Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > D’où vient la terreur islamiste ?

D’où vient la terreur islamiste ?

Le monde musulman va très mal. Le récent assassinat de Bénazir Bhutto en est le plus récent exemple, qui promet de précipiter le Pakistan nucléaire dans un sanglant chaos terroriste. Une fois de plus se pose cette lancinante question : d’où vient la terreur islamiste ? Qui a accouché de ce monstre dont les musulmans sont les premières victimes, il ne faut jamais l’oublier, mais qui mène aussi son Jihad barbare à coups d’attentats au cœur de l’Occident haï ?

Dans son édition du 30/12/2007 et sous la plume du poète et écrivain germano-turc Zafer Senocak, le grand quotidien conservateur allemand Die Welt donne la réponse sous la forme d’un titre-choc : "La terreur vient du cœur de l’islam".

Qui est Zafer Senocak ?

Zafer Senocak est né en 1961 en Turquie, dans une famille musulmane d’Ankara. Poète, romancier et essayiste, il a commencé à se faire connaître en Allemagne, son pays d’adoption, en publiant à partir de 1984 des écrits traitant des rapports complexes entre le monde musulman et l’Occident en général et sur sa condition d’intellectuel turco-allemand à cheval entre deux cultures en particulier. Vivant à Berlin depuis 1990, écrivant dans la langue de Gœthe, il exerce la profession de traducteur, ce qui lui permet de poursuivre son œuvre romanesque. Son dernier ouvrage traduit en français est L’Erottoman, (éd. L’Esprit des péninsules 2001), qui traite des rapports entre sexe et religion et qui est basé sur son expérience personnelle de l’islam dans la Turquie profonde très superficiellement laïcisée : "J’écris en puisant dans les traditions religieuses de mon enfance. L’islam jouait un grand rôle chez moi. Or, en même temps, la Turquie, où j’ai vécu avant de venir en Allemagne, est un pays sécularisé politiquement. La religion y existe au plan privé, dans la maison, qui pour moi est un lieu de rupture avec l’ordre social. La religion comporte un certain nombre de tabous. Moi, j’écris sur le plus grand de tous les tabous, la sexualité, où l’expérience métaphysique de la religion rencontre le corps. A ses débuts, l’islam réunissait les deux, la religion et le corps, puis ils se sont séparés. En écrivant, j’essaie de les réunir à ma manière. J’écris sur des êtres masculins et sur leur perception de la virilité, voire de leur masculinité. La sexualité permet de s’interroger sur les rituels de la religion".

Il n’a donc pas le profil d’un islamophobe primaire, pas plus que son collègue Orhan Pamük, prix Nobel de littérature et prix Médicis étranger pour son très beau roman Neige, dans lequel il décrit l’insidieuse et liberticide réislamisation de la société turque. Plutôt celui d’un esprit libre qui s’est déconditionné de ses déterminismes socio-culturels (dont le conditionnement religieux fait partie) et qui porte un regard calme et lucide sur la situation de l’islam dans son pays natal, la Turquie. Voici d’ailleurs ce que Zafer Senocak écrivait récemment sur ce sujet dans le Frankfurter Rundschau : "En fin de compte, seule une culture de l’individualisme peut ouvrir une brèche dans cette société fermée. Voilà ce qui met la communauté au défi et la transforme. Tôt ou tard, cette transformation trouvera également son expression dans l’art. C’est dans la littérature et le cinéma turcs que la modernisation de la société turque doit se manifester. Toutefois, il ne s’agit pas d’écrire un roman ’musulman’. Une telle tentative serait aussi peu fructueuse que toutes les autres tentatives de faire de l’art au nom de la religion ou d’une idéologie. En revanche, la topographie mentale et psychique des hommes exposés à une transformation sociale et culturelle constitue un thème important. Dans une société post-musulmane, la spiritualité n’a pas encore sa propre voix".

Aucune hystérie anti-islamique chez lui donc. Mais alors, pourquoi a-t-il osé titrer sa tribune "La terreur vient du cœur de l’islam" ? Pourquoi n’a-t-il pas préféré être politiquement correct en titrant plutôt "La terreur vient du cœur de l’islamisme" ? Tout simplement parce que cet artiste courageux refuse de se voiler la face devant les convulsions exaltées qui agitent le monde musulman.

Un joug islamique séculaire

Dans sa tribune de Die Welt, Zafer Senocak n’y va pas par quatre chemins. Voici quelques-uns des extraits les plus significatifs de ce texte (un de plus...) qui sonne l’alarme :

"Même si la plupart des musulmans ne veulent pas voir cette vérité en face, le terrorisme provient du coeur même de l’islam, il arrive tout droit du Coran. Il vise tous ceux qui ne vivent pas, n’agissent pas selon les règles coraniques, soit les démocrates, les penseurs et les scientifiques inspirés par l’Occident, les agnostiques et les athées. Et il vise surtout les femmes. Il est le produit d’un islam au masculin exclusif, qui aspire de toutes ses forces à empêcher la femme d’obtenir des droits égaux et de se dégager enfin de son joug séculaire (...). Cet islam a lancé une guerre mondiale. Mais le monde fait comme s’il n’en savait encore rien. (...) Le totalitarisme des talibans et des cellules terroristes islamiques est vraisemblablement pire que le fascisme, car il ne résulte pas d’un processus civilisationnel. Il intervient dans un contexte.

Ce progrès est en fait le devoir des musulmans qui distinguent davantage dans leur religion qu’une ébauche de barbarie. Ils doivent affronter les barbares de leurs propres rangs, et ce avec fermeté et détermination. Mais quand ils le font, rarement, ce n’est jamais que du bout des lèvres (...). Les musulmans du monde entier sont aujourd’hui au pied du mur. (...) Mais, alors que le terrorisme est devenu un réseau mondial, les forces antagonistes sont indolentes ou se bloquent mutuellement. Dans le monde islamique, alors que le bon sens commun devrait s’opposer à la haine aveugle des fanatiques, la haine se répand toujours davantage dans la population. Pire encore : de nombreux dirigeants illégitimes s’allient à la haine pour préserver leur trône. Devant ce tableau, la plupart des musulmans en restent à la rhétorique. Et ils évitent la question décisive, qui consiste à savoir si leur religion est capable de donner naissance à une civilisation".

Terrible constat. Zafer Senocak poursuit en évoquant le sentiment d’humiliation et d’oppression que les musulmans ressentent vis-à-vis de l’Occident, qu’il assimile à une psychose collective, et la misère et la corruption qui gangrènent les pays musulmans, terreaux fertiles pour le désespoir et le terrorisme. Terrifiant cercle vicieux, qui selon lui doit être brisé "par l’engagement du monde libre et par l’engagement militaire, car ce n’est pas possible autrement. Ceux qui luttent contre les talibans en Afghanistan ne peuvent pas faire comme si le Pakistan ne les concernait pas. L’assassinat de Benazir Bhutto était clairement annoncé. La prise de pouvoir des terroristes du Hamas à Gaza était tout aussi prévisible".

Zafer Senocak critique ensuite l’aveuglement des Occidentaux face à cette menace : "Mais le monde libre ne fait qu’observer, comme tétanisé. La politique américaine en Irak a déclenché et continue de nourrir beaucoup de hargne en Europe. En matière de critique, les Européens sont vraiment insurpassables. Mais question idées neuves et concepts politiques, c’est la pénurie. La politique européenne face au terrorisme musulman s’épuise à miner toute action concrète. Certains veulent négocier - avec le Hamas, avec les talibans. On propose des réacteurs nucléaires à Kadhafi, on déroule le tapis rouge pour le souverain saoudien. Finalement, tout se compte en pétrodollars. Et l’Occident ne remarque pas à quel point il s’y dissout, alors que les terroristes de l’islam remportent une victoire après l’autre. Benazir Bhutto ne sera pas la dernière victime d’une politique d’apaisement vouée à l’échec face à l’islam radical".

Que chaque camp fasse son autocritique... mais qui le veut ?

Certains d’entre vous se disent peut-être déjà, en constatant que Zafer Senocak s’exprime dans les pages de Die Welt et du Frankfurter Rundschau, deux quotidiens allemands très conservateurs : "Mais qui est vraiment Zafer Senocak ? D’où parle-t-il ? Ne serait-ce pas un agent de la CIA ou du Mossad ?". Conspirationnisme, quand tu nous tiens !

A lire ses écrits libertaires pleins d’un humour décapant maniant la parodie et le grotesque, ce serait fort étonnant. Et, en plus, il s’exprime aussi dans Die Tageszeitung, journal de la gauche alternative fédérant entre autres féministes, écologistes et pacifistes. Rien à voir avec les néocons de Bush ou des sionistes extrémistes. Pour vous en convaincre, lisez ces extraits de ce texte qu’il y a publié : "Cela peut sembler cynique, mais la guerre actuelle au Proche-Orient n’est qu’un théâtre secondaire - à l’image de l’Irak et de l’Afghanistan. La guerre est depuis longtemps planétaire, c’est une troisième guerre mondiale qui ne dit pas son nom (...) On choisit un ennemi. On cultive le sentiment de menace, on crée des fronts, on cherche des alliés. Les parties opposées se fournissent des pommes de discorde : le président iranien nie l’existence de l’Holocauste ; les Etats-Unis foulent aux pieds leurs propres valeurs en Irak et se brouillent avec de vieux alliés comme la Turquie ; Israël étend au Liban tout entier son combat légitime contre les soldats de Dieu du Hezbollah et piétine les pousses fragiles de la démocratie libanaise (...) Ce n’est pas seulement un cauchemar pour l’Occident (...) C’est un cauchemar pour tous les hommes qui aspirent à vivre libres. Mais comment enrayer cet extrémisme musulman ? Par plus de bombes ? Par le dialogue ? Les bombes et le dialogue ont une efficacité limitée".

Zafer Senocak se demande alors comment arriver à désarmer les cerveaux et les mains de millions d’êtres humains pour éviter le guerrier "Choc des civilisations" prophétisé par Samuel Huntington. Selon lui, tout bombardement, fût-il nécessaire et tout dialogue, fût-il souhaitable, n’accoucheront d’aucune solution viable si les camps en présence ne se remettent pas en question : "Pourquoi chaque camp n’entamerait-il pas un dialogue interne, ouvert à l’autocritique ? Quand demandera-t-on des comptes au gouvernement américain pour les crimes qu’il a perpétrés en Irak ? Une telle attitude aurait-elle pour effet d’affaiblir ou de renforcer les valeurs occidentales ? Pourquoi le président iranien ne susciterait-il pas la même opposition que l’Occident dans les rangs du clergé musulman pour ses insupportables propos négationnistes ?".

C’est évidemment la solution de sagesse. Aucun authentique dialogue, aucun réel échange de points de vue et de valeurs n’est possible si aucun des protagonistes de ce conflit civilisationnel majeur n’accepte de faire son introspection, son autocritique. Est-ce encore possible ? Zafer Senocak ne le pense pas : "Il n’y aura ni dialogue ni pont. Seulement la barbarie de la guerre et la logique de destruction".

Que pourraient faire les authentiques démocrates libéraux et laïcs des pays musulmans pour éviter le désastre qui s’annonce ? Pas grand-chose, selon lui. Ils sont d’abord extrêmement minoritaires, ont peur de s’exprimer et se "sentent abandonnés. En trahissant leurs propres valeurs, les démocraties occidentales sacrifient également la crédibilité de leurs alliés dans les Etats autoritaires".

C’est sûr que Guantanamo, le Patriot Act, les exactions des mercenaires et de l’armée américaine en Irak, et le fanatisme religieux des néocons américains n’ont rien arrangé... même si ce ne sont que des épiphénomènes qu’il faut resituer à l’intérieur de la confrontation entre un Occident riche, dominateur et pornographiquement matérialiste à la fois haï et envié par un monde islamique pauvre, dominé, enkysté dans le marasme d’une religiosité à la fois exaltée pudibonde corsetée par des dictatures impuissantes.

La fin de l’entretien de Zafer Senocak au Tageszeitung est terrible et concerne plus spécifiquement son pays natal : "Il aurait été nécessaire de faire de la Turquie musulmane une démocratie laïque afin d’aiguiller le Proche-Orient sur la voie du changement. Mais les acteurs du conflit n’obéissent qu’à leur propre logique. L’objectif des fomenteurs de guerre n’a jamais été de construire, mais de détruire".

Atatürk a essayé. Il a un tout petit peu réussi (dans la partie occidentalisée de son pays) et énormément échoué (dans la Turquie profonde), rétrospectivement. Revient alors cette antienne : l’islam est-il soluble dans la démocratie laïque ? Et que veut dire cette question, quand la démocratie en Occident n’est plus qu’un théâtre de marionnettes dont le capitalisme financier et spéculatif mondialisé tire les ficelles pour l’unique profit de quelques-uns (parmi lesquels figurent entre autres les dictateurs musulmans corrompus) ?

Une prophétie d’André Malraux

On prête à André Malraux cette phrase prophétique : "Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas". Il n’est pas du tout certain qu’il l’ait jamais prononcée (aucune trace de cette déclaration n’a été conservée), mais on ne prête qu’aux riches, et l’écrivain avait au plus haut point le sens de la formule. Il semblerait qu’il ait plutôt dit que "le grand problème du XXIe siècle sera celui des religions", ce qui va bien dans le sens de ce qu’il écrivait à la fin de son livre L’Homme précaire : "Nous souviendrons-nous que les éléments spirituels capitaux ont récusé toute prévision"...

Quoi qu’il en soit, il avait vu juste : les religions, et en particulier l’islam, sont bel et bien de retour, comblant le vide qu’ont laissé les grandes idéologies sécularisées qui se sont affirmées puis effondrées au XXe siècle.

A propos du retour de l’islam, voici de qu’André Malraux en disait en 1956 : "C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. À l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam.

En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis ’musulmane’, je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard !

Les ’misérables’ ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution" (André Malraux, le 3 juin 1956, Elisabeth de Miribel, transcription par sténo, source Institut Charles de Gaulle).

C’était il y a 51 ans. Nous y sommes. Malraux s’était trompé sur la pérennité du communisme. Il ne semble pas qu’il en soit de même en ce qui concerne l’islam. Les religions ont la vie plus dure que les idéologies, et notre époque ressemble curieusement et furieusement aux êtres qui hantent les écrits de Zafer Senocak : "Mes personnages sont des consciences en rupture, très typiques de leur époque. Cette schizophrénie engendre chez eux une quête absolue de l’identité, comme une drogue".

Une drogue dure, un "opium du peuple" répandant la terreur. Il serait temps de se déciller les yeux.


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (92 votes)




Réagissez à l'article

313 réactions à cet article    


  • Marie Pierre 31 décembre 2007 12:37

    Merci Marsu pour cette analyse.

    Pour Ohran Pamük, je rajouterai aussi son livre « Mon nom est Rouge », roman sur les enlumineurs, artistes de Cour, et l’affrontement (jusqu’à la mort) sur la représentation de l’image de l’homme entre Occident et Orient. Toujours très actuel !


    • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:43

      @ Marie Pierre

      Orhan Pamük est un immense écrivain. Les artistes turcs occidentalisés ont un rôle-clé à jouer en attendant que le pire arrive, ce qui n’est jamais absolument sûr. J’espère que la France et l’Allemagne ne seront pas pingres en droit d’asile lorsqu’ils seront en butte aux fatwas d’un fascisme vert de plus en plus décomplexé...


    • Marie Pierre 31 décembre 2007 15:14

      Tiens, tu t’es mis sur ton 31 ?

      Meilleurs voeux à toi.


    • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 16:02

      @ Marie Pierre

      Je suppose que tu veux parler de mon nouvel avatar icônographique. Le masque du théâtre japonais que j’avais adopté depuis quelque temps est très rigolo en grand format, mais se paye une tronche d’hypocrite en petit format... ce qui renvoie aux problèmes de représentation que tu évoques à propos de Pamük. Vu que l’hypocrisie c’est pas mon truc j’ai décidé de choisir un nouvel avatar en la personne de Humbaba, un des monstres que tuèrent Gilgamesh et Enkidou, deux héros de la mythologie babylonienne. J’aime bien son rire tué par les dieux.


    • ka 31 décembre 2007 20:13

      @ Marie Pierre

      J’ai lu moi aussi le livre « Neige » d’Orhan Pamuk dont tu m’avais parlé dans un autre fil (je ne sais pas si tu t’en souviens) et je l’ai aussi trouvé très beau même si perso certains passages me semblent caricaturaux.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er janvier 2008 04:27

      @ Marsupilami : Excellent article, à certaines citations duquel vous m’aviez déjà référé. Ma position demeure que toute religion, du fait qu’elle met la foi au dessus de la raison, ferme ipso facto la porte à des discussions rationnelles et ne peut mener qu’a des affrontements. Le contenu du message est quasi sans importance à côté de cette irrationalité essentielle qui est véhiculée par la foi.

      Ma recommandation est en totale contradiction de la pensée correcte prévalente, mais je crois que la seule solution, au point ou nous en sommes, est de faire l’impasse sur la recherche des causes et des coupables de l’antagonisme actuel entre « nous » et « eux » et de simplement ROMPRE LE CONTACT. Dans le respect des droits acquis, rentrons chez nous et qu’ils restent chez eux. On se reparle dans trois générations...

      http://nouvellesociete.org/5170.html

      Pierre JC Allard


    • Marsupilami Marsupilami 1er janvier 2008 10:15

      @ Pierre JC Allard

      « Ma recommandation est en totale contradiction de la pensée correcte prévalente, mais je crois que la seule solution, au point ou nous en sommes, est de faire l’impasse sur la recherche des causes et des coupables de l’antagonisme actuel entre »nous« et »eux« et de simplement ROMPRE LE CONTACT. Dans le respect des droits acquis, rentrons chez nous et qu’ils restent chez eux. On se reparle dans trois générations ».

      C’est une solution irréaliste vu que les camps opposés cherchent le contact, pour le bizness ou pour la guerre, et que l’économie est désormais mondialisée. Les fonds souverains du Koweit sont venus au secours des banques étatsuniennes étranglées par la crise des subprimes, et ce n’est qu’un exemple...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 janvier 2008 00:09

      @ Marsupilami : Mon énoncé est que ce serait souhaitable ; ai-je dit que ce serait facile ? On commence juste à comprendre qu’il faut pousser CONTRE et non POUR le rapprochement entre les cultures. Pas parce que le rapprochement est intrinsèquement mauvais, mais parce que nous ne sommes simplement pas prêts. Et la performance du leadership USA n’a vraiment pas aidé ...

      http://nouvellesociete.org/5167.html

      Pierre JC Allard


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 3 janvier 2008 16:05

      Merci à l’auteur,

      Excellent article, peut être le meilleur sur cette épineuse question que je n’ai jamais lu.

      @Pierre JC Allard

      Peut être qu’une réponse est apportée par Benoit XVI dans son discours à Ratisbonne, dont le thème je le rappelle était « Le rapport entre foi et raison » on trouve ce documment facilement sur Internet via Google.

      Encore merci à tous les deux.

      Cordialement.


    • Marsupilami Marsupilami 3 janvier 2008 16:19

      @ Bateleur du Tarot

      Le rapport entre Foi et Raison est effectivement au cœur du problème de l’Islam. Pendant sa période de conquêtes jusqu’au XIIe siècle ap. JC, L’islam a annexé la philosophie rationaliste hellénistique et nombre de grands penseurs musulmans ont laissé de remarquables travaux cherchant à concilier foi coranique et raison aristotélicienne, par exemple, ce qui faisait l’objet de très nombreux débats entre conservateurs (qui estimaient que le message coranique était suffisant, bref les partisans de la Foi) et réformistes (qui estimaient qu’on pouvait opérer une synthèse entre foi et raison). Maheureusement pour l’Islam en particulier et l"humanité en général ce sont les premiers qui ont triomphé, les philosophes islamiques hellénistes ont été au mieux ignorés ou bannis, au pire exécutés pour apostasie). Et depuis, c’est la chappe de plomb...


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 4 janvier 2008 14:58

      @ Marsupilami,

      Est-ce qu’une solution ne serait pas de demander à ce que l’on enseigne Averroès, Avicenne, et Maimonide, dans les écoles coraniques, voir à l’université, à moins que les imams s’y opposent...

      Cordialement.


    • Marsupilami Marsupilami 4 janvier 2008 15:05

      @ Bateleur du Tarot

      L’imam qui oserait enseigner ça dans une madrasa progressiste (euh... sacré oxymore !) se ferait immédiatement accuser par ses coréligionnaires d’être un espion de la CIA ou un agent du Mossad et je ne donnerais pas cher de sa peau...


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 4 janvier 2008 15:31

      Cher Marsupilami,

      Alors il n’y aurait plus d’espoir de voir revenir la grandeur du monde arabe du 9ème siècle, celui de la Bagdad de l’époque et d’Al Mansour ?

      Quel gâchis !

      Gémissons, gémissons, mais espérons...

      Cordialement.


    • chabou chabou 16 janvier 2008 10:30

      a mon avis juste d’une petite boulette


    • chabou chabou 16 janvier 2008 10:37

      ok ok mais ca nous mene a quoi c’est le l’histoire sommes nous la pour faire une analyse de l’hisoire et bien non, tout le monde a un cerveau a chacun de s’en servir


    • masuyer masuyer 31 décembre 2007 12:40

      Salut Marsu,

      je continue à croire que la terreur vient du coeur même de l’homme et que ne change que le flacon.


      • Mjolnir Mjolnir 31 décembre 2007 13:44

        C’est un certaine façon de voir les choses mais on pourrait en dire autant de tous les sectes et les parties extrémistes.

        Pourtant, tous les hommes n’ont pas la même idéologie et certaines idéologies sont bien criticables même si toute idéologie est le fruit des hommes.


      • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:46

        @ Masuyer

        Commentaire fataliste, donc pas très politique, ce qui est surprenant de la part d’un militant communiste. L’islamisme est le premier ensanglanteur de la planète. Et il n’est pas né dans l’Ohio...


      • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:48

        @ Mjolnir

        Commentaire mi-chèvre mi-chou très tiède qui demanderait à être développé pour ne pas rester ethériquement abscons.


      • Mjolnir Mjolnir 31 décembre 2007 15:26

        @Marsu

        Je voulais dire qu’à mon avis, Masuyer dédouane un peu vite l’idéologie de l’islam (qui se considère comme la seule vraie religion, qui doit s’imposer dans le monde, la non séparation des pouvoirs, etc). Il n’a pas tord quand il dit que c’est avant tout un problème humain mais la religion et l’intégrime n’existeraient pas sans les humains de toutes façons.

        Je partage vos avis : je relativiserais les critiques de l’islam en disant que l’islam est surtout instrumentalisée pour des raisons politiques et économiques. Historiquement, des pays musulmans tolérants et progressistes ont existé (en péninsule ibérique par ex).

        Mais je partage les critiques contre l’islam (et non seulement de l’islamisme) en précisant que le texte du coran semble, à ma connaissance, se prêter particulièrement bien pour être instrumentalisé ainsi : il ne faut pas fouiller bien loin pour trouver des passages peu tolérants envers les non croyants. On pourrait débattre pendant longtemps pour savoir comme il faut interprêter et considérer ces passages mais le fait est que ces passages sont là, sous leurs formes actuelles.

        Et d’après ce que j’ai compris, l’islam est intrinsèquement anti laïque. Cela n’empêche pas les musulmans de vivre dans des pays laïcs mais un musulman « authentique » par définition ne peut être laïc et cela est aussi criticable.


      • masuyer masuyer 31 décembre 2007 15:38

        Mjolnir,

        loin de moi de dédouaner l’Islam.

        Mais la question est de savoir ce qu’est une religion et quelles en sont les constantes.

        Une religion pour moi, nait au sein d’un peuple et est fondé sur des mythes fondateurs à ce peuple. Ces mythes lui permettent de se définir par rapport à l’Autre. Et se définir par rapport à l’autre, c’est bien plus chercher ce qui sépare que ce qui rapproche.

        On peut aussi imaginer (et ce n’est pas purement spéculatif) des mythologies « rationalistes ». Tous les pouvoirs s’appuient sur des mythes, quand ils veulent leur donner une apparence de rationalité, ils instrumentalisent l’histoire.

        Croire que le dogmatisme appartient à telle ou telle idéologie ou croyance est un danger bien plus grand.


      • Mjolnir Mjolnir 31 décembre 2007 15:51

        masuyer

        Je ne suis pas certain de te comprendre mais je ne pense pas que le dogmatisme appartient exclusivement à l’islam.

        Le problème de la critique d’une religion (d’une idéologie) est qu’elle peut sembler viser tous les pratiquants de cette religion alors qu’en réalité, il y a un peu près autant de variantes de la religion que de pratiquants. Généralement, plus la variante personnelle est proche du dogme original, plus le croyant de cette variante est intègre, voire intégriste. Ceci pour souligner que critiquer l’islam ne revient pas à condamner tous les musulmans, ou plutôt, les personnes qui s’estiment être musulmans puisqu’il y a une sacré différence entre le croyant qui hérite simplement d’une tradition familiale musulmane qui pratique à peine et le taliban barbu.

        J’ai eu un échange très intéressant avec Ka et il me semble primordial de définir ce qu’est au juste un musulman et ce que ça veut dire, aujourd’hui au 21ième siècle avant tout débat.


      • COLRE COLRE 31 décembre 2007 16:14

        @masuyer,

        c’est en lisant votre post qu’il m’est venu l’envie de me peindre sous les traits d’une primate pour mon logo. Oui, en tant qu’anthropologue, je souscris à votre phrase, sans doute fataliste, mais pourtant politique aussi, je ne suis pas d’accord avec Marsu. Rappeler la condition humaine ne veut pas dire qu’on ne fait rien, qu’on ne dit rien, qu’on ne réagit pas ! Bien au contraire !

        @Marsu,

        Bravo pour ton article, il faut continuer à asséner ce genre de réflexion, même si ça fait plaisir aux racistes comme Lyon, tant pis, dommage collatéral. Il faut être présent sur ce front-là, et déchiffrer toutes les impostures.

        Meilleurs vœux à tous.


      • Gazi BORAT 31 décembre 2007 16:33

        « L’islamisme est mle premier ensanglanteur de la planête »

        Ah bon ?

        Au niveau du décompte, si l’on y oppose par exemple les Etats Unis aujourd’hui et que l’on considère qu’ils agissent au nom d’une idéologie... je ne suis pas sûr qu’ils ne soient gagnants au niveau tableau de chasse..

        gAZi bORAt


      • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 16:55

        @ Ben

        D’accord avec toi sur bien des points sauf :

        « Rejet de la science. Plongée abyssale dans le religieux le plus pervers ».

        Là, t’as tout faux. L’islamisme « intellectuel » se fournit abondamment dans la science et les technologies. Un nombre colossal de ses « têtes pensantes » sont des scientifiques qui ont été formés dans les meilleures universités, occidentales comme il se doit. D’ailleurs l’Islam originel recommandait à ses adhérents d’étudier le maximum de sciences possibles, même (et surtout en l’occurrence) si elles étaient étrangères au corpus de « savoir » coranique. Les fondamentalistes islamistes appliquent cette injonction à la lettre, et avec une très grande maestria.


      • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 17:29

        @ Ben

        Si, si, osons le mot « science ». La « science » a démontré qu’elle se laissait toujours dévoyer par quelque idéologie que ce soit. Et ce n’est pas fini...


      • docdory docdory 2 janvier 2008 22:38

        @ Ben

        « la psychanalyse étant la lumière la plus aboutie sur l’être humain » , alors là , franchement , j’en doute : quelqu’un que je connais très bien ,qui était autrefois anticlérical , de gauche et lecteur de charlie hebdo , a fait une psychanalyse : depuis cette psychanalyse , maintenant , c’est une grenouille de bénitier qui ne raterait pas une messe , de la droite dure , électeur de Sarkozy et fanatique de Bush et du Figaro !


      • docdory docdory 2 janvier 2008 22:53

        @ gazi borat

        disons que l’islam et l’idéologie bushiste néo conservatrice sont les deux idéologies les plus meurtrières actuellement .


      • chabou chabou 16 janvier 2008 10:31

        c’est pas parce qu’on est scientifique qu’on est scientologue non mais


      • chabou chabou 16 janvier 2008 10:33

        je dirais pas ca loin de moi l’idee, la première et seule erreur de l’islam est ne ne pas faire le disingo entre sciences et concience d’une part et les aleas de l’aleatoire d’autre part


      • chabou chabou 16 janvier 2008 10:34

        quoi science il n’ a qu"une science science de la terre t’en connait d’autres


      • snoopy86 31 décembre 2007 12:49

        @ Marsu

        remarquable article, bravo !!!

        et bonne année à toi...


        • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:54

          @ Snoopy86

          Salut dextre camarade. Ce coup-çi j’ai pas fait dans l’absurdisme. Pourtant quelque part le sujet s’y prête, mais ça fait trop de morts pour prendre le parti d’en rire...

          Fais ce que vœux.


        • Black Ader 31 décembre 2007 13:09

          « Retour de l’Islam » ?? Comme si l’Islam avait disparu ! C’est un point de vu d’occidental de Gauche, pour qui tout se resume à la lutte des classes et ignore totalement le concept d’identité ethnique (qu’il pratique pourtant avec vigueur par son prosélitisme idéologique !).

          Quand à l’Islam, ca fait 13 siécle qu’ils merdouillent, et ce n’est pas nous qui allons regler leurs problémes, de toutes façons : ces gens là vont rester comme ils sont, car les gens, ca ne change pas d’idéologie identitaire (seule la raison peut être changer lorsqu’elle se révéle fausse, sans probléme. Ce qui distingue d’ailleur la gauche de la droite. Pour la droite, si une « valeur » ne marche pas, on l’abandonne, voila tout. Pour la gauche, c’est identitaire, religieux, c’est impossible, on s’y acroche fanatiquement).

          On ne peut que tenter d’organiser notre sécurité, rien de plus.


          • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:56

            @ Black Ader

            L’Islam s’était endormi. Il s’est réveillé. C’est ce que je voulais dire en écrivant qu’il était « de retour ».


          • Dégueuloir Dégueuloir 31 décembre 2007 16:24

            et qui a réveillé le dormeur en sursaut ?? ......


          • Leila Leila 31 décembre 2007 13:13

            Le monde musulman n’a pas une organisation pyramidale comme le monde chrétien. Il en résulte que l’analyse des textes fondateurs ne peut pas progresser de siècle en siècle comme chez les chrétiens. Par exemple les théologiens musulmans de langue française découvrent actuellement des écrits du neuvième siècle dont les écrits postérieurs n’ont tenu aucun compte.

            C’est maintenant un fait établi, à la suite d’études approfondies faites par des historiens, que le Coran a été écrit par plusieurs lettrés arabes de Damas sur une assez longue période. Il est donc permis d’interpréter de nombreux passages, voire les remettre en cause, voire les annuler, même si, aux yeux d’un musulman, le Coran est l’expression de la parole divine.

            Mais il est inopportun de le crier sur les toits.


            • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 31 décembre 2007 13:19

              Et c’est bien cela qui est dommage Leila, car admettre que le Coran ait pu subir des formes de manipulation pourrait aider les sociétés musulmanes a mieux appréhender la modernité en en faisant une lecture plus large.

              @ Marsu : très bon article


            • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 14:59

              @ Leïla

              Tu as raison, mais ce genre de considération archéo-théologique n’est connu que de rares penseurs musulmans ou non. Ils n’ont aucune influence sur des populations musulmanes majoritairement illettrées, misérables et donc aisément fanatisables. Là est bien le problème...


            • Marsupilami Marsupilami 31 décembre 2007 15:07

              @ Yves Rosenbaum

              Oui, l’un des problèmes majeurs de l’Islam réside dans l’absence d’une autorité auto-régulatrice un tant soit peu rationnelle et organisée permettant de faire une exégèse et une actualisation des textes mythiques fondateurs, ce qu’ont sû faire le judaïsme et le christianisme. Ce qui n’empêche pas qu’il existe toujours des dingues fondamentalistes de Dieu chez les juifs et les chrétiens, voir le pape actuel qui remet au goût du jour les Indulgences et les Exorcismes...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès