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Accueil du site > Actualités > International > Crise de Madagascar : des causes oubliées ?

Crise de Madagascar : des causes oubliées ?

La couverture médiatique des émeutes qui secouent actuellement Madagascar, ne permettent pas toujours de bien comprendre les raisons de la crise. Depuis la fin du mois de janvier, un inquiétant regain de violence secoue Madagascar. La crise qui paralyse le pays n’est pas une surprise pour qui s’intéresse à ce pays.

Certains observateurs la décrivent comme un différend entre le jeune maire d’Antananarivo (Tananarive) Andry Rajoelina, (34 ans) et Marc Ravalomanana, Président de la République Malgache, élu en 2002, après 23 ans de règne sans partage du régime de Didier Ratsiraka (avec une interruption de quatre ans au milieu des années 90). Les faits dépassent largement cette vision réductrice. Le terreau de la crise est avant tout social. 
 
Si les premières années du pouvoir de Ravalomanana ont permis au pays de se relever quelque peu de la crise de 2002 (construction des infrastructures routières, croissance de 7 %, inflation maîtrisée, tourisme exponentiel, protection de la biodiversité malgache améliorée), la suite (surtout à partir de 2006, date de sa réélection) est une longue liste de promesses non tenues, d’entraves aux libertés, d’un pouvoir autocratique et surtout d’un peuple malgache qui continue à sombrer dans la misère. Ce n’était manifestement pas le souci des principaux bailleurs de fonds internationaux. Le FMI comme la Banque Mondiale misent sur la bonne marche de leurs affaires, pour que le commerce et les investissements se déroulent dans un "climat et un environnement favorables". La nature du régime et les conditions de vie de la population n’ont pas d’importance.
Calcul risqué de la part des investisseurs, dans ce pays que les occidentaux considéraient comme « apaisé ». Trois éléments déclencheurs auront suffi pour mettre sous tension un peuple malgache à bout socialement (un litre d’essence supérieur à un euro, un sac de riz quasiment au prix du SMIC, soit près de 30 euros) : l’affaire Daewoo fin novembre 2008, l’achat par le Président de la République d’un Boeing 737 d’une valeur de 60 millions de $ et la fermeture de la télévision Viva du Maire de Tana. Rien d’étonnant alors de constater que les émeutiers s’en sont d’abord pris aux différents intérêts privés du Président en incendiant les supermarchés de sa chaîne, inaccessibles pour la quasi-totalité de la population malgache, et à la fois, symboles de lieux fréquentés par une toute petite minorité très privilégiée. Ils ont également attaqué les entrepôts dans les zones franches, symbole des investissements étrangers, où les ouvriers exploités 16 heures par jour touchent en moyenne 30 € par mois.
 
C’est dans ce climat très tendu de confrontation, que le jeune maire, Andry Rajoelina, a appelé la population à entamer une grève générale le 24 janvier. La suite, on la connaît, une centaine de morts et une issue aujourd’hui très incertaine. Se plaçant d’emblée dans la position de l’homme providentiel Andry Rajoelina réclame aujourd’hui un gouvernement de transition et exige d’être à sa tête. Sans programme, sans proposition, sans véritable parti politique, propose-t-il sincèrement une politique alternative à l’actuel président ? Difficile de se prononcer mais l’ambition personnelle du Maire de Tana rappelle étrangement le parcours de son adversaire Ravalomanana.
 
Au-delà de la dimension sociale de la crise, c’est à une nouvelle forme de colonialisme agraire auquel nous sommes peut-être en train d’assister. Non content de piller les ressources minières, les pays du nord se permettent désormais de louer des millions d’hectares de terres arables aux pays du sud pour satisfaire leur consommation, et ce, pour des bénéfices insignifiants pour les populations locales. C’est la fameuse affaire Daewoo. Le géant sud-coréen Daewoo Logistics a annoncé la signature d’un contrat de « location » de 1,300 millions d’hectares de terres arables pour 99 ans, en vue de la culture de maïs et de palmiers. Les détails du contrat sont très préoccupants :

- La surface louée représente l’équivalent de la moitié des terres arables à Madagascar.

- Daewoo plantera du maïs sur 1 million d’hectares dans la zone Ouest et du palmier à huile à l’Est sur 300 000 hectares. Les semences de palmiers seront importées d’Indonésie et du Costa Rica, celle de maïs des Etats-Unis (Le Monde du 20 novembre 2008). La récolte brute sera envoyée en Corée du Sud.

- l’accord ne prévoit pas de versement d’argent à l’Etat malgache, les investissements (6 milliards de $ sur 25 ans) dans les infrastructures nécessaires à la mise en place du projet tiendraient lieu de « prix de location ».

- Daewoo Logistics utiliserait essentiellement de la main d’oeuvre sud-africaine selon le Financial Times cité par l’AFP.
Comment accepter cette absurdité ? Madagascar, l’un des pays plus pauvres du globe n’a pas assez de ressources pour nourrir sa population, mais suffisamment pour envoyer de l’huile de palme qui sera convertie en biocarburant pour la Corée du Sud ? La recherche de terres cultivables par les grands groupes internationaux dans les pays pauvres du Sud est une tendance rencontrée dans le monde actuellement. Le FAO avait mis en garde les pays en quête de terres à cultiver à l’étranger contre un système assimilé à du " néocolonialisme ".
 
Cette nouvelle tendance n’est pas étrangère à la crise financière qui sévit sur la planète. La plupart des pays émergents et africains vivent dans la peur panique d’un retrait massif des capitaux étrangers. La crainte d’une baisse des investissements directs étrangers présentés par les organisations internationales comme la panacée aux problèmes lancinants du développement, pousse certains dirigeants africains à tout mettre en œuvre pour récupérer des devises, comme la cession massive de terres agricoles. Le processus largement entamé est appelé à s’accélérer. Des centaines de milliers d’hectares de terres arables sont ainsi menacés. Des centaines de milliers d’autres ont déjà été aliénés sous cette nouvelle forme de colonisation appelée « concession ».
 
Le drame que vit le peuple malgache est une nouvelle illustration d’une économie mondiale ultralibérale qui étrangle les peuples. Il se déroule dans un quasi silence de la communauté internationale. Entre crise alimentaire des peuples et voracité des spéculateurs et collusion du politique et du patronat, l’exemple malgache ne peut que faire réfléchir.

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26 réactions à cet article    


  • Colure Colure 10 février 2009 11:30

    Merci pour cet article, trop peu d’informations sont données sur ce beau pays qui se fait pillé depuis longtemps déjà et visiblement, cela ne va pas en s’arrangeant.

    Les Malgaches sont en règle général des personnes gentilles et pacifiques, hormis la classe dirigeante et les descendants des colons qui tiennent les reines depuis longtemps , trop gentilles sans doute ... On les tiens dans l’ignorance et la misère depuis longtemps, jusqu’au jour où ...



    • grangeoisi 10 février 2009 11:51

      Bonjour, vous utilisez à bon escient le conditionnel mais quid de la teneur exacte du contrat passé si contrat effectif.

      Fait froid dans le dos. Quant aux évènements d’ Antananarivo, hum pas une histoire de Ra ça ?


      • Désabusé 10 février 2009 12:04

        Le drame ne vient pas seulement de l’économie mondiale ultralibérale.
        Il vient aussi des dirigeants de pays corrompus (je ne vise personne en particulier) qui osent pensent mettre en oeuvre de tels contrats sans prévoir la moindre retombée positive pour leur pays.

        Cela est d’autant plus rageant que Madagascar bénéficie d’aide alimentaire du PAM (pour couvrir les dégâts dus au cyclones). Laquelle aide est bien ridicule comparée au récoltes qu’espère obtenir Daewoo Logistics.

        Sans compter les problème d’atteintes environnementales dus à une culture intensive du maïs (utilisation de l’eau, engrais à outrance...)



        • LE CHAT LE CHAT 10 février 2009 12:28

          un Chavez malgache dénoncera ce contrat inique et s’occupera en priorité des interêts de son peuple , ce n’est qu’une question de temps ..........


          • darthbob darthbob 10 février 2009 12:49

            "Le géant sud-coréen Daewoo Logistics a annoncé la signature d’un contrat de « location » de 1,300 millions d’hectares de terres arables pour 99 ans, en vue de la culture de maïs et de palmiers. "

            Comment est-ce possible de signer un contrat de ce type ?

            99 ans, c’est une éternité. Le président malgache a du avoir d’excellentes "raisons" d’accepter ce deal ? A-t-on des infos à ce sujet ?

            Merci pour cet article qui nous permet d’y voir un peu plus clair et de dépasser le bilan des victimes qui est la quasi seule information qui circule jusqu’à nous.


            • ral 10 février 2009 15:41

              La réponse à votre interrogation : "....A-t-on des infos à ce sujet ? ...."
              Lire cet article http://www.madagascar-tribune.com/Chronologie-de-l-affaire-Daewoo,11023.html

              Et pour se mettre au courant des événéménts actuels, sans parti pris : http://www.topmada.com/



            • afaucher2001 10 février 2009 12:58

              Votre article est un excellent condensé de la situation. Le seul reproche serait sur l’expression "les pays du nord". Je ne crois que Daewoo et la Corée du Sud dont il est question soit qualifiés de pays du nord. Peut être pouvez vous trouver un autre terme lié à la mondialisation qui fait tant de dégat qui soit plus adéquat


              • K K 10 février 2009 15:09

                il est indeniable que la Coree est plus au Nord que Madagascar.


              • goc goc 10 février 2009 13:50

                il ne faut pas oublier de preciser aussi que derriere le president actuel, il y avait la bande habituelle des neo-cons americains et que deja sa prise de pouvoir ne s’etait pas fait sans heurts (surtout avec les sakalaves), puisque le but reel etait bien de remplacer l’influence francaise par celle made in usa comme ils l’ont fait dans les pays de l’Est

                Aussi on peut penser que la chute du president actuel pourrait bien etre aussi causé par la disparition de ses anciens appuis politiques. Ceci dit, il ne faut pas rever, les Francais ne reviendront plus dans la sphere d’influence, en tout cas pas tant que nabot 1er sera au pouvoir en France. Deja qu’il refourgue notre souveraineté nationale a l’Otan, c’est pas pour prendre la place de ses amis les neo-cons ailleurs.


                • K K 10 février 2009 15:11

                  excellent texte. Vous semblez mieux connaitre la situation que l’auteur de l’autre article. Des amis Malgache de mes parents ont rapatrie toute leur famille en France le temps que la situationse calme.


                  • maharadh maharadh 10 février 2009 15:16

                    En quoi ces faits seraient ils une nouveauté ?

                    Celà se passe ainsi depuis l’aube des temps sauf que maintenant on y met un peu plus d’hypocrisie alors qu’auparavent on colonisait de façon plus brutale mais les causes sont toujours les mêmes et les exploités et les spoliés aussi.


                    • dezanneau 10 février 2009 16:25

                      La crise est d’abord liée à la dette, système qui nous touche aujourd’hui puisque mis en place par les mêmes personnes...
                      Elle est liée au fait que le budget de l’Etat n’intègre pas la part patrimoniale des Finances publiques (actifs/passifs) qui n’est donc pas valorisée...sauf par le marché ou dans le PIB...ce qui laisse les PVD désarmés...Hors, un million d’hectares de Sau (surface agricole utile) ne valent pas "rien" ! ça vaut plus de 3Md d’euros par an en France en terme de création de richesse !
                      Je viens de rédiger une autre page sur ce point précis sur mon blog : 

                      http://www.la-france-contre-la-crise.over-blog.com/


                      • gdm gdm 10 février 2009 17:41
                         
                        @Vincent Jarousseau
                        votre article parle de l’accord de location de terre agricoles à l’entreprise coréenne. Savez-vous si cette location pourrait violer certains droits coutumiers ? A ma connaissance, le droit coutumier était le seul droit qui organisait la société malgache. Je me demande si ce contrat de location est légitime, en regard du respect des droits des occupants malgaches.

                        • Le péripate Le péripate 10 février 2009 22:35

                           C’est la question que je me posais.En ce cas, ça veut dire qu’il y a eu vol des terres coutumières. Mais il bien fallu l’accord des chefs coutumiers. Ou, alors, la force.


                        • K K 10 février 2009 19:55

                          je crois que je me suis un peu trop égaré du sujet

                          Ce que vous dites n’a strictement aucun rapport avec le sujet. Apprenez a respecter les auteurs et les lecteurs en arretant de flooder et de troller a tout va un peu n’importe ou.


                        • K K 10 février 2009 19:58

                          Pourquoi parlez-vous d’Israel ici ?

                          Vous etes vraiment monomaniaque !!! 
                          Ayez un peu de respect pour les Malgaches qui vivent des temps difficiles. 


                        • Céline Ertalif Céline Ertalif 10 février 2009 20:14

                          Article où on apprend quelque chose ! Merci.


                          • ZEN ZEN 10 février 2009 21:12

                            Merci pour cet article, qui évoque le colonialisme agraire , qui ne s’exerce pas seulement à Madagascar


                            • Reinette Reinette 10 février 2009 21:28


                              Fin 2005, Médecins sans frontières a décidé de se retirer de Madagascar, un des pays les plus pauvres du monde. L’association humanitaire estime qu’il ne lui appartient pas de se substituer à un Etat devenu trop défaillant. En effet, président et chef d’entreprise, le très libéral Marc Ravalomanana n’est pas plus gêné par la montée des inégalités que par les conflits d’intérêts. Depuis son élection en 2002, il s’appuie sur les puissantes Eglises locales, les renforçant encore. 

                              Le président malgache Marc Ravalomanana n’a pas abandonné les atouts qui lui ont permis d’accéder au pouvoir en 2002. La fabrication industrielle des produits laitiers, dont il a le monopole à Madagascar, lui avait en effet donné les moyens de se lancer dans la course à la présidence fin 2001. En outre, l’affirmation de sa foi protestante lui avait assuré le soutien des Eglises chrétiennes, traditionnellement très influente. Depuis bientôt , le « roi du yaourt  » emploie la même recette.

                              En août 2004, il a été réélu vice-président de l’Eglise réformée de Jésus-Christ (FJKM), une des quatre composantes de la FFKM. Quelques semaines plus tard, M. Jean Lahiniriko, président de l’Assemblée nationale et membre du parti présidentiel Tiako’i Madagasikara (TIM, « J’aime Madagascar »), est devenu trésorier de l’Eglise luthérienne. Les autres confessions ne sont pas en reste : « Le premier ministre Jacques Sylla, catholique, a été nommé sur une suggestion du cardinal Armand Razafindratandra », confie Mme Madeleine Ramaholimihaso, membre fondateur du Comité national pour l’observation des élections (CNOE).

                              En avril 2005, événement exceptionnel : un prêt de la Banque mondiale a financé, un rassemblement national des pasteurs de la FJKM. M. Ravalomanana en a profité pour expliquer aux participants qu’il souhaitait faire d’eux des « agents de développement » au service de l’Etat. Peu avant, lors de cette rencontre, il avait ouvertement évoqué l’idée d’une « théocratie », alors que la Constitution proclame la laïcité de l’Etat.

                              Chef d’Etat et pratiquement chef d’Eglise, M. Ravalomanana n’en demeure pas moins chef d’entreprise, faisant fi des conflits d’intérêts inhérents à une telle situation. Il dirige toujours le groupe agroalimentaire Tiko (1), créé en 1981 grâce à un prêt avantageux de la Banque mondiale. A l’instar du FFKM, Tiko est entré dans les rouages de l’Etat : ceux que l’on appelle les « Tiko boys » sont devenus députés ou agents de l’administration. M. Solofonantenaina Razoarimihaja, président du TIM et vice-président de l’Assemblée nationale, par exemple, est un ancien dirigeant de Tiko. Dans l’autre sens, plusieurs des mesures prises par M. Ravalomanana en tant que président de la République auraient particulièrement bénéficié à son groupe. Ainsi, en 2005, Tiko Oil a profité d’une détaxation sur l’huile brute qu’elle traite, tandis que l’huile raffinée importée par ses concurrents était taxée à 20 %. Au minimum, le consortium industriel aurait triplé son chiffre d’affaires depuis l’élection de 2002, s’accordent à dire plusieurs observateurs économiques qui déplorent l’opacité du monde des affaires malgache.

                              Ravalomanana se sert de sa position politique pour faire en sorte que ses sociétés soient en mesure d’arracher des contrats cruciaux des mains de ses rivaux et d’acheter au rabais des entreprises publiques en cours de privatisation. Le groupe a d’ailleurs diversifié ses activités. Déjà propriétaire d’une radio et d’une chaîne de télévision, Madagascar Broadcasting System (MBS), il a lancé un journal, Le Quotidien, imprimé par ses soins. Tout en continuant à produire des aliments pour animaux, des yaourts, des glaces, du beurre, de l’huile, des boissons, etc., Tiko a aussi investi dans les travaux publics, avec deux entreprises de bâtiment et de travaux publics, la société Asa Lalana Malagasy (Alma) et la Compagnie de Construction Malagasy (CCM).

                              Le nouveau régime semble fort apprécié de la « communauté internationale ». Madagascar est le premier bénéficiaire des fonds des objectifs du millénaire des Nations unies ; le Sénat français a remis à M. Ravalomanana le prix Louise-Michel, qui récompense une personnalité « qui défend les valeurs républicaines ». En octobre 2004, les bailleurs de fonds internationaux et bilatéraux ont effacé, en partie ou totalement, les dettes malgaches.

                              On assiste depuis 2002 à l’adoption sans réserve d’un libéralisme exacerbé. C’est la loi du plus fort qui prime, et les pauvres prennent ça de plein fouet

                              (1) Le groupe comprend : Tiko Oil Products, Tiko Agri, Toamasina Oil Plants, Iko, Tia (agroalimentaire) ; Magro, Tiko (commerce) ; Alma, CCM (construction) ; radio mada, MBS, radio fahazavana, Le quotidien, Blueprint (médias). Cf. http://www.tiko.mg

                               


                              • Colure Colure 11 février 2009 09:30

                                L’aspect économico-religieux est un héritage colonialiste, appareil bien pratique pour endormir les populations qui n’ont, déjà , à la base, plus beaucoup d’espoir de vie meilleur dans le monde réel. Cela, la classe dirigeante Malgache l’a toujours bien compris et utilisé. D’autant que la relation des Malagache à la mort, est très particulière et explique en partie, ce qu’on pourait considérer chez eux comme de la résignation. Ce qui n’est pas le cas ...

                                Pour y avoir passé quelques mois en 2004, à Tannanarive, j’aurais quelques remarques qui renvoie aussi à notre complicité dans la situation Malagage :


                                - La préscence de nombreuses ONG dont les membres roulent en 4x4 polluant (bizarement, pas pour aller en brousse et dieu sait quand on y est aller que l’air de Tana est irrespirable à certain endroits ) et qui sont bizarrement muet sur la situation.


                                - Un tourisme sexuel de quinqua ou plus bien affiché et pas ennuyé par les autorités.


                                - Des rizières à l’abandon tout autour de Tana pendant que le prix du riz (importé) grimpait.


                                - Une misère dans les rues à avoir honte de nous : des enfants de moins de 5 ans mis par leur parents dans une benne à ordure pour trouver de la nouriture.


                                - Un clergé homniprésent et très écouté, faisant le "jeu" du pouvoir en place.


                                - Des médias "populistes" , surtout pas éducatif et à l’affus de l’information à sensation qui ne nuit pas au gouvernement et qui n’aborde jamais les sujets qui facheraient.


                                - Une corruption endémique et à tout les étages mais cela s’explique sans doute pas des niveaux de salaire très bas, c’est le poste qui compte , pas le salaire au départ. Même pour partir, j’ai du débourser 50€ auprès de la douane sous la menace de me faire déballer toutes mes affaires (rien d’illégal mais j’avais acheté beaucoup de souvenirs)

                                Sans parler de tous ces français ou étrangers, profitant de cette situation où le coût du travail est tellement bas (30€/Mois) qui ont moultes "domestiques" (devrais-je dire "esclave" ?) à la maison, et ce 7j/7, 10 à 12h par jour minimum. Une vraie sinécure pour eux ... on va pas s’en plaindre ? De plus, lorsque ceux ci peuvent aller au restaurant (il y en a de très bons !) à pas chèr avec un prix défiant tout concurrence et une assiête digne des plus grandes tables française, on a du mal à s’en passer. D’ailleurs, beacoup ne peuvent et ne veulent plus revenir ... et pour cause.

                                Tout ceci pourait explique le silence (gêné ?) des occidentaux sur place ? Moi en tout cas, cela m’avait révolté et me révolte toujours. Ce qui m’étonne encore, c’est qu’aucune ONG sur place ne dénonce cela, qu’il n’y ait aucun média de chez nous pour enquêter et rendre compte d’un situation scandaleuse et honteuse.

                                Bref, je n’ai pas été ehaustif et ce n’est que mon petit "vécu" là bas de quelques mois.


                              • Christoff_M Christoff_M 10 février 2009 21:40

                                La sous traitance de main d’oeuvre bas prix style plates formes telephoniques a amené ce pays au bord du gouffre...

                                Qui peut croire qu’un pays se développe sur une économie fantoche pilotée de l’extérieur...

                                Nous avons connu les pays bananes, les pays café, on voit ce que cela a donné... encore une preuve s’il en était des bienfaits de la mondialisation !! comme dans les pays de l’est , les multinationales qui s’implantent utilisent de la main d’oeuvre tres qualifiée payée à des salaires de misère...

                                Elles ne sont pas la pour le bienetre de la population locale, les chinois commencent eux aussi à voir les limites d’un système, on peut délocaliser en Inde, puis dans certains pays asiatiques mais tot ou tard, les memes problèmes reviendront... ces pays sont des pays fantoches avec des gouvernements à la solde de l’occident ou des américains, mais on fait croire à la population locale au mythe d’une démocratie importée !!

                                Combien de dictateurs et d’autres élus s’engraissent en Afrique pour maintenir la pression et des filiales low coast de multinationales.... Madagascar avait un haut niveau comme de nombreux pays sur cette terre avant l’arrivée de profiteurs venus du Nord Ouest et de leurs complices mis en place au pouvoir...

                                Certains vont rire et dire que je suis simplet, mais vous verrez qu’avec la demande de matières premières de la Chine, qui va accentuer exponnentiellement les crises larvées un peu partout...

                                Et bientot il y aura des tas de pays usés vidés comme une terre exploitée par l’agriculture intensive, des pays qui seront au bord de l’émeute, et la nos gouvernements modiaux seront moins regardant sur le profil du gouvernant corrompu du moment qu’il évite l’émeute générale !! ce fut le cas longtemps de Saddam avant que certains de ses pourvoyeurs ne supportent plus ces frasques...

                                C’est le cas des principautés de pacotille, qui n’ont que des figurants comme roi, et qui sont la pour recycler l’argent que l’on ne veut pas déclarer à l’Ouest !! au bout d’un certain temps on aboutit à l’Irak, Madagascar actuel, certaines iles, certains états africains, ou les gens ne supportent plus de servir de basse main d’oeuvre à des multinationales florissantes et lobbiisantes localement... et tout cela sous couvert de beaux discours des communiquants sur le bienetre de la planète !!


                                • Reinette Reinette 10 février 2009 22:31

                                  à Monsieur Jarousseau, adjoint au maire du 14e

                                  J’ai une amie qui vit dans votre arrondissement et qui attend un logement depuis 1999.

                                  Après avoir suivi quelques pistes pour l’aider, cet arrondissement m’a paru suspect dans sa façon d’accorder les logements sociaux. Par exemple, j’ai découvert une personne vivant seule dans un 5 pièces et qui sous-loue 3 chambres à des étudiants. Une autre dont le père est procureur a obtenu un duplex de 80 m2, belle surface pour une personne seule. Les pauvres peuvent toujours attendre...

                                  J’arrête là mais la liste est longue. Ainsi les pauvres, salariés ou pas, peuvent toujours attendre... Circulez


                                  • mike57 10 février 2009 22:56

                                    Le président qui s’en fout plein les poches,c’est pas limité à mada .C’est toutes les anciennes colonies..toutes..
                                    Les gus,élus par leur population d’esclaves affranchis,qui remplissent leurs comptes en suisse,chez nous,avec nos impôts..
                                    Alors on va pas pleurer..
                                    Au moins,les anglais ont été moins cons que nous..quand ils sont passé sur certains pays,ils se sont démerdé pour laminer les indigènes.ils en ont gardé juste le strict nécessaire pour peupler les réserves et permettre aux touristes de faire des photos..
                                    Nous,gros cons,on a construit des écoles,des hôpitaux,des villes,des réseaux routiers etc...On a sorti des gens de l’âge de pierre pour les voir maintenant venir nous reprocher de leur avoir sauvé la peau.
                                    On viens nous titiller sur le pauvre sort des malgaches en espérant que notre sale sentiment de repentance va faire le reste..
                                    ben non..perdu..en ce qui me concerne,qu’ils se débrouillent

                                    Il sont indépendants.ça veut dire,se tirer les doigts tout seul..sans faire vibrer la fibre du monde.
                                    Les concerts pour l’Ethiopie ou ailleurs,on a déjà donné...

                                    Bonne chance aux malgaches,


                                    • Christoff_M Christoff_M 10 février 2009 23:25

                                       sauf que nous ne sommes plus en cause, la plupart des sociétés "françaises" style CAC, qui peuvent opérer la bas n’ont plus leur siège en France ; et ce ne sont plus les états mais ce système de multinationales qui jouent avec le feu...

                                      nous avons juste le tort de regarder tout cela avec dédain, avec distance, en croyant que cela ne nous concerne pas et que nous ne serons pas touchés à long terme par ces bombes à retardements qui germent en Afrique !! d’ou l’interet de taxer des sociétés téléphoniques qui délocalisent laa bas en ne créant que de l’emploi précaire et en se faisant des marges royales qui échappent aux impots !!


                                    • Reinette Reinette 12 février 2009 19:53

                                      AUCUNE REACTION DE L’AUTEUR ?


                                      • ayfeo 27 février 2009 13:59
                                        Personne n’en parle : Les réalisations du Président Marc Ravalomanana
                                        Depuis le début de la crise, les média ont toujours relaté prioritairement les actions et revendications d’Andry Rajoelina, jusqu’à dénigrer le Président Marc Ravalomanana uniquement sur la seule parole de Rajoelina sans évoquer aux auditeurs et téléspectateurs les réalisations du Président Marc Ravalomanana pour Madagascar.
                                        En effet, aucun média n’a relevé que Marc Ravalomanana a fait construire plus de 6000 km de routes entièrement goudronnées et résistantes aux pluies diluviennes (une première dans le pays) pour relier les principales villes du pays, améliorant ainsi les échanges commerciaux et l’acheminement des productions agricoles et industrielles.
                                        Aucun média n’a relevé que Ravalomanana a modernisé le système de santé en profondeur, en ouvrant des centres de soins dans tout le pays, et en luttant efficacement contre le SIDA et le paludisme.
                                        Aucun média n’a relevé que Ravalomanana a ouvert nombre d’écoles dans tout le pays pour assurer la scolarité au moins jusqu’à la fin du primaire de tous les enfants en âge d’aller à l’école, et 78 % au collège (jusqu’en 2002, moins de la moitié des élèves poursuivaient au collège), en leur fournissant du matériel scolaire, puis en leur enseignant l’anglais dès le plus jeune âge.
                                        Aucun média n’a relevé que Ravalomanana a modernisé l’agriculture en généralisant la production intensive de riz et en éliminant la spéculation, permettant à Madagascar d’atteindre l’autosuffisance en riz, une première depuis 1971. Madagascar est ainsi le seul pays au monde où le prix du riz à la consommation a
                                        baissé au moment où les prix des céréales ont augmenté partout ailleurs.
                                        Aucun média n’a relevé que Ravalomanana a fait de la lutte contre la corruption son grand cheval de bataille, à travers le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) créé en partenariat avec les institutions internationales. Aucun média n’a relevé que cette lutte a permis aux producteurs d’écouler leurs marchandises dans un marché sécurisé, à l’abri des collecteurs véreux qui sévissaient sous Didier Ratsiraka
                                        depuis 1975.
                                        Aucun média n’a relevé que Ravalomanana, pour son second mandat, a mis en place le Madagascar Action Plan (MAP), afin de poursuivre et pérenniser le développement économique et social de Madagascar amorcé durant son premier mandat.
                                        Et si les média ont parlé de l’ouverture de Madagascar aux investisseurs étrangers pour l’exploitation minière, le tourisme, les télécommunications, ils ont dénigré Ravalomanana comme « un commerçant qui vend son pays aux étrangers », alors qu’au contraire, Ravalomanana a toujours fait en sorte que Madagascar
                                        bénéficie de sa part du gâteau. Par exemple, Ravalomanana a négocié l’emploi de travailleurs malgaches au complexe minier de nickel d’Ambatovy, un projet mené par le Canadien Sherritt.
                                        La critique par les média francophones de cette ouverture à l’international, et des mesures économiques de Ravalomanana en général, trouve son véritable fondement dans la remise en cause des positions économiques françaises lors de la mise en concurrence des marchés. Par exemple, la privatisation de l’opérateur économique national de télécommunications TelMa a échappé à France Télécom, tout comme la gérance de l’entreprise nationale d’électricité et d’eau, la JiRaMa, échue à des gérants allemands plutôt qu’EDF.
                                        Pourtant, cette gérance entièrement nouvelle, inconnue des dirigeants précédents, a fait ses preuves : le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Union Africaine, l’Organisation des Nations Unies, l’Union européenne, toutes les organisations internationales reconnaissent à Marc Ravalomanana le sens de la
                                        transparence, le souci de la sécurisation des investissements et la volonté de développer Madagascar.
                                        Marc Ravalomanana est le seul homme qui ait PROUVÉ, par ses actions, qu’il veut construireMadagascar.
                                        Au contraire, tout ce qu’Andry Rajoelina a prouvé, n’est que destruction. Et c’est cela que la France soutient et commande à ses média de soutenir, préparant ainsi l’opinion publique française… mais à quoi donc ?
                                        Merci à tous

                                         

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