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Corée du Sud : Comment éduquer sans punir ?

La Corée du Sud est en train de changer son système éducatif. Pourtant classée parmi les meilleurs systèmes autour du globe, la quatrième économie asiatique l’entend pas de la même oreille et souhaite avant tout assouplir les règles au sein des établissements.

Au cours du deuxième semestre 2010, le gouvernement a ainsi décidé d’interdire la punition corporelle dans les écoles. Fini les coups de bâtons ou de martinets lorsque les élèves sont en retard, comme l’on pouvait souvent voir dans certains films coréens. Le châtiment corporel, vecteur d’éducation pendant des décennies, disparaît (statistiques sur La gifle, vecteur d’éducation en Corée du Sud ?). A l’origine de cette décision ? Tout simplement une vidéo montrant un professeur assaillir de coups l’un de ses élèves devant sa classe (cf. La punition corporelle à l’école fait débat). Une fois la nouvelle loi mise en place, les élèves en profitent. Le 19 décembre, une vidéo fait le tour du Web montrant des élèves en train d’insulter leur enseignante, laissant celle-ci sans défense dans la classe (cf. Quoi de neuf en Corée du Sud ?). Réaction dix jours plus tard du ministère de l’éducation qui donne la possibilité aux enseignants de renvoyer les élèves de leur classe, les obligeant à suivre des programmes spécifiques dans l’établissement. Bref, le gouvernement est en train de se tester afin d’instaurer les meilleures règles possibles pour une éducation encore plus efficaces.

Mais voici que le gouvernement métropolitain de la capitale, Séoul, met ses pieds dans le plat en décidant de supprimer toute punition corporelle dans les écoles en novembre dernier, obligeant le ministère de l’éducation à réagir en posant un holà. Dans les écoles, la confusion est la plus totale. Séoul se met à défendre les jeunes en obligeant les écoles à empêcher tout type de punition mettant dans l’embarras les écoliers : outre les punitions corporelles dans le strict sens du terme (coups), les autorités de la capitale sud-coréenne ne souhaitent plus voir les professeurs forcer les élèves à faire une centaine de pompes ou plusieurs tours de cours accroupis telle une grenouille. Pour Lee Ju-Ho (droite), ministre de l’éducation, le moment est venu de dire stop à ce grand n’importe quoi. S’il souhaite retravailler la loi sur la punition corporelle ainsi que la récente position de Séoul permettant aux élèves certains vêtements et coupes de cheveux, Lee veut avant tout que les pompes soient utilisées par les professeurs afin de rétablir l’ordre dans les établissements. Le plan est désormais clair : toutes punitions corporelles infligeant une douleur claire sur le corps d’une personne sont interdites et toutes punitions indirectement corporelles telles des tours de cours ou des pompes peuvent être utilisées comme moyen de discipline sur les élèves. Les méthodes de punition pourront être déterminées par chaque école, avec les suggestions des parents, des élèves et des professeurs. 

Le superintendant de Séoul Kwak No-Hyun (gauche) qui souhaitait alléger les punitions dans les écoles de la capitale est donc pris à la gorge par le gouvernement. Seule réaction, un communiqué de constat : « L’obscure plan permettant les punitions corporelles indirectes conduira à davantage de confusions au sein des écoles ».

 

AROSMIK - 20110118
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2 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 18 janvier 2011 16:43

    Bonjour, lu avec plaisir..


    Mais tant que le spectron et les mille feuilles de choux du pays n’auront pas couvert la Corée, comme ils ont couvert la Tunisie, avec frénésie, euphorie, tout émoustillés, émerveillés par la « libération » (souhaitons qu’elle ne soit pas qu’une illusion), votre sujet ne va pas déchaîner de vives et nombreuses réactions. 

    L’actualité, la seule, c’est celle du « JT ».

    • docdory docdory 19 janvier 2011 00:26

      @ Arosmik


      Article très intéressant.
      J’avoue avoir été à l’école primaire avant 1968. Il y avait quelques punitions corporelles ( coup de règle sur les doigts, tirages de cheveux , pincement d’oreille, claques ). Parfois, le sous-directeur du collège ou j’étais scolarisé rouait de coups ou mettait par terre un élève qui avait fait quelque chose de grave.
      Il est de fait que ces sanctions avaient un puissant effet dissuasif contre toute tentative de bordel, et qu’il est bien regrettable que les enseignants qui, de nos jours, collent une claque à un enfant qui empêche les autres de travailler se retrouvent devant les tribunaux. 
      Entre le laxisme actuel de l’enseignement en France et les sanctions excessives à la sud-coréenne, on doit pouvoir trouver un juste milieu !

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