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Accueil du site > Actualités > International > Côte d’Ivoire : Vers une escalade de la violence ?

Côte d’Ivoire : Vers une escalade de la violence ?

La France et l’Allemagne ont appelé ce Mercredi 22/12/2010 leurs ressortissants à quitter la Côte d’Ivoire. Cet appel n’est pas de nature à rassurer les Ivoiriens et l’ensemble des africains préoccupés par la situation dans ce pays.
 
Cela annonce-t-il l’imminence d’une guerre civile en Côte d’Ivoire ? Une de plus sur le sol africain ? Une de plus pour les populations africaines ?
 
Quelque justifiée qu’elle soit, cette guerre, l’Afrique n’en veut pas.
Quelque justifiée qu’elle soit, cette guerre, la Côte d’Ivoire n’en veut pas.
 
Où sont-ils les chantres de la paix ? Pourquoi vouloir précipiter la guerre en Côte d’Ivoire ?
Auriez-vous déjà épuisé toutes les possibilités de dialogue et de paix ?
 
N’a-t-on pas déjà versé assez de sang, sacrifié assez de vies à cause de vos égoïsmes, leurs égoïsmes ?
Afrique, quel est donc ton destin ?
 
Quelles solutions devrions-nous privilégier pour sortir de l’impasse en Côte d’Ivoire ?
 
D’abord il faut affirmer avec force et à l’endroit de tout le monde que l’Afrique en a marre de verser le sang de son peuple. Elle souffre déjà assez d’être l’otage d’intérêts égoïstes, divers, multiples et bien connus de tous ceux qui se servent de ce continent et qui, jamais, ne l’ont aidé à prospérer.
 
L’Afrique en a mare de tous ceux qui instrumentalisent les situations politiques dans ce continent, au point de nous imposer la guerre aux seules fins de satisfaire leurs intérêts égoïstes.
 
L’Afrique en a marre de voir ses populations contraintes à l’exil, à l’immigration pour rechercher un mieux être dont ils sont privés chez eux.
 
L’Afrique en a mare de porter déjà une histoire lourde, très lourde depuis l’esclavage, la traite des nègres, les colonisations, le refus d’indépendance, les soumissions et sujétions, les humiliations diverses, les dictatures entretenues et soutenues….
 
L’Afrique en a marre !
 
L’Afrique n’a déjà que trop pleuré ; et aujourd’hui l’Afrique veut cesser de pleurer.
 
Vous avez entendu : l’Afrique veut cesser de pleurer ! Elle veut qu’on lui rende ce destin qu’on lui a volé. Elle veut se prendre en charge.
 
Elle n’a point les robinets monétaires du FMI ou de la Banque Mondiale ? Tant pis, si cela ne servirait qu’à l’asservir davantage.
 
Elle n’a point d’écoles pour instruire ses enfants ? Peut-être ; et c’est pour cela qu’elle veut se prendre en charge.
Elle n’a point d’hôpitaux pour soigner ses malades, peut-être ; et c’est pour cela aussi qu’elle veut se prendre en charge.
 
Elle n’a point d’amis pour l’aider ? Tant pis, si elle n’est entourée que de vautours et de cupides.
 
Elle n’a point d’infrastructures ? Vous avez donc compris pourquoi elle se révolte ; pourquoi elle veut reprendre son destin en main et pourquoi elle vous demande la Liberté qui vous est si chère.
 
L’Afrique en a marre. Et si sa voix ne porte plus assez haut pour le dire, son silence devient beaucoup plus fort pour l’entendre. Y en a marre !!!
 
Aujourd’hui la communauté internationale peine à voir Laurent Gbagbo s’entêter au pouvoir (à tort ou à raison ?) La communauté internationale découvre assez tardivement ce que les africains de tout pays ressentent depuis toujours lorsque certains moralistes se rendent complices des dictatures et autres pillages du continent africain depuis des lustres.
 
 Etrange retournement de médaille. Etrange retournement de la peine.
 
Qui avait dit qu’il y avait une justice immanente ?
 
La solution ne sera pas la guerre. Il faut donner aux africains plus de liberté, plus de dignité.
 
Realchange

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10 réactions à cet article    


  • Cogno2 23 décembre 2010 11:19

    Elle veut se prendre en charge.

    Elle doit alors évoluer afin d’intégrer des notions au delà de la notion tribale ou éthique.
    On me rétorquera peut être que c’est de la faute à l’occident, c’est en partie vrai, mais je répondrai d’observer certains pays d’Amérique Latine.


    • realchange 23 décembre 2010 14:58

      Poser au monde les problèmes de l’Afrique ne doit pas conduire à s’enfermer dans la dialectique de l’œuf et de la poule. Qui est responsable de quoi ? Est-ce l’occident qui maintient l’Afrique dans les misères ou les africains eux-mêmes qui seraient incapables de prendre leur destin en main ?

      Pour l’heure nous constatons que depuis plusieurs siècles l’occident en général, certaines grandes puissances en particulier ont pris l’Afrique en otage.

      On ne peut donc poser sérieusement le problème de la responsabilité des africains en occultant d’emblée la main mise des occidentaux ou leurs ingérences intempestives dans la conduite des affaires africaines.

      Comment voulez-vous demander à un prisonnier de faire montre de liberté ou de responsabilité ? Cela paraît absurde.

      Nous demandons simplement de sortir de la prison occidentale.

      Realchange


    • Cogno2 23 décembre 2010 15:43

      J’ai bien compris, mais pour ça, il faut des personnages, et pour bâtir un état, il faut intégrer cette notion d’état.
      C’est pour ça que je vous renvoie à l’Amérique Latine, qui se bat avec un certains succès contre l’hégémonie occidentale.

      L’indépendance passe par le nationalisme. (Nasser, De Gaulle, Chavez, etc.)
      Ce n’est pas facile, car la notion d’état est contraire au dogme moderne, donc ils ne doivent rien attendre de l’extérieur, sauf des coups bas, et c’est donc à eux de se débrouiller.


    • epapel epapel 23 décembre 2010 12:56
      La France et l’Allemagne ont appelé ce Mercredi 22/12/2010 leurs ressortissants à quitter la Côte d’Ivoire. Cet appel n’est pas de nature à rassurer les Ivoiriens et l’ensemble des africains préoccupés par la situation dans ce pays.
       
      Cela annonce-t-il l’imminence d’une guerre civile en Côte d’Ivoire ?

      Non pas encore, c’est juste une mesure de précaution mais c’est symptomatique d’une situation citique. Ce qui déclenchera la guerre ce sera le retrait des forces de l’ONU ou une agression de celles-ci par les forces de Gbagbo. De fait, c’est Gbabgo qui pousse à la guerre en demandant le retrait de l’ONU, comme l’ONU refuse la question c’est Gbagbo va-il les attaquer ?

      Où sont-ils les chantres de la paix ? Pourquoi vouloir précipiter la guerre en Côte d’Ivoire ?

      Auriez-vous déjà épuisé toutes les possibilités de dialogue et de paix ?
      Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, vous avez d’un côté un président qui a décidé de se maintenir au pouvoir (après un mandat prolongé arbitrairement de 5 ans) en violant son propre règlement électoral (l’annulation de bureaux de vote conduisant à un changement de résultat aurait du entraîner automatiquement l’annulation du scrutin et donc une nouvelle élection) et de l’autre un président soutenu la communauté internationale qui a validé son élection. Comment voulez-vous qu’il y ait un dialogue dans ces conditions, en fait on est dans la même situation que pour une prise d’otage mais à l’échelle d’un pays entier.

      La solution ne sera pas la guerre.

      Et elle est où la solution qui empêche la guerre ? La seule solution qui empêche la guerre c’est le retrait volontaire de l’un ou l’autre président mais ça n’a aucune chance de se produire :
      - le retrait de Gbagbo n’est pas à l’ordre du jour : lui est ses partisans sont contre et le seul moyen de les déloger c’est une intervention militaire
      - le retrait de son adversaire équivaut à une défaite du monde entier contre Gbagbo, elle aura pour conséquence le retrait des casques bleus qui sera suivi par une épuration sanglante

      La situation actuelle ne pouvant pas se maintenir, il n’y a donc que deux solutions : le retrait très improbable de Gbagbo ou la guerre.


      • realchange 23 décembre 2010 15:08

        Bonjour,

        Votre commentaire est plus qu’intéressant mais il aboutit à une conclusion qui rend la guerre quasi-inévitable.

        Je ne saurais que trop vous renvoyer vers le commentaire posté plus bas par Sauvage qui tente de présenter les raisons, les pistes et l’intérêt d’un d’apaisement de la situation en Côte d’Ivoire.

        Bonne lecture.

        Realchange


      • epapel epapel 23 décembre 2010 16:14

        Je ne suis pas pour la guerre mais je constate simplement que le processus engagé y conduit de façon quasi-certaine.

        Le billet de Sauvage dit simplement que si tout monde est de bonne volonté et prend les bonnes décisions - celles qu’il décrit - alors tout ira bien. Je suis totalement d’accord avec ça encore que ça soit très simpliste mais je dis simplement qu’il est peu probable que ça se produise. En revanche, je ne vois pas très bien en quoi critiquer la position de la France dans le passé et demander le retrait de ses troupes - qui suivra probablement le départ des ressortissants - est susceptible d’améliorer la situation.

        Je reconnais néanmoins que la France joue un jeu trouble dans cette affaire, mais que voulez-vous nous devons bien avoir quelques intérêts importants en Côte d’Ivoire et il n’est pas sûr qu’un remplacement par les Chinois - soyez sûr que le vide sera comblé - sera une meilleure chose pour les ivoiriens.

        Sauvage oublie un « détail » dans son rappel historique : Ouattara a été empêché de participer à l ’élection présidentielle de 2000 en vertu de l’application du principe d’ivoirité, et les conditions même de l’élection ont été discutables.

        En conclusion vous n’avez pas démontré :
        - que les ivoiriens étaient des Bisounours prêts à s’entendre, en particulier Gbagbo qui serait en plus un des meilleurs dirigeants de la planète (visionnaire, pas intéressé et hyper compétent)
        - qu’il suffirait de mettre à l’écart les méchants français qui veulent imposer l’horrible Ouattara (qui n’a aucune stature et aucune compétence) pour que le dialogue s’instaure

        Ceci dit tout le monde à de le droit de rêver, y compris éveillé.


      • realchange 23 décembre 2010 19:29

        Ne pas rêver c’est accepter la fatalité.

        Je pense qu’il n y a aucune fatalité dans la marche de l’histoire africaine. Seul le rapport des forces en aujourd’hui en défaveur des africains.

        L’Afrique n’accepte pas volontiers ce qu’elle subit du fait de vos intérêts. Je suis d’accord avec vous que pour sortir du rêve, il va falloir agir. Nul ne sait de quelle manière l’action efficace se produira ou se manifestera.

        « La chouette de Minerve arrive à la tombée de la nuit. » dixit Hegel.

        La Côte d’Ivoire en montre les prémisses et nos discussions traduisent la montée de cette préoccupation chez l’Homme africain.

        Joyeuses fêtes à vous.

        Realchange


      • Sauvage Sauvage 23 décembre 2010 13:09

        Article primordial pour cerner la crise ivoirienne :

        Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier

         

        Communiqué, le 23 décembre 2010

        L’association Survie rappelle que la France porte une grande responsabilité dans la crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis 8 ans. Malgré ce que prétendent l’ONU et les puissances occidentales, les conditions n’étaient pas réunies pour éviter une large fraude, particulièrement au Nord du pays. La seule issue semble désormais l’apaisement entre les deux camps et non l’affirmation de la victoire de l’un sur l’autre. La France doit procéder au retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.

        Pour la première fois de leur histoire, les citoyens ivoiriens ont voté dans une élection présidentielle véritablement pluraliste et ouverte. Malgré des conditions extrêmement défavorables, la participation fut massive. Mais depuis trois semaines, la Côte d’Ivoire est séquestrée par « deux présidents ». Tandis que l’un, Laurent Gbagbo, se crispe sur son pouvoir, la « communauté internationale » est en passe d’imposer l’autre, Alassane Ouattara, aux Ivoiriens.

        Pour cerner l’immense responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse que vit actuellement la Côte d’Ivoire, il est nécessaire de poser quelques jalons historiques.

        À l’automne 2002, l’Élysée refuse l’application des accords de défense à une Côte d’Ivoire en proie à une rébellion armée approvisionnée par un pays voisin. Au contraire, un cessez-le-feu est imposé, entérinant la partition du pays.

        En janvier 2003, lors des accords de Marcoussis, la diplomatie française impose l’entrée des rebelles dans le gouvernement ivoirien. À Abidjan, des manifestants refusent que les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur soient confiés aux rebelles, comme le prévoyait l’exécutif français.

        En novembre 2004, un engrenage tourne au drame. Au cours d’une offensive aérienne de l’armée ivoirienne sur les zones rebelles, neuf soldats français de l’opération Licorne et un civil américain trouvent la mort. Craignant un putsch orchestré par l’armée française après qu’elle a détruit l’aviation militaire ivoirienne, des manifestants envahissent certains quartiers d’Abidjan. L’armée française tire sur des manifestants, faisant plus de soixante morts.

        Les accords de Pretoria d’avril 2005 calquent la structure de la Commission Électorale Indépendante (CEI) sur le plan de table des négociations de Marcoussis, aboutissant à une surreprésentation des rebelles, assurant aux partis d’opposition une large majorité[1]. Dans la foulée, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) est créé à Paris, réconciliant deux anciens ennemis[2], Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, autour d’un accord électoral destiné à assurer la victoire de l’un des deux sur Laurent Gbagbo. L’Union Européenne impulse, à travers les Nations Unies, un Programme d’Appui aux Processus Électoraux dont la CEI est le principal bénéficiaire. Le descriptif de ce programme[3] laissait déjà augurer un passage en force :

        « Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »

        Début 2007, depuis Ouagadougou, Michel de Bonnecorse, chef de la cellule africaine de l’Élysée sous Jacques Chirac, annonce que la fin de la rébellion n’est pas un préalable aux élections[4]. Quelques semaines plus tard, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, leader de la rébellion, et Blaise Compaoré, président du Burkina, signent les accords de Ouagadougou : Guillaume Soro devient premier ministre. Fin 2007, un accord complémentaire a pour unique objet de confier à la société française Sagem Sécurité le volet technique de l’élaboration des listes électorales[5].

        Ce 2 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel ivoirien, essentiellement favorable à Laurent Gbagbo, constate l’expiration du délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats provisoires. En effet, la CEI a échoué à trouver un consensus sur l’ampleur d’irrégularités dans le scrutin. Le président de la CEI Youssouf Bakayoko se rend alors au Golf Hôtel, où se trouvent déjà Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Alassane Ouattara devant les caméras occidentales. Le lendemain, le Conseil Constitutionnel annonce l’invalidation du scrutin dans sept départements de la zone contrôlée par les rebelles et la victoire de Laurent Gbagbo.

        Prétendre organiser une élection satisfaisante sans mettre fin à la partition du pays[6] était absurde. On s’étonne qu’aucune autorité internationale ne l’ait exigé sérieusement. Malgré les énormes moyens mis en œuvre, le scrutin n’a pas offert les garanties brandies par l’ONU.

        Croire que l’élection présidentielle sortirait la Côte d’Ivoire de la crise était un leurre. Aucun des candidats du second tour ne sera capable à lui seul de guérir la société ivoirienne de ses plaies. Ni Alassane Ouattara, l’économiste libéral qui a fait carrière dans les grandes institutions financières internationales, l’adepte des privatisations, des coupes dans les budgets sociaux et autres plans d’ajustement structurel, l’ami très apprécié de l’Élysée. Ni Laurent Gbagbo, le socialiste devenu rapidement allié des grands groupes français, le nationaliste souvent - et sans doute volontairement - ambigu.

        Il est urgent que les initiatives d’apaisement soient privilégiées[7]. Si la « communauté internationale » a une once de bon sens, c’est dans cette voie qu’elle doit pousser les acteurs de cette crise et non dans le refus de voir la réalité et dans l’illusion qu’on peut imposer une solution de force à un pays divisé. Le risque est de plonger la Côte d’Ivoire dans la violence.

        Nous demandons que tout soit fait, à commencer par le retrait de l’opération Licorne au profit d’un renforcement de l’ONUCI, pour la réconciliation des Ivoiriens et non pour assurer la victoire d’un camp sur l’autre, ce qui serait lourd de menaces pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.

        [1] Par le jeu des alliances politiques, le président et trois des vice-présidents de la CEI sont favorables à Alassane Ouattara. Le quatrième vice-président est favorable à Laurent Gbagbo.

        [2] Au milieu des années 90, la Cellule Universitaire de Recherche et de Diffusion des Idées du Président Henri Konan Bédié promeut l’ivoirité. Cette notion aux forts relents xénophobes fut instrumentalisée pour écarter Alassane Ouattara de la vie politique ivoirienne.

        [3] Programmes d’Appui au Processus Électoral CIV-46362 (2006-2007, 58 millions de dollars) et CIV10-57717 (2008-2011, 75 millions de dollars) du Programme des Nations Unies pour le Développement.

        [4] « Le but des pays raisonnables est qu’il y ait des élections libres et honnêtes en octobre [2007], ce qui donnera un président légitime qui sera soit élu, soit réélu, et c’est à ce président de mettre un terme à cette crise. »

        [5] Le montant du contrat dépasse finalement les 200 millions d’euros. Filiale du groupe Safran, Sagem Sécurité est devenue Morpho.

        [6] Les accords de Ouagadougou exigeaient le désarmement des rebelles et le rétablissement de l’État de droit sur tout le territoire. Sur la reconversion de la rébellion dans l’économie de guerre, consulter les rapports du groupe d’experts ad’hoc de l’ONU.

        [7] Par exemple celle de la Convention de la Société Civile Ivoirienne. En outre, on attend la publication du rapport de la mission de Thabo Mbeki. Ce dernier avait contribué à faire retomber la pression après les événements de novembre 2004.

        — Association Survie 107, boulevard Magenta 75010 Paris Tél : 01 44 61 03 25 Fax : 01 44 61 03 20

        http://survie.org


        • epapel epapel 23 décembre 2010 18:51

          Et le viol de l’article 64 du code électoral ivoirien par Gbagbo, vous en faites quoi ?


        • le moine du côté obscur 23 décembre 2010 21:08

          En effet on se pose la question et comme je le dis souvent certains esprits sont surchauffés.

          Ouattara peut-il se retirer ? Peu probable vu que beaucoup de sang a déjà coulé pour lui et nombre de ses partisans n’accepteront jamais. S’il se retire sa vie même peut être en danger. De plus le soutien inconditionnel de la communauté internationale le coince.
           
          Gbagbo peut-il se retirer ? Là encore peu probable, il se fait passer pour le vrai patriote, celui qui défend l’indépendance de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Certains le voient comme un messie dans le pays, s’il se retire sa vie pourrait être aussi menacée. Le nombre d’hystériques dans son parti est assez effrayant.

          A vrai dire la situation est puante car de part et d’autres on a diabolisé l’adversaire ce qui est une démarche dangereuse face à une population immature politiquement. Ouattara est perçu par nombre de partisans de Gbagbo comme un monstre, parrain de la rébellion, un étranger (qui veut illégalement se présenter à l’élection présidentielle ivoirienne) et ami des intérêts étrangers. Gbagbo chez les partisans de Ouattara est perçu comme un sanguinaire (notamment qui serait à l’origine des escadrons de la mort), comme un mythomane en qui on ne peut avoir confiance, comme un tribaliste (et xénophobe) et comme un dictateur. Certains préféreraient mourir que de voir un des deux être président ! Oui on en est là ! Au point où chez certains la raison n’a plus court mais ce sont les émotions qui règnent.
          Et moi qui discute souvent avec les partisans des uns et des autres je suis abasourdi par ce que j’entends. Souvent on me demande de choisir mon camp et on m’a plusieurs fois accusé d’être un traitre quand j’ai dit que j’étais neutre ! Des couples ont été brisées par cette affaire et des amitiés aussi, preuve comme je le dis de l’immaturité politique de nombre de mes compatriotes.
          Moi j’aurais voulu que ni l’un, ni l’autre ne soit à ce deuxième tour mais je connaissais la mentalité des ivoiriens et je savais que deux des trois du BOG (Bédié-Ouattara-Gbagbo) allaient se retrouver au second tour. Et ce fut le pire de cas de figure qui s’est présenté, les deux candidats qui ont les sympathisants les et les plus violents. Nous savons pertinemment qu’aucun des deux n’aurait pu faire ce que Bédié a fait au premier tour, accepter de se retirer. Et aucun des deux sans doute n’acceptera de se retirer, se faisant le clash est inévitable. Certains espèrent un miracle, d’autres veulent voir les deux en découdre (et si possible se détruire mutuellement) pour que dans le futur nous ayons la paix. Evidemment si un tel scénario se présentait les conséquences seraient terribles.

          Le fait que les occidentaux se retirent est il est vrai intriguant et troublant. Certains se demandent ce que ça cache. Je ne veux personnellement pas spéculer, wait and see !

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