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Accueil du site > Actualités > International > Corée du Sud : deuxième système éducatif mondial ?

Corée du Sud : deuxième système éducatif mondial ?

Éducation – Hier, vous avez vraisemblablement lu ici et là dans les Unes des médias internationaux et nationaux, les articles sur l’éducation et le rapport de l’OCDE à ce sujet.
 
Une actualité qui met en exergue le retard de l’Europe sur l’Asie en matière d’éducation, les conclusions plus que moyennes sur l’éducation dans l’hexagone et la bonne forme du système sud-coréen.
 
Le PISA, programme international de suivi des acquis, cherche de manière triennale à évaluer les compétences des jeunes et, au travers d’un rapport émis par l’OCDE, dévoile des résultats très attendus par les ministères concernés. Cette année, l’enquête portait sur 470 000 élèves issus de 65 pays (donc des pays membres et non-membres de l’Organisation). 
 
Et le classement final montre une domination asiatique sans précédent avec dans l’ordre : Shanghai, la Corée du Sud, la Finlande, Hong-Kong et Singapour. Sur les dix premiers, ce sont 5 pays d’Asie (+ le Japon) contre deux européens (+ la Hollande), deux d’Océanie (Nouvelle Zélande et Australie) et un américain (Canada). Dans la moyenne de l’OCDE, hormis les Etats-Unis, nous retrouvons que des européens dont la France.
 
Mais attention ! Ce classement doit être pris avec des pincettes car ce qui est appelé « éducation » dans cette enquête porte sur trois points clés : la compréhension de l’écrit, les mathématiques et la culture scientifique.
 
En bref, des tests de type QCM (questions à choix multiples) sur le 7e art ou les nouvelles technologies. Et c’est bien là que le point sensible du test du PISA se situe : le QCM.
 
Il faut savoir que la Corée du Sud est championne du QCM. Les élèves ne travaillent que par ce système.
 
Si en France, la créativité et le débat sont les bases du système scolaire, la Corée du Sud connaît une éducation complètement amorphe, où la réflexion peut parfois être dépassée par l’esprit « Loto » (probabilité en cochant les cases).
 
Alors certes, les sud-coréens ont une vie très dure entre 5 et 20 ans, se levant très tôt le matin et se couchant très tard le soir afin de pouvoir suivre des cours supplémentaires dans des instituts spécialisés aux tarifs démesurés (dès 6h du matin et jusqu’à minuit le soir). Certes, ce système fonctionne depuis des années et les Coréens se dévouent totalement à leurs études puis à leur emploi.

Mais une éducation basée sur le « par-cœur » peut-elle vraiment être comparée à l’éducation française ?
 
Lors d’un échange le mois dernier avec le doyen indien de la KAIST Business School, nous partagions le même regard sur l’éducation coréenne : « les élèves ont une grande marque de respect envers leur professeur en Corée du Sud, composante même de la culture confucéenne, mais cela se traduit de manière négative car les interactions sont limitées ».
 
A aucun moment de leur scolarité, les Coréens n’apprennent à débattre, à développer des argumentations. Ce n’est pas étonnant de voir chaque année de plus en plus d’étudiants Coréens quitter les bancs des campus universitaires de la péninsule pour rejoindre les grandes universités américaines ou chinoises.
 
Lorsque l’on sait que des missions en Finlande et en France, pour ne citer que ces pays, ont été opérées par le Ministère de l’éducation coréen il n’y pas si longtemps que cela afin d’analyser le système éducatif européen et d’en tirer les meilleurs éléments pour application en Corée, il n’est pas interdit de se poser des questions sur la véracité de l’enquête PISA-OCDE. 
 
La comparaison des systèmes éducatifs internationaux impliquent à n’en pas douter une prise en considération nécessaire des facteurs culturels de chaque pays.
 
Entre un pays comme la France où le mot « travail » perd tout son sens et les valeurs du système éducatif s’évaporent au fil des années mais la productivité reste d’actualité, et un pays comme la Corée du Sud où les parents empruntent pour apporter la meilleure éducation possible à leurs enfants et où travailler plus de 50 heures par semaine est normal mais avec une productivité loin d’être excellente, que préférez-vous ?
 
Une mauvaise éducation pour une bonne productivité ou une éducation poussée pour un emploi intense en conglomérat ?
 
AROSMIK - 20101209
 
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11 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 9 décembre 2010 11:20

    Corée : des élèves qui travaillent jusqu’à 23 heures, stressés, des châtiments corporels parfois encore, un apprentissage par la mémoire essentiellement
    Un modèle éducatif ?


    • pingveno 9 décembre 2010 16:43

      Vous connaissez le dernier truc à la mode en matière d’éducation en Corée ?
      Couper un bout de la langue des bambins pour qu’ils prononcent mieux l’anglais plus tard...


    • Takarai Takarai 9 décembre 2010 12:28

      En tout cas leur système fonctionne.
      La Corée du Sud était un pays rasé par la guerre dans les années 50 et jusqu’au début des années 90 le pays était sous dictature militaire.
      En seulement 20 ans, le pays est devenu une puissance régionale et mondiale.
      Aujourd’hui la Corée du Sud concurrence même les Français dans les contrats sur le nucléaire civile.


      • pingveno 9 décembre 2010 16:39

        Et je suppose que toi aussi, pour rattraper le retard de la France, tu es prêt à travailler 20 heures par jour le prix de 8 ?


      • michel.sympa 9 décembre 2010 15:41

        Que d’illusions chez le rédacteur de l’article
        Sur le système français d’abord . Et ce mépris pour les autres.
        Vous avez raison « notre système éducatif est le meilleur du monde » . Ne faisons pas confiance à ces thermomètres truqués (surement fabriqués par des chinois d’ailleurs)
        Si le rédacteur pouvait se faire petite souris pour observer ce qui se passe réellement sans les établissements ;;


        • pingveno 9 décembre 2010 16:37

          Attendez, rappelez-moi : la Corée du Sud, le Japon, ce sont bien dans ces deux pays que les élèves se font hikikomori, sortent du système pendant plusieurs années tellement il est insupportable ?
          On ne va pas les envier quand même !


          • Takarai Takarai 9 décembre 2010 16:40

            Hikikomori ?
            Avant d’utiliser un mot faudrait d’abord en connaitre sa définition.
            Les Hikikomori c’est juste les nolifes donc rien à voir.


            • pingveno 9 décembre 2010 16:45

              Mais précisément c’est ce que j’ai fait : au départ je voulais écrire Otaku mais j’ai été pris d’un doute alors je me base sur ce qui est écrit par exemple ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hikikomori


            • VivreDifferent VivreDifferent 9 décembre 2010 20:30

              Avant de suivre un indicateur, il faut déjà savoir fixer des objectifs. Quels sont les objectifs de l’Education ? Voilà bien une question taboue. Pourtant, mesurer la distance parcourue n’a de sens que par rapport à une destination, donc à une direction. Dans quelle direction voulons-nous aller ? Quels citoyens de demain voulons-nous développer ? Des gens libres ou des salariés soumis, des gens indépendants ou/et des gens soudés, des gens capables de réfléchir par eux-mêmes, capables d’analyse et de jugement, ou des travailleurs-robots, des soldats formatés et sans âme ?

              Le niveau de la France a probablement baissé ; mais je pense qu’on pourrait remonter dans le classement PISA tout en baissant encore le niveau d’éducation. Ce classement est fortement imprégné d’une idéologie néolibérale-néoféodale, ou l’éducation sert à soumettre les peuples et conditionner les futurs travailleurs.


              • HEJIRA HEJIRA 9 décembre 2010 20:59

                Des petits robots, esclaves, bref de la future chaire à canon qui obéira au binôme Corée du sud - Etasioniste !


                • suumcuique suumcuique 11 décembre 2010 12:40

                  Comme l’écrivait de Gobineau, les Asiatiques sont la matière première dont rêve toute bourgeoisie, tout régime bourgeois. De là, la très bonne note décernée au système éducatif sud-coréen par l’OCDE, dans le rapport duquel il n’est naturellement pas fait mention d’une des autres spécificités de ce système et, en général, des systèmes éducatifs asiatiques : les dessous de table versés par les parents d’élève aux enseignants du primaire et du secondaire pour s’assurer que leurs bambins réussissent leurs QCM, dessous de table tellement élevés qu’il n’est pas rare qu’un enseignant de primaire gagne plus qu’un universitaire. L’éducation, pour les Asiatiques comme pour les Yankees, est un business et l’a toujours été.

                  Il me semble qu’on comprendrait mieux la récente hausse subite des frais d’inscription universitaires au Royaume-Uni, si on la replaçait dans dans le contexte d’une forte hausse des inscriptions d’étudiants asiatiques dans les universités britanniques depuis le début des années 2000. Voilà en effet des étudiants pour qui payer 10 000 euros de frais d’inscription universitaire par an n’est vraiment pas un problème. Les universités britanniques en ont pris acte, d’autant plus qu’elles ont perdu une bonne partie de leurs investissements en 2008 dans la débacle financière islandaise et que, par conséquent, elles aspirent à « se refaire ».

                  Ce sont les Chinois, deux mille ans avant notre ère, qui, les premiers, ont fait des diplômes un passage obligé vers les plus hautes fonctions de l’État ; Il a fallu attendre le siècle bourgeois, le dix-neuvième, pour que, en Europe, s’impose cette idée saugrenue selon laquelle la capacité d’un individu à diriger un pays serait déterminée par l’obtention de diplômes. Depuis, l’Europe a rattrapé le temps perdu et la « diplômite » est une des principales maladies qui affectent les esprits occidentaux. D’autre part, les diplômes - comme les Chinois le savent depuis longtemps - ça s’achète : il suffit d’en avoir les moyens.

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