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Cuba, Venezuela et Fête de l’Huma

Le communisme comme un long naufrage.

Cuba, Venezuela et Fête de l’Huma - Le communisme comme un long naufrage

Michel Lhomme 
 
Une cinquantaine d’opposants cubains, dont Guillermo Farinas, prix Sakharov 2010 du Parlement européen, ont été arrêtés, cet été, aux obsèques du dissident Oswaldo Paya, célèbre pour ses grèves de la faim, fondateur du Mouvement chrétien de libération, fervent catholique et prix Sakharov 2002. Guillermo Farinas a été interpellé par des policiers en civil alors que des centaines d’opposants s’étaient réunis dans une église de la Havane, où le cardinal Jaime Ortega a dit une messe. 
 
Castro - Chavez : des intérêts communs
 
Parmi les autres personnalités interpellées figure Antonio Rodiles, animateur du forum de débats Estado de Sats, repris sur Internet. Que redoutait le pouvoir cubain ? De toutes évidences, une ingérence américaine trop forte avant la réélection probable de Barack Obama en novembre où, comme on l’a dit, le vote hispanique sera décisif. Rappelons qu’Oswaldo Paya et un autre opposant cubain, Harold Cepero sont morts d’un accident de la route dans une voiture que conduisait un jeune espagnol de 27 ans, Angel Carromero. Celui-ci était un cadre régional de Nuevas Generaciones, le mouvement de jeunesse du Parti Populaire (PP), la formation conservatrice présidée par Mariano Rajoy, actuel chef du gouvernement espagnol. 
 
Guillermo Farinas, prix Sakharov 2010
 
Il était arrivé sur l’île avec un visa de touriste, accompagné d’Aron Modig, le président de la ligue de la jeunesse démocrate chrétienne suédoise (KDU), lui-même légèrement blessé lors de l’accident et qui a pu rentrer dans son pays. Les deux militants « droitiers » avaient prévu de rencontrer plusieurs dissidents cubains lors de leurs vacances tropicales et bien entendu, ils n’en avaient pas officiellement informés les autorités de crainte d’être refoulés à leur arrivée. Du coup, une pétition pour une enquête internationale sur l’accident a été ouverte, signée dès le début par le gouvernement chilien, les proches d’Oswaldo Paya mettant en doute la version officielle de l’accident. 
 
Oswaldo Paya, fondateur du Mouvement chrétien de libération
 
A Madrid, le frère d’Oswaldo Paya a résumé ainsi les informations obtenues par la famille  : « Ofelia Acevedo, la veuve d’Oswaldo, a été informée de l’accident par un appel venant d’Europe. Son interlocuteur lui a dit qu’il avait reçu un SMS des deux jeunes européens libellé ainsi ‘’ nous avons été suivis, une voiture nous est rentrée dedans et nous a fait sortir de la route’’ ». Ofelia Acevedo a accrédité des témoignages qui attesteraient de la présence d’un deuxième véhicule au moment de l’accident. Par ailleurs, Carlos Paya, le frère d’Oswaldo a évoqué le compte Twitter d’un bloggeur officiel qui aurait posté, peu avant l’accident, un message indiquant qu’Oswaldo Paya partait en vacances, ironisant bien sûr sur « le business de la dissidence » ! 
 
Si pour le frère d’Oswaldo, c’est bien la preuve qu’avant son départ, les autorités communistes savaient qu’Oswaldo devait voyager, il est un peu hasardeux d’en déduire qu’elles auraient alors envisagé de l’assassiner ! Toujours en raison du business juteux de la dissidence, il faut savoir que les opposants cubains sont rarement de bonne foi. Pour les autorités cubaines, l’accident est tout simplement dû à la vitesse excessive à laquelle aurait conduit l’Espagnol Carromero : 120 km/h sur un tronçon en travaux et recouvert de graviers. D’ailleurs, le gouvernement cubain a diffusé dans une conférence de presse une vidéo dans laquelle Angel Carromero explique : « Aucun véhicule ne nous a heurtés à l’arrière. Je conduisais, je suis entré dans une zone en mauvais état et j’ai pris les précautions qu’aurait pris tout automobiliste  ». Même si Cuba demeure une dictature et qu’il y a toujours des camps de travail sur l’île, on ne peut croire un instant que le gouvernement ait décidé de liquider sur une route, en présence d’étrangers, le principal opposant médiatisé du pays.
 
Les vamps à Cuba
 
En tout cas, pour tous ceux qui auraient la chance de passer par La Havane, ne manquez pas le spectacle de la Mariconchi, le plus célèbre des humoristes cubains. Depuis douze ans, tous les jeudis soirs, Orlando Manrufo, travesti en femme, tient l’affiche dans une vieille salle de théâtre de 1 700 places des années 50, l’America où il dénonce, de manière hilarante, tous les travers administratifs et les tracas quotidiens de la vie « socialiste », sous le communisme tropical. Les spectateurs reviennent souvent le voir pour la dixième ou la vingtième fois. Perruque brune, grosses lunettes, vêtu d’une robe à tablier à fleurs et chaussée de sandales, Mariconchi est une vamp « curieuse, cancanière, forte et surtout qui n’a pas la langue dans sa poche », selon la description d’Orlando Manrufo, lui-même (Le Monde du 26 juillet 2012). 
 

Des vamps cubaines
 
On retrouve dans le spectacle la dénonciation ironique de ce qui fait le piquant des mœurs de La Havane : l’obsession de l’émigration et de l’argent, la combine et la débrouille, les affres de la libreta, le fameux carnet de ravitaillement cubain qui sert là-bas de minimum vital aux trois quarts de la population. 
 
Orlando Manrufo
 
Un exemple du spectacle : la Mariconchi converse au téléphone avec ses deux sœurs, l’aînée est retraitée et se plaint de ne plus avoir le droit au poisson frais sur les produits subventionnés de sa libreta. Qu’à cela ne tienne, elle pourra se contenter de deux hameçons !... Mais alors, de quoi rêvent les Cubains ? D’un Malecon (le célèbre bord de mer de La Havane) gelé pour pouvoir se rendre, sans se noyer, à Miami !... 
 
Le chant du signe des vieux stals !

Dans le spectacle, la Mariconchi est accompagnée de deux autres commères, ses sœurs qui ont des prénoms à consonance russe, comme il était de bon ton de les avoir à Cuba au temps de la grande amitié des « pays frères » mais, en réalité, on ne croise plus beaucoup de Russes sous les arcades de la Havane (ils préfèrent St-Barth !) mais surtout des Vénézuéliens, les nouveaux alliés et parrains du régime. 
 
Le 16 juillet, sur son blog, Jean-Luc Mélenchon s’est vanté de participer, depuis Barquisimeto, à la campagne présidentielle vénézuélienne. Debout sur un bus, au côté d’un conseiller de Chavez, il fend la foule en pleine extase romantico-révolutionnaire : « Jamais je n’ai vu telle ferveur politique. A mi-chemin, je m’aperçus que j’avais le visage en larmes », n’ayant toujours pas compris la subjectivité phénoménologique des points d’observations !
 
Hugo Chavez et Jean-Luc Mélanchon
 
Affaibli par un cancer qu’il soigne à La Havane, le chef de la République Bolivarienne a, en tout cas, du mal à faire campagne pour l’élection présidentielle du 7 octobre. Du coup, il s’est replié sur un outil de campagne original, du moins au Venezuela, Twitter. « Viva la Revolucion  », «  La victoria hasta siempre  », « El pueblo jamás será vencido  », puisque quelques slogans suffisent après tout pour faire une élection. 
 
On s’inquiète : comment le Président vénézuélien fera-t-il pour réduire son éloquence à 140 signes puisque le communisme a toujours eu besoin de la persuasion des longs discours ? Le succès est là : avec ses 3,2 millions d’abonnés, le compte Twitter de Chavez est déjà le 180ème compte le plus suivi de la planète. Même présent sur Twitter et souffrant, Hugo Chavez n’en poursuit pas moins avec un certain courage sa routine des discours fleuves, spécialité tropicale du communisme latino-américain.
 
 
Il faut bien le reconnaître, dans le marasme mondialiste, il détonne sacrément, par sa défense du nationalisme et de l’identité patriotique. Dans l’un de ses discours, Chavez a demandé au peuple bolivarien de boycotter les sodas américains, et de leur préférer un jus de fruit local appelé Uvita. Dans toutes les Caraïbes, avec l’américanisation des coutumes alimentaires, le diabète explose. Or, Comme en Inde et en Afrique, la canette de coca-cola s’avère souvent en Amérique du Sud moins chère qu’une bouteille d’eau minérale locale, politique commerciale bien calculée et vicieuse de la multinationale. Il n’y a qu’au Pérou où un soda local, au goût de médicament - pour un Français mais moi, j’en raffole ! -, l’Inka Cola, détrône depuis toujours la boisson américaine. 
 

La révolution n'est plus ce qu'elle était
   
Nonobstant, en France, depuis longtemps, les communistes ne boivent plus du gros rouge à la bouteille au bouchon en plastique, ils ne font même plus de discours mais « débattent » ! C’est que, de plus en plus âgés, ils ont besoin de lunettes ou d’appareils auditifs pour suivre les contorsions idéologiques de leur vieille Fête de l’Huma, apologie du mariage gay ou du cannabis en prime ou violence des « Indigènes de la République » comme scandale de classe ou plutôt de race. 
 
Les bouteilles consignées de l’analyse matérialiste dialectique de la bourgeoisie française, de sa collusion avec le socialisme-libéral et le monde de la finance ne sont même plus reprises car elles ne seraient même pas comprises par les jeunes militants. 
 
La pédagogie par compétences, ce n’est sûrement pas bon pour la Révolution !

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13 réactions à cet article    


  • alberto alberto 8 octobre 2012 13:23

    Ne t’en fait pas, chez Poutines tes « Vamps » ne seraient pas restées longtemps à l’affiche : en tôle vite fait !


    • asterix asterix 8 octobre 2012 13:37

      Bon article qui nous change des louanges habituelles du castriste de service qui nous abreuve une fois par mois de mensonges plus éhontés les uns que les autres. Lorsque le lectorat habituel d’Agoravox comprendra que l’on puisse être à la fois contre la dictature communiste et la dictature ultra-libérale style US, il aura fait un grand pas contre l’idéologie duale de la dictature médiatique.

      Je vous rappelle avoir vécu quatre ans à Cuba. J’y étais entré comme sympathisant convaincu et en ai été jeté dehors comme ennemi de la Révolution. Je peux comprendre la Fidel Company, n’étant pas du genre Mélenchon, jamais je n’ai fréquenté les privilégiés du Parti ( 20% de la population ). J’ai seulement passé quatre ans à écouter ce que me disait ( et n’ose pas dire publiquement ) le petit peuple qui vit dans une souffrance à peine imaginable dans une société ou le pluralisme de l’information et la liberté d’opinion permettent la critique.

      Bêlez, mes frêres. Il en restera toujours quelque chose.. 


      • foufouille foufouille 8 octobre 2012 17:36

        il a vecu aussi 4a au bahrein et au qatar
        pays merveilleux, grandes democraties et pas d’embargo


      • asterix asterix 9 octobre 2012 11:05

        J’adore le « paraît-il » que j’ai vécu 4 ans à Cuba... Habana Centro, Conception de la Valla intra Campanario y Lealtad. Je travaillais pour une association humanitaire chargée d’établir les besoins en matière d’infrastructure médicale pour les hôpitaux.

        Un petit exemple, un seul, pour vous prouver mes mensonges : j’ai offert des dizaines de cartons d’Augmentin. La moitié en a été directement volée à l’aéroport et l’autre revendue dès la semaine suivante par les docteurs de l’hôpital central.

        Un seul exemple, un seul qui peut être multiplié par 100, par 1.000...

        Evidemment, un avis de terrain ne vaut pas la pseudo-connaissance que certains ont de ce pays. J’ai même ajouté ne pas avoir fréquenté dans mes relations privées les gens du régime ( question public, j’étais obligé de le faire ). Admettons donc que je me sois complètement trompé en n’ayant entendu que souffrances de la part du petit peuple ...et morgue et vols de ceux qui les dirigent..

        Pour éviter les remarques du genre imbécile qui vous répondent toujours « oui mais, c’est à cause des Américains » - et rien que d’eux ? - j’avais même pris la précaution de me distancier de leur politique. Mais il n’y a rien à faire, les propagandistes qui ont perdu tout sens critique ont raison de rester dans leurs certitudes. Le fallacieux, c’est donc moi. Dont acte...

        Je vous engage d’y vivre six mois et surtout de louanger le régime du matin au soir. Tous les Cubains vos répondront « oui, oui - encore !!! » Mais en leur for intérieur, ils vous traiteront d’idiot sans oser le dire, car le régime est hyper-policier et sans cesse à vos trousses. De l’hyper policier dont vous vous gaussez en France mais que vous acceptez venu d’ailleurs. Mais c’est trop vous demander de vous en rendre compte.

        Changer le monde est une nécessité mais si c’est pour mettre en exergue celui-là, abstenez-vous, je vous prie. A mon avis, vous êtes des lepenistes perdus dans une dialectique opposée et, comme tout le monde le sait, les extrêmes se rejoignent.


      • wesson wesson 9 octobre 2012 12:05

        bonjour asterix,


        « j’ai offert des dizaines de cartons d’Augmentin. La moitié en a été directement volée à l’aéroport et l’autre revendue dès la semaine suivante par les docteurs de l’hôpital central. »

        je ne connais pas Cuba aussi bien que vous, toutefois ce que vous décrivez me parait parfaitement réaliste car je l’ai vu partout. 
        Je suis moi-même allé dans bien des pays, surtout en Afrique, dans des missions et des convois humanitaires. Des dizaines de fois nous avons vu les marchandises que nous avions apportés revendues dès le lendemain sur le marché de la ville. Et la corruption partout, la règle étant que à l’étranger, plus que tout il faut éviter la police qui est la première source de corruption.

        Bref, j’ai suffisamment roulé ma bosse dans assez de pays pour savoir que cette réalité que vous décrivez n’est absolument pas consubstantielle à un régime qui se réclamerai du communisme, mais est liée à la pauvreté du pays et de sa population. 

        Pour le dire autrement, le problème de Cuba est plus l’embargo / blocus qui le frappe que le castrisme en général (et surtout, n’allez pas croire que Castro ou un autre pourrait se maintenir dans le pays sans un minimum de soutient populaire). Faut-il rappeler que chaque année l’ONU vote pour l’abandon de cet embargo, le dernier vote ayant donné 186 pour et 2 contre (Usa et Israel). Lorsque on organise comme ça la misère économique d’un pays et que on l’étrangle à ce point, la corruption y est automatique et le régime ne peut que verser dans l’autoritarisme pour tenir le pays. C’est ça le problème principal de Cuba, et pas autre chose.

      • foufouille foufouille 8 octobre 2012 15:38

        communiste = mal
        liberalisme et esclavage = bien


        • lucmentin 8 octobre 2012 17:46

          J’ai la prétention de connaître assez bien Cuba.

          Et l’autre jour, à Carpentras, une Association proposait des cours de SALSA. Habillés comme il se doit avec des figures du CHE et la Casquette cubaine, un grand type m’a affirmé que le Régime Cubain était le meilleur du Monde.

          Je lui ai répondu qu’avec 95 % d’aménagements ce serait probable.

          Que ce type y retourne et surtout y reste. Mais soyons vigilent lorsque l’on fait entrer des faussaires dans la Culture. Mais les MJC ne sont-elles pas des repaires de ?


          • Robert GIL ROBERT GIL 8 octobre 2012 20:41

            en effet tu m’a l’air tres pretentieux, et un brin menteur !


          • asterix asterix 9 octobre 2012 11:11

            Robert, voyons !

            Je ne te traiterai pas de menteur, car je te sais sincère et préoccupé par notre devenir commun. Mais ton opinion est à revoir. L’honnête homme, c’est celui qui est capable de dire qu’il s’est trompé, pas le clown qui maintient envers et contre tout ses certitudes.


          • Ouallonsnous ? 8 octobre 2012 17:53

            Un fondateur du « Mouvement chrétien de libération, » exercant à Cuba.
            De qui se moque t’on ?, Il s’agit ni plus ni moins que d’un « informateur » de la CIA !

            Les cubains ne sont pas idiots à ce point, ils les voient venir depuis cinquante ans, les yankees néo-colonisateurs et génocidaires depuis toujours !


            • asterix asterix 9 octobre 2012 11:22

              Tu n’as pas tort. Les Américains ont en effet toujours utilisé les églises pour faire passer leurs messages ( de paix ? ) Les Cubains n’étant en effet pas idiots, ils s’en méfient tout autant que de la propagande du régime. Mais être contre les Yankees, ils peuvent, ils doivent le dire. En revanche, s’ils disent être contre la Fidel company, c’est nettement plus sélectif, une forme de suicide vivant auquel aucun ne se résignera.

              Et ça, il faut y avoir vécu pour le comprendre...


            • eziodu57 9 octobre 2012 09:51

              Cuba n’est plus communiste mais capitaliste comme le montrent toutes les fimes étrangères présentes à Cuba. Un Fidel qui n’a jamais remis en cause les biens de l’Eglise catholique ! On le voit même en photo recevant Jean Paul II ou en visite au Vatican accueuilli par la Mère Tekkla Famiglietti, responsable de l’Oredre de Sainte Brigitte.


              • asterix asterix 9 octobre 2012 11:38

                Exact ! La seule préoccupation de Fidel est de faire perdurer les avantages que lui et les siens retirent de la situation inique qu’ils ont créée. Le reste, ils s’en foutent et utilisent la répression pour n’avoir pas à en tenir compte.

                PS : j’étais présent à Cuba lors de la visite de Jean-Pol II. De ma vie entière, jamais je n’ai été confronté à un tel déploiement de propagande, de mensonges et de terrorisation de la population durant les trois mois qui ont précédé sa visite.

                « La rencontre des deux plus grands hommes de l’Humanité !!! » fut le slogan qui couvrit tous les murs de la Havane. Et la veille de l’évènement, Fidel, en uniforme militaire, fit un grand discours à la télé. Il frappa de l’index la table en regardant la caméra de ses grands yeux fous : 

                « Nous Cubains, savons comment recevoir nos visiteurs »

                Tout le peuple le comprit : tout est prêt et le moindre insecte qui bouge d’une mandibule va le sentir passer...

                Hasta la libertad, siempre !

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