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Accueil du site > Actualités > International > Cuba : Une intelligence tranquille malgré l’embargo

Cuba : Une intelligence tranquille malgré l’embargo

« Argelia con Cuba dos pueblos hermanos »
Fidel Castro (16 mai 1972, Alger)

Une île singulière dont le combat épique avait bercé les imaginaires dans les années 60. Nous retiendrons l’image des « Barbudos » de Fidel Castro s’écriant devant Boumediène lors d’une de ses visites : « Argelia con Cuba dos pueblos hermanos. » Petit rappel sur cette île mythique : l’indépendance de Cuba s’est faite le 10 octobre 1868. La Révolution cubaine date du 1er janvier 1959. Son indicateur du développement humain qui croise plusieurs facteurs, santé, éducation, niveau de vie (IDH 2005), est l’un des plus élevés : 0,838. Sa population de 11.423.952 habitants en 2008. L’espérance de vie est de 78 ans, une des plus importantes au monde.(1)

 La République de Cuba est formée de l’île de Cuba (la plus grande île des Grandes Antilles), de l’île de la Jeunesse et de quelques autres petites îles. Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l’espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible. L’île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898. Les Espagnols y ont décimé les tribus indiennes et importé des esclaves africains. La culture cubaine résulte du mélange entre les cultures espagnole et africaine. Cuba possède un rayonnement culturel assez important. Depuis 1959, Cuba est une République socialiste.(2)
 
Avant l’arrivée des conquistadors, Cuba était peuplée d’Amérindiens : les Siboney étaient des chasseurs et des pêcheurs qui ont laissé de belles peintures rupestres, plus de 200 dans les grottes de Punta del Este sur la Isla de la Juventud. Les Taino vivaient de la culture et de la chasse. L’Espagne conquit l’île au cours du XVIe siècle après sa découverte par Christophe Colomb le 28 octobre 1492. La domination espagnole durera 1868. Malgré les efforts du prêtre dominicain Bartolomé de las Casas, la population indienne payera un lourd tribut : elle sera pratiquement décimée en quelques années. Les conquistadors décident de faire de Cuba leur plaque tournante vers le continent et l’utilisent comme escale pour les navires chargés des richesses du Nouveau Monde à destination de l’Espagne.

 Ce fut le fameux commerce triangulaire mis en place par les Européens. De 1792 à 1860, on introduit à Cuba plus de sept-cent-vingt mille esclaves, plus qu’au cours des deux siècles précédents. C’est seulement en 1886 que fut supprimé l’esclavage. Les luttes pour l’indépendance remontent au milieu du XIXe siècle avec la guerre des Dix ans qui débuta en 1868. Les États-Unis intervinrent dans la guerre d’indépendance cubaine, qui avait fait 200.000 morts depuis 1895 (soit 1/8 de la population), pour aider les indépendantistes et occupèrent l’île de 1898 à 1902, puis de 1905 à 1909.

Fidel Castro prit la tête d’une armée de révolutionnaires en 1956, renversant le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959. Il est aidé par Ernesto Che Guevara qui deviendra une légende. Il dirige Cuba jusqu’au 31 juillet 2006 puis c’est son frère Raúl Castro Ruz qui, après avoir assuré l’intérim du pouvoir, est élu le 24 février 2008 président du Conseil d’État et du Conseil des ministres par l’Assemblée nationale.

 
Les États-Unis sont l’une des premières nations à reconnaître diplomatiquement ce nouveau gouvernement, mais les rapports entre les deux pays se gâtent dès le mois de mai lors de la nationalisation des avoirs étrangers (dont ceux de United Fruit Co) à Cuba. Par la suite, du 17 au 19 avril 1961 eut lieu une tentative de débarquement à la Baie des Cochons de 1400 réfugiés, recrutés, payés et entraînés par la CIA américaine, qui se solda par un échec. Les États-Unis mirent en place un embargo économique en 1962, mais renoncèrent à toute invasion de Cuba. Le pays fut longtemps soutenu par l’URSS qui lui accordait une aide.

L’enseignement est gratuit à tous les niveaux. Avant la révolution cubaine, le taux d’alphabétisation à Cuba, était déjà de 78%, alors que la moyenne mondiale était de 44%. Selon le PNUD, Cuba se situe au troisième rang mondial avec un taux d’alphabétisation de 99,8% aujourd’hui, à égalité avec l’Estonie et devant les États-Unis (93,3%). La plus ancienne université du pays est celle de La Havane fondée en 1728.

 Cuba est également connue pour sa médecine et son éducation gratuites. Beaucoup d’étrangers viennent s’y faire soigner. Tous les hôpitaux ainsi que les traitements sont gratuits. Les Cubains sont aussi très avancés dans le domaine de la biotechnologie. Dès 1963, des médecins cubains ont été envoyés en Algérie. Cuba offrit aux enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl des soins gratuits. Dès 1990 Cuba a réussi à former plus de 78.000 médecins et à aider une centaine de pays. Plus de 20.000 médecins cubains sont à l’étranger, particulièrement au Venezuela qui en accueille 14.000. Cuba est un des six pays au monde produisant une protéine nommée interferon (INF). En 2004, le président Fidel Castro a lancé une vaste campagne humanitaire continentale portant le nom d’Opération Miracle. Près de 600.000 personnes de 28 pays, y compris des citoyens américains, ont retrouvé la vue grâce à l’altruisme des médecins cubains. L’élection d’Evo Morales en Bolivie permit aux Boliviens d’accéder au programme humanitaire lancé par Cuba. Ironie de l’histoire, quarante ans après la mort du Che, son exécuteur, le sergent bolivien Mario Terán qui a assassiné sur ordre de ses supérieurs Che Guevara, a pu se faire opérer par des médecins cubains dans un hôpital offert par Cuba à la Bolivie d’Evo Morales.(3)

 Le sergent a lui-même raconté à la presse plus tard qu’il tremblait comme une feuille lorsqu’il s’est retrouvé face à cet homme qu’il a vu à ce moment-là « grand, très grand, immense ». Le Che, blessé, assis sur un banc de la modeste école, le voyant hésitant et effrayé, a eu le courage qui manquait à son assassin : il a ouvert sa chemise kaki élimée, découvert sa poitrine et lui a crié : « Ne tremble plus et tire ici, car tu vas tuer un homme. »(4)

 L’île produit du tabac (plus ou moins 300 millions de cigares par an ainsi qu’une bonne douzaine de milliards de cigarettes brunes ou blondes), du café et de la canne à sucre. Il semble que l’on ait cultivé, dès 1523, la canne à Cuba. En 1620, Cuba produisait 550 tonnes ; en 1987, plus de 7 millions. Cuba est devenue le premier exportateur mondial de canne à sucre. Face à la crise économique, Cuba libéralisa un peu son économie, le développement d’entreprises privées. Le tourisme fut aussi encouragé. En 1996, l’activité touristique représentait plus que la culture de la canne à sucre en termes de devises. L’essentiel des touristes venant du Canada ou de l’Union européenne, a généré 2,1 milliards de dollars de revenus en 2003
 
L’embargo des États-Unis contre Cuba (el bloqueo : « le blocus »), mis en place le 7 février 1962, est toujours en place, faisant de lui le plus long embargo commercial de l’histoire moderne. Il ne porte toutefois plus sur les médicaments, les matériels de télécommunications et les produits agro-alimentaires, faisant des États-Unis le premier exportateur pour l’économie cubaine : le montant des exportations américaines vers l’île s’élève aujourd’hui à 500 millions de dollars par an. En 2008, entre 35 à 45% des importations alimentaires à Cuba viennent des Etats-Unis. Les États-Unis sont le troisième fournisseur de Cuba avec 11% des importations en 2006. En 1998, le président américain Bill Clinton déclara que Cuba n’était plus une menace pour les États-Unis et assouplit l’embargo. Depuis 2001, suite à l’allègement de l’embargo, les sociétés américaines peuvent vendre certains produits agroalimentaires et des médicaments à Cuba. Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenue un grand exportateur de médicaments génériques.

 Le gouvernement cubain a salué l’élection de Barack Obama. Il espère aujourd’hui un changement dans la politique étrangère américaine et a même déclaré que tout allègement de l’embargo serait « le bienvenu ». Le nouveau président américain, a une image positive chez la plupart des Cubains. Au cours de sa campagne, Obama s’est engagé à lever les restrictions de circulation de sorte que les Cubano-Américains puissent rendre visite à leurs familles à Cuba. Obama a également promis d’éliminer les obstacles sur les transferts de fonds afin que les individus puissent envoyer de l’argent à leurs familles. Obama a déclaré qu’il était prêt à engager des pourparlers diplomatiques directs avec le gouvernement cubain, sans conditions préalables. Avec la relève des générations, la très riche et influente communauté cubaine de Floride (un million et demi de personnes détenant plus de 40% de l’économie de l’État) se montre, elle aussi, plus pragmatique. Adepte de la realpolitik et soumis à des contraintes économiques, Raul Castro s’est dit prêt à négocier, d’égal à égal avec le nouveau président américain.(5)

 Le président cubain Raul Castro a entamé samedi une visite de trois jours en Algérie Les deux pays ont entretenu des liens étroits au sein du Mouvement des Non-alignés. L’ancien président cubain Fidel Castro, frère de Raul, s’est rendu à sept reprises en Algérie. Sa dernière visite remonte à 2001. « L’Algérie et Cuba sont restées côte-à-côte pendant un demi-siècle, à la pointe du combat pour la liberté », écrit El Moudjahid. Alger et La Havane sont convenus, en 2001, d’échanger du pétrole et des produits pétroliers algériens contre des médicaments, des machines et du sucre cubains, mais le volume de leurs échanges reste limité. Nous avons en tête son fameux discours du 16 mai 1972, où il détaille toutes les réalisations que lui a fait visiter Boumediène.
 
 Ecoutons-le : « Hace ocho días llegamos a vuestro país. visitamos los experimentos agrícolas, visitamos la región petrolera de Hassi-Messaoud, visitamos la ciudad de Orán, el complejo petroquímico de Arzew. Hemos visto las nuevas industrias comenzando a funcionar, la fábrica de fertilizantes nitrogenados, la fábrica de licuefacción. Hemos visto cómo se construye rápidamente la nueva refinería de Arzew, las plantas recuperadoras de gas, las terminales para el embarque de petróleo y de gas. Visitamos incluso la base recuperada de Mers-EI-Kebir. Después visitamos Constantine, la fábrica de tractores y de la industria mecánica que producirá 5000 tractores anualmente y 10.000 motores de camiones. Visitamos la heroica región de Skikda y el complejo petroquímico que allí se construye. Participamos en la inauguración del gasoducto y el oleoducto de Hassi-R’Mel y Mesdar-Skikda. Visitamos la nueva siderurgia de EI-Hadjal, en Annaba, con la acería que ahora entra en producción. Visitamos por último el complejo de fertilizantes de Annaba... » C’est limpide, belle époque ! où l’Algérie avait en main son destin malgré un encadrement dérisoire par rapport à la quantité de diplômés actuelle.

 « Si le nom de Cuba, écrit Nordine Grim, se confond souvent avec son leader charismatique Fidel Castro ou avec la production de sucre, l’ambassadeur cubain en Algérie, Roberto Blanco Dominguez, nous fait découvrir dans cet entretien un pays doté d’une économie largement diversifiée comme les services, le tourisme, la production des médicaments et l’industrie du bâtiment. Mais Cuba, c’est aussi une relation bilatérale légendaire avec l’Algérie dont l’accord remonte au 13 octobre 1962. »

 « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, déclare Roberto Blanco Domingez, (..) l’économie cubaine avance et se consolide chaque année davantage. L’économie cubaine est aujourd’hui basée sur l’exploitation de services tels que le tourisme. Il est bon de savoir que Cuba a reçu cette année plus de 10 millions de touristes étrangers. Outre la production de liqueurs de qualité, Cuba est également devenue un grand producteur de médicaments génériques et de vaccins dont une grande partie est exportée. L’industrie du bâtiment et des matériaux de construction se modernise dans l’objectif de prendre en charge un programme quinquennal de construction d’un million de logements. Cuba est également en train de diversifier son agriculture dans le but d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, même si la canne à sucre et le tabac destinés à l’exportation continuent de bénéficier d’une attention particulière. Notre pays, qui n’a pas de pétrole, utilise de plus en plus les biocarburants tirés de la canne à sucre. Près de 50% de ses besoins énergétiques proviennent des biocarburants. Je n’oublierai pas le know how, notamment dans les domaines des technologies de l’information et de la communication. Cuba produit aujourd’hui elle-même les logiciels dont le pays a besoin. Tout cela pour vous prouver que l’économie cubaine est largement diversifiée et qu’elle enregistre d’importantes avancées dans de nombreux domaines.(...). Nous sommes en train de construire en Algérie quatre hôpitaux ophtalmologiques qui seront implantés dans le Sud et les Hauts Plateaux. La coopération de Cuba est également présente dans le secteur sportif avec la mise à disposition d’entraîneurs et de médecins au profit des équipes sportives nationales. »(6)

 Cuba, à n’en point douter, donne, malgré les détracteurs de tout poil, de RSF, et des ONG prompts à relever des « anomalies » sur les droits humains et regardent naturellement ailleurs quand les Cubains souffrent au quotidien d’un embargo qui, bien qu’assoupli, demeure toujours inhumain, l’image d’une nation qui prend en main son destin à partir de rien. Le manque d’énergie les a amenés à valoriser tous les déchets et produire une essence de qualité acceptable. Pour pouvoir être avec l’Inde, la seule nation au monde à concurrencer le Nord dans le domaine, vous conforte dans le fait que le savoir n’est pas indexé sur l’argent. Certes, il serait naïf de croire que tout est rose. Mais à quoi sert la liberté mise en exergue si on ne peut pas nourrir le peuple, lui donner du travail, l’instruire, le soigner, en faire des champions du monde tels que Sotomayor qui est l’homme ayant sauté le premier 2,40m ou encore les boxeurs qui ont porté la boxe cubaine sur les plus hautes marches des podiums. Puissions les pays du Sud, notamment les pays rentiers prendre exemple sur Cuba et arriver à créer de la richesse indépendamment du farniente trompeur de la rente.

1.Human Development Report 2007/2008-United Nations Development Programme.

2.Cuba : Encyclopédie libre Wikipédia

3.C.E. Chitour Commandanté Che Guevara :.http://www.millebabords.org/spip.php?article6889

4.H.Arturo Granma Che vuelve a ganar otro combate http://www.granma.cubaweb.cu/ 2007/09/29

5.Arielle Thedrel Obama est prêt à alléger l’embargo contre Cuba lefigaro.fr 2009/01/20

6.Roberto Blanco Dominguez. Ambassadeur de Cuba en Algérie : N.Grim El Watan 8.01.2008

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique Ager
 


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14 réactions à cet article    


  • wawan 11 février 2009 15:00

    Sans oublier un apport incommensurable à l’art du cocktail... vive le Cuba Libre smiley


    • Jean-paul 11 février 2009 16:08

      @wawan
      Le Cubain ne boit pas de Rhum Baccardi (son salaire est 12 dollars par mois et la bouteille de rhum est 5 dollars) .Mais il fabrique lui meme un rhum infecte a boire appele walfarina ou chipetren .


    • wawan 11 février 2009 16:42

      je me doute bien que peu de cubains boivent l’excellent rhum cubain 10 ans d’age..
      mais de toute façon ce ne serait pas du rhum bacardi qui n’a plus grand chose de cubain... smiley mais vive le Caney, le Santiago de Cuba et le Havana Club !!
      C’est certains que les bons rhums partent à l’exportations ainsi que les cigares et que les langoustes st reservés aux touristes. (en même tps sous embargo pas bcq d’autres choix pr faire rentrer des devises...)
      Mais tout ça ne change rien au fait que les cocktails cubains st tres bons...

      Je n’ai vu qu’une partie de la réalité de la-bas, je m’en doute mais je trouve dommage qu’une maniere de voir ’différente’ n’ai pas eu sa chance. je serai curieux de voir ce que cela aurait pu donner sans embargo américain... mais bien malin qui pourrait le savoir, les 2 cotés s’étant arc-boutés dans leur position...




    • Jean-paul 11 février 2009 18:14

      @wawan
      Havana Club !!!!!
      Essayez le mojito ,vous faites une limonade ( eau+ sucre ) et vous ajoutez beaucoup de menthe .Vous laissez reposer 6 a 9 heures .Ajoutez le rhum a votre convenance + glacons .
      Salud !!!!


        • Jean-paul 11 février 2009 16:04

          L’auteur ne parle pas de la difference des hopitaux pour touristes et hopitaux pour le peuple cubain .
          Du medecin que le Venezuela paye 2000 dollars a Cuba et que le medecin est paye seulement 300 dollars .
          Le petrole que le Venezuela offre a Cuba .De la corruption ,de la misere ,de l’oppression.
          Article partial !!!!!!!!!!!!!


        • Pie 3,14 11 février 2009 18:46

          Cet article c’est "OUI OUI sous les tropiques".


          • antireac 11 février 2009 22:58

            Article rempli de poncifs sur un peuple qui vit dans une dictature communiste et que vous essayez de glorifier.

            Il faut finir avec ce genre de procédé qui consiste de mettre en avant certains côtés positifs d’un régime dctatorial pour en conclure que la population est heureuse tout compte fait

            Ce régime est une dictature qui ne résistrait pas à la première éléctions réellement démocratiques un point c’est tout

            Bien que je ne sois pas partisan du régime hitlérien loin s’en faut je dois comme dire que ce régime avait des résultats economiques infiniment supérieures a tout régime communiste

            Je pense qu’il suffit maintenant d’ergoter sur les supposées bienfaits de cette idéologie que le communisme

            CE N’EST RIEN D’AUTRE QU’UNE TRAGEDIE EPOUVENTABLE DANS L’HISTOIRE QU’IL FAUT COMBATTRE
            JOUR APRES JOUR


            • taktak 12 février 2009 09:23

              Beau commentaire, en substance plutot nazis que rouges !!!

              En plus vous louez les résultats économiques du nazisme ! certe c’est l’accomplissement extrème de l’exploitation de l’homme chere au capitalisme : qu’est qui est plus profitable qu’un camp de concentration pour fournir de la main d’oeuvre à usine !

              C’est nauséabon. Cet article n’est certe pas critique, mais il a le mérite de présenter le point de vue d’un algérien sur un pays qui s’est comporté correctement avec l’Algérie, à comparer avec la France...
              Vous méritez largement ce point Godwin


            • jacques jacques 12 février 2009 14:25

              Si l’on reste au niveau des chiffres en comparant cuba à l’ile voisine comparable haiti et st domingue ,c’est pas flatteur pour le monde occidental et l’échec du communisme castriste est moins patent.

              espérance de vie cuba:77 ;   haiti:58     ; st domingue:74   ;USA:77     ;france :79
               richesse cuba :3.170$ ;haiti:1.860$ ;st domingue:7.020$  ;USA:38.918$  ;france :28.080$
              source http://www.ethnia.org

              Pour ce qui est de la démocratie je serais aussi mesuré pour Haiti que pour st Domingue qu’esperez vous comme devenir pour Cuba ?


            • krolik krolik 12 février 2009 00:37

              Actuellement , les marques d’alcool les plus vendues dans le monde sont dans l’ordre d’importance décroissante :

              - le rhum bacardi

              - la vodka smirnoff

              - le pastis ricard

              Mais historiquement c’était le rhum Habana Club qui était la première marque d’alcool vendue dans le monde.
              A la suite de l’embargo américain, le rhum Habana Club a disparu pratiquement d’autant que son embouteillage et sa commercialisation avait été confiée à l’URSS. Le Bacardi a pris la place de tête dans le marché des alcools.
              J’ai pu prendre quelques belles cuites au Habana Club dans les trains étirant leurs parcours sur trois ou quatre jours.
              Mais une firme occidentale a négocié la commercialisation du Habana Club après le collapse de l’URSS.
              Il existe un stock stratégique de bouteilles de Habana Club, de l’ordre de la centane de millions de cols prêts à envahir les USA le lendemain du jour où l’embargo américain tombera.
              Tout le monde est dans les starting blocks  !!!
              @+


              • lucho 9 juin 2009 12:26

                A lire l’article de C. E. Chitour et les différents commentaires, il me semble qu’il existe surtout une incompréhension entre l’image de Cuba vue d’Algérie par l’auteur et celle vue de France par certains commentateurs.

                Chitour cite tout d’abord les données du Programme des Nations Unies (1) pour le Développement ( rapport 2007-2008 sur les données 2005) qui indique un Indice de Développement Humain (IDH) de 0.838, ce qui fait passer Cuba dans les pays à Développement Humain élevé.

                 Il a , à mon avis, tout à fait raison de relever cette donnée qui mérite d’être encore plus mise en lumière. En effet il est difficile de simplement relever le niveau de développement humain de la population d’un pays sans le rapporter au niveau de richesse nationale dudit pays : comment comparer l’IDH de la Norvège et celui de la Sierra Leone, vue la différence de richesse entre les 2 pays ? La question pertinente est plutôt la suivante : le niveau de Développement de la population d’un pays correspond-il à son niveau de richesse, autrement dit la population d’un pays « en a-t-elle pour son argent » ? Le PNUD essaye de répondre à cette question en faisant un calcul très simple : il fait la différence entre le rang mondial du pays dans le classement de la richesse (PIB) et le rang de classement en IDH : un pays X qui serait 20ème richesse mondiale et 20ème dans le classement IDH a une note de 20-20=0, signifiant que le développement de la population est reliée au niveau de richesse du pays ; un pays Y, 40ème richesse mondiale et 30ème IDH aurait un score de 40-30= +10, signifiant que la population est plus développée que ne le voudrait sa richesse nationale et on peut en conclure que la population Y en a « plus pour son argent que la population X », pourtant plus développée dans l’absolu. Les scores négatifs indiquent au contraire que la population est moins développée que ne le voudrait la richesse nationale.

                C.E. Chitour voit  Cuba avec les yeux d’un Algérien, Cuba et l’Algérie étant 2 pays ayant accédé à l’autonomie (indépendance pour l’un, révolution pour l’autre) à peu près à la même époque. J’observe qu’aujourd’hui Cuba présente un IDH de 0.838 et une note PIB-IDH de +43, alors que l’Algérie a un IDH de 0.733 et une note PIB-IDH de -22, indiquant que la population algérienne ne profite pas de la richesse du pays !!!  je rappelle que la France a une note de +8, indiquant que la population est bien développée au regard de son niveau de richesse, et que les Etats-Unis ont une note de – 10, indiquant que les EtatsUniens ne profitent pas vraiment de l’extraordinaire richesse de leur économie !!!

                Les Libertés fondamentales, la Démocratie ne peuvent pas revêtir la même importance et représenter les mêmes priorités dans un pays comme la France et dans un pays comme l’Algérie car , comme le dit l’auteur « à quoi sert la liberté mise en exergue si on ne peut pas nourrir le peuple, lui donner du travail, l’instruire, le soigner. »

                Malgré tout Cuba ne peut pas représenter un modèle politique :il s’agit d’un un pays sans réelles élections libres, où les dirigeants, au pouvoir depuis 50 ans, concentrent tous les pouvoirs, avec un régime de parti unique, une presse quasi-inexistante et toute à la botte du régime - il faut avoir lu une fois GRANMA dans sa vie ou avoir vu une émission de LA MESA REDONDA à la télé pour savoir ce que l’expression « cirage de pompes » signifie - un « flicage » de la population et un système de délation généralisée comme celui organisé dans chaque quartier par les CDR (Comités de Défense de la Révolution), des brimades organisées et une intimidation permanente des personnes sortant simplement un peu de la « norme révolutionnaire ». Un tel régime est bien sans conteste une dictature et le « despote éclairé » voltairien, pour éclairé qu’il soit reste sans conteste un despote.
                Certes c’est vrai que la Révolution a permis à Cuba des avancées nettes dans les secteurs de la Santé et de l’Education, ce dont témoigne l’ Index de Développement Humain particulièrement élevé en rapport de sa richesse nationale, mais , d’une part « on ne peut passer sa vie comme étudiant ou comme malade » ainsi que me l’a dit une voisine un jour à La Havane, d’autre part le taux de mortalité infantile, brandi chaque année par le régime comme un étendard du succés de la Révolution était en 1959 (avant la Révolution) plus bas à Cuba qu’en France, et mais surtout ces avancées ne sont plus ce qu’elles étaient à la belle époque de l’URSS, car ces systèmes étaient financés par la perfusion soviétique et ne reposaient pas sur une réelle prospérité de l’économie Cubaine.
                Economie qui souffre de son improductivité catastrophique et du carcan de l’appareil étatique beaucoup plus que de l’embargo etatsunien éternellement invoqué comme excuse ( les USA sont , depuis l’an 2000 et les modifications apportées par Clinton, le 4 ème ou le 5 ème partenaire commercial de Cuba suivant les années et son premier fournisseur de denrées alimentaires -700 millions de dollars d’achats alimentaires en 2008-, l’embargo affectant surtout les possibilités d’accés au crédit. Il est à noter que dans ce pays surtout agricole, 80 % des aliments consommés doivent être importés).
                On parle toujours de la gratuité des systèmes de Santé et d’Education, mais cette gratuité n’est qu’apparente car elle repose sur les salaires de misère payés aux professeurs et aux professionnels de santé – le salaire mensuel moyen est d’environ 15 CUC (12 Euros) alors que tous ceux qui connaissent bien l’île savent bien qu’il faut 50 à 60 CUC / mois pour simplement vivre décemment – et tous ces gens ont recours à la « débrouille » ( petits trafics quotidiens, recours massif au marché noir, activités annexes...) pour s’en sortir. Le tourisme et l’introduction du CUC (peso convertible) a scindé la population en 2 : ceux qui ont un revenu en monnaie nationale et ceux qui ont accés aux devises fortes. L’économie Cubaine se relève progressivement aujourd’hui, en partie car la « perfusion » Vénézuelienne ( en partie payée par la vente de services médicaux - 2.3 milliards de dollars en 2008 - au détriment de la couverture sanitaire dans l’île même où manquent les 20.000 médecins en mission à l’étranger) a en partie remplacé l’ancienne perfusion soviétique, mais un régime ne pouvant vivre que sous perfusion est-il vraiment viable ?

                En fait l’opinion Cubaine commence elle -même à bouger et certains vieux membres du Parti Communiste Cubain (non des opposants), conscients de « l’enlisement » actuel, commencent à faire des propositions encore inimaginables du temps de Fidel (2).

                Il est vrai que le pays est pauvre mais non misérable et que, si on doit être pauvre en Amérique Centrale, il vaut probablement mieux l’être à Cuba. Malgré tout un pays où les jeunes rêvent de devenir barman dans un hotel pour touristes plutôt que médecin ou ingénieur ne peut certainement pas être considéré comme un modèle.

                1- Indicateur du Developpement Humain ; rapport PNUD 2007-2008

                2- Pedro Campos y varios compañeros « propuestas programaticas » - Kaosenlared- Aout 2008


                • lucho 9 juin 2009 13:56

                  A lire l’article de C.E. Chitour et les différents commentaires, il me semble qu’il existe surtout une incompréhension entre l’image de Cuba vue d’Algérie par l’auteur et celle vue de France par certains commentateurs.
                  Chitour cite tout d’abord les données du Programme des Nations Unies pour le Développement (1) qui indique un Indice de Développement Humain (IDH) de 0.838, ce qui fait passer Cuba dans les pays à Développement Humain élevé.
                  Il a , je crois, tout à fait raison de relever cette donnée qui mérite d’être encore plus mise en lumière. En effet il est difficile de simplement relever le niveau de développement de la population d’un pays sans le rapporter au niveau de richesse nationale dudit pays : comment comparer, par exemple, l’IDH de la Norvège et celui de la Sierra Léone, vue la différence de richesse entre les 2 pays ? La question pertinente est plutôt la suivante : le niveau de développement de la population correspond-il à son niveau de richesse, autrement dit le peuple d’un pays « en a-t-il pour son argent » ? Le PNUD essaye de répondre à cette question en faisant un calcul trés simple : il fait la différence entre le rang mondial du pays en terme de richesse (PIB) et le rang mondial en termes de Développement Humain (IDH) ; un pays X qui serait 20ème richesse mondiale et 20ème au classement IDH aurait une note de 20-20=0, signifiant que le développement de la population est corrélée au niveau de richesse du pays ; un pays Y, 40ème richesse mondiale et 30ème IDH, aurait une note de 40-30= +10, signifiant que la population est plus développée que ne le voudrait sa richesse nationale et on pourrait peut-être en conclure que l’argent public est mieux utilisé dans le pays Y où la population « en a plus pour son argent » que dans le pays X, pourtant plus développé dans l’absolu. Les scores négatifs indiquent au contraire que la population est moins développée que ne le voudrait la richesse nationale.
                  CE Chitour voit Cuba avec les yeux d’un Algérien, Cuba et l’Algérie étant 2 pays ayant accédé à « l’autonomie » à peu près à la même époque ( révolution pour l’un, indépendance pour l’autre). J’observe qu’aujourd’hui Cuba présente un IDH de 0.838 et surtout une note PIB-IDH de + 43, alors que l’Algérie a un IDH de 0.733 et une note PIB-IDH de - 22, semblant indiquer que la population algérienne ne profite pas à un juste niveau de la richesse du pays !!! (Je rappelle que la France a une note de +8, indiquant une population bien développée au regard de son niveau de richesse, et que les USA ont une note de - 10, montrant que les Etatsuniens ne profitent pas vraiment de l’extraordinaire richesse de leur économie !!!)
                  Les Libertés Fondamentales, la Démocratie ne peuvent revêtir la même importance ni représenter les mêmes priorités dans un pays comme la France et en Algérie car, comme le dit l’auteur « à quoi sert la liberté mise en exergue si on ne peut pas nourrir le peuple, lui donner du travail, l’instruire, le soigner. » Il est donc normal que, concernant Cuba, là où les Français voient d’abord le manque de libertés, l’absence de Démocratie, les Algériens voient surtout les progrès obtenus dans les domaines de la Santé et de l’Education. 
                  Malgré tout Cuba ne peut pas représenter un modèle politique : il s’agit d’un pays sans réelles élections libres où les dirigeants, au pouvoir depuis 50 ans, concentrent tous les pouvoirs entre leurs mains, avec un régime de parti unique, une presse quasi-inexistante et toute à la botte du régime ( il faut avoir lu une fois Granma dans sa vie ou avoir vu une émissionde La Mesa Redonda à la télé pour comprendre ce que le terme inféodation veut dire), un « flicage » de la population et un système de délation généralisée comme celui organisé dans chaque quartier par les CDR (Comités de Défense de La Révolution), des brimades organisées et une intimidation permanente des personnes sortant simplement un peu de la « norme révolutionnaire ». Un tel régime est bien, sans conteste, une dictature et le « despote éclairé » voltairien, pour éclairé qu’il soit, n’en reste pas moins un despote.
                  Certe c’est vrai que la Révolution a permis à Cuba des avancées nettes dans les secteurs de la Sabté et de l’Education mais d’une part « on ne peut passer sa vie comme étudiant ou comme malade », ainsi que me le disait une voisine à La Havane, d’autre part rappelons que le taux de mortalité infantile, brandi chaque année comme un étendard du succés de la Révolution, était en 1959 , avant la Révolution, plus bas à Cuba qu’en France, et surtout notons que ces avancées ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque de l’URSS car ces systèmes étaient financés par la « perfusion soviétique » et ne reposaient pas sur une réelle prospérité de l’économie Cubaine.
                  Economie qui souffre surtout de son improductivité catastrophique et du carcan de l’appareil étatique, beaucoup plus que de l’embargo etatsunien éternellement invoqué comme excuse ( les USA sont le 4ème ou 5ème partenaire commercial de Cuba et son premier fournisseur de produits agro-alimentaires -700 millions de dollars en 2008- l’embargo affectant en fait surtout l’économie cubaine en lui interdisant l’accés au crédit).

                  On pale toujours de la gratuité des systèmes de Santé et d’Education mais en réalité cette gratuité n’est qu’apparente car elle est financée par les salaires de misère payés aux professeurs et aux professionnels de Santé , obligeant tous ces gens au recours à la « débrouille » - la lucha , comme on dit là-bas- (petits trafics quotidiens, activités annexes, marché noir florissant...) Le tourisme et l’introduction de l’équivalent dollar (CUC ou Peso Cubain convertible) a scindé la population en 2 : ceux qui ont un revenu en monnaie nationale et ceux qui ont accés aux devises fortes, menaçant la cohésion nationale. L’économie Cubaine se relève progressivement aujourd’hui, beaucoup grâce à la « perfusion » Vénézuelienne (en partie payée par la vente de services médicaux -2.3 milliards de dollars en 2008- au détriment de la couverture sanitaire dans l’île même où les médecins en « location » font cruellement défaut, et par la vente de services policiers, ce qu’on sait moins...). Mais un pays ne pouvant vivre que sous perfusion a-t-il réellement une économie viable ?
                  En fait l’opinion publique Cubaine commence à bouger et les certains vieux membres du Parti , non des opposants, conscients de l« enlisement » actuel, commencent à faire des des propositions encore inimaginables du temps de Fidel (2).
                  Connaissant bien l’Amérique Centrale, je pense que si on doit être pauvre dans cette région du monde, probablement vaut-il mieux l’être à Cuba. Malgré tout unpays où les jeunes rêvent de devenir barman dans un hotel pour touristes plutôt que médecin ou ingénieur ne peut pas être considéré comme un modèle.
                  Si la plupart des Cubains souhaitent des changements profonds , ils ne sont pas prêts à accepter l’ingérence du grand voisin du Nord. Espérons que l’Histoire leur laisse le choix ; c’est ce qu’on peut souhaiter à l’adorable peuple Cubain.

                  1- Indicateur de Développement Humain- rapport PNUD 2007-2008
                  2- Pedro Campos « propuestas programaticas » ; Kaosenlared 17 aout 2008

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