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Coup d’Etat en Equateur : une guerre de propagande

Le contexte

Avant d’évoquer les faits récents, il faut aborder rapidement l’histoire de l’Equateur, un pays peuplé de 13 millions d’habitants à peine. Rappelons d’abord que, comme presque toute l’Amérique Latine, l’Equateur est marqué par un clientélisme prégnant. C’est-à-dire que les riches sont suffisamment prodigues pour s’attirer toute une « clientèle », une masse de paysans et d’hommes à tout faire qui dépendent de leurs largesses. Le système politique, duquel la démocratie a été absente jusqu’à peu, au contraire de la corruption qui est endémique, n’a certes pas favorisé l’expression des masses. Rappelons encore que, comme toute l’Amérique Latine, l’Equateur fait partie de ce que les Etats-Unis considèrent comme leur pré carré.

Normal ; outre la banane, l’Equateur est un gros exportateur de pétrole, accessoirement fertile donc quasi autonome sur le plan alimentaire

Dès l’apparition d’un semblant de système démocratique, au milieu du XIXe siècle, l’oligarchie a monopolisé le pouvoir, faisant de la vie politique nationale une alternance de périodes d’instabilité 2] et de dictatures.

Bref, c’est le schéma traditionnel des pays latino américains, où les périodes de réelle expression démocratique ont été rares jusqu’à il y a peu. 

Ainsi, un dénommé José Maria Velasco Ibarra, catholique et conservateur mais avec une tendance sociale 3], a été président de l’Equateur à cinq reprises entre 1934 et 1972, pour des mandats parfois très courts en raison de l’instabilité politique. En 1935 il est renversé par les militaires, puis il se représente en 1939 mais est battu, du coup il tente un coup d’Etat qui l’oblige à s’exiler, recommence en 1944 –c’est la « glorieuse révolution du 28 mai- et parvient à se faire nommer chef suprême de la République, seulement voilà : deux ans plus tard les militaires le virent à nouveau. Pas du tout découragé, Velasco Ibarra est réélu en 1952 puis en 1960, et comme l’histoire fait des ronds il est destitué en décembre 1961. En 1968, il remporte les élections pour la cinquième fois, jusqu’à ce qu’il soit viré par le général Guillermo Rodriguez en février 1972. Qui avait, au passage, étudié à la School of the Americas à Panama 4].

En général, ces messieurs sont animés des meilleures intentions au départ et affirment des tendances populistes (de droite ou Democracia_partivipativade gauche), pour que progressivement les choses se dégradent et virent à la dictature.

La pauvreté est généralisée, et en 2000 à peine 40% des enfants de moins de 15 ans étaient scolarisés, les soins médicaux étaient quasi inexistants hors des villes etc. Si bien qu’il a fallu emprunter au FMI et appliquer ses politiques d’austérité.

En 2000, suite à des politiques libérales et à une grave crise économique avec une croissance négative, une inflation de 50%, un déficit à 6% du PIB, une dette publique de 12,8 milliards de dollars et à la politique d’austérité 5] qui s’en est suivi (d’une manière assez similaire à ce qui a pu se produire en Argentine au même moment, ce qui a mené à une quasi cessation de paiements), on déclare que l’économie du pays se convertit au dollar. Il y eut, certes, quelques pressions du FMI via ses « politiques d’ajustements structurels ». A l’époque, c’est un dénommé Jamil Mahuad qui était président, et qui a contribué, quel hasard, au rapprochement avec les Etats-Unis, c’est-à-dire à l’allégeance totale. Il a par exemple signé un accord qui permet aux Etats-Unis d’utiliser la base aérienne militaire de Manta pour, disait-on, « lutter contre le narcotrafic ». Au final : des manifestations indigènes qui ont mis Mahuad dehors. Et qui, accessoirement, étaient largement poussées par un dénommé Lucio Gutierrez.

Fin 2002, donc, le colonel putschiste Lucio Gutierrez (diplômé de l’Inter American Defense College –IADC 6]), qu’on soupçonne d’être à la manœuvre dans la tentative de coup d’Etat du mois dernier, arrive au pouvoir à la faveur de manifestations des indiens. Il remporte les élections (ce qui a contredit tous les pronostics) face au milliardaire, spécialiste de l’évasion fiscale et magnat de la banane Alvaro Noboa. Accessoirement, les liens de Gutierrez avec un capo du narcotrafic local, César Fernandez, accessoirement entrepreneur prospère et ex-gouverneur de la province où est située la base de Manta 7], ont été largement prouvés, si bien qu’on s’est demandé si sa campagne n’avait pas été en partie financée par le trafic de drogue.

A ce sujet, il faut préciser que le trafic de drogue se développe à vitesse grand V en Equateur, et on estime qu’au moins 220 tonnes (essentiellement de la cocaïne) y transitent chaque année. Ce qui permet aux Etats-Unis de pousser au renforcement des frontières, ports et aéroports. Et de plus en plus, on assiste à une infiltration des narcos dans la vie sociale et politique du pays. Evidemment, les Etats-Unis accusent les FARC colombiennes d’être à l’origine du trafic, ce qui n’est absolument pas prouvé du côté des autorités équatoriennes 8].

Et puis, en 2005, de nouvelles manifestations réclament sa démission et dénoncent ses mesures ultra libérales ainsi que sa corruption 9], destinées à plaire aux Etats-Unis. Finalement, Gutierrez est destitué par le Parlement 10], de même que la Cour suprême que Gutierrez avait mis à sa botte. Anecdote qui ne manque pas de piquant : Gutierrez a fait une émission de télé sur une chaine Colombienne de droite début octobre 2010, juste après le coup sang des flics contre Correa, en compagnie de Carlos Alberto Montaner, un cubain écrivain et terroriste qui a travaillé pour la CIA durant des années si ce n’est encore le cas.

En 2008, l’armée colombienne, formée et armée par les Etats-Unis, mène une incursion à la frontière équatorienne, pour assassiner le leader des FARC, Raul Reyes. Cela, sans autorisation ni rien.

 

95109142e305423981375d4f72f2fbd4Les faits

Rafaël Correa, économiste mais de gauche 11], a été élu fin 2006 avec 56% des voix au deuxième tour contre Noboa. Il lance immédiatement une assemblée constituante, élue avec une large majorité tenue par l’Alianza Pais, qui soutient Correa et obtient 80 des 130 sièges. Finalement, le référendum populaire approuve à 64% le projet de nouvelle constitution. Correa est réélu en avril 2009, toujours avec un programme très social.

Il cherche à rompre avec les politiques précédentes et commence à développer l’investissement, l’emploi et la production, modernise la sécurité sociale (mais dans le sens inverse de la France), mène différents programmes sociaux à destination des plus pauvres, lance une réforme agraire, il renforce la compagnie pétrolière nationale Petroecuador et le contrôle de l’Etat sur toutes les étapes de la production d’hydrocarbures.

Et soudain, début septembre, une « rébellion » de quelques flics et militaires a failli se conclure en coup d’Etat 12] digne de l’époque Pinochet. D’après Correa, il s’agit d’éléments d’extrême droite, nostalgiques des colonels et autres dictateurs qui se sont succédé au pouvoir. Au final : dix morts et 274 blessés en une journée, le 30 septembre.

La veille, le Parlement venait d’approuver une loi qui alignait les salaires de la fonction publique et supprimait des avantages particuliers destinés à l’armée et à la police. Il semble que l’agitation a vite pris dans les casernes, si bien que Correa a décidé de se rendre dans l’une d’elles, quand il est agressé par des flics cagoulés. Il se réfugie alors dans une clinique proche où il est retenu quelques heures. Rapidement, près de 42.000 flics se mettent en grève et bloquent les aéroports. Pendant ce temps : pillages, braquages, scènes de violences dans les rues. Des centaines de policiers investissent l’aéroport de Quito, la capitale, bloquant le trafic aérien, d’autres s’occupent de bloquer les routes d’accès.

Très vite, des manifestants descendent dans les rues en soutien à Correa, et le ministre de la défense doit lancer l’armée sur 5ccf30ae768433c317441af4acd04d8bles flics pour libérer Correa lors d’un assaut qui fera quatre morts. On en profite pour tenter d’attaquer les locaux de la télé nationale Ecuador TV, qui devait donner le signal aux autres médias pour lancer la propagande annonçant que l’Equateur avait changé de régime. Il a donc fallu instaurer l’ « Etat d’exception » est instauré afin de permettre à l’armée de maintenir l’ordre à la place des flics.

Comme ça a été le cas avec les coups d’Etat au Honduras et au Venezuela, le coup d’Etat du 30 septembre était encore en cours quand on a vu dans les médias les premières personnalités, proches de Gutierrez et/ ou de Carlos Vera 13], dire que Correa devrait faire ses valises ou justifier d’une manière ou d’une autre l’émeute qui était en train de se produire. Un parlementaire de Sociedad Patriotica, Galo Lara, a par exemple déclaré le 30 septembre à la télévision que « le gouvernement est tombé », ce qui pourrait bien être un message à destination d’autres personnes, afin de passer à l’étape suivante du coup d’Etat, celle qui se joue au niveau politique, médiatique et judiciaire.

Nous allons observer les faits récents sous deux angles : celui de la presse traditionnelle et une explication moins mythologique, plus proche de la réalité des choses.


2329061583_943d39c0d3Point de vue « propagandiste »

Prenons, au hasard, le Nouvel Obs. Il titrait le 7 octobre : « Equateur : au moins 46 policiers détenus après la révolte contre Correa », et ils seraient même « au secret ». Déjà CNN & Co crient au loup et jugent l’Etat d’urgence comme étant abusif et un risque pour la démocratie

Pour Voice of America, Correa est un « allié de Chavez », ce qui revient dire qu’il est aussi un dictateur en puissance et justifie presque le putsch du 30 septembre. C’est d’ailleurs l’accusation de Gutierrez contre Correa quand il tente d’expliquer qu’il n’est pas à l’origine du coup d’Etat jusque sur les plateaux TV américains.

La meilleure défense étant l’attaque, Gutierrez se prépare à lancer une plainte contre Correa pour avoir nui à son image. Et, à partir de Miami, il a commencé sa campagne de dénigrement de Correa quelques jours avant le coup d’Etat. Pour ensuite continuer à partir du Brésil, où nombre de médias se pressent pour lui permettre de nier toute implication dans les événements du 30 septembre. Car pendant l’émeute, Gutierrez n’était pas en Equateur, mais au Brésil14], où il faisait office d’observateur international à l’occasion des élections depuis la veille du coup d’Etat.

Le jour de l’émeute, appelons ça comme ça, BBC Mundo titrait « Equateur : l’instabilité de retour ? » et évoquait une « crise de gouvernement », la « fragilité des institutions », une « démocratie faible », l’absence de gouvernement etc.

Dans les jours qui ont suivi, on nous a expliqué que Correa, ce suppôt de Chavez, n’avait jamais été séquestré. Gutierrez n’hésite pas non plus à accuser Chavez d’avoir préparé ce coup d’Etat dans un contexte, selon lui, de mécontentement social contre Correa, et le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains, qui a déclaré que l’émeute du 30 septembre était bien un coup d’Etat, est de son côté accusé d’être un suppôt de Chavez. On évite bien sur d’évoquer les 45 minutes durant lesquelles la police qui voulait retenir Correa et l’armée venue le « libérer » se sont échangé des tirs nourris. 

Les personnes accusées d’avoir participé à la préparation des évènements du 30 septembre s’expriment largement dans les médias pour se dédouaner d’avoir fait le coup. Et lesdits médias se gardent bien, dans leur grande majorité, d’enquêter sur ce qui s’est réellement passé. Une chose est sûre : la chronologie des faits, comme un mauvais scénario qui se répète, tend à montrer que le coup était préparé et coordonné.

 

Autres sons de clocheecuador_caricatura_pedro_me

Selon certaines sources, l’opération du 30 septembre visait ni plus ni moins à tuer le président15], et apparemment on lui avait déjà trouvé un remplaçant.

Petite chronologie des faits (comme le retrace en partie BBC News) :

▪ En avril 2007, l’Equateur solde sa dette extérieure envers le FMI, qui s’élevait à 11,4 millions de dollars.

▪ Suite à l’incursion de l’armée colombienne pour tuer Raul Reyes, Correa rompt les relations diplomatiques avec Bogota le 3 mars 2008. On l’accuse alors d’avoir touché de l’argent de la part des FARC.

▪ En décembre 2008, Correa annonce qu’une partie de la dette nationale est illégitime.

▪ En février 2009, Correa expulse deux diplomates US accusés de se mêler des affaires internes de l’Equateur.

▪ Juin 2009 : l’Equateur rejoint l’ALBA, l’alternative bolivarienne lancée par Hugo Chavez afin de contrer l’ALENA, la zone de libre échange US.

▪ En juillet 2009, une loi déclare que l’Etat percevra 100% du gaz et du pétrole nationaux. Au passage, Correa reprend la base de Manta aux Etats Unis, ce qui vexe beaucoup Washington car cette base, évidemment, était destinée à « lutter contre le narcotrafic » avec l’efficacité redoutable qu’on connaît à ces opérations US…

▪ En octobre 2009, Correa annonce que l’Equateur renonce à exploiter une partie de ses gisements pétroliers : ils étaient sur des réserves naturelles ou des domaines indigènes, et Correa veut passer à l’ère « post pétrole »…

▪ Pire que tout, l’Equateur se rapproche de l’Iran, diabolisé à souhait par les Etats-Unis (cf. affaire Sakineh), et le commerce avec l’Iran passe en l’espace d’un an (de 2007 à 2008) de 8 à 168 millions de dollars.

Mi septembre, on apprend que « 10% du personnel de Petroecuador [est] suspendu pour corruption présumée », soit 628 employés suspendus dans la compagnie nationale de pétrole16]. Des employés qui seraient également actionnaires d’un sous-traitant de Petroecuador, chargé de stocker et distribuer ledit pétrole dans le centre et le nord du pays. Hors, dans ce cas précis (contrat avec une société publique), la loi nationale interdit aux employés d’être actionnaires.

Bref, Correa fait tout pour plaire aux Etats-Unis.

Puis vient cette réforme des salaires des fonctionnaires, dont ceux de la police et de l’armée. Et l’émeute/ coup d’Etat du 30 septembre. En fait, il semble que l’idée des putschistes était de remettre en selle l’ancien « président » Lucio Gutierrez. Dont l’un des bras droits, leader du Partido Sociedad Patriotica, Fidel Araujo, vient d’être interpellé pour avoir participé aux opérations du 30 septembre (il s’est rendu sur place ostensiblement pendant l’émeute sans raison a priori). Evidemment, Gutierrez nie en bloc.

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D’après un rapport du ministère de la défense équatorien datant d’octobre 2008, l’armée avait compris que les diplomates US étaient en train de corrompre l’armée et la police, via notamment l’ambassadrice US Heather Hodges. Celle-ci a d’ailleurs été présente dans la plupart pays d’Amérique Latine qui ont connu des coups d’Etat signé Washington, comme le Nicaragua au début des années 90, ou Cuba un peu avant.

En Equateur aussi, on voit l’USAID augmenter ses financements vers diverses associations toutes, forcément, démocratiques (plus de 25 millions de dollars en 2009, et près d’un tiers de plus en 2010)17]. Des organismes satellites du National Endownment for Democracy (NED, qui collabore de près avec la CIA) comme le National Democratic Institute (NDI) « fournissent une assistance technique et incitent à de meilleures pratiques internationales afin d’aider les organisations politiques à mettre en place des structures plus responsables et efficaces », quitte à les informer sur tous les recours législatifs possibles pour contrer la décision des urnes et à établir de faux « débats démocratiques  ». Des associations « citoyennes » et des partis sont ainsi crées de toutes pièces grâce aux perfusions de dollars, comme par exemple la « Corporacion Participacion Ciudadana », financée par le NDI.

Le NED (National Endownment for Democracy), bien connu pour son soutien aux démocraties, surtout lorsqu’il y a des enjeux stratégiques derrière, a de son côté filé 350.000$ au National Democratic Institute for International Affairs (NDI) en Equateur en 2009 afin de « promouvoir des réformes internes » destinées à mettre en place « des capacité de formulations politiques ». 461.000$ ont été fournis à l’International Republican Institute pour développer en Equateur des programmes destinés à « encourager un plus haut degré d’implication dans la coopération et la synergie » grâce à des « groupes de la société civile, des partis politiques, de la presse indépendante et des entreprises privées » concernées par le développement de la nouvelle constitution.

En 2009 encore, le NED a versé plus de 55.000$ à la « Fondation d’action pour le développement communautaire » (ADECOM), 461.000$ à l’International Republican Institute (IRI).

Au passage, on finance aussi des organisations paysannes comme Pachakutik, un mouvement créé en 1996 pour les élections présidentielles, qui est très proche de la CONAIE. Après quatre mois d’existence et de campagne électorale, Pachakutik, mené par une star de la télé nationale, a grapillé un cinquième des votes. C’est ensuite Lucio Gutierrez qui en prend la tête pour organiser un coup d’Etat en 2000.

Quant à cette infiltration, elle a été dénoncée par le chef de la police équatorienne, Freddy Martinez, et a dénoncé les fidèles correa_mediade Gutierrez au sein de la police et de l’armée comme étant les instigateurs du « coup d’Etat » de septembre. Et voilà que le 8 octobre, une semaine après l’émeute, l’ONU « exhorte le gouvernement à garantir la liberté de la presse », selon un titre de l’AFP. Enfin, il s’agit plutôt d’ « un expert », ce qui reste très vague.

Et Correa va plus loin, en disant que le Partido Sociedad Patriotica au Parlement est à la botte de Gilmar Gutierrez, le frère de Lucio Gutierrez, qu’il a contribué à l’émeute du 30 septembre et qu’il se prépare à faire chuter le gouvernement. Il se base pour cela sur une vidéo qui montrerait Gilmar Gutierrez et d’autres membres de ce parti lors d’une entrevue la veille du 30 septembre, au cours de laquelle ils auraient évoqué le coup d’Etat. Logiquement, il réclame que les « conspirateurs » soient tous mis en prison.

Six jours avant l’émeute, ou le coup d’Etat raté, c’est selon, Gutierrez était encore en train de critiquer devant l’agence de presse espagnole EFE et depuis Miami le « modèle socialiste » équatorien et de « manifester sa préoccupation » au sujet d’un éloignement de l’Equateur et des Etats-Unis. Le 21 septembre, Carlos Vera, l’ex présentateur de JT accusé d’avoir procuré une tribune médiatique aux « comploteurs », a lancé une pétition afin de demander un référendum révocatoire contre Correa 18].

Le même Carlos Vera est aujourd’hui en train de dire partout que Correa veut le mettre en prison.

Bref, le décor était planté, et il l’est encore aujourd’hui.

 


[1] Qui, bien sûr, rejette ces « accusations ».

[2] Par exemple, certains ont comptabilisé 62 gouvernements différents (qui ont parfois été deux ou trois à diriger le pays en même temps), soit dictatoriaux, soit militaires, soit plus présidentiels, entre 1830 et 1948. Quant au nombre de tentatives de coup d’Etat, elles sont quasiment incalculables.

[3] Créations d’écoles, de routes, tentatives de réformes agraires, développement d’une sécurité sociale pour les paysans…

[4] Créée en 1946 par l’armée US, l’école a été transférée en Géorgie en 1984. En 57 ans, elle a formé plus de 60.000 soldats latino américains.

[5] Avec par exemple une augmentation de 174% du prix des combustibles, un gel partiel des dépôts bancaires mais attention : uniquement ceux des particuliers, et cela durant un an, ainsi qu’une fermeture temporaire des banques.

[6] A l’IADC, on a aussi vu passer Michelle Bachelet, ex présidente du Chili, ainsi que pas mal d’ambassadeurs et politiciens latino américains.

[7] En fait, comme pour d’autres grosses bases US comme le camp Bondsteel au Kosovo, on soupçonne la base de Manta, ville du deuxième port équatorien, d’avoir été un point de départ d’une partie de la drogue qui part vers les Etats-Unis.

[8] Par contre, la période de la « para politique », où l’on a appris les connivences entre la classe politique colombienne, les narco trafiquants, les paramilitaires et l’armée, a montré que les paramilitaires, qui travaillent autant pour leur compte que pour l’armée, les politiques et les narcos, contrôlent les filières d’exportation de la coca jusqu’aux Etats-Unis et en Europe.

[9] Il aurait détourné de l’argent du ministère du bien Etre Social, commis des malversations dans diverses entreprises comme l’organisation de Miss Univers ou l’acquisition d’équipements pour la radio nationale et fait assassiner le journaliste chilien Julio Garcia Romero durant des manifestations anti Gutierrez d’avril 2005. Officiellement, le journaliste serait mort d’une attaque cardiaque à cause de gaz fumigènes.

[10] Et il finit par s’exiler en République Dominicaine pendant que le pays est sous état d’urgence, puis au Pérou.

[11] Catégorisé immédiatement par Condoleeza Rice comme un candidat « anti américain et populiste », une expression que nos médias utilisent facilement pour les socialistes, beaucoup moins pour les populistes tendance fasciste comme Sarko ou Berlusconi…

[12] C’est du moins ce qu’en ont conclu l’OEA (Organisation des Etats Américains) et l’UNASUR dès le 1er octobre.

[13] Présentateur très populaire à la télé, passé par le JT et membre de l’opposition.

[14] C’était déjà au Brésil que Gutierrez avait obtenu l’ « asile politique » en 2005, après avoir été destitué.

[15] On dispose d’enregistrements radio dans lesquels on entend des flics appeler à tuer Correa, c’est qu’il a appelé le « plan B » des insurgés.

[16] Qui produit 59% du pétrole équatorien et compte 6.417 employés.

[17] Un exemple de ces financements : le secteur « gouverner justement et démocratiquement », qui a permis à l’USAID d’ « entrainer et de déployer 9.670 observateurs locaux pour promouvoir des élections nationales justes et transparentes en 2009 »

[18] Il lui faudra pour cela obtenir 1,5 millions de signatures, sans date limite de temps. 400 personnes sont rémunérées pour les récolter.


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3 réactions à cet article    


  • asterix asterix 19 octobre 2010 12:17

    Fort bien, monsieur et vous avez sans doute raison. Il n’en revient pas moins que Correa a perdu le soutien des communautés indigènes pour lesquelles son bilan est égal à zéro.
    Viva Evo Moralès !


    • diego149 diego149 19 octobre 2010 17:48

      L’Equateur avant l’arrivée de Correa était pratiquement une colonie US. La dolarisation de la monnaie a été pour le peuple équatorien un mauvais coup, car le cout de la vie a augmentée alors que les salaires qui sont très bas n’ont pas augmentés eux,. Ca a été un peu comme l’effet Euro en France. Correa comme le dit très justement Asterix a perdu le soutien des communautés indigènes.De plus beaucoup d’équatoriens lui reprochent sont alignement systématique sur Chavez, qui n’est pas très populaire en Equateur. Maintenant qu’il y ait manipulation US du mécontentement de certaines catégories, c’est fort possible et selon mon avis (ce qui n’engage que moi ,même certain). L’Amérique Latine étant considérée par les américains comme son pré carré.


      • Marc Blanchard Marc Blanchard 20 octobre 2010 04:33

        Technique habituelle américaine.

        Correa devrait expulser toutes les ONG financées par la NED.

        Il aime pas ça du tout l’empire quand un pays voit ses conditions sociales augmenter et rembourser intégralement sa dette en moins de 5 ans. Il doit être furax le queutard du FMI.

        Viva Chavez.
        Viva Morales
        Viva Correa
        Viva Lula
        Viva à tous les opposants à l’empire americano européen

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