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Accueil du site > Actualités > International > Crises en Asie : elles s’aiguisent

Crises en Asie : elles s’aiguisent

Voici quelques mois, le 26 juin 2007, j’avais publié un article intitulé « En Asie, les crises s’aiguisent », suivi de quelques autres évoquant entre autres le retour de la Russie sur la scène politique internationale, son retrait progressif du CFE (Traité sur la limitation des armes conventionnelles en Europe) et la crise politique et sociale au Japon qui affleurait.

Quelques mois après les diagnostics et les pronostics formulés, il peut paraître intéressant de voir si ces analyses et prévisions se sont vérifiées ou non dans la réalité. Petit tour en Asie où les crises sont aujourd’hui bien manifestes, bien que pas toujours connues en Europe.

Les crises en Asie occidentale

Il n’échappe à personne que les problèmes générés par la politique américaine notamment, mais pas exclusivement, au Proche et Moyen-Orient, sont aujourd’hui plus graves qu’auparavant.

Le confllit israélo-arabe est dans une impasse qui ne finit pas de produire de lourdes menaces et une insécurité latente sur toute la région de la face asiatique de la Méditerranée.

L’Irak est devenue un complet bourbier, politique, financier et militaire, où les soldats américains, pour la plupart issus des couches et minorités sociales défavorisées, tombent pour ce que Hans Blix, l’ancien contrôleur onusien des armes irakiennes de destruction massive - inexistantes car inventées sur la base de mensonges d’Etat - qualifie d’échec total et de lutte pour la mainmise sur les secondes réserves de pétrole du monde.

Voir également sur Taipei Times

La Turquie voit les sentiments anti-américains monter en puissance accélérée dans sa population. Les autorités turques jouent sur la fibre nationaliste, toujours forte dans ce pays, afin de monnayer une politique commune avec Washington ou acceptée au moins tacitement par les Etats-Unis, de répression contre le mouvement national de libération des Kurdes, très implanté en Irak. Là aussi, les conséquences catastrophiques pour l’équilibre de la région de la guerre de 2003 contre l’Irak apparaissent avec le temps.

Quant à l’Iran, les derniers partisans de G. W. Bush, accrochés à leurs dogmes d’un autre âge et à des pratiques politiques dangereuses pour la paix et la stabilité du monde, menacent d’un conflit avec cet Etat, en essayant d’y adjoindre quelques gouvernements européens, dont celui de la France actuelle. Ceci alors que l’Iran connaît une crise économique et sociale de grande ampleur qui tend à déstabiliser ses autorités, lesquelles ne peuvent que souhaiter dans les conditions présentes, pour conserver leur pouvoir et leurs prébendes, une attaque étrangère sur le pays pour ressouder sa population contre un ennemi extérieur.

En Géorgie, le président-dictateur a aussi décrété l’état d’urgence dictatorial contre sa population au motif de parer à des menaces de renversement de son pouvoir par les éléments pro-russes du pays. A l’évidence, la pression russe sur la Géorgie, pour ramener cette république dans le giron de la toujours plus puissante et riche - avec son pétrole et son gaz de plus en plus chers - Fédération de Russie dirigée par Vladimir Poutine, existe bien, mais le motif invoqué par le dictateur géorgien semble bien difficile à prouver.

La Russie, puissance asiatique aussi en pleine croissance, vient d’annoncer le vote UNANIME par la Douma de la suspension de son implication dans le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (CFE) . Ses autorités militaires indiquent qu’elle va renforcer ses troupes sur ses frontières occidentales, celles avec l’Europe orientale et les Etats baltes.

Voir également sur Taipei Times

Les crises en Asie centrale

En Afghanistan, les talibans ne sont nullement écrasés ni militairement ni politiquement, c’est même le contraire qui se produit et se constate au fil des jours. A l’opposé, le régime du président Karzaï, fait d’une mosaïque composite d’alliances sans base solide, frappé par la corruption et la dépendance vis-à-vis des troupes étrangères présentes sur le sol du pays, est toujours plus fragile et impuissant alors que le sang coule à flots continus.

Il ne peut échapper à aucun analyste sérieux que les talibans, dans une population lasse de la guerre et à la fibre nationaliste, tendent à représenter dans ce contexte une sorte de mouvement de libération nationale contre les forces militaires étrangères, l’armée afghane, comme en Irak l’armée irakienne, n’étant qu’une chimère vide de réalité sur le terrain.

Au Pakistan, le président, ami et allié de Washington, porté à bout de bras par l’administration Bush et en arrière-plan par les autorités anglaises, Pervez Musharraf, a décrété l’état d’urgence dans le pays pour écraser toute opposition démocratique et surtout laïque à son encontre, faisant ainsi le jeu direct de ses adversaires les plus radicaux, les partisans d’un Pakistan islamiste. Le Pakistan est au bord d’une véritable guerre civile qui menace du fait, reconnu par tous les observateurs, des ingérences américaines permanentes dans la vie publique du pays.

En Inde, les rebelles maoïstes, en termes d’actions militaires, sont toujours plus actifs et, derrière un réel développement économique du pays, et surtout de ses infrastructures de base, le pays est toujours traversée par des difficultés économiques, sociales et politiques qu’il importe de suivre avec une grande attention, s’agissant du second pays le plus peuplé de la planète.

Au Népal, les forces maoïstes accumulent aussi les succès politiques, notamment par la destruction progressive des institutions monarchistes du pays. A l’évidence, là aussi, les anciens maquisards ont marqué des points et ont accru leur influence dans le pays, malgré les doutes initiaux de nombre d’analystes politiques, notamment américains et européens.

Au Bangladesh, instabilité politique et sociale sont le lot de l’information quotidienne.

Les crises en Asie orientale

La Birmanie est secouée par des émeutes, grèves et manifestations contre la dictature militaire au pouvoir, fondée sur la corruption généralisée et le commerce de la drogue, laquelle a instauré un état d’urgence à force de répression sanglante, d’arrestations de masse et de censure sur l’information. A l’évidence, le pays est une poudrière sociale et politique, aux portes de la Chine du Sud en pleine expansion économique.

La Thaïlande est toujours en crise avec notamment ses populations musulmanes et les choses ne se sont pas améliorées, loin de là. Le régime louvoie entre la volonté répressive et des tentatives de négociation pour sortir de l’impasse de cette crise qui est un facteur potentiel de dislocation à terme du pays.

La Chine est toujours une dictature férocement répressive, secouée par les affaires de corruption massive et leurs conséquences profondes sur la santé réelle économique du pays, les émeutes populaires rurales et urbaines, une inflation qui n’est pas maîtrisée, un chômage endémique fort, le tout sur fond de difficultés naissantes quant à la qualité des produits, tant industriels qu’alimentaires, « made in China » sur les marchés mondiaux. Une crise financière spéculative d’ampleur n’est pas non plus à exclure.

Au Japon, le Premier ministre Shizu Abe a dû démissionner après des défaites électorales lourdes pour son parti et une série de scandales politico-financiers. A ce jour, le gouvernement en place cherche une stratégie d’union avec le principal parti d’opposition et ne fait que gérer les affaires courantes. Il y a bel et bien une crise politique et sociale en cours au Japon, qui n’en est qu’à ses débuts et qu’il faudra aussi suivre avec soin.

Voir également sur Taipei Times

Enfin, aux Philippines, les accusations de corruption et de soutien gouvernemental aux « escadrons de la mort » locaux ont affaibli le pouvoir en place, qui fait face à une croissance du mécontentement social général et aux difficultés des guérillas islamiques, le tout en perdant progressivement sa crédibilité publique.

C’était un état des lieux en forme de survol rapide de la situation générale en Asie, le continent le plus peuplé et le plus riche en termes de PIB conjugués de la planète.

PS : les liens donnés le sont vers des articles en anglais. Avec mes excuses pour cette obligation linguistique, la presse anglophone étant plus active dans le suivi des faits internationaux.


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22 réactions à cet article    


  • jako jako 8 novembre 2007 11:27

    Bien triste inventaire, il me semble avoir aussi entendu que le Japon sortait du système $ non ?


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 novembre 2007 13:45

      Jako,

      Oui, vous avez eu une information correcte sur la sortie du Japon du système « dollar ».

      Ce n’est pas le seul pays depuis quelques mois qui suit ce processus : la plupart des Etats arabes pétroliers du Golfe, plusieurs pays d’Amérique du Sud, divers Etats asiatiques dont la Chine convertissent ou ont converti leurs réserves monétaires financières en euros au lieu de dollars.

      Récemment, un économiste régional a lancé une boutade sur « la mort du roi vert » alias le dollar US.

      Effectivement, le dollar a du plomb dans l’aile et ce ne sont pas les derniers problèmes qui surgissent avec les récents résultats des premières banques mondiales US (Citigroup et Merryll Lynch, après bien d’autres)qui vont inverser le processus, et encore moins lez souhaits verbaux du Président français au Congrès américain.

      Bien cordialement vôtre,


    • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 8 novembre 2007 11:42

      Bjr Philippe,

      Tour d’horizon intéressant et me semble-t-il correct à l’exception du Nepal. « Au Népal, les forces maoïstes accumulent aussi les succès politiques, notamment par la destruction progressive des institutions monarchistes du pays. » Mmmm, il me semblait que n’étant pas arrivé à leur objectif principal - la destitution pure et simple de la monarchie - il sétait retiré du gouvernement. Sans parler des affrontements interéthniques qui en ont (partiellement) découlés.

      Cordialement

      http://www.rfi.fr/francais/actu/articles/093/article_56790.asp


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 novembre 2007 13:54

        Yves,

        Précisons sur le Népal ce qui suit : les ministres maoîstes sont sortis de la coalition gouvernementale pour diverses raisons assez compexes, mais récemment la loi sur la suppression de la monarchie a quand même été adoptée à l’initiative de leurs députés au parlement.

        En cela, ils avancent clairement sur le plan politique vers la mise en place d’une République népalaise.

        Les affrontements dits « inter-ethniques » ont été relativement mis en valeur sur le plan médiatique, mais la loi votée sur l’abolition de la monarchie est là.

        Il est à noter que le pouvoir chinois pèse aussi sur la situation intérieure népalaise, en dehors des seules forces maoïstes locales.

        Merci de votre utile et précieux commentaire qui complète les choses.

        Bien cordialement vôtre,


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 8 novembre 2007 12:19

        Bonjour Philippe

        Heureux retour. Excellente revue de la situation géopolitique en Asie. Ce qui attire particulièrement mon attention est cette tendance - pour la Chine et la Russie - de remettre en commun une coalition d’intérêts pour bien évidemment protéger leurs intérêts et veiller aux ressources régionales. D’autre part, il faut également regarder la Chine qui étend son territoire jusqu’en Afrique. La Russie reprend à son compte un discours plus guerrier. Les États-Unis sont de plus en plus écartelés entre ces divers blocs multipolaires : l’Amérique Latine, l’Europe, l’Asie. À suivre. Merci pour cette excellente analyse.

        Pierre R.


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 novembre 2007 14:05

          Pierre,

          Je ne peux que marquer mon total accord avec votre commentaire, en rajoutant aux pays cités par vous l’Inde où l’influence croisée et certes un peu concurrentielle du Parti Communiste et des guérillas maoïstes gagne en ampleur dans l’ensemble du pays.

          Et je ne parle pas des Républiques d’Asie Centrale qui réintègrent le giron du Kremlin de Poutine ainsi que les Etats autour de l’Inde qui évoluent progressivement vers ces alliés puissants régionaux.

          A l’évidence, le gouvernement américain, en se focalisant sur sa soi-disant guerre au terrorisme islamiste -lire en fait : sur les prétextes pour occuper les régions pétrolières du Golfe arabo-persique- a commis une énorme erreur de stratégie.

          Un monde multipolaire se redessine à grande vitesse, dans un contexte où les Etats-Unis perdent en influence économique, monétaire, financière, militaire et politique, le tout dans un cadre où crise financière et bourbiers militaires irako-afghans plongent le pays dans une situation de doute et de confusion plus grave et plus profonde que ce qui avait suivi la défaite au Vietnam.

          A l’évidence, nous sommes à un nouveau tournant de la situation mondiale qui recompose la situation féo-politique mondiale issue de la fin de l’ex-URSS en 1991.

          A suivre avec intérêt.

          Bien amicalement vôtre,


        • alberto alberto 8 novembre 2007 14:28

          Bonjour Philippe : toujours bien interessantes ces nouvelles d’Asie !

          En résumé, la Malésie et le Vietnam seraient les deux seuls pays « tranquilles » de la région ? (vous ne citez pas l’Indonnésie, mais je présume que là aussi, le chaudron bouillonne !)

          Bien à vous.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 novembre 2007 15:08

            Mike,

            Merci de votre contribution qui rappelle que j’avais effectivement laissé pour des raisons essentiellement de place la Malaisie, l’Indonésie, le Sir-Lanka, les deux Corées et le Vietnam de côté, provisoirement d’ailleurs.

            Je profite de l’occasion de cette réponse pour vous informer par ce biais bien pratique que la lettre ouverte à Nicolas Sarkozy sur la levée du secret-défense dont nous avions eu à discuter voici peu est en voie de devenir une réalité publique nationale et médiatique, via notamment une personnalité politique connue et une Association anti-corruption également assez célèbre.

            Bien évidemment, elle a été quelque peu reformulée, mais le point essentiel est clairement mis en lumière et en avant.

            Je vous tiendrai donc directement informé de sa sortie afin que vous puissiez, dans vos relations, en faire un utile et sage usage républicain.

            Bien amicalement vôtre,

            PS : je me dois de vous dire que le politicien taiwanais de rang élevé, prénommé V......, ami de Thomson, qui a convaincu son gouvernement d’acheter les frégates d’Alain Gomez plutôt que celles de Samsung, connaît des « difficultés pré-électorales » et est victime de « rumeurs » sur son honnêteté passée. Les élections approchent à Taipei !!!


          • alberto alberto 8 novembre 2007 19:58

            OK, Philippe, j’ai hâte d’en savoir un peu plus sur l’avancée du dossier « levée du secret défense » et reste en attente de vos infos.

            Bien cordialement.


          • grangeoisi 8 novembre 2007 15:01

            Je suis inquiet.

            Ma petite tête me fait appréhender la trop grande généralisation Dollars contre Euros. Ce change ou plutôt ce changement, ipso facto, d’étalon dans les échanges internationaux conduira aux mêmes inconvénients.

            Dans un premier temps une rareté va déclencher la cherté de l’Euro, puis la demande aidant, une harmonisation internationale ( en termes pudiques la planche à billets va fonctionner), finalement création de la monnaie virtuelle genre pétroeuro, ou toute forme qui pourrait arranger le commerce, pourquoi pas le containereuro, éventuellement une autre référence l’eaueuro.

            Bruits de mandibules des dirigeants européens, déjà NS trouve cet Euro bien de trop figé ( sous-entendu vendons le bon dieu, voilà un truc facile à vendre, et si on le dévalue au fur et à mesure, avant que l’on se rende compte que l’on a la même monnaie de singe qu’était le Dollar on se sera fait un max). Bon courage Mesdames Messieurs de la Banque centrale européenne.


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 00:45

              Grangeois,

              Excellent commentaire qui intègre de fort judicieuses remarques.

              Il semble en effet que le remplacement en cours, mais pas abouti -il peut toujours y avoir renversement de vapeur-du dollar par l’euro ne résout, vous avez raison, aucun problème pour personne.

              Il ne fait que les déplacer et surtout déplacer le poids des problèmes financiers mondiaux des Etats-Unis vers les pays européens membres de la zone euro (pas tous les membres de l’UE).

              La BCE a en effet des jours difficiles devant elle avec un euro qui prend une place non désirée et devient de facto monnaie internationale de référence pour les échanges. Inflation importée, crise financière tranférée et usage de la planche à billets obligent, les critères de Maastricht vont de facto voler en éclats !

              Derrière ce processus de l’euro devenant monnaie-étalon des échanges internationaux, ce sont les économies de la zone euro qui vont souffrir de cette montée en charge qui favorise sur tous les plans l’économie américaine -et celles de la Chine, de l’Inde et du Japon entre autres- pour le moment, allégeant ses coûts et ses charges en les transférant massivement vers la zone euro.

              La question pourrait se poser pour certains pays de cette zone euro de savoir si, dans un tel contexte, quitter la zone euro et abandonner l’euro ne serait pas une solution d’intelligence et une nécessité urgente....

              Le processus débute, mais il risque bien, quand il sera achevé et complet, de créer des turbulences graves dans les pays et les populations de la zone euro.

              A suivre.

              Bien cordialement vôtre,


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 00:46

              Grangeois,

              Excellent commentaire qui intègre de fort judicieuses remarques.

              Il semble en effet que le remplacement en cours, mais pas abouti -il peut toujours y avoir renversement de vapeur-du dollar par l’euro ne résout, vous avez raison, aucun problème pour personne.

              Il ne fait que les déplacer et surtout déplacer le poids des problèmes financiers mondiaux des Etats-Unis vers les pays européens membres de la zone euro (pas tous les membres de l’UE).

              La BCE a en effet des jours difficiles devant elle avec un euro qui prend une place non désirée et devient de facto monnaie internationale de référence pour les échanges. Inflation importée, crise financière tranférée et usage de la planche à billets obligent, les critères de Maastricht vont de facto voler en éclats !

              Derrière ce processus de l’euro devenant monnaie-étalon des échanges internationaux, ce sont les économies de la zone euro qui vont souffrir de cette montée en charge qui favorise sur tous les plans l’économie américaine -et celles de la Chine, de l’Inde et du Japon entre autres- pour le moment, allégeant ses coûts et ses charges en les transférant massivement vers la zone euro.

              La question pourrait se poser pour certains pays de cette zone euro de savoir si, dans un tel contexte, quitter la zone euro et abandonner l’euro ne serait pas une solution d’intelligence et une nécessité urgente....

              Le processus débute, mais il risque bien, quand il sera achevé et complet, de créer des turbulences graves dans les pays et les populations de la zone euro.

              A suivre.

              Bien cordialement vôtre,


            • manusan 9 novembre 2007 03:05

              merci pour les infos, on notera aussi le risque d’une bulle immobilière en Chine (encore une).

              Le ratio prix-loyer (le loyer pour un mètre carré divisé par son prix de vente) est passé de 1:270 à 1:400 en quelques années. Le prix de vente des appartements de seconde main dans la plupart des grandes villes chinoises, notamment Pékin (Beijing), Shanghai et Hangzhou a explosé en 2006 alors que le prix de location était stable.

              La limite critique internationale est de 1:200. Une fois ce ratio dépassé, le marché est en danger, le marché risque de former une bulle immobilière.

              bref prudence.


              • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 04:14

                Manusan,

                Votre remarque est tout à fait juste et pertinente. Et la bulle immobilière est juste une DES bulles spéculatives en Chine.

                Il y en a d’autres, à commencer par la bulle strictement boursière qui génèrent des valeurs globales sur le marché financier plusieurs fois supérieures au chiffre d’affaires des entreprises côtées.

                La conséquence potentielle est que le moindre signe de ralentissement économique en Chine, notamment après le boom induit par les travaux gigantesques relatifs aux installations nécessaires pour les Jeux Olympiques de 2008, peut entraîner des conséquences en cascade catastrophiques sur ces marchés surévalués.

                La prudence peut encore devenir une priorité pour les investisseurs étrangers. En Chine, celle-ci a disparu du rayon « économie- bourse- finances ».

                Bien cordialement vôtre,


              • stephanemot stephanemot 9 novembre 2007 08:35

                Sur le court terme, la Chine payer pour son amour immodéré du jeu (au sens gambling et boursicotage). Et le Japon va continuer à souffrir à ne pas vouloir chasser ses vieux démons.

                Au-delà des péripéties nationales, l’émergence de ce que j’appelle l’Asianitude constitue à mes yeux une évolution fondamentale - cf mes perspectives 2020 :


                • ZEN ZEN 9 novembre 2007 10:11

                  @ Philippe

                  merci pour cet intéressant éclairage, comme d’habitude


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 13:35

                    Zen,

                    Heureux de vous lire à nouveau. J’espère que vous allez bien.

                    Merci de votre commentaire.

                    Bien amicalement vôtre,


                  • seespan 9 novembre 2007 10:13

                    @ auteur

                    Pour la thailand il y a effectivement risque de crise mais pas politique. Mes parents y resident. Pour les attentats des separatiste islamiste ils ont fait a ce jour 2000 morts. Mais laisse les thai assez indifferents pour deux raisons :

                    1 Ils ont une autre vision de la mort qui est vue comme naturelle, ce qui leur donne une bien meilleur resilience que les occidentaux face a des evenements terroristes qui n’ont qu’un impact mineur a l’echelle du pay.

                    2 Une culture de la violence que nous n’avons plus. Quand le gouvernement thai a decidé de mettre fin au traffique de drogue ( ils se sont apperçut que ça donné une mauvaise image de marque a la thailande donc etait mauvais pour le tourisme, meme raison qui les a fait lutter contre la pedophilie ), la police a abatue 2500 personnes en l’espace de six mois ( jusqu’a ce qu’ils est les droits de l’homme sur le dos ). J’ai parlé a des resident français qui vivait en thailand a ce epoque, ils étaient assez marqué alors que seul les thais ont etait visé, un etranger s’en serait tiré avec une amende.

                    Un soir de fort traffique sur les routes ils peuvent avoir jusqu’a 800 morts.

                    La crise avec la population islamique interresse plus les occidentaux pour des raisons de mode que les thais.

                    Par contre la thailande risque une crise economique, le pay a un gouvernement completement corrompus et n’a jamais develloper l’education, ils n’ont jamais depasser le stade du produire pas cher. Ils vont subir de plein fouet la concurrence de la chine, mais ils leur restera toujours le tourisme. Pour l’instand c est toujours le plein emplois mais les premieres fermeture d’usine ont commencée.


                    • seespan 9 novembre 2007 10:22

                      @ auteur

                      Je ne m’inquiete pas pour la chine et le japon non plus.

                      Japon : Ce pay a montré une capacité a ce redresser economiquement . Quasiment rasé apres la seconde guerre mondiale il est devenue la deuxieme puissance mondial alors qu’il ne disposait d’aucune ressource naturelles. Il c’est aussi sortie d’une crise economique c’est derniere année. Les evenements actuels ne sont que des soubressauts. Ca population est en exellente santé avec un niveau de formation extrement elevé.

                      Chine : A toujours eu un etat repressifs, de plus les chinois ont toujours etait le commercants de l’asie ( en thailande les poste administratifs sont tenue par les thais thais, et le commerce par les sino thai ), ne t’inquiete pas pour eu sur le plan economique.


                    • Rémi FRITSCH Rémi FRITSCH 9 novembre 2007 13:09

                      Bravo Monsieur VASSÉ pour cet état des lieux passionnant et argumenté !

                      Cette synthèse de qualité engendre des commentaires de qualité tout aussi intéressants.

                      Je voudrais juste apporter un zoom sur un élément du puzzle, à propos du Royaume de Thaïlande et de la République Populaire Démocratique du Laos, où un drame oublié est en train de se produire aujourd’hui, dans l’indifférence générale.

                      La Thaïlande a connu, en septembre 2006, un coup d’ Etat militaire qui a renversé le 1er Ministre Thaksin, le « Berlusconi local » a-t-on dit, aujourd’hui en exil en Grande Bretagne où il a racheté et où il dirige un célèbre Club de Football...

                      Des élections sont prévues en Thaïlande pour fin décembre 2007, le principe d’une nouvelle constitution venant d’être approuvé.

                      Ce contexte très particulier, en plus du sud du pays en proie à une guerrilla islamiste, et des troubles en Birmanie voisine que vous avez évoqués, ne doit pas nous faire oublier le sort des Hmong, dont 7800 sont réfugiés dans un camp hermétiquement clos par des barbelés, au nord du village de Huay Nam Khao, région de Phetchabun, à 350 km au nord de Bangkok.( cf http://www.uhasie.org )

                      15 000 Hmong sont encore pourchassés aujourd’hui dans les zones montagneuses interdites du nord Laos, pour avoir été aux côtés de la France et des USA pendant les récents conflits indochinois du 20ème siècle.

                      Les oublier une seconde fois est, non seulement un acte de non assistance à population en danger, mais totalement contraire aux Droits de l’Homme et à la notion de « RESPONSABILITÉ DE PROTÉGER » déterminée par l’ONU en 2006 au cours de son 60e anniversaire.

                      Les autorités militaires Thaïlandaises ont passé un accord fin 2006 avec leurs homologues Laotiens, pour rapatrier de force au Laos ces 7 800 enfants, femmes et hommes, qui se sont justement réfugiés en Thaïlande pour sauver leurs vies.

                      Récemment, les militaires Thaï ont confirmé que leur objectif est de vider le camp de Huay Nam Khao d’ici fin 2008.

                      Comme le soulignent pour cette législature, une vingtaine de Députés Français (cf http://www.questions.assemblee-nationale.fr/ et taper « HMONG » dans la première fenêtre de recherche), ces Hmong n’ont rien de « illegal economic migrants » mais sont bel et bien des RÉFUGIÉS qui ne veulent évidemment pas retourner à l’abattoir.

                      Le Laos, petit frère du Vietnam, est un « PMA », Pays Moyennement Avancé, francophone qui plus est, qui entretient de fructueuses et diplomatiques relations avec la France, enfin...avec de grands industriels Français (EDF, ALCATEL...), passant totalement sous silence la fin de l’extermination des Hmong.

                      Le Laos s’est d’ailleurs vu affublé du « titre » de pays asiatique aussi pauvre que le Tchad !

                      l’Asie du Sud-Est (Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam) représente un marché émergent de 100 millions d’habitants très convoité, notamment par la Chine, les USA, la France...

                      Toutes les crises évoquées dans votre article s’aiguisent en effet, et vont devenir de plus en plus tranchantes à l’approche du rouleau compresseur économico-médiatique des J.O. de PEKIN en 2008.

                      Ces 23 000 Hmong du nord Laos ne seront qu’un infime éclat, certes rouge de sang, sur cette longue lame aiguisée, si la France, entre autres, n’intervient pas officiellement, avant ce raz de marée médiatique, pour mettre fin à leur extermination.

                      J’espère que dans votre prochain article de suivi, vous nous démontrerez que, même et surtout en Asie, la paix est la mère de la prospérité !

                      Très cordialement.


                      • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 13:33

                        Rémi,

                        Merci beaucoup pour ces information sur une situation que l’on connaît mal, même quand on habite pas très loin des pays concernés.

                        Voilà des éléments utiles que je m’efforcerai de suivre dans le futur.

                        Bien cordialement vôtre,


                      • seespan 9 novembre 2007 13:57

                        @ Philippe Vassé

                        Personnellement je connais tres mal la thailande n’y etant allé que deux fois. Mais mon pere y travaille depuis dix ans , il y posséde deux uzine et en dirige une troisiéme. Et lui par contre connait tres bien la situation politique et economique du pays.

                        Pour la situation politique :

                        Le cout d’etat : c’est une habitude chez les thais, je m’inquiété pour lui lors du derniers mais lui traité le probleme presque comme un proçessusse protocollaire. J’ai ecouté sur la tele parlementaire americaine un specialiste de la thailande qui confirmé mot pou mot son avis.

                        Pour le probleme islamique, vue comme presque insignifiant par les thais, c’est les occidentaux qui voit ça comme important.

                        pour la situation economique : ce que je t’ai dis ce base sur son experience il a basé toute sa strategie commercial a enticipé ce phénomene et a s’orienté vers la qualité ce qui lui permet de mieux s’en tiré que ses concurents qui commence a soufrire de la concurence chinoise.

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