L’étonnant silence de la classe politique malienne
Tous le verbe haut quand ils s’en vont en campagne électorale, affronter les villageois et autres traîne-misère.
Tous le boubou étincelant sous le soleil de Gao, de Kaye, de Mopti ou de Ségou, quand il s’agit de battre le rappel des électeurs.
Tous cachés sous le canapé du salon quand il s’agit seulement ( ?) de prendre position sur un coup d’état qui les concerne au premier degré.
Pas une réaction d’un leader politique malien le mercredi 21 mars, quand commencent les premiers troubles et mouvements de grogne à Kati.
Pas une réaction dans la soirée, quand sont pris par les putschistes les locaux de la radio-télévision nationale.
Pas une réaction quand, dans la nuit, un groupe de mutins se proclame à la tête du pays, une place pourtant convoitée par beaucoup à voir la multitude de prétendants à la présidence de la République déjà lancés en campagne électorale.
Un seul a applaudi des deux mains le putsch en cours, Oumar Mariko, président du parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI), qui de tout temps s’est réjoui du moindre grain de sable qui pourrait enrayer le régime, même s’il a collaboré avec.
Où sont passés les tonitruants Ibrahim Boubacar Keita, Soumana Sacko, Hamed Sow, Soumaïla Cissé, Cheick Modibo Diarra, Mountaga Tall, Dioncounda Traoré et autres Choguel Maïga ?
Sagement réfugiés dans l’expectative, histoire de voir si le coup va réussir ou non ?
Etonnant de la part de politiciens qui manient le mot "démocratie" plus qu’il n’en faut à chaque discours !
Ils savent pourtant bien que, lorsque les militaires pointent le bout de leur nez aux portes du pouvoir, le "gros malheur" peut durer longtemps, très longtemps.
Le Mali n’est pas le Niger. Pas de despote au pouvoir à renverser par la force puisqu’il refuse de partir une fois son temps achevé.
Attendent-ils que d’autres parlent pour eux, s’indigent pour eux ?
Attendent-ils que le grand frère, Alpha Konaré (premier président élu démocratiquement en 1992) dise tout haut que "coup d’état n’est pas toujours bonne chose" ?
Si ce silence radio de la classe politique dure encore, les Maliens sauront dorénavant à qui ils ont à faire s'ils peuvent de nouveau voter un jour ou l’autre.

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Tiens, tiens... encore une manip’ du NOM ?
23/03 16:04 - easy queasysalut ! Je ne connais pas tellement, voir pas du tout le contexte politique malien. (...)
23/03 00:40 - ELF du Hood
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