d’un État membre. Pendant deux jours, les chefs d’États et de gouvernements élaborent la stratégie de l’Union européenne pour les mois à venir, que la Commission devra ensuite mettre en oeuvre en concertation avec le Parlement et le Conseil des ministres. Véritable feuille de route, les conclusions du Conseil européen préfigurent la politique européenne de demain. Car les directives et les règlements ne tombent pas du ciel, mais constituent l’aboutissement formalisé, parfois sur une longue période, de ces grandes messes. Autrement dit, l’impulsion politique se cristallise dans cette enceinte. Il n’apparaît pas inutile, dans ce contexte, de se pencher sur ses conclusions, à l’heure où l’Europe cherche son second souffle. Voici donc, résumées, les principales conclusions du dernier Conseil européen en date.

Migrations : approche globale

Après les incidents tragiques survenus aux portes de l’Europe, notamment à Ceuta et Melilla, et les évènements récents dans les banlieues françaises, le Conseil précise et définit les contours de la politique qu’il entend mener en la matière. Deux axes principaux se dégagent : la lutte contre l’immigration clandestine et, dans le cadre d’une politique de coopération avec les pays tiers, la mise en place d’une approche permettant de "tirer parti des avantages de l’immigration légale". Dans cette perspective, le Conseil adopte " l’approche globale sur la question des migrations : priorités d’action centrées sur l’Afrique et la Méditerranée", qui couvre les domaines suivants :

  • Renforcement de la coopération et de l’action entre États membres
  • Intensification du dialogue et de la coopération avec les États africains et les pays voisins de l’ensemble du bassin méditerranéen (notamment le Maroc, l’Algérie et la Libye)
  • Le financement de ces questions relatives à l’immigration sur les fonds européens de voisinage et de partenariat

Croissance et emploi

Pour ceux qui douteraient encore de l’orientation libérale de l’Europe, le point 18 des conclusions constitue à lui seul tout un programme en matière économique et sociale :

"... le Conseil européen constate que l’économie mondiale traverse actuellement une période de mutation profonde et rapide, et considère que l’Europe a besoin de réformes économiques, d’une modernisation sociale et de politiques environnementales durables pour sauvegarder ses valeurs et relever efficacement les défis posés par la mondialisation et les changements démographiques, tout en profitant au mieux des possibilités qu’ils offrent. Le Conseil européen souligne l’importance de l’innovation, des technologies de l’information et de la communication, de la recherche et du capital humain, en particulier en ce qui concerne les PME, pour améliorer la situation de l’emploi, accroître la productivité et instaurer une croissance durable dans toute l’UE, dans le cadre de politiques macroéconomiques saines."

Dans le même ordre d’idées, le Conseil "insiste sur le fait qu’il importe d’assurer le bon fonctionnement du marché intérieur, y compris dans le domaine des services". C’est ainsi qu’il "prend acte des progrès réalisés" par la directive services - la fameuse directive "Bolkenstein" - qui doit prochainement faire l’objet d’une nouvelle proposition par la Commission, à la suite des amendements introduits par le Parlement européen. Affaire à suivre...

En ce qui concerne les taux réduits de TVA qui intéressent les restaurateurs français, le Conseil européen renvoie la question au Conseil Ecofin (Conseil des ministres de l’économie et des finances) en janvier prochain "afin de dégager un accord final sur cette question".

Les conclusions des sommets européens sont bien souvent longues et détaillées. Nous pourrions citer encore les conclusions relatives au développement durable, au changement climatique et énergies durables ; ou bien encore celles relatives à l’avenir de l’Europe ou à la lutte contre le terrorisme. Nous pourrions apprendre ainsi, par exemple, qu’un nouveau pays - l’ancienne République Yougoslave de Macédoine - vient de se voir officiellement accorder le statut de pays candidat à l’adhésion. Sans compter les annexes et les déclarations relatives à la position de l’UE sur les grandes questions internationales. Bref, les conclusions de la présidence du Conseil européen constituent une véritable mine d’informations, qui permettent d’éclairer le présent aussi bien que l’avenir. Elles permettent de mesurer en dernier ressort le décalage qui existe entre le discours national et le discours européen.

 


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1 réactions à cet article    


  • Sylvain Reboul (---.---.47.244) 20 décembre 2005 10:05

    « Elles permettent de mesurer en dernier ressort le décalage qui existe entre le discours national et le discours européen. »

    Et l’absurdité de la position de ceux, étatistes et socio-nationalistes, qui prétendent construire un modèle social(iste) anti-libéral « européen » lequel n’est ni réaliste ni même imaginable ; ni en France, ni en Europe.

    Dialogue sur le TCE

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