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Accueil du site > Actualités > International > Contrat EADS, quelques dessous cachés ?

Contrat EADS, quelques dessous cachés ?

Cocorico, Eurococo ! EADS le consortium industriel phare de l’Europe allié à l’avionneur américain Northrop ont réussi à vendre pour 35 milliards de dollars d’avions ravitailleurs à l’armée américaine. Quelles analyses découlent de cet événement, hormis le volet le plus prosaïque et évident qu’on ne rappellera pas, renvoyant le lecteur aux journaux habituels. Soyons étonnés et réfléchissons.

En premier lieu, un fait marquant et pour nous assez étrange, nous qui fustigeons le chauvinisme et le patriotisme économique américains. Si EADS a emporté le contrat, c’est parce qu’une série d’irrégularités ont entaché l’appel d’offres remontant à 2003. Et c’est le sénateur Mc Cain qui fit capoter l’affaire en rappelant à l’Etat américain qu’il doit rester garant de la bonne marche équitable des négociations, quitte à ce qu’un constructeur national soit épinglé, ce qui fut le cas pour Boeing, condamné pour avoir triché face à la concurrence. Mc Cain a en effet été furieux de voir Boeing considérer le budget américain en vassal, devant se plier à son diktat alors que le Pentagone rechignait à lui fournir les documents nécessaires pour diligenter son enquête. Alors colère du sénateur partant à l’attaque, obtenant même la condamnation d’un haut dirigeant de Boeing, Darleen Druyun, ce proche de Donald Rumsfeld qui pendant neuf ans, décida comme il voulut des achats de l’US Army avant d’entrer en 2002 chez Boeing. Cet épisode illustre bien le rôle du Congrès américain qui n’a rien d’une chambre enregistreuse comme notre Assemblée, tout en laissant transparaître quelques inimitiés puissantes au sein d’une famille politique, les républicains, tout aussi unie et fraternelle que peut l’être l’UMP avec nos deux amoureux, Sarkozy et Villepin. Du coup, le programme de Boeing a été stoppé et l’US Army s’est retrouvée dans la merde car elle avait jugé prioritaire le renouvellement des avions ravitailleurs dont la flotte actuelle, jugée obsolète, se chiffre à environ 400, et qui devrait atteindre 700 selon les volontés affichées par le Pentagone. Cela dit, l’important est caché et nul ne sait ce qui a été spécifié dans un contrat mis soudainement en exergue sur la place médiatique, alors qu’EADS s’est associé avec un constructeur américain et que l’assemblage se fera là-bas. Nul ne sait quel est le bénéfice exact que tireront nos industriels en termes d’emplois et de rentrées financières. Peu importe le contrat, seul importe l’ivresse de l’annonce médiatique !

Mais au fait, quel est l’intérêt de ces avions ravitailleurs ? La presse semble peu loquace sur ces sujets sensibles dont quelques illustrations pourraient venir de nos actions en Afrique, là où paraît-il des Mirage français ont bombardé des positions rebelles sur fond de coopération non officielle, avec l’utilisation d’avions ravitailleurs. En effet, vu qu’il est difficile de faire naviguer un porte-avions dans les steppes du désert, un ravitailleur s’impose. Son rôle est de permettre à des chasseurs de voler plus loin que le rayon d’action ne le leur permet, avec leur réservoir limité pour des raisons techniques évidentes. L’autre solution étant le porte-avions dont les inconvénients sont multiples. Leur coût est élevé, leur nombre limité et leur délai d’intervention assez lent s’ils ne sont pas positionnés au bon endroit. Et quand bien même ce serait le cas, le champ d’action des avions interdit toute opération éloignée des zones côtières. On comprend que, moyennant quelques pays amis offrant une base, une flotte composée de ravitailleurs et de chasseurs bombardiers est d’un usage plus souple, tout en permettant une couverture largement plus étendue.

Les ravitailleurs ont été utilisés dans plusieurs conflits récents. Notamment lorsque les chasseurs ont bombardé les positions des Talibans en Afghanistan l’année qui suivit les attentats du WTC. L’intervention en Irak en 2003 a fait appel à ce type de dispositif. Alors qu’en 1991, les chasseurs bombardiers américains se sont envolés des bases turques avec leurs ravitailleurs pour mener la première guerre du Golfe, Tempête du désert. Dans tous ces conflits, somme toute conventionnels, les forces aériennes ont joué un rôle important et complémentaire des interventions terrestres. Mais ce n’est pas forcément la règle puisque dans le conflit avec la Serbie, les forces terrestres n’ont pas été utilisées, pour la bonne raison qu’il n’était pas question d’occuper ce pays mais de le contraindre à cesser ses exactions contre les communautés dans une ex-Yougoslavie privée de son ancien ordre politique. Tout comme il sera question d’exiger de l’Iran qu’il ne développe pas son armement nucléaire. Pas question d’envahir l’Iran mais de sévères frappes préventives en perspective. Voilà ce qui se projette entre le Département d’Etat américain et le Pentagone. Et vu la géographie iranienne, la présence d’avions ravitailleurs s’impose. Et vu l’état du dossier, il était temps d’envoyer un signal fort et ne pas faire traîner l’armement, d’autant plus que Boeing s’était démotivé. Et puis, une telle armada peut aussi servir en d’autres lieux, en Afghanistan, ou ailleurs, ou au Pakistan, on ne sait jamais... L’aviation américaine, ce n’est pas moins de 5000 appareils mais le budget de l’armée reste modeste en pourcentage du PIB.

Au bout du compte, tout se sait et donc tout est incertain car l’essentiel nous est caché, se logeant dans les âmes humaines des dirigeants, des masses, des classes. Un amateur de gros bolides peut très bien faire l’acquisition d’une Ferrari sans être certain de pouvoir la piloter un jour. L’US Army achète des ravitailleurs. Les industriels, leurs actionnaires, leurs salariés peuvent se réjouir, c’est sûr, et après, ça peut éventuellement servir si les instances concernées le décident. Mais c’est aussi une tactique de dissuasion. Car une nouvelle donne est apparue il y a quelque dix ans. La puissance de frappe conventionnelle peut être dissuasive et si on doit lire ce contrat avec EADS, c’est sans doute la lecture la plus consistante. Sans oublier que cette industrie fait vivre beaucoup de gens.


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44 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 09:58

    Bonne semaine à tous


    • sven 3 mars 2008 10:16

      Intéressant article, nottament la première partie sur les dessous de la politique US et ses conséquences pour le contrat EADS.

      Question, je savais déjà que McCain ne portait pas trop dans son coeur l’équipe dirigeante, mais quelles sont vos sources concernant ce que vous avancez (pour ma culture générale) ?

      Merci


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 10:29

      Voici un lien qui raconte les rapports pas très amicaux entre Mc Cain et Boeing


    • sven 3 mars 2008 10:34

      Merci Bernard

      Je découvre depuis peu cet excellent site, je n’ai donc pas encore eu le temps de lire toutes leurs archives


    • tvargentine.com lerma 3 mars 2008 10:04

      Notre ami "demandeur d’emploi à AGORAVOX au frais du contribuable" écrit ce matin :

      "Si EADS a emporté le contrat, c’est parce qu’une série d’irrégularités ont entaché l’appel d’offre remontant à 2003."

      OUI,c’est normal mon ami libertaire,les français sont tous mauvais et c’est grace à la générosité américaine que la société EADS a remporté ce contrat

      Combien de vote avez vous obtenu pour faire "diffuser" ce tissu libertaire ce matin ?????


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 10:13

        Le tissu libertaire est passé de mode, comme d’ailleurs le plastique de Paco Rabanne

        S’agissant des votes, Galliano a voté pour cet article tissé dans de la haute couture sémantique


      • Christophe Christophe 3 mars 2008 10:43

        @Lerma,

        Encore un commentaire à courte vue !

        En matière de défense nationale (ou continentale), mise à part les avions d’entrainement et les avions cibles, il est très rare que les Etats-Unis achètent du matériel étranger ; cela s’applique tout autant à l’Europe.

        En fait, au cas où vous ne le sauriez pas, toute exportation de matériel de guerre est soumis à une autorisation formelle de l’Etat où est construit le matériel. Ce qui fait, vous en conviendrez, que les choix politiques pèsent tout autant que la capacité logistique de livraison dudit matériel.

        Les européens fournissent aux américains différents systèmes pour les avions d’entrainement (T45), pour les avions cibles (voir CEI, le constructeur de cibles) et, parfois pour les missiles ; le missile étant stocké pour une durée d’environ 20 ans dans un conteneur pressurisé sous azote. Ce sont trois cas pour lesquels il n’y a pas beucoup de risques d’approvisionnement pour la maintenance en condition opérationnel du matériel.

        Pour un marché comme celui qui est mis en avant par l’auteur, l’armée américaine prendra des précautions en matière d’approvisionnement ; ayant la capacité de réaliser le montage de l’avion sur leur sol (compensations), il serait étonnant qu’ils n’aient pas la capacité de maintenir au Niveau Technique d’Intervention 3, leur flotte. Le seul surcoût qui en découlera sera un stock conséquent de pièces de rechanges sensibles.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 10:47

        Une précision, un ravitailleur n’a rien d’un matériel sensible du point de vue militaire, c’est juste un avion de ligne bricolé pour emporter du carburant au lieu de passagers


      • Christophe Christophe 3 mars 2008 10:56

        Pas aussi certain que vous sur ce point.

        Mon entreprise vend du matériel qui est civil mais s’applique aussi sur du matériel militaire. Du coup, même pour les marchés civils, il est répertorié au niveau du Secrétariat Général de la Défense National comme matériel de guerre.

        Chez les militaires, c’est toujours la contrainte la plus restrictive qui s’applique.


      • Marc P 3 mars 2008 13:57

        Bonjour Bernard,

        "Une précision, un ravitailleur n’a rien d’un matériel sensible du point de vue militaire, c’est juste un avion de ligne bricolé pour emporter du carburant au lieu de passagers "

        En tous cas j’ai entendu ou lu je ne sais plus que ces avions constituant une cible priviligiée ou prioritaire pour l’ennemi étaient équipés de dispositifs "défensifs" très perfectionnés... d’où leur coût...

        Marc P

         


      • morice morice 3 mars 2008 10:30

        On y gagnera RIEN en emplois : les avions seront construits là-bas !!!


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 10:34

          C’est ce que j’ai laissé entendre, du moins, on n’y gagnera pas en emplois substantiels, pas autant que la beauté de l’annonce le laisse supposer, 36 milliards. En fait, pour savoir l’impact, il faudrait avoir l’oeil sur le contrat et je suppose que c’est un secret défense


        • Jocrisse Jacques 3 mars 2008 11:15

           Les Momo(s)

          FAUX, c’est uniquement l’assemblage de l’avion et le montage des instruments militaires spécifiques qui seront effectués aux US. D’ailleurs Gallois a déjà annoncé le recrutement de personnels dédiés à la fabrication sans remettre en question le plan Power8 qui est destiné au dégraissage des fonctions de support.

          Vos préjugés anti-américains vous font encore proférer des inepties.

          A moins que ce mensonge soit soit volontaire ?


        • A. Nonyme Trash Titi 3 mars 2008 14:19

          @ Jacques.

          Merci de cette précision.

          @ Morice

          Je ne sais pas si ce contrat créera de l’emploi, au pire cela permettra de la maintenir. Toutes les composantes de l’appareil seront fabriquées en Europe. L’assemblage et la militarisation de l’appareil seront réalisés aux US pour d’évidentes raisons.

          Morice, vous qui vous faites sur ce site l’éminent spécialiste de la chose militaire, ceci n’aurait pas dû vous échapper. Votre commentaire c’est, au minimum, de la mauvaise foi, et au pire... Restons courtois !

           


        • Marc Bruxman 3 mars 2008 20:10

          Il fallait de toute façon construire des usines en zone dollar. Le risque de change n’est pas tenable pour une boite comme Airbus. Sachez que même si il existe des instruments financiers de couverture de taux, ceux ci sont chers. Le seul gagnant avec la situation actuel, c’est la banque qui se goinfre sur les couvertures de taux à chaque fois qu’Airbus vend un avion en zone dollar.

          L’US Army nous donne une occasion de le faire et va même nous financer une usine en zone dollar. C’est tout bénef pour nous. D’une part parce qu’il aurait de toute façon fallu en construire une donc autant que ce soit le gouvernement US qui nous la paye. D’autre part parce que l’annonce du contrat permet de "vaseliner" la création de cette usine. Sinon il aurait fallu perdre du temps en palabre avec les syndicats. La elle va exister de fait. Et pourra être utilisée pour des commandes futures. Il en est de même pour l’usine chinoise d’Airbus.

          Et puis pour rappel, la conception est toujours réalisée en Europe. C’est ce qui compte. Que cet argent soit ré-investit dans la R&D pour que l’on puisse avoir plein de nouveaux avions.

          Quand à l’utilisation militaire, si c’est pas nous qui fabriquons c’est Boeing alors autant que cela vienne ici.

          Espèrons juste que l’on se prendra pas un coup de pute de dernière minute de la part de Boeing.

          Quand à McCain cette affaire ne va pas du tout mais alors pas du tout arranger sa campagne. Même si il est logique que le gouvernement américain choisisse la meilleure offre par respect pour le contribuable.

           

           


        • Gzorg 3 mars 2008 10:38

          @ l’auteur bravo pour cette analyse

           

          Hier à la lecture de l’article de De Defensa je me suis aussi posé des questions sur ce mirifique contrat.

          Si on croit en plus les projectives de certains organismes on peux serieusement se demander si EADS ne met pas les doigts dans un contrat qui pourrait s’averer dangereux au final.

          Si l’Economie US plonge pour de bon, ce contrat pourrait se retourner contre l’avioneur avec une violence toute particuliere.


          • Christophe Christophe 3 mars 2008 10:53

            @L’auteur,

            Les avions ravitailleurs sont de maîtrise européenne, mais quid des moteurs et équipements ?

            Quelles sont les contraintes imposées par les américains en ce domaine ? Les moteurs principaux doivent être de GE et non de SNECMA ou ROLLS, le train d’atterrissage est-il de l’européen Messier Dowty, l’APU devrait être de l’américain Hamilton Sundstrand, ...

            Mais en fait, comme vous l’abordez, le problème n’est pas là ; c’est bien sur l’utilisation des ravitailleurs qu’il faut chercher à comprendre ce qui se trame dans les couloirs du Pentagone.

            Les américains insitent souvent, dans les derniers conflits qui ont eu lieu, sur la maîtrise de l’espace aérien. A priori, leur chasseurs et bombardiers n’ont pas un rayon d’action suffisant pour atteindre les cibles futures.


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 11:00

              C’est en effet un signe d’une orientation statégique. Et d’ailleurs, le nombre d’appareils prévu répond à un certain type de conflit, qu’on peut appeler bataille dans les airs. C’est une tendance,

              Du temps de Trafalgar, la bataille navale était fréquente, et la guerre de 14 incarne l’apogée de la bataille terrestre, avec 39 où là, les airs deviennent la clé d’un conflit, voir les bombardements alliés par exemple. J’ai une tante qui est morte en Italie sous un bombardement allié, à Umbertide plus précisément, elle était belle et aurait pu devenir prof de philo à l’Université


            • morice morice 3 mars 2008 11:17

              Le F-22 est gourmand et pas assez nombreux (et bien trop cher !), il ne peut pas emporter tous les missiles, le F-15 dans les choux pour détérioration de cellule : l’aviation américaine va plus mal qu’on ne pense... sans oublier ce B-2 dont on a aucune nouvelle de l’enquête. La flotte américaine a vieilli en fait : beaucoup d’engins ont plus de 30 ans. Ce qu’il y a de plus drôle, c’est la façon de se gausser des Bear soviétiques qui viennent les chaouiller depuis que Poutine bombe le torse. C’est vieux, ça marche avec des hélices, ça a 50 ans mais ça tourne... PS : Poutine vient de relancer la fabrication de BlackJacks, et ça... c’est plutôt gros. un petit catalogue russe  ??? Ça fait "Manufrance", non ??


              • morice morice 3 mars 2008 11:21

                Ça me rappelle un contrat Chinois que Gallois ne voulait pas signer car... à perte.Jusqu"à ce qu’un président insiste un peu... beaucoup... Il y a VENDRE et SE VENDRE !!!!

                ""Nous devrons délocaliser en partie notre production vers la zone dollar" et trouver des sous-traitants dans cette zone, a fait valoir le patron d’EADS." ah bon...


              • Traroth Traroth 3 mars 2008 11:29

                En l’occurence, ce qu’il faut remarquer, c’est qu’EADS a obtenu ce marché grâce à son alliance avec Northtrop-Grumman. En effet, l’intégralité des appareils seront construits sur le sol américain et tout ça ne créera pas un seul emploi en Europe. Donc on peut être très content pour les actionnaires d’EADS, au premier rang desquels figure Arnaud Lagardère, le "frère" de Sarkozy, mais moi, pour paraphraser Chirac, çza m’en touche une sans faire bouger l’autre.


                • Marc Bruxman 3 mars 2008 20:13

                  Et la R&D ? Et l’administratif ? Et le marketing ? Ca va créer pleins d’emplois en Europe au contraire. Tout en nous payant une usine d’assemblage aux US.


                • Traroth Traroth 3 mars 2008 22:00

                  La R&D, pour transformer un cargo en ravitailleur, ça doit être énorme, effectivement. Marketing ? C’est bon, ils sont vendus, les avions. Administratifs ? Un peu. Mais avec le plan Power 8, c’est plutot un domaine, où ça dégraisse, chez Airbus.

                  Une usine aux Etats-Unis ? Mais quelle super nouvelle ! Comme ça, on pourra fermer des lignes de production à Toulouse ! Déjà qu’Airbus va en faire une en Chine !


                • Marc Bruxman 3 mars 2008 23:59

                  "La R&D, pour transformer un cargo en ravitailleur, ça doit être énorme, effectivement. Marketing ? C’est bon, ils sont vendus, les avions. "

                  Et les avions et les ventes futures tu y penses ? La aujourd’hui tu as un bel A380 et un bel A350 et bien dés qu’ils voleront il faudra plancher sur les nouveaux. Qui pourront être des évolutions des gammes existantes ou des avions tous neufs.

                  Et sinon ben il y aura certainement plus de boulot que ce que tu penses pour pouvoir effectuer la transformation en ravitailleur. L’armée attend certaines performances de ses avions.

                  "Administratifs ? Un peu. Mais avec le plan Power 8, c’est plutot un domaine, où ça dégraisse, chez Airbus."

                  Une partie du daigraissage a été rendue possible par les nouvelles technologies. Faut pas déconner les services administratifs des grosses boites font parfois le boulot d’un serveur 4U dans un rack.

                  "Une usine aux Etats-Unis ? Mais quelle super nouvelle ! Comme ça, on pourra fermer des lignes de production à Toulouse ! Déjà qu’Airbus va en faire une en Chine !"

                  Comme ca on pourra continuer à vendre en $ ! C’est tout de même pas compliqué à comprendre ! Ou alors tu veux un power 8 puissance 10 pour qu’Airbus reste compétitif en dollars ?

                  Alors la en plus tu récupére une usine et la commande qui va permettre de la faire fonctionner pendant plusieures années. Ca va permettre à Airbus de vendre plus aux Etats Unis et ca va accessoirement ramener plein de pépettes en Europe.

                   


                • Forest Ent Forest Ent 3 mars 2008 11:35

                  Quelques dessous cachés ?

                  Il est bien évident que ce type de contrat est négocié d’état à état et comporte des contreparties. Mais faute de pouvoir en exhiber la nature, cet article n’est finalement qu’une supposition "insinuatoire", pas illégitime, mais pas fondée.


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 11:47

                    Il n’y a pas que les contrats, il y a aussi le volet militaire et stratégique dont la presse parle peu. Il vaut mieux voir le côté plaisant, EADS a gagné contre Boeing (dans le contexte que l’on sait maintenant) et les emplois supposés, les bénéfices. Mais en cas d’usage, combien de morts à la clé dans de futurs bombardements ?


                  • Forest Ent Forest Ent 3 mars 2008 12:01

                    Oui mais c’est frustrant, parce que le meilleur avec les dessous, c’est quand ils sont révélés. smiley


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 mars 2008 12:09

                    En effet, que ce soit l’armée ou la séductrice, c’est quand elle passe à l’attaque que les dessous sont révélés


                  • hurlevent 3 mars 2008 22:13

                    "Il est bien évident que ce type de contrat est négocié d’état à état et comporte des contreparties"

                    Hein ? Et c’est quoi l’Etat d’EADS ?

                    Affirmation sans aucun fondement.


                  • pissefroid pissefroid 3 mars 2008 11:44

                    Sachant que les contrats militaires sont toujours issus de décisions politiques, je crains que ce soit une bonne manière des états unis d’amérique en vue de la prochaîne intervention en iran (remercier en particulier notre président élu de son changement de politique étrangère). J’ai entendu, ce matin, à la radio, que l’iran poursuivait son programme nucléaire militaire (vrai ou faux n’a pas d’importance). Tout ce met en place pour cette intervention. Et notre président, va-t-en guerre va suivre. Pauvre france !.


                    • freedom2000 freedom2000 3 mars 2008 14:26

                      tu m’as précédé dans l’écriture, pissefroid ! En effet, qu’a proposé la France (Sarkozy) aux US pour obtenir pareil contrat, une allégeance aveugle ?


                    • Castor 3 mars 2008 12:06

                      Vous voulez dire qu’il a fallu se battre pour décrocher ce contrat ?

                      Merde, ça, ça fait plus que m’étonner !

                      Vous voulez dire aussi qu’il a fallu apporter des contreparties ?

                      Pfiuuu, mon étonnement va croissant !

                      A part ça, quelqu’un pour se réjouir de ce contrat, des perspectives qu’il ouvre pour EADS, des heures de travail pour les chaînes en France et en Europe (non, tout n’est pas délocalisé aux States !!!) ?

                      Finalement, quand c’est pas bien, c’est pas bien, et quand c’est bien, c’est pas bien non plus ???

                      Et en plus, si on peut dire qu’en bout de course, c’est la faute au p’tit Nicolas, c’est tout bénef’...

                      Pitoyable...

                      Comme je disais récemment sur un autre article, tant de mauvaise foi est souvent signe d’une cirrhose, alors gare !


                      • toubakouta 3 mars 2008 13:45

                        La chaine d’assemblage final sera aux US mais les pièces pour fabriquer les avions viennent des mêmes usines que pour l’ A330 de ligne normal...

                        Mais Momo et sa bande préfèrent hurler au scandale et au coup monté comme d’habitude. Ils devraient aller consulter. La haine, la bêtise, la désinformation et le TSS sont leur moteur


                      • grangeoisi 3 mars 2008 12:20

                        Scoop pour scoop , suivant nos informateurs à Bagdad, les deux présidents irakien et iranien n’auraient pas réagi à l’annonce de ce contrat mirobolant, lequel verra en 2013 les premiers ravitailleurs entrer en service.

                         

                        Par contre on sait de source sure qu’ils auraient échangé des recettes sur la préparation des glaouis américaines, l’un préconisant le fameux chelow kabab, l’autre défendant avec ferveur le non moins célèbre Maglouba.

                         

                         Les deux présidents seraient d’accord, cependant, sur le fait de charger chaque met en épices, les glaouis américaines ayant la réputation d’être très fades.


                        • JL JL 3 mars 2008 12:37

                          L’article se terrmine par : ""Sans oublier que cette industrie fait vivre bien beaucoup de gens. ""

                          Cette affaire sent la grosse arnaque : Il y a peu de temps, vu la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, l’on avait évoqué possibilité de délocaliser une partie des activités d’EADS aux states.


                          • Castor 3 mars 2008 13:39

                            Quel scoop !

                            Bien sûr qu’il y a de l’argent !!!

                            Les E-U représentent 50% du marché mondial de l’armement,

                            par ailleurs, EADS se doit d’être présent sur ce marché plutôt que de rester sur le seul marché du civil.

                            Et si le fait d’avoir installé des chaines de montage aux E-U permet à EADS de tourner à plein régime, y compris dans ses chaines de fabrication françaises ou européennes, qu’y a-t-il de condamnable ?


                          • Gilles Gilles 3 mars 2008 14:38

                            Le plus gros danger pour l’industrie aéronautique européenne c’est que ce contrat offre une occasion en or et occulte de délocaliser en zone dollar.. ;tel que Louis Gallois avait prévu de le faire et l’a ananoncé voici peu

                            En effet ces avions sont des A330 et une chaine demontage sera construite aux USA. Aprés il n’y a qu’à sortir les autres A330 là bas au lieu de le faire à Toulouse.....puis les a340 et carrément les nouveaux A350. C’est d’ailleurs une crainte partagée par nombre ici à Toulouse

                            Alors avec les usines chinoises + les usines US...que restera t-il ici dans 10 ans ?

                            Plus grand chose.....et Airbus, je le rappelle n’est pas une société Française pu Allemande, mais est de droit Néerlandais. Le siège social se trouve à Amsterdam ! 

                            Ils auront beau se gargariser de super bénéfices, on ne verra que peu les retombées locales


                            • Internaute Internaute 3 mars 2008 14:39

                              L’auteur nous dit « Nul ne sait quel est le bénéfice exact que tireront nos industriels en termes d’emplois et de rentrées financières. Peu importe le contrat, seul importe l’ivresse de l’annonce médiatique ! » Maintenant on le sait : selon Gallois le montage aux USA ne représente environ que 6% des dépenses, les différentes pièces étant faites en Europe. C’est donc un bon coup pour nous.

                              Dans l’absolu, c’est un trés mauvais coup pour les américains. En effet, un projet Boeing même plus cher aurait fait tourner l’argent à l’intérieur des USA. Au contraire un projet EADS fait sortir la richesse des USA et augmente leurs problèmes économiques. Le coût d’un projet n’est donc pas la seule caractéristique à prendre en compte. Si c’était le cas cela fait bien longtemps que nos chers Rafales auraient été supplantés par des Sukkoïs.

                              Ce contrat risque de créer un dangereux précédent et de nous mettre en difficulté pour de grands projets en Europe sur lesquels les américains pourront demander d’intervenir en contre-partie.


                              • Gilles Gilles 3 mars 2008 14:50

                                Internaute

                                Oui mais en contrepartie de nombreuses pièces aéronautiques équipant Boeing sont.....françaises (ou d’autres boites européennes). L’ex Snecma était en des plus grand fournisseur de Boeing

                                En ce moment je travaille pour une boite US qui fabrique des pièces électro-mécanique pour l’A350. Cette boite construit en Californie, mais une partie de leurs pièces vient de ....France !!!

                                De même qu’Airbus importe des US et de pleins d’autres endroits au monde

                                Les intérêts sont extrêmement croisés dans ce secteur et la France n’a aucun intérêt à ce que Boeing périclite

                                Ce qui est extrêmement important niveau emploi sont les chaines de montage et la R&D. C’est ça qu’il faut garder à tout prix en Europe, sinon c’est la cata car le reste est déjà condamné à la délocalisation en grande partie (service info à lEst ou en Inde, construction de pièce...)


                              • Marc Bruxman 3 mars 2008 20:19

                                "Si c’était le cas cela fait bien longtemps que nos chers Rafales auraient été supplantés par des Sukkoïs."

                                Cela ne serait pas un mal ! Il y avait aussi d’autres projets comme l’Eurofighter. Avec le rafale on s’est dit : "On a de grosses couilles" et au final ben on a beau secouer, rien n’en sort !

                                La le rafale est certe un très bel avion mais le Sukhoi est sympa aussi. Et la France est un trop petit pays pour absorber seuls ces coûts gargantuesques.

                                Pour ce qui est des emplois l’argument est nul. Dassault Aviation gagne de l’argent grace à ses jets privés (Falcon, ...) et il en perd sur le raffale. L’argent investi à pertes dans le rafale pourrait donc être investi dans les jets privés pour faire gagner plus d’argent à la boite et sur le long terme créer plus d’emplois.

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