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De la difficulté pour Israël d’absorber cent mille juifs noirs d’Ethiopie

Une nouvelle campagne destinée à sensibiliser la société israélienne aux problèmes d’intégration des juifs éthiopiens a été lancée le 13 février, vient d’annoncer l’agence de presse israélienne francophone Guyssen. Selon cette information, le 8 février dernier, 150 « Falash Moura » (Ethiopiens juifs christianisés) ont atterri à l’aéroport Ben Gourion, dans le cadre de l’opération « Promesse » organisée par l’Union des communautés juives (UJC) et les fédérations juives d’Amérique du Nord. Quelques jours plus tôt, une large délégation composée de responsables de l’Agence Juive, dont Zeev Bielski, et de l’UJC s’était rendue à Addis Abeba et Gondar pour rencontrer les futurs immigrants.

Cette ultime mission, dotée d’un budget de 100 millions de dollars, devrait durer trois ans environ. Elle a pour objectif de rapatrier entre 12 000 à 22 000 derniers juifs demeurés en Éthiopie depuis le début d’un mouvement quasi biblique commencé officiellement il y a tente ans mais dont les prémices sous forme d’émigration clandestine s’étaient manifestées vers la fin des années soixante.

Encore de nos jours, l’Ethiopie demeure un pays mystérieux. Ce pays de haut plateau, de terres volcaniques et millénaires, se trouve à l’Est du continent africain. Il en est devenu, paradoxalement, le centre, lorsque son dernier empereur, le Négus Hailé Selassié, assis depuis cinquante années sur le trône doré de Menelik son père, a fait de sa capitale le siège de l’Organisation de l’unité africaine.

Lors de l’invasion de l’Abyssinie par Mussolini, ce petit homme à barbiche noire fut le premier, enveloppé dans sa cape noire, à se dresser contre le colonialisme occidental. Son exil, son intervention devant la Société des Nations à Genève, au moment où l’Europe s’inclinait devant le fascisme italien expansionniste et le nazisme d’Adolphe Hitler qui se préparait à occuper l’Europe entière, lui a valu le prestige dont il a joui jusqu’au moment où, en 1975, ayant perdu son trône, abandonné à ses bourreaux, séides de l’URSS, par ses amis anglo-saxons, il mourut dans son vieux palais du Guébi, étouffé par ses geôliers, sous un oreiller imbibé d’éther.

L’exemplarité de son règne prestigieux avait été pour le peuple Hamara d’Ethiopie un sujet d’orgueil farouche, doublé de la fierté d’être l’héritier du patrimoine historique dont Haile Selassié s’était trouvé être le dépositaire en étant couronné, en 1930, « Négus » par l’impératrice Zaoditou, fille de Ménélik II.

Avec ce titre pompeux de Negusa nagast, c’est-à-dire « Roi des Rois, Lion de Juda », le nouvel empereur allait régner pendant 45 ans, sous le nom de Hailé Selassié 1er (« Force de la Trinité ») et devenir le 225e successeur de Menélik 1er. Ce roi biblique, né au VIIIe avant Jésus-Christ, était - selon la légende dorée d’Ethiopie, réaffirmée par les termes de la Constitution éthiopienne de 1955 - le fils du roi Salomon et de la reine de Saba qui régnait sur les rives du nord de l’Arabie heureuse et des côtes africaines de la Mer Rouge. Cette filiation fut son principal titre de gloire. Elle lui octroyait comme ancêtre un souverain, gardien de « l’Arche d’Alliance  » à laquelle les mines du Neguev avaient procuré immense richesse et puissance au peuple de Judée, élu de Dieu.

Il est vraisemblable que le royaume de Judée ait étendu son influence jusqu’aux rives de l’Océan indien. Des populations de Judée et d’Israël ont pu s’installer jusqu’à des territoires devenus le Yémen ou l’Abyssinie dans la région d’Axoum et former les premières générations de « juifs noirs », traités ultérieurement de « Falachas ».

Pour certains spécialistes, l’hypothèse selon laquelle le voyage de la reine de Saba chez le roi Salomon a pu être fait dans le cadre d’une ambassade n’est pas dénuée de bon sens.

En Ethiopie, la fiction devient aisément réalité, de la même manière que les prêtres du bas clergé copte enseignaient dans leurs écoles de campagne, il n’y a pas tellement longtemps, que la terre était plate.

Dans ces conditions surréalistes, il n’y a aucune raison de douter de l’anecdote selon laquelle le roi Salomon, dont de nombreux sujets se trouvaient déjà en Afrique, ait subi le charme de la reine, et qu’en conséquence, il «  connut » (au sens biblique), après l’avoir invitée à assister à l’un de ses somptueux dîners à Jérusalem, la reine du Royaume de Saba, maîtresse d’un vaste empire qui, prétend-on, s’étendait de l’Abyssinie au Yémen, au Sud de la péninsule arabique. Cette union royale a engendré une dynastie authentique, qui régna sur l’empire d’Éthiopie jusqu’au renversement du Négus Haile-Selassié et sa mort en 1975...

Une telle lignée avait inspiré à l’empereur un slogan national dont aucun ambassadeur n’osa se moquer - au moins en public - et qui apparut sur des dizaines de milliers d’affiches qui couvrirent soudain, en 1964, les murs de l’empire :

« Trois mille ans de civilisation et treize mois de soleil ».

Histoire merveilleuse de la fondation de la dynastie salomonique qui demeure dans les limbes de l’imagination populaire un argument, dont le dernier représentant et son gouvernement se sont abondamment servis jusqu’au déclin, puis à la chute de l’Empire, pour présenter comme un dogme l’antiquité de la civilisation judéo-éthiopienne. Le peuple presque tout entier, après avoir été mêlé au judaïsme original, sept siècles avant la naissance de Jésus à Nazareth, fut converti à la nouvelle religion chrétienne. Comme le judaïsme, elle était venue aussi de Jérusalem, à l’aube du premier millénaire, au IVe siècle, véhiculée et enseignée par des moines transfuges du Moyen-Orient où une crise du monophysisme avait provoqué d’impitoyables massacres.

En quittant Jérusalem et en se rendant au pays de sa sabéenne de mère, Ménélik 1er n’avait-il pas, selon ce que prétendent les prêtres coptes, emporté avec lui « l’Arche d’Alliance » contenant les « Tables de la Loi » qui, sans cette intervention légendaire, auraient disparu dans la destruction du premier temple construit par son père Salomon ?

N’est-ce pas cette « Arche » - ou une autre semblable - que les prêtres coptes emportent en procession autour de la cathédrale d’Addis Abeba le jour de Pâques, au cours d’interminables cérémonies expiatoires qui se déroulent devant le Saint des Saints de ce temple ?

Ce rituel n’est-il pas à l’origine de l’équivoque et du mystère qui entourent l’époque lointaine au cours de laquelle les pays riverains de la Mer Rouge ont été successivement soumis aux influences du judaïsme d’abord, et du christianisme ensuite, avant que l’islam, conçu par le prophète Mohammed, d’inspiration divine, ne fasse son apparition dans une vaste zone orientale où le culte rendu à un seul Dieu est, toujours de nos jours, revendiqué de manière jalousement exclusive, par trois peuples mystiques et cousins ?

De nos jours encore, le culte copte, dans les limites du christianisme hérité de Byzance, suit des rites qui ressemblent étrangement aux prescriptions du Pentateuque.

Les Falashas ont été longtemps oubliés par les diverses diasporas, ces pauvres Ethiopiens, héritiers du roi Salomon, pratiquent un judaïsme dont les rites et les interdits, apparemment originaires des strictes prescriptions socio-religieuses du Pentateuque , sont bien antérieurs à celles édictées dans la compilation du Talmud et de la Thora, et telles qu’elles sont observées à quelques nuances près à travers le monde et en Israël.

Aujourd’hui, l’appartenance des actuels Falachas à la religion juive ne prête guère à discussion, malgré leur attachement à des règles établies à l’époque du roi Salomon entre 792 et 732 avant notre ère.

Longtemps relégué par la géographie dans ses régions lointaines, le peuple falasha vivait en groupes importants, réfugié sur ses monts comme des rapaces, auxquels les falashas ressemblent avec leurs visages émaciés et noirs au profil aquilin, dans les régions du Tigré, du Wollo, de Gondar et du Lasta, sur les sommets qui dominent les rives du lac Tana où ne cesse de renaître le Nil bleu des pharaons.

Pourtant, les plus grands ethnologues, ceux notamment de l’association Sosteje (Society for the Study of Ethiopian Jewry-Falasha), réunis du 21 au 25 mai 1995 à Jérusalem, n’ont pas pu formuler une explication certaine des
origines de ce peuple. Depuis, leurs travaux n’ont pas permis de mettre fin à leurs controverses, tandis que d’autres chercheurs voient en eux des vestiges de la treizième tribu perdue d’Israël, d’autres les descendants de Juifs ou Cananéens émigrés au Sud de l’Arabie .

Il y a deux cent trente-six ans, il fut un temps où il fut brièvement question de ce peuple juif et noir . Des scientifiques se sont penchés sur leur cas inexplicable. L’Ecossais James Bruce avait été le premier à le découvrir en 1770. Il y eut à leur sujet une importante somme de récits de voyage d’explorateurs, de missionnaires chrétiens et de zélateurs rabbiniques. L’intérêt de leur existence attira encore au XIXe siècle, puis s’éteignit.

On ne parla plus d’eux, ou presque.

Depuis des siècles, les Abyssins les appelaient Falashas. Ces derniers n’aiment pas ce nom, dont ils subissent le caractère méprisant. Dans l’ancienne langue du pays, le « guèze », ce terme décrivait « les gens d’ailleurs », les « émigrés, exilés, séparés » des vagabonds. Les Falashas préfèrent se désigner sous le nom de Betä Esra’el (« ceux de la maison d’Israël »), tiré des anciennes chroniques éthiopiennes, et simplifié en Beta Israel.

Un tel état explique probablement pourquoi ils ont été réduits, dans leur type de société, au sein de laquelle ils étaient minoritaires, à exercer des métiers méprisés tels que ceux de forgeron, charpentier, tisserand, cordonnier et métayer.

Lorsque j’ai pris mon poste de correspondant de l’AFP à Addis Abeba à la fin des années soixante, il a fallu le hasard d’une conversation avec un de mes amis israéliens pour entendre prononcer ce nom.... Et penser à autres choses.

Juifs et noirs ? Quelle drôle d’affaire ! « Ce sont les seuls juifs parmi les noirs et les seuls noirs parmi les juifs », écrivait un ethnologue, Vittorio Morabitto.

Même le grand rabbinat d’Israël, pourtant conscient de l’existence de ces quelques milliers d’Ethiopiens qui, disait-on, « étaient juifs, miséreux et potiers », ne s’estima pas convaincu qu’il fussent véritablement juifs, et manifesta une grande réticence, quand, à Addis Abeba, capitale avec laquelle Israël entretenait des relations en matière de politique et de coopération économique et technique, des diplomates suggérèrent, au nom du concept de l’Alya (le Retour), le transfert de tous les Beta Israel dans leur pays.

Il fallut attendre 1975 pour obtenir leur reconnaissance officielle. Mais entre temps, l’exode avait commencé. C’est une aventure quasi biblique qui allait commencer, à la manière de ceux qui, au temps des pharaons, avaient quitté l’Egypte sous la conduite de Moïse. Une nouvelle « génération du désert » allait émerger des relief arides et volcaniques d’Afrique de l’Est. Anachronique cette fois-ci, la mystique de la « Terre promise » allait réapparaître. Le mouvement commença en 1965, mais à très petites doses : moins de 275 départs en dix ans. Les statistiques israéliennes indiquent qu’entre 1975 et 1984, ils furent 7000 à prendre un départ clandestin. Ce n’était pas une foule. Les conséquences du coup d’état militaire de 1974 - après l’assassinat de l’empereur Haïlé Sélassié étouffé sous un oreiller, et l’exécution à l’arme automatique du premier ministre Aklilou et des soixante-quatre membre de son gouvernement - avaient transformé l’empire en dictature communiste qui étouffa le pays, déjà victime de la famine, sous une chape de plomb.

A la fin de 1984, on entra dans l’époque héroïque. Elle se produisit à une époque tragique durant laquelle l’Ethiopie, sous le joug des militaires communistes, et ravagée par la sécheresse, perdit plus d’un million deux cent mille de ses habitants. De leur côté, les falashas n’en pouvaient plus de vivre dans leur dénuement. L’aide clandestine de l’Agence juive leur fit espérer une vie meilleure dans une « terre promise » dont parlait la Bible et qui leur permettrait de ne plus avoir faim. Comme au temps de Moïse, dix mille d’entre eux entreprirent une longue marche de deux mille kilomètres entre les hauts plateaux d’Ethiopie et le Soudan. Ils se mirent en route, à pied, à destination de Khartoum. Leur épopée dura quarante jours et quelques. Les plus faibles moururent en chemin. Certains parmi eux pensaient que le fait même d’arriver en « Terre sainte » leur permettrait d’accéder à l’immortalité. Mais en fait, pour le plus grande nombre, le miracle qui se produisit fut l’apparition des avions d’un pont aérien entre le Khartoum et Tel-Aviv, organisé par les autorités israéliennes. Après cette « opération Moïse » et son corollaire, « l’opération Sheba », organisée par la C.I.A., 6000 Falachas parvinrent encore en Israël.

Enfin, en mai 1991, fut le début de la « grande opération Salomon », réalisée en accord avec un nouveau pouvoir éthiopien : 14 000 Falachas massés autour de l’ambassade israélienne à Addis-Abeba purent être embarqués en direction d’ Israël. A cette date, l’ensemble de l’émigration des falachas avait coûté la vie à quelque 3000 victimes, mortes de fatigue et maladies pendant leurs marches forcées..

Depuis le lancement du pont aérien permettant le sauvetage et le rapatriement des juifs éthiopiens pendant plus de trente années, de 1965 à nos jours, l’intégration de cette communauté a créé des problèmes quasi insolubles auxquels l’État hébreu n’était pas préparé, suggère l’agence israelienne dans ses commentaires au sujet de la nouvelle campagne d’immigration de quelque 25 000 juifs falachas convertis au christianisme et d’intégration complète de tous les falachas vivant actuellement en Israël.

« Le manque d’investissement du gouvernement israélien et du ministère de l’Intégration, en particulier, à l’égard des 100 000 juifs éthiopiens vivant actuellement en Terre Sainte, reste tout autant marquant », ajoute l’agence, dont l’éditorialiste a estimé que « le racisme et le rejet subi par les Éthiopiens au sein de la société (israélienne) sera directement visé dans ce projet par ses initiateurs. Ces derniers désirent désormais impliquer plus largement les employeurs et les différentes administrations dans l’intégration des juifs éthiopiens. De nombreuses activités et campagnes d’information seront lancées au cours des prochains mois pour que la promesse faite aux juifs d’Éthiopie d’un monde meilleur en Terre sainte puisse enfin s’accomplir. »

© Bertrand C. Bellaigue Février 2006

BIBLIOGRAPHIE

J. ABBINK, « Mytho-légendes et histoire : l’énigme de l’ethnogenèse des Beta Esra’el », in Les Cahiers du C.E.D.A.F., no 3, Bruxelles, 1991

D. FRIEDMANN & U. SANTAMARIA, Les Enfants de la reine de Saba : les Juifs d’Éthiopie (Falachas), histoire, exode, intégration, éd. Métailié, Paris, 1994

S. KAPLAN, Les Falâshâs, éd. Brepols (Belgique), 1990 ; The Beta Israel (Falasha) in Ethiopia. From Earliest Times to the Twentieth Century, New York Univ. Press, New York-Londres, 1992

D. KESSLER, The Falashas : A Short History of the Jews of Ethiopia, Frank Cass, Ilford, 3e éd. revue et augmentée, 1995

É. OCHS & B. NANTET, Les Falasha. La tribu retrouvée, Manya, Levallois, 1992

J. QUIRIN, The Evolution of the Ethiopian Jews. A History of the Beta Israel (Falasha) to 1920, Univ. of Pennsylvania Press, Philadelphie, 1992.


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1 réactions à cet article    


  • Gary Gaignon (---.---.37.39) 12 mars 2006 18:03

    Je n’ai pas trop compris comment on peut être reconnu à la fois comme Juif et noir, sinon par l’ascendance maternelle directe puisque, reprenez-moi si je fais erreur, la juivité purement ethnique est matrilinéaire, au contraire des cultures uniquement patriarcales, bien que la tradition religieuse juive comporte néanmoins des caractères patriarcaux dominants.

    Par conséquent, une simple aventure du Roi Salomon avec une reine éthiopienne noire aurait-elle pu engendrer une lignée juive proprement dite et reconnue telle ? Est-ce que cela n’explique pas la difficulté pour Israël d’absorber ces « Juifs noirs » dont par ailleurs l’allégeance religieuse ne fait aucun doute ?

    Évidemment, tout cela laisse dans l’ombre tous ces enfants nés noirs d’unions illégitimes ou « de fait » avec des mères juives pures et dures tout au long de la longue histoire biblique !

    Le même phénomène ethno-culturel se produit au Canada : les peuples amérindiens, encore de nos jours, ne reconnaissent comme leurs que les pur-sang, le peuple métisse du Manitoba en sait quelque chose !

    Un excellent film sous-titré en français est à l’affiche en ce moment à Montréal, Québec, au cinéma Parisien, sur la difficulté d’intégration en Israël des Juifs éthiopiens. Voir ci-dessous.

    « Va, vis et deviens

    En 1984, des milliers d’Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l’initiative d’Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël. Une mère chrétienne pousse son fils de 9 ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L’enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l’on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l’amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés. Il deviendra tout à la fois juif - israélien - français - tunisien... une vraie tour de Babel. Mais jamais, il n’oubliera sa vraie mère, restée dans le camp, et que secrètement et obstinément, il rêve de retrouver un jour.. »

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