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De Jean Paul 2 béatifié à Ben Laden « disparu », cour des miracles et « culture » de peur

Alors que la seule photo d’Oussama Ben Laden mort diffusée juste après son exécution n’est pas sans faire débat pour s’apparenter étonnamment à une photo déjà publiée il y a plus de deux semaines sur le site du « Souvereign Independant » (photo mise hors-ligne depuis peu), et que chaque jour apporte sa nouvelle version officielle, affirmant désormais qu’Oussama Ben Laden était non armé lors de l’intervention après avoir relaté le contraire les premières heures ; alors que l’on s’étonne de l’étrange récit d’obsèques célébrées conformément au exigences Islamiques sur ce qui ne pouvait être qu’un cadavre déchiqueté par les officiants eux même de la mise en terre marine religieuse ; alors…que sommes nous donc entrain de vivre ? Quel est donc ce récit qu’il nous faudrait croire sur parole ? Comme El Pais concluait ce mardi « Quelle preuve ? sur internet circule en effet ce qui pourrait n’être qu’un montage photo maladroit fait à partir d’un des cliché d’Oussama Ben Laden de l’Agence Reuter, cliché le plus diffusé ces dernières année, désormais recouvert d’hématomes grossiers "photo-chopés" contrastant avec la denture parfaitement blanche participant de la photo initiale avant retouche…le plus inquiétant est que l’entourage même d’Obama ait un temps validé cette photo ». Depuis un avis de recherche est lancé,précisément, celui des fameuses preuves visibles. Un nouveau miracle numérique est toujours possible..

C'est donc dans un cadre résidentiel de petite bourgeoisie, non loin d'Abbottabad ( ville de montagne située à une cinquantaine de kilomètres seulement d'Islamabad) que Ben Laden demeurait, au beau milieu « discret » de grandes écoles militaires du Pakistan, voisinant avec les maisons cossues de hauts gradés en retraite. Assurément, Oussama Ben Laden ne pouvait pas trouver de voisins plus habitués au faits de guerre autant qu’au regard naturellement observateur. Il n’en fût rien, dans ce royaume des aveugles probablement jumelé avec Washington. Les commentateurs les plus courageux pensent que l’ex homme « le plus recherché » du monde demeurait là depuis le mois d’Août 2010. En voix off, d’autres n’excluent pas qu’il ait pu y résider toujours. Chacun se souvient de cet avion transportant Oussama Ben Laden et sa famille la veille du 11 Septembre. Le billet d’aller simple fût peut être en direction d’Abbottabad. Bien entendu, des transferts divers ne sont pas exclus. Ainsi, en quelques heures seulement, nous croulons sous des « informations » changeantes et contradictoires. Certaines outrepassent le concevable, d’autres frôlent le ridicule, par exemple au travers de rites religieux pratiqués et qualifiés de fidèlement Coraniques, sur celui que l’on souhaita précisément distinguer de l’Islam. Bref, face à tant d’incohérences si précoces,le bon sens trouve tout son nécessaire pour en conclure « pas de fumée sans feu ». Une chose est sûre, les flammes défigurant le World Traide Center passent en boucle depuis l’assassinat légal d’Oussama Ben Laden, dont la famille était néanmoins très proche de celle du président Bush, père et fils. Pour le Saint Esprit, le doute s’installe. L’entourage d’Obama gardant l’essentiel de l’ère Bush, l’un dans l’autre, Ben Laden serait resté un familier fantomatique de la Maison Blanche.

Conscient que "nous n'aurons jamais aucune certitude sur ce qui s'est vraiment passé", Olivier Guillard, chercheur spécialiste du Pakistan, estime "hautement improbable" le récit établi par la Maison Blanche et Islamabad. "Abbottabad est loin d'être un trou perdu, c'est un lieu de villégiature connu. Les responsables des services secrets pakistanais (ISI) et de l'armée pouvaient difficilement ignorer la présence de Ben Laden, pas davantage que l'opération américaine", explique-t-il. L’ISI et la CIA prendraient parfois le café du renseignement général ensemble.

Tout comme le premier épisode de la guerre contre "l’axe du Mal", ce second porte en germe bien des interrogations. Offrir prochainement au monde des photos d’un cadavre ensanglanté ne devrait pas changer grand-chose. Nous ressentons un malaise. Il y aurait eu mensonge ou falsifications, voire, ajout de détails non indispensables et improbables (l’enterrement marin supposé Coranique.etc) comme pour être sûr de préciser suffisamment les choses par avance, pour qu’on en demande pas plus ? La surinformation pour désinformer ? La chose serait pratiquée, ici ou là.

Un haut responsable américain ayant participé en totalité à l’intervention déclare (cf Le Monde) "Quand nous avons vu le complexe dans lequel [ils] vivaient, nous avons eu un choc". Le Pakistan pouvait pas ne pas savoir, à en croire la suite de ses propos. Les mauvaises langues diront dans 10 ans que la Maison Blanche savait que le Pakistan savait... D’ici là, toute personne s’interrogeant sera rapidement taxée de paranoïa et de céder à la fameuse « théorie du complot » coupant court à tout débat. Le premier qui parle de complot se protégerait de pouvoir en être soupçonné. Le langage inversé serait monnaie courante dans la basse besogne internationales, notamment.

Construit en 2005, le vaste refuge de luxe ayant abrité Oussama, domaine huit fois plus grand que les autres demeures voisines, occupe un terrain très étendu. Les murs de 5,5 mètres de hauteur sont surmontés de barbelés. L'entrée n'est possible que par "deux portails sécurisés". Personne ne s’en serait étonné, surtout pas l’encadrement résidentiel militaire. L'immeuble d'habitation, lui aussi, contraste avec le cadre pour n’avoir que "peu de fenêtres sur la façade extérieure" et trois étages surmontés de murs de deux mètres pour pouvoir monter sur le toit, tout en se dissimulant face aux observateurs trop indiscrets. Tout est banal, ou presque. Cet armada n’attirait l’attention de personne. Valeur estimée de la propriété : un million de dollars. Une somme à la hauteur de Ben Laden, et des entrepreneurs pétrolifères comme ses ex amis les Bush, par exemple.

Dans un chat sur Le Monde.frMathieu Guidère, spécialiste du terrorisme islamiste, affirme que « l'opération qui vient de se dérouler ne pouvait pas avoir lieu ni réussir si un général ou un des plus hauts responsables des services secrets pakistanais (ISI) n'avaient pas collaboré activement en donnant des renseignements précis à la CIA". Mariam Abou Zahab, spécialiste du Pakistan explique au Monde (édition abonnés) « que Ben Laden ne pouvait se trouver à cet endroit sans des garanties fournies par certains éléments de l'establishment militaire et que les Américains n'auraient jamais pu réussir leur action sans l'aide de l'ISI". A l’image de l’envol d’Oussama Ben Laden et Consor la veille du 11 Septembre 2001, sous haute escorte « tacite » des américains, personne n’exclut déjà plus que la CIA pourrait avoir ainsi découvert la superbe cachette du « diable » bien avant ce 1er Mai 2011. Plus rapidement encore que pour le fameux 11 Septembre emblématique, tout semble pour le moins confus. Outre la nausée éventuelle par rapport à la forme (une peine de mort ou action de cowboy), le fond de cette liquidation ressemble plus encore à des eaux bien troubles.

Il y eut après la seconde guerre mondiale bien des procès face à des tortionnaires similaires afin que la démocratie garda jusqu’au bout sa noblesse et grandeur contraires à la dictature. Le « œil pour œil, dents pour dents » est érigé cette fois-ci en politique d’état, par Obama en personne. L’exemple sera suivi. Imaginons un instant que nous aurions gazé quelques monstres nazis au sortir de la deuxième guerre mondiale. Cette image saisissante et douloureuse pour tant d'enfants des victimes, n’est pas loin de constituer le parallèle le plus indiqué en la circonstance. Le trait est un peu risqué, mais trés "parlant". Le Président du pays leader des démocraties relégitimise plus ou moins la Loi du Talion. La « culture de mort » en sortira renforcée. Tel un shérif, nous n’étions pas loin de voir Mr Obama agiter en gros plan la tête de l’ennemi juré, face à la foule de la Rome d’antan baissant le pouce en sentence de mort. Que sommes nous donc entrain de vivre, ou revivre ? Et que ferons nous le moment venu de tous ceux qui ont appliqué la stratégie de Ben Laden avec zèle et cruauté extrême ? Allons nous les exécuter en place médiatique publique sous les acclamations vengeresses du peuple ? La peine de mort dispose t-elle, pour nous aussi, de quelques alinéas qui la rendent acceptable ? Ne soyons pas étonnés de constater bientôt l’accroissement de la légitime défense supposée, à petite, ou grande échelle.

Le corps d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaida tué en théorie le dimanche 1er mai, aurait donc été "enseveli" en mer. C'est ce qu'ont annoncé dés l’aube les chaînes américaines CNN et MSNBC. La Grande Mosquée de Paris a rapidement estimé qu'un ensevelissement marin est " totalement contraire aux règles sacro-saintes de l'Islam". Un proche du Recteur Dalil Boubakeur s'est dit "très surpris et choqué" par ces agissements. A n’en pas douter d’autres le seront plus encore et nous le feront savoir. Voilà de quoi donner à des présidents des circonstances assurant une réélection de père de la patrie. A moins qu’avec le temps le shérif Obama porte le fantôme symbolique d’un cadavre. Le peuple américain pourrait vouloir oublier le passé.

Selon la tradition musulmane, "le corps d'un défunt doit d'abord être lavé avec de l'eau savonneuse, puis de l'eau claire et enfin avec de l'eau mêlée de camphre, avant d'être entouré de trois pièces d'étoffe". M. Boubakeur précise que"l'inhumation se fait en terre, sans cercueil. La dépouille doit être placée parallèlement à la Mecque, la tête du défunt légèrement tournée vers la droite pour que son visage soit tourné vers la Kaaba, le sanctuaire sacré de la Mecque". Quoi qu’il en soit, cette décision immédiate de noyer le corps sans sépulture alimentera tous les soupçons légitimes de manipulation. Sans fournir rapidement des preuves incontestables de la mort de Ben Laden – vidéos, photos ou analyses d’ADN certifiées–, les qualifications conspirationnistes vont se propager et se joindre à celles, déjà bien nourries et restées sans réelle contradiction, du 11 Septembre initial et funestement historique. Ces avions successifs pénétrant l’espace aérien le plus surveillé, alors que le moindre avion de tourisme se heurte en quelques secondes à des chasseurs vrombissant de l’armée US. Bref, ne cédons pas à la « théorie du complot », à trop y insister elle pourrait devenir réellement attestée.

L’actualité ayant sa logique intrinsèque, celle du sens de l’Histoire, celle de la synchronicité (la main divine, pour les croyants), l’on ne peut éviter de rapprocher les deux faits majeurs de ce début de mois de Mai 2011. L’exécution du « diable » Ben Laden se sera produite le lendemain de la béatification du Pape Jean Paul II. Un Pape, ce n’est quand pas n’importe qui, porteur d’une grande part de notre civilisation. Son successeur Benoît XVI aura en effet signé le décret validant le miracle attribué à l'intercession de Jean-Paul II (dont avait déjà été reconnu les vertus héroïques, en dernière étape du procès de béatification), probablement au moment même ou l’intervention américaine contre Ben Laden devait être définitivement décidée. La confirmation officielle de guérison scientifiquement inexplicable, en juin 2005, de la religieuse française de la congrégation des Petites Soeurs des maternités catholiques, Soeur Marie Simon-Pierre, se trouve de fait mise en parallèle avec la retrouvaille inattendue du « diable » terroriste d’origine Yéménite. Cette béatification de Jean Paul II intervient dans un délai record du fait selon le Vatican de « l'imposante réputation de sainteté dont jouissait le pape Jean Paul II pendant sa vie, à sa mort et après sa mort ». A contrario, qu’il ait fallu aux services secrets les plus puissants du monde presque 10 ans pour retrouver l’ami de longue date de la famille Bush, tout cela frappe de honte et de ridicule la CIA. 

A moins qu’en lieu et place de cachette, il y ait eu cachotterie de services secrets,non sacrés. Un deuxième miracle sera indispensable pour permettre la canonisation du pape polonais. Retrouver un jour futur Ben Laden vivant, jouissant entouré de sa cour dans un Eden anti-atomique, pourrait constituer ce miracle attendu, bien que de funeste et diabolique configuration. Alors que la « culture de mort » et la barbarie (sociale, sanitaire, financière…) se répandent, que la peine de mort et Loi du Talion d’autorisation d’Etat reçoivent ces jours-ci quelques lettres de nouvelle recevabilité, il n’est pas exclu que l’inversement des valeurs donne à une réapparition future de Ben Laden le statut attesté de miracle.                                     

Au train où vont les choses, qu’il soit de forme divine ou diabolique importera peu. Gardons que le Terrorisme est remis au premier plan à l’approche de diverses élections, ici et là. Il est vrai que les vidéos de Ben Laden s’exprimant en voix numérique ne faisaient plus recette ni plus peur à grand monde. Permettre l’émergence prochaine d’un successeur de Ben Laden serait à même de relancer la phobie planétaire des attentats et armes chimiques. Les vilaines langues le prétendent...

Les peuples sont d’autant plus soumis qu’ils ressentent quelques menaces peser sur eux. L’émergence prochaine d’un nouveau leader pourrait nous faire renouer avec la peur. Gardons que cette synchronie reliant les deux événements (de Jean-Paul II à Ben Laden) nous offre l’antidote, autant que la nouvelle menace. Sans céder à la théorie du « complot », gardons surtout le fameux « N’ayez pas peur » recouvrant l’adresse fameuse du grand pape Jean Paul II. Elle devrait nous être bien utile, alors que nous ressentons toutes les incohérences de ce nouvel épisode de la guerre contre « l’axe du mal » cher à Mr Bush. L’entourage présidentiel américain est marqué par une grande permanence. Finalement, il n’est pas exclu qu’elle soit manifeste aussi au travers de certains « modes » de gouvernance. L’usage habile des facteurs de peur, en fait partie.

Guillaume Boucard


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