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Accueil du site > Actualités > International > De l’incroyable privatisation des guerres

De l’incroyable privatisation des guerres

Imaginez un monde où les guerres ne sont plus livrées par les Etats mais par des milices privées.

« Impossible ! » diront les plus sceptiques, une guerre (légale) ne peut être déclenchée que par un Etat contre un autre Etat, ce sont donc les armées de ces pays qui partiront au combat. Dans la théorie ceci est vrai.

Pourtant il arrive de plus en plus que des sociétés militaires privées viennent en aide aux armées régulières.

Pourquoi ? Comment ? Quels en sont les risques ?

Du mercenariat aux SMP (Sociétés Militaires Privées)

Ne pensez pas que les milices privées, aidant les Etats pendant les guerres sont apparues au cours du 21ème siècle.

A l’origine on parlait de mercenaires. Les mercenaires servaient les Etats contre des rémunérations en argent ou en nature. La plupart du temps, ces personnes livraient leurs services aux Etats les plus offrants : un mercenaire français pouvait alors très bien se battre contre son pays si la rémunération était plus importante chez le pays adverse.

Les premières traces de mercenariat apparaissent dans la Grèce antique en 404 avant J.-C. A cette époque un prince désireux de renverser son frère aîné recruta des milliers de mercenaires pour parvenir à ses fins. Cette imposante équipée portant le nom des Dix Mille fut tout de même vaincue.

Mais il faudra attendre la Renaissance pour voir les fameux Condottieres, chefs d’armées italiens, qui avaient pour mission de rassembler des mercenaires. Certains d’entre eux, à l’image de Cesar Borgia(qui inspira le Prince de Machiavel) ont acquis avec cette activité une puissance immense.

Toutefois les années 2000 signent la fin du mercenariat traditionnel pour voir apparaître les premières sociétés militaires privées (SMP).

Ces sociétés peuvent offrir plusieurs services :

  • la formation : certains pays n’ayant pas les moyens nécessaires pour former leurs troupes peuvent faire appel à des sociétés de ce type, à l’image de l’Afghanistan, dont nombre de soldats et de policiers sont toujours formés par des SMP américaines.
  • la logistique : il arrive que des ONG emploient des soldats privés afin de faire parvenir en sécurité des vivres et du matériel dans des pays en guerre.
  • la sécurité : la protection rapprochée dans des pays à risques.
  • l’assistance tactique : c’est l’aide aux armées régulières sur le front. C’est cette activité qui fait penser à une nouvelle forme de mercenariat privé. Nous reviendrons plus tard sur l’une de ces sociétés : Xe (anciennement appelé Blackwater).
  • le renseignement : des services secrets tel que la CIA ont déjà fait appel à des SMP afin de les aider dans le renseignement et élimination des responsables d’Al-Qaïda.

Mais quel est l’intérêt des Etats à faire appel à ces mercenaires ?

  • L’État ne cotise pas pour leurs retraites, contrairement aux soldats réguliers.
  • Ils ne sont pas comptabilisés dans le bilan des morts. Exemple  : Depuis le début de la guerre d’Irak (2003) il y a eu plus de 4 400 morts. Le chiffre serait de 5 400 si on avait comptabilisé les milices privées.
  • Ils peuvent effectuer le sale boulot sans que l’État ne soit mis en cause

Comparé à un militaire de carrière, un mercenaire n’a que des avantages : on ne cotise pas pour sa retraite, en cas de décès, on ne le comptabilise pas dans les pertes, et il fait les sales besognes sans mouiller le pays qui le recrute !

Pour donner un ordre d’idée il y a eu jusqu’à 185 000 mercenaires en Irak pour 150 000 soldats en uniforme.

En Afghanistan, le cap des 100 000 sera bientôt dépassé.

.

Quels sont les dangers ?

Embaucher des milices privées pour fausser le bilan humain d’une guerre n’est, d’une part, pas très « moral » de la part d’un Etat, et il l’est encore moins quand ces mercenaires agissent comme de véritables « Rambos ».

L’histoire (proche) nous en donne des exemples :

  • De 1995 à 1996 en Bosnie des militaires de la société américaine DynCorp s’étaient retrouvés impliqués dans une affaire de racket et de trafic d’adolescentes.
  • En 2006, deux employés de deux SMP américaines ont été accusés d’actes de torture dans la prision d’Abou Ghraib.
  • Le 16 septembre 2007, des salariés de l’entreprise Blackwater ont ouvert le feu sur des civils causant la mort de plus de 17 personnes.

Le plus « amusant » est de voir les sanctions infligées à ces personnes. En effet, travaillant pour une entreprise, il seront licenciés comme n’importe quel salarié et ne connaîtrons souvent aucune poursuite judiciaire.

.

Exemple de société :


Blackwater est la plus grande société de milices privées au monde. Elle a changé de nom en 2009 pour tenter de faire oublier ses déboires, elle s’appelle désormais Xe (prononcé Zi).

La société possède plus de 23 000 mercenaires dans le monde. En comparaison, si elle était un pays elle aurait la 94ème plus importante armée au monde (liste des armées nationale par effectif).

Le montant des contrats de Xe avec le gouvernement américain est passé de 25,4 millions en 2003 à 594 millions en 2010 et ne cesse d’augmenter.

Les soldats de Xe sont présents notamment en Irak et en Afghanistan.

Pour revenir sur la tuerie du 16 septembre 2007, voilà une de ces descriptions paru dans le magazine « Le temps »

« La balle a traversé la tête de Haithem Ahmed. Pas de coup de semonce préalable, pas de tension particulière à Bagdad, mais ce projectile qui a tué instantanément l’Irakien alors qu’il circulait dans une voiture aux côtés de sa mère. Le conducteur mort, le véhicule s’emballe. Et les « mercenaires » de Blackwater aussi : ils arrosent de centaines de balles la place Nisour, noire de monde, où les passants tentent désespérément de se mettre à l’abri. Des grenades sont lancées, et les hélicoptères des gardes privés interviennent rapidement pour achever le travail. Bilan : au moins 17 civils irakiens tués, 24 blessés. »

 

Tiré du magazine « Le Temps » – Source : Wikipédia

Voila maintenant une déclaration d’Eric Prince, ex-patron de Blackwater qui après avoir insulté les Irakiens, les Pakistanais et les Afghans de « reptiles vivant dans des égouts » déclara :

« Les gens que nous tuons ne méritent pas de vivre. »

Eric Prince – Discours à l’Université du Michigan – Source : irib

Mercenaires salariés chez Blackwater

Ce qui fait me fait peur dans ce genre de situation c’est l’idéologie que peuvent avoir ces « soldats de fortunes ».

Si certains d’entre eux font ça pour l’argent (et je peux vous garantir qu’ils sont grassement rémunérés : la compagnie fait payer au gouvernement 1 200 $ par jour par mercenaire), il faut se dire que d’autres se prennent pour des croisés des temps modernes. Cet idéalisme fanatique a de quoi inquiéter quand on connaît la liberté d’action qu’ils ont, comparée à celle des soldats de l’armée régulière.

Je me rappelle avoir lu une déclaration du général Norman Schwarzkopf, qui durant la guerre du Golfe prônait la guerre « Zéro mort », « Zéro blessé » (du côté américain). A ce rythme là et si l’Etat ne comptabilise pas la mort des salariés (des SMP) dans le bilan des guerres nous ne tarderons pas à réaliser un de ces excellents « scores ».

Lire l’article sur mon blog : Culture-Monde.com

Source :

 

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41 réactions à cet article    


  • worf worf 7 juin 2010 10:52

    a voir le film : le jeu de pouvoir ou la série Jericho.


    • Antoine 7 juin 2010 11:30

      Effectivement, la serie Jericho est un tres bon exemple.


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 7 juin 2010 22:11

      Pas besoin de film, et ce n’est pas seulement pour le domaine militaire. Il y a quelques jours, nous avions écrit ceci :

      http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/06/04/bilderb erg-et-l-etat-prive-mondialise.html

      Bilderberg et l’Etat privé mondialisé

      Le 4 juin, le quotidien belge De Tijd commente à son tour la rencontre de Bilderberg de Sitges. Il en est de même de l’agence espagnole EFE, qui confirme dans une dépêche la participation « pour la première fois » de Bill Gates qui se propose d’y évoquer des questions relatives à l’énergie et à la « nécéssité d’une santé globale ». En clair, une « gouvernance mondiale » de la santé qui ne manquerait pas de constituer en même temps un pas décisif vers une « gouvernance mondiale » globale de la recherche scientifique et technologique. D’après le quotidien 20 minutos, Gates abordera également à la réunion de Sitges la question du changement climatique et celle dite des « besoins des plus pauvres ». Le 4 juin également, une dépêche Экономические новости porte le titre « Le club Bilderberg décide de l’avenir de l’euro », alors que Newsland écrit « Le club Bilderberg décide de l’avenir de l’euro et de la Russie ». Euskal Irrati Televista - Radio Televisión Vasca écrit à son tour : « Le Club Bilderberg se réunit à Sitges, désireux de diriger le monde ». La veille, Charlie Skelton rapportait une conversation entre deux organisateurs de cette réunion, regrettant que des citoyens puissent disposer de revenus suffisants pour organiser des manifestations et considérant cette situation comme une « menace permanente ». Mais dans cette optique, peut-on tolérer l’existence même d’une quelconque prospérité au sein de la population, ou encore la stabilité d’emploi, l’actuel droit du travail, la protection sociale, les services publics, l’indépendance des fonctionnaires, voire la notion même de « puissance publique »... ? Le « welfare state », explicitement évoqué dans cette discussion, se trouve directement en cause et, par là, l’ensemble des institutions publiques. Or, une telle approche à la société du XXI siècle de la part des détenteurs du pouvoir économique équivaut à préconiser la mise en place d’un Etat privé et mondialisé. Telle est, objectivement, la tendance des stratégiques imposées depuis les années 1980 dans l’ensemble des pays occidentaux.

      [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/06/04/bilderb erg-et-l-etat-prive-mondialise.html ]


      Cordialement

      Le Collectif Indépendance des Chercheurs
      http://science21.blogs.courrierinternational.com/


    • JL JL 7 juin 2010 10:56

      Bonjour, pour ceux qui ont lu « La stratégie du choc » de Naomi Klein, ce que vous écrivez n’est pas une découverte.

      « L’objectif ultime des grandes sociétés qui forment le cœur du complexe (« complexe du capitalisme du désastre »), c’est d’introduire le modèle de gouvernement à but lucratif – qui progresse rapidement dans des circonstances extraordinaires – dans le fonctionnement ordinaire, au jour le jour, de l’Etat. Autrement dit, il s’agit de privatiser le gouvernement. » (Naomi Klein, « La stratégie du choc », page 22)

      La privatisation des guerres n’est que l’aboutissement logique de ce processus.

      Elle dit ceci qui me paraît extrêmement important :

      "

      « Un système économique qui exige une croissance constante tout en refusant presque toutes les tentatives de règlementation environnementale génère de lui-même un flot ininterrompu de désastres militaires, écologiques ou financiers. La soif de profits faciles et rapides que procurent les placements purement spéculatifs a transformé les marchés boursiers, financiers et immobiliers en machines à fabriquer des crises. Notre dépendance commune à l’égard des ressources d’énergies polluantes et non renouvelables engendre d’autres crises : les catastrophes naturelles (en hausse de 430% depuis 1975) et les guerres (Irak, Afghanistan, Nigéria, Colombie, Soudan), lesquelles entrainent à leur tour des ripostes terroristes (depuis la guerre en Irak, le nombre d’attentats terroristes a été multiplié par sept). Comme la planète se réchauffe, sur le double plan climatique et politique, il n’est plus nécessaire de provoquer les désastres au moyen de sombres complots. Tout indique au contraire qu’il suffit de maintenir le cap pour qu’ils continuent de se produire avec une intensité de plus en plus grande. On peut donc laisser la fabrication des cataclysmes à la main invisible du marché. C’est l’un des rares domaines où il tient ses promesses » (Naomi Klein)


      • titi 7 juin 2010 21:26

        Et + 1 point NK pour JL qui nous ressort la « stratégie du choc » de Naomi Klein.

        A quand un sujet sans Naomi Klein et sans Chomski sur AV ? Pas aujourd’hui visiblement.


      • mariner valley mariner valley 7 juin 2010 11:04

        La privatisation des conflits est juste un moyen pour les politiques de faire des guerres (avec plus ou moins de justifications) et de pouvoir faire baisser le nombre de morts statistiques.

        Vu que dans nos sociétés la notion de sacrifice étant devenu tabou...il est plus facile de déléguer cela a des compagnies privées dont les pertes ne sont comptabilisées.

        En plus cela permet de faire des opérations, qui faites par des troupes régulières provoquerait un tolet.
        Bref c’est tout bénefs pour les gouvernements, en plus la formation des personnels ne coutent rien.


        • Croa Croa 7 juin 2010 23:27

          « la formation des personnels ne coûtent rien. »

          FAUX ! Ce sont souvent d’anciens militaires. Pour les autres l’investissement consenti par les entreprises de barbouserie est évidemment incluse dans le prix de la prestation.


        • mariner valley mariner valley 8 juin 2010 07:15

          @ croa

          non justement vue que se sont d’ancien militaires les boites privées n’ont pas a les former ou très peu c’est donc rentable.
          Quand aux operations (barbouses ou pas) elles ne sont pas gratuites mais c’est aussi le cas pour toute armée régulière.


        • mariner valley mariner valley 8 juin 2010 07:19

          Je pense que se sont a 98-99% des anciens militaires en mal d’action ou a la recherche d’argent et se sont eux qui sont sur le terrain. Le 1-2% restant doit être lie a la logistique donc de formation classique (non combattante)....je pense, les couts de formation sont très limites pour les boites.


        • slipenfer 7 juin 2010 11:13

          Une armée privé qui servira des intérêts privés dans un monde gouverné par une
          poignée de « surhumains » qui déciderons de nos misérables vie d’ insectes.
          On y vient, et en plus on pourra le cas échéant leurs mettent des uniformes
          de révolutionnaires, la mode est aux couleurs en ce moment.


          • Croa Croa 7 juin 2010 23:42

            Ces armées servent déjà des intérêts privés. Ce, directement (on vois ça déjà en Afrique et ailleurs notamment pour la défense d’intérêts minier) mais surtout par convergences d’intérêts. En effets les gouvernements clients ne sont notoirement que les fantoches d’intérêts mal dissimulés. On trouve déjà des liens filial entre lobbies, industrie, barbouses et finances, chez Carlyle par exemple.


          • Free Palestine Free Palestine 7 juin 2010 11:15

            La privatisation des guerres sert avant tout aux états voyous occidentaux de se couvrir pour les agissements criminels ,en déléguant leurs basses besognes à des sociétés privés ces états se mettent à l’abris de poursuites judicaires.C’est aussi un moyen de faire tourner des pans entiers des secteurs économiques privés,l’Irak est le plus parfait exemple des phénomènes de privatisation poussés à leur paroxysme,c’est un laboratoire pour l’extension de ces principes à l’économie monde.Il serait intéressant de traiter du cas de nombreuses Ong devenues de simples éxécutants des politiques officielles.


            • ZEN ZEN 7 juin 2010 11:23

              Bonjour
              Une « idéalisme fanatique » ? Je ne crois pas
              Business surtout


              • Spip Spip 7 juin 2010 20:23

                @ zen

                Les deux mon cher !

                J’ai lu avec attention (et consternation) le livre-enquête de Jeremy Scahill « Blackwater, l’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde »

                Son créateur, Erik Prince est un néo-con de la plus belle eau, ex commando SEAL et homme d’affaires aussi, bien sûr.

                Il a dû l’ascension fulgurante de sa société à Dick Cheney (comme on se retrouve...) quand celui-ci était Secrétaire à la Défense de George H.W. Bush et qu’il avait commencé, entre 1989 et 1993 une privatisation massive de l’armée en réduisant de 10 milliards de dollars le budget de la Défense.

                Tout ça au profit de sociétés privées dont Blackwater mais aussi la célèbre Halliburton (que Cheney dirigera plus tard)

                Alors oui, business, c’est évident mais pour Prince c’est un amalgame explosif de sens des affaires et de notion d’une mission quasi mystique.

                Très dangereux.


              • ZEN ZEN 7 juin 2010 20:32

                Spip
                Intéressant
                Mais il se font parfois trop remarquer et arrivent à devenir contre-productifs


              • COVADONGA722 COVADONGA722 7 juin 2010 11:39

                digemer mat kerjean ,je suis de votre avis mais juste pour l antériorité du mercenariat :
                l anabase parle il
                me semble de mercenaires grecs non soldés et retraitant sur des millers de kms .Déja le metiers connaissait quelques affres .


              • Croa Croa 7 juin 2010 23:56

                « Ceci est le plus grave danger pour la démocratie dans le monde. »

                Il n’y a plus de danger car
                 smiley ils ont déjà le pouvoir smiley

                Et la « démocratie » n’est qu’une coquille vide depuis que les états ont abandonnés la création monétaire aux banques privées. Que la soldatesque se privatise aussi n’a finalement plus d’importance, au moins les choses sont elles claires et moins hypocrites  :->


              • jako jako 7 juin 2010 11:31

                Merci de votre interessant article et merci aussi d’avoir mis guerre légale entre guillemets
                car c’est presque un oxymore


                • COVADONGA722 COVADONGA722 7 juin 2010 11:46

                  yep article intérréssant , on remarqueras que les memes qui s’offusquent du mercenariat
                  sont souvent les memes qui ont applaudit a la suppréssion de la conscription par confort
                  et suivant le cursus plus de droits moins de devoirs.Resulats en lieux et places de citoyens en armes et d officiers républicains nos sociétés finiront avec des mercenaires commandés par des prétoriens.Bien pis déléguant le droit et l apprentissage des armes
                  a d’autres ,les citoyens ne disposeront plus desormais des connaissances techniques pour se soulever contres leurs oppresseurs de l interieur ou de l exterieur.


                  • Cogno2 7 juin 2010 14:00

                    les citoyens ne disposeront plus desormais des connaissances techniques pour se soulever contres leurs oppresseurs de l interieur ou de l exterieur.

                    Oui, ben en 95 j’ai fait mon service dans l’infanterie de marine, et je n’en ai retiré aucune compétence en dehors de savoir rester des heures debout, et maîtriser le cycle balais serpillère à la perfection.
                    Une seule chose m’a impressionné, la concentration improbable de connards au m².... du jamais vu.
                    Alors de là à se soulever... en dehors de la cuvette des chiottes, la conscription ne permet pas de soulever quoi que ce soit.

                    Si tu veux casser les anti-conscription, tu pourrais trouver mieux sans te fouler.
                    Il suffit de voir les problèmes de recrutement, et la faible qualité des armées de métier, en raison de ces difficultés de recrutement.


                  • Spip Spip 7 juin 2010 23:55

                    Deux choses liées dans votre argumentaire.

                    - La suppression de la conscription. Donc une armée de métier.

                    Avez-vous vu les pubs pour le recrutement ? Un gentil soldat se penchant sur un enfant africain, une sorte de personnel d’ ONG ( mais pourquoi ce treillis et ce fusil d’assaut ? ) C’est d’une hypocrisie sans fond.Si on gobe ça il ne faut pas s’étonner de voir des gamins de 18 ans se faire tuer avec étonnement et leurs mères protester. On vend de la guerre comme de la lessive. La com, tout dans la com, la réalité viendra après...

                    - Les connaissances techniques pour se défendre. Outre le genre de service militaire qu’a fait Cogno2, on en arrive maintenant à un point de sophistication dans les armes qui exclut beaucoup de monde. Mais ça rejoint et règle (?) la préoccupation principale : mener des conflits sans vagues politiques internes.

                    La recette : une mesure d’unités spécialisées + quatre mesures d’armées privées, saupoudrez de drones, surtout pas avertir avant la représentation nationale (vous feriez rater tout) et vous obtenez un presque zéro mort !


                  • Maxdel26 Maxdel26 8 juin 2010 00:04

                    Le développement des drones est, en effet, des plus inquiétants. 

                    J’ai rédigé un petit article sur ce sujet : http://www.culture-monde.com/?p=68

                  • COVADONGA722 COVADONGA722 8 juin 2010 10:47

                    bonjour Split regreter la conscription n est certes pas valider les« services » du type de Cogno.Je persites a penser que ce brassage etait facteur d intégration et d amalgame ,
                    qu il etait formateur pour beaucoup en ce qui concerne les regles de vie commune et d adhesion au « collectif » .J’entend bien que l on vas m’objecter beuveries , gradés cons et
                    autre choses detestables je reste convaincus que le solde etait positif.Techniquement je crois que les dirigeants se leurrent en pensant que la « robotique » regleras tout , il faudras toujour un biffin pour les derniers cent metres et c’est la qu un citoyen un peu formé peu provoquer de la casse.Pour terminer ça n est guere à la mode  mais je pense qu il ne peut y voir de droits sans devoirs je considere que le droit de vote et l ’eligibilitée devraient etre liés a un service militaire/civil effectué.


                  • raissa 7 juin 2010 12:06

                    http://www.youtube.com/watch?v=ghUOVs7yTqs&feature=related
                    On a tout compris depuis longtemps mais là, ça commence à bien faire !
                    écoutez les vidéos sur ce lien ça vaut le détour


                      • foufouille foufouille 7 juin 2010 13:21

                        pas mal les liens
                        ces extraits sont interresants


                        • foufouille foufouille 7 juin 2010 14:04

                          ces armees prives sont necessaires car l’information circule plus rapiddement


                          • morice morice 7 juin 2010 16:02

                            ces armees prives sont necessaires car l’information circule plus rapiddement ?????


                            • zelectron zelectron 7 juin 2010 16:03

                              Qui se souvient de Bob Denard et du renversement du gouvernement des Comores ?


                              • morice morice 8 juin 2010 01:03

                                TALL, il y était ;...


                              • titi 7 juin 2010 18:21

                                Mais quel est l’intérêt des Etats à faire appel à ces mercenaires ?

                                Posez vous la question : qui en France est prêt à mourir pour l’Afghanistan, la paix civile en Cote d’Ivoire, la protection des civils au Sud Liban.
                                Réponse : personne.

                                Les opinions publiques ne supportent plus l’idée qu’un militaire meurt. Or mourir c’est quand même une éventualité lorsque l’on est militaire.
                                Qui plus est les militaires eux mêmes refusent cette éventualité : lorsqu’il s’agissait de jouer aux toubabs à Djibouti, en Centrafrique, payés triple solde, des volontaires il y en avait à la pelle. Du jour où il a fallut aller au casse pipe en Yougoslavie, là plus personne pour les « théatres extérieurs ».

                                Du coup l’armée n’est plus un outil de politique extérieur : c’est un outil de défilé pour le 14 juillet.
                                Or c’est bien d’un outil de politique extérieur les états ont besoin.
                                Ils vont donc le chercher là où il est : pas dans l’armée.


                                • morice morice 8 juin 2010 01:06

                                  Mais quel est l’intérêt des Etats à faire appel à ces mercenaires ?


                                  ça revient moins cher en cas de décès : chez les 3 gardés par les F arcs ils n’avaient pas d’assurance : les familles n’ont rien touché durant la détention .. eux étaient chez Dyncorp.....

                                • titi 8 juin 2010 07:46

                                  Ramené ce phénomène à un simple problème d’argent me parait simpliste.

                                  Combien coute la prestation d’un seul des ces cowboys, par rapport à l’utilisation d’un conscrit par exemple ?
                                  Certe ce dernier est moins bien formé mais pour garder un checkpoint ou pour faire de la logistique pas besoin de Rambo.

                                  L’élément déterminant : personne ne veut faire le conscrit.

                                  Encore une fois il ne faut pas blamer les états d’évoir trouver un paliatif à un problème créé pas leur propre citoyen.

                                  Comme le fait l’armée francaise par le biais de la legion étrangère : elle va chercher ailleurs ce qu’elle ne trouvera pas parmi les citoyens francais.



                                • ZEN ZEN 7 juin 2010 18:40

                                  Titi
                                  De plus, le retour des corps se fait sans drame, sans tambour ni trompettes
                                  Un « sous-traitant »qui disparaît ne peut plus choquer l’opinion
                                  C’est un job comme un autre.
                                  Les Usa ont retenu la leçon du Vietnam...


                                  • ZEN ZEN 7 juin 2010 19:17

                                    Comme dit Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels : "Le recours croissant aux sous-traitants privés... rend les guerres plus faciles à déclencher et à mener ; ça ne prend que de l’argent et pas de citoyens".
                                    Cela permet aussi d’éviter les résistances, les protestations des citoyens, qui se sentent moins directement concernés par les combats et les morts, même si ces hommes, mal contrôlés, peuvent provoquer certains « dommages collatéraux »(Falloudja)...
                                     Le recours aux sociétés privées amortit donc le coût politique du conflit.
                                    C’est tout bénéf !


                                    • asterix asterix 7 juin 2010 23:46

                                      Ce que je trouve chouette chez Al Quaida, c’est que ses mercenaires travaillent pour pas un balle. Le Paradis pour demain, c’est beaucoup plus sûr ...et plus économique.


                                      • Maxdel26 Maxdel26 7 juin 2010 23:54

                                        Il est difficile de tenir ces propos. 

                                        Al Qaida n’est pas un Etat, il n’a pas d’armée (au propre sens du terme). 
                                        Il est seulement soutenu par des partisans, qu’on appelle terroristes dans un camp et résistants dans l’autre.
                                        Ce ne sont donc pas des mercenaires.
                                        De plus, je pense que les « soldats » d’Al Qaida se battent plus pour une idéologie que pour une rémunération.

                                        • morice morice 8 juin 2010 01:07

                                          Al Qaida n’est pas un Etat, il n’a pas d’armée (au propre sens du terme). 


                                          c’est une vue de l’esprit : voir Power of Nightmares de la BBC.

                                        • Maxdel26 Maxdel26 7 juin 2010 23:59

                                          Le développement des drones est, en effet, des plus inquiétants. 

                                          J’ai rédigé un petit article sur ce sujet : http://www.culture-monde.com/?p=68

                                          • Croa Croa 8 juin 2010 00:14

                                            Il manque l’essentiel, à savoir qu’offrir des marchés aux entreprises guerrières  permet de faire jouer les complicités d’intérêts. Financières d’abord mais aussi stratégiques liés à la protection des richesses mal acquises. Petit à petit les états (désormais fantoches) se font doubler par leurs donneurs d’ordres tout en crachant au bassinet...  smiley

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