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Accueil du site > Actualités > International > Démocratie : faut-il croire aux résultats des élections ?

Démocratie : faut-il croire aux résultats des élections ?

En revenant sur les révélations du très sérieux quotidien italien, le Corriere della Sera, on se pose une question fondamentale au sujet du sens à donner aux élections et à leurs résultats dans nos respectables démocraties. Le Colonel Kadhafi et ses proches auraient donc été victimes d’une « guerre de liquidation » destinée à faire disparaître des témoins gênants en rapport avec le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. On avait pourtant cru, de bonne foi, à la version officielle.

La guerre de Libye fut menée par les Occidentaux en vue de prévenir les massacres, voire un « génocide » contre les habitants de Bengazi. Et lorsqu’on s’efforçait de ne pas croire à la version officielle, on percevait derrière cette guerre des enjeux pétroliers. Il fallait voir beaucoup plus loin : le Guide libyen, et surtout son fils Saïf al-Islam, persuadés qu’ils étaient intouchables (vu les milliards de dollars qu’ils avaient amassés) risquaient de « balancer », avec des preuves indiscutables. Il fallait régler le problème[1] de main de maître. Puisque ces révélations aurait ruiné des tas de carrières en France, voire sur l’ensemble du Vieux Continent. Elles auraient, par-dessus tout, dévasté le moral des peuples attachés à la démocratie et à des « valeurs » millénaires. L’effondrement de tout un monde.

En tout cas, sur le plan du droit, un tel financement occulte, en partie reconnu par Claude Guéant (environ 5.000[2] euros, avait-il avoué, 50 millions selon l’hebdomadaire italien) constitue un motif d’annulation du scrutin présidentiel (article 50 de l’ordonnance du 07 novembre 1958[3]). Encore que le cadre juridique ne permet pas de tirer toutes les conséquences qu’une affaire de cette nature mérite, en commençant par le dédommagement des personnes lésées.

Des électeurs qui, de bonne foi, croient s’acquitter de leur devoir civique en votant dans le cadre d’une élection « démocratique », sont naturellement blessés en apprenant que des acteurs cachés (libyens) étaient à la manœuvre pour « dicter » l’issue du scrutin.

Quant à la candidate malheureuse, Ségolène Royal, on lui aurait préféré une autre vocation que la politique. Si elle avait pratiqué du vélo, elle serait, aujourd’hui, en train de se frotter les mains. En disqualifiant Lance Armstrong, les hautes instances du cyclisme vont devoir attribuer les trophées du septuple champion de France à ses concurrents venus juste en seconde position. Madame Royal, elle, a définitivement perdu sa chance d’accéder au Palais de l’Elysée, même si des enquêtes aboutissent un jour à la certitude que le vainqueur de 2007 avait « triché » dans cette compétition avec des valises libyennes. Il y a vraiment quelque chose d’injuste dans le sort réservé aux politiques qui font l’effort de la sincérité.

Pour revenir sur les aspects juridiques, on va peut-être trop vite, trop loin. On imagine difficilement des juges français se bousculer sur cette affaire des « valises libyennes ». Les « évènements » ont débouché sur une métamorphose de l’environnement politique et sécuritaire telle que le moindre commencement d’une action judiciaire semble voué à l’échec. Les preuves ont disparu, les témoins liquidés. Saïf al-Islam qui croyait détenir un moyen de chantage est à un cheveu de la mort. Les autres sont dispersés aux quatre coins de la planète où ils tiennent à rester « invisibles ». Et même si quelques « courageux » se prêtaient à un début d’instruction judiciaire, on se demande bien à quoi elle aboutirait.

Déjà, lorsque le juge constitutionnel, compétent en matière électorale, constate qu’il y a eu de graves irrégularités, par exemple, au sujet des comptes de campagne, il préfère « passer l’éponge ». L’ancien président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas, a fait des aveux hallucinants selon lesquels les comptes de campagne des candidats Chirac et Balladur avaient été validés par la haute institution alors qu’ils comportaient des « dépassements » et des « recettes injustifiées ». Il avoue, de fait, que sur le plan du droit, l’élection présidentielle de 1995 aurait dû être annulée. La France aura donc vécu sept ans durant sous un mandat, celui du Président Chirac, qui n’avait pas lieu d’être. Mais il y a pire.

Le Conseil constitutionnel, garant du respect des lois qui régissent l’ensemble de notre vie nationale, aurait donc trahi la nation française en se prêtant à un « arrangement » qui aurait justifié la démission de l’ensemble de ses membres. Pourtant, personne ne démissionna. Et lorsqu’on croit tenir le pire, on n’est pas au bout de ses surprises.

En effet, pendant des années, la Françafrique a littéralement « acheté » la démocratie française. Nos élus de droite, de gauche et même d’extrême droite défilaient devant un « vieux chef d’Afrique » qui distribuait des valises. L’électeur français n’y a vu que du vent. Une vidéo à peine croyable a circulé sur le net avant de disparaître, comme par hasard. On croyait qu’il y avait d’irréductibles « racistes » parmi nos politiques et que les électeurs de la « France pour les Français » pouvaient légitimement espérer que quelqu’un incarnait leurs aspirations à l’occasion des scrutins successifs. On croyait également qu’il y avait des personnalités de gauche et des personnalités de droite.

Tous les électeurs se sont fait avoir, pendant des années, puisque « là-haut » tout le monde mangeait dans la gamelle,… ou plutôt dans la même calebasse concoctée par le « vieil ami africain » Omar Bongo.

Toutes ces élections méritaient d’être annulées et les élus, parvenus aux postes qu’ils avaient occupés, condamnés à de lourdes peines. Mais la justice n’a pas les moyens qu’elle mériterait d’avoir et les juges, qui croulent sous des montagnes de dossiers, mettent des années pour dénicher quelques indices. Il en faut autant pour amorcer la procédure et davantage pour aboutir à la moindre condamnation sachant qu’un appel sera interjeté et mettra d’autres années de procédure et que, même si les juges du second degré confirmaient le verdict initial, un pourvoi en cassation est systématiquement formé par les condamnés. Lorsque tout ceci sera fini, le concerné sera trop vieux pour aller en prison. A quoi ça servirait d’ailleurs de l’envoyer en prison où il risque de perdre la vie, ce qui ferait passer le juge d’application des peines pour un monstre qui enferme des grabataires ?

Mais personne, à ce moment-là, trente ou quarante ans plus tard, ne se demande à quel point cela est grave d’avoir truqué une élection et d’avoir abusé de la foi en la démocratie de l’électeur français. C’est encore pire de nos jours, semble-t-il.

Il parait que la plupart des élections dans nos respectables démocraties sont jouées d’avance. Sans qu’il ne soit besoin de prêter le flanc à l’abominable « théorie du complot », il y a des « choses » dont on peut aisément se rendre compte, rien qu’en observant.

Le Réseau Voltaire, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, a révélé que pour permettre à Nicolas Sarkozy de gagner l’élection de 2007, « tout » avait été entrepris pour affaiblir politiquement et médiatiquement ses adversaires les plus redoutables, de gauche comme de droite. On parle d’un certain Laurent Fabius. On y croit ou on n’y croit pas, mais il faut que quelqu’un trouve une explication rationnelle sur le fait que dans une démocratie tous les journaux, presque tous les jours, ont systématiquement consacré leur une à une personne, alors simplement ministre et réservé à ses adversaires le rôle d’idiots utiles. Et lorsqu’un certain 14 mai 2011, des individus se livrent à une « danse de joie » pour célébrer le sabordage réussi d’un illustre personnage engagé dans la course à l’Elysée ; et que le Procurer Cyrus Vance Jr préfère jeter l’éponge alors qu’il tenait là un magnifique trophée pour sa carrière, on est difficilement disposé à croire que les choses arrivent par hasard.

Plus globalement, lorsqu’on se rend dans un bureau de vote, il y a une question qu’on se pose systématiquement : pourquoi nous demande-t-on de choisir entre ces deux-là ? Il n’y a vraiment rien de mieux en France que Hollande-Sarkozy ? Rien de mieux aux Etats-Unis qu’Obama-Romney ? Pourquoi le peuple, sur la base des listes électorales, ne devrait pas avoir le droit d’établir la liste des candidats qu’il considère comme « valables » pour chacune des formations politiques ?

Une telle précaution permettrait, au moins, d’empêcher que de bons candidats passent à la trappe lors des « manœuvres d’appareil » qui représentent la première phase de l’« arnaque » dans laquelle les partis, et les lobbies qui grouillent dans leur sillage, entraînent les électeurs et, avec eux, toute notre démocratie.

Boniface MUSAVULI


[2] Difficile de croire que Kadhafi (plusieurs dizaines de milliards de dollars) n’a pu donner que 5.000 euros. Et même dans ce cas, il s’agirait d’un financement occulte d’un candidat à la présidentielle française par un Etat étranger, ce qui constitue un indiscutable motif d’annulation de son élection.

[3] Article 50 de l’ordonnance n° 58-1067 du 07 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : « Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate l'existence d'irrégularités dans le déroulement des opérations, il lui appartient d'apprécier si, eu égard à la nature et à la gravité de ces irrégularités, il y a lieu soit de maintenir lesdites opérations, soit de prononcer leur annulation totale ou partielle. »


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93 réactions à cet article    


  • curieux curieux 30 octobre 2012 08:57

    Rien à ajouter. Il faut faire élire le plus idiot et celui qui sera soumis à la politique de mondialisation. Et si c’est un truand, c’est encore mieux car on le tiens par les c...


    • charlyposte charlyposte 30 octobre 2012 16:06

      je confirme cette réaction .


    • charlyposte charlyposte 30 octobre 2012 16:22

      ça tombe bien , ils sont tous comme ça .....donc la démocratie c’est pas encore perdu ...on cherche ...on cherche !


    • gaijin gaijin 30 octobre 2012 10:06

      oui
      mais la corruption commence a l’échelle des communes ou l’ entrepreneur local est le cousin du maire et se poursuit a tout les échelons jusqu’aux états-mafias
       ( n’oublions pas a passage que les électeurs sont complices qui vont aller voter non pas dans ce qu’ils pensent être l’intérêt du pays mais dans leur intérêt individuel .......)

      ce qui reste ?
      des politiques clientélistes
      des élections qui se jouent sur des programmes mensongers
      des petites phrases, des effets de manche et de la com
      des médias qui ne sont que des caisses de résonances de ce grand n’importe quoi

      et des citoyens ravis d’aller participer a ce grand barnum en se disant que c’est quand même mieux que si c’était pire .....

      comment s’appelle un système politique que l’on ne peut pas changer ?


      • curieux curieux 30 octobre 2012 12:47

        Tu as raison. J’ai été élu en 2008 et j’étais adjoint. J’ai assez vite compris. Il suffit au maire d’être à chaque réception avec les petits fours et champagne avec le sénateur pourri du coin, le président du conseil départemental ou régional, pour que ces minables ne se sentent plus pisser. Ce qu’ils n’ont pu avoir par leur compétence, ils l’ont par la lèche. J’ai démissionné mais personne ne m’a suivi.


      • Croa Croa 30 octobre 2012 12:56

        C’est pire que ça ! Le système n’a pas besoin d’être corrompu pour être non démocratique car les bases même de la « démocratie » représentative sont pipés, bref ça fonctionne un peu comme une roulette au casino : C’est toujours la banque qui gagne !


      • Romain Desbois 30 octobre 2012 13:28

        Le problème n’est pas le système mais l’humain. Car c’est l’humain qui crée le système pas l’inverse !!!!!


      • foufouille foufouille 30 octobre 2012 13:42

        non
        ce sont les dirigeants qui font le systeme en manipulant les gens


      • Croa Croa 30 octobre 2012 15:38


        OK, si c’est pas le système il n’y a pas de réforme possible ; C’est Dieu qui a créé l’humain...

        C’est donc à Dieu que nous devons nous en remettre. smiley


      • foufouille foufouille 30 octobre 2012 15:54

        on peut quand meme se battre contre le systeme
        par contre, les ploutocrates c’est tous les memes


      • charlyposte charlyposte 30 octobre 2012 16:15

        voici un élément constituant .


         L’affaire des lingot fourrés c’est un peu comme le monstre du Loch Ness, en tout cas au niveau des particuliers : personne n’en a jamais vu ! », explique le professionnel.

      • Romain Desbois 30 octobre 2012 10:44

        Nous savons qu’en France , l’on fait voter les morts, l’on va dans les maisons de retraites ramasser les procurations (voir à Poissy, le judoka aux pièces aussi jaunes que sa pseudo « morale » de sportif).

        Nous savons que des élus payent les électeurs (Dassault condamné trois fois et réélu).

        Le rois des chiens n’est pas un chat.

        Nous avons les élus que l’on élit.


        • Traroth Traroth 30 octobre 2012 12:01

          Par contre, le roi des souris peut apparemment être un chat :



        • Le printemps arrive Le printemps arrive 30 octobre 2012 13:35

          « le roi des chiens n’est pas un chat » : il est toujours délicat de faire des analogies animales, en effet il est difficile de comparer le comportement animal et humain sans insulter les animaux !

          excellente journée à vous.


        • Croa Croa 30 octobre 2012 15:44

          et nous élisons les chefs que « la com » a déjà choisi !


        • Romain Desbois 30 octobre 2012 16:41

          « et nous élisons les chefs que »la com« a déjà choisi ! »

          Oui entre Artaud et LePen y avait du choix quand même.


        • nicolas_d nicolas_d 30 octobre 2012 20:14

          « Oui entre Artaud et LePen y avait du choix quand même. »
          Faut bien faire « style »


        • Soi même Soi même 30 octobre 2012 10:45

          Non, car les parties ont perverties le principe de la démocratie.
          Car quand ont voté pour un candidat,ce n’est plus pour un homme qui a une mission de l’intérêt national, il la troqué pour l’intérêt due son partie.
          .


          • Jimmy le Toucan 30 octobre 2012 10:48

            Rien à rajouter sauf pour :
            très sérieux quotidien italien, le Corriere della Sera, ahahaha

            http://www.tocqueville.it/ ou http://www.rischiocalcolato.it/
            si vous lisez l’italien et vous voulez vous informer sérieusement


            • julius 1ER 30 octobre 2012 10:48

              rien à dire, à l’ouest rien de nouveau !


              • Yvance77 30 octobre 2012 11:32

                Salut,

                Il y a un mais dans tout cela... la France n’est plus une démocratie, mais une dictature soft (pour combien de temps ?)

                Ceci explique cela donc.


                • Traroth Traroth 30 octobre 2012 12:00

                  Le système de partis fait que les plus corrompus, donc les plus utiles au fonctionnement du parti, arrivent au sommet et deviennent les personnalités en vue de la ce parti. Et donc les candidats aux élections les plus importantes. Ils occupent donc des postes éminents, députés, sénateurs, ministres, et finissent présidents, puis membres du conseil constitutionnel. Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark...


                  • logan 31 octobre 2012 07:34

                    Bien évidemment, tu es capable de nous expliquer en détail ce fameux système des partis que tu mets en cause et qu’est ce que tu mets en cause précisément ?


                  • Romain Desbois 31 octobre 2012 11:46

                    si ca vous interesse le programme de l’Union Pour le Bien-être et la Liberté


                  • Punkonfou Punkonfou 30 octobre 2012 12:05

                    Merci pour l’article !!
                    C’est clair que ça pue toutes ces histoires de politiques de financements d’assassinats de disparitions mais certains, encore, vont monter au créneau criant à la conspiration, au complotisme. Pourtant, et surtout, quand on suit les histoires depuis un petit moment de Karachi à Clearstream en passant par les frégates de Taïwan ou les histoires avec Omar Bongo ou encore les relations de la France avec le Qatar (pour qui nous sommes devenu un paradis fiscal soi dit ne passant) ou bien les repas du Siècle, Bérégovoy et j’en oublie..., on pourrait se demander pourquoi rien ne se passe pas de jugement ou si peu 2 ans pour Chirac pour les emplois fictifs( mais rien sur ces relations avec le mafieux japonnais qui lui gardait son fric au chaud avec quelques geisha ) et puis que pensé lors des dernières élections du faits que quasiment tous les présidentiables soient allés faire un p’tit discours à la Grande Loge Maçonnique ???? Faut qu’on m’explique là !!
                    Et puis pourquoi continuer sur la voie des réformes d’austérités lorsque la preuve de leurs inefficacités et de leurs méfaits sur le peuple sont vérifiés depuis des mois avec l’exemple de la Grèce et que pourtant d’autres exemples à travers le monde montrent que c’est en prenant des réformes au contraire émancipant le peuple....il faudrait peut être s’occuper de la corruption, du salaire et des primes des sénateurs et des députés, de leurs nombres, des conflits d’intérêts au sein d’organisme de protection publique, de la professionnalisation des politiques, des niches fiscales, des paradis fiscaux, du cumul des mandats, de la constitution française et européenne, reprendre la création de monnaie….


                    • Traroth Traroth 30 octobre 2012 12:10

                      La démocratie a un seul et unique problème : l’absence d’implication de la majorité des gens dans son fonctionnement. Le principe démocratique, c’est le gouvernement par le peuple, pour le peuple. Ce qui signifie que les citoyens ont le devoir de s’impliquer dans son fonctionnement. Là, la vaste majorité des citoyens (si on peut vraiment les nommer ainsi) ne s’informe pas ou peu, vote une fois toutes les quelques années, et pense que ça suffira pour tout aille bien. Si on regarde objectivement les faits, il n’est pas étonnant qu’on soit dans une situation catastrophique !


                      Le plus drôle dans l’histoire, ce sont les gens qui pensent qu’une révolution résoudra la question : sans l’implication des citoyens dans la vie politique, les mêmes causes produiront les mêmes conséquences, et un siècle après une hypothétique révolution, il y a fort à parier qu’on en sera à nouveau au même point !

                      Le fait est que la plupart la société n’a jamais tiré les conséquences du passage à la démocratie. De mémoire d’homme, avant 1789, les groupes humains ont toujours été dirigés par un chef, qui disait aux autres ce qu’ils devaient faire. La démocratie, dans son principe, casse ce modèle, et c’est à chacun de décider ce que le groupe doit faire. Il serait temps de cesser d’attendre qu’on nous dise quoi faire et de prendre notre destin collectif en main. Après tout, ça ne fait jamais que 2 siècles que nous sommes supposés le faire...

                      • Croa Croa 30 octobre 2012 13:11

                        « avant 1789, les groupes humains ont toujours été dirigés par un chef, »

                        Non, même pas ! Ce « chef », en l’occurrence le Roi, représentait un clan, les influences ne manquaient pas et c’était assez peu différent d’aujourd’hui en somme. En 1789 le peuple cru prendre le pouvoir alors qu’en réalité c’était seulement la haute bourgeoisie qui prenait la place de l’aristocratie.


                      • Le printemps arrive Le printemps arrive 30 octobre 2012 13:58

                        « les groupes humains ont toujours été dirigés par un chef, qui disait aux autres ce qu’ils devaient faire » : là vous allez sur un terrain glissant.
                        En effet, il y a eu et il y a encore des groupes humains (très peu nombreux) dont le chef dirigeait naturellement le groupe par ses aptitudes physiques et/ou intellectuels. Le travail (l’activité qui permet de se trouver à manger, d’être en sécurité physique et psychique) était partagé en fonction des aptitudes de chaque membre du groupe.
                        Ce chef ne se prenait pas pour un roi ayant tout pouvoir sur les autres, mais savait que sa vie dépendait aussi des autres et il les respectait tout autant qu’il était respecté.
                        Tant que l’humain ne voit pas ses semblables et la nature comme des adversaires, mais comme des partenaires, tout va bien.

                        Savez-vous que le discours principal autour de la notion de dominance chez les chiens vient de l’observation de loups en captivité ? Si cela n’est pas un beau biais...
                        Et bien, je pense que les théories sur le comportement des groupes humains sont tout autant biaisées.
                        De mauvaises fondations aboutissent à des constructions fragiles.

                        merci


                      • Traroth Traroth 30 octobre 2012 16:06

                        Bon, comme je n’ai apparemment pas été suffisamment clair, je reprends : avant la Révolution française, les gens ne s’envisageaient pas comme ayant un rôle à jouer dans les décisions politiques. La Révolution a créé l’illusion que ça avait changé, car la démocratie, dans son principe, c’est un gouvernement par le peuple. En monarchie, le souverain, c’est le roi, en démocratie, le souverain, c’est le peuple. Le problème, c’est qu’il est toujours plus évident que c’est faux : les gens attendent qu’on leur dise quoi faire aujourd’hui comme hier. Et tant que ça ne changera pas, on pourra bouger nos petits bras tant qu’on voudra, faire des révolutions, créer des partis, rien n’empêchera le système politique de dégénérer systématiquement vers une oligarchie sous une forme ou une autre.


                      • Soi même Soi même 30 octobre 2012 16:11

                        @ Traroth, en ce qui espère dans la révolution,ils ont une mauvaise mémoire comment la révolution ne peut que ce pervertir, après la phase idéaliste viens la phase des arrivistes opportunistes qui au moment où ils ont conquit le pouvoir, le transforme en pouvoir personnelle. Delà découle toute ces tyrannies révolutionnaires qui ne sont rien d’autre qu’une ultime dictature.

                         


                      • Traroth Traroth 30 octobre 2012 18:38

                        @Soi-même : je pense que c’est pire que ça. La passivité de la majorité fait qu’il y aura toujours quelqu’un pour accaparer le pouvoir. Pourquoi se priver si personne ne dit rien ? Les moutons ne demandent qu’à être mené et à continuer à bêler...


                      • nicolas_d nicolas_d 30 octobre 2012 20:31

                        @Traroth
                        Ecoutez ce que vous dit Croa...

                        Ce n’est pas un problème d’implication des gens, c’est un problème de constitution.
                        Les gens ne peuvent pas s’impliquer, car ce n’est pas une constitution « démocratique » comme vous semblez l’entendre à juste titre.
                        La révolution a accouché d’une oligarchie, savamment linguistiquement déguisée en « démocratie représentative » (oxymore).

                        C’est pour ça que ça « dégénère systématiquement vers une oligarchie », c’est que c’en est fondamentalement une.


                      • Traroth Traroth 30 octobre 2012 22:01

                        Non, vous n’écoutez pas ce que je dis. Le problème dépasse largement la constitution actuelle ou même la France. La démocratie n’existe nulle part et a été confisquée dès la Révolution, c’est ça que je vous dis. La constitution actuelle n’est qu’un cas d’espèce, et même une conséquence, déjà, de la passivité : je vous signale que la constitution de 1958 a été approuvée par référendum...


                      • nicolas_d nicolas_d 30 octobre 2012 23:42

                        « La démocratie n’existe nulle part et a été confisquée dès la Révolution, c’est ça que je vous dis »
                        Nous sommes d’accord.
                        Mais la passivité est la conséquence de ça. Vous ne pouvez pas dire que les gens étaient passifs au moment de la révolution. Ils se sont fait enfumé c’est tout.
                        Offrez aux gens la démocratie, vous verrez qu’ils se seront pas passifs.


                      • Romain Desbois 31 octobre 2012 08:53

                        c’est toujours cocasse de refaire l’histoire. sou sla révolution , il fallait choisir son camp et vite et sans ambiguïté. car votre vie en dépendait et beaucoup sont allé à l’échafaud comme plus tard on se faisait raser.
                        Les procès expéditifs quand il savaient lieu, tout le monde les connait !

                        Encore une fois le système c’est nous tous. si nous voulons le changer, qui nous en empêche ? Les autres ? Ils ne sont pas d’accord avec vous ? Mais c’est ça la démocratie ! la volonté du peuple, pas la vôtre ni la mienne !!!


                      • Traroth Traroth 31 octobre 2012 10:16

                        @nicolas_d : nous ne sommes pas d’accord. Si le peuple avait été conscient politiquement et impliqué, on n’aurait pas pu lui prendre le pouvoir. Le problème, c’est qu’après s’être dressé, le peuple finit toujours par se rasseoir...


                      • paul 30 octobre 2012 12:20

                        Quand on en est réduit à choisir un candidat pour chasser l’autre, c’est sûr que le système électoral n’est qu’une machine à reproduire les mêmes inégalités, les mêmes conflits d’intérêts .
                        Un système où les dés sont pipés grâce à la médiacratie inféodée à de généreux donateurs : Bouygues, Dassault, Bolloré, Lagardère ...

                        Le malfaisant qui a été viré en mai dernier, devrait être devant des juges aujourd’hui, s’il existait une Justice indépendante avec les moyens de faire son travail .
                        Quant au « célèbre personnage » dont la candidature aurait été sabordée en mai 2011, on ne peut même pas s’en réjouir puisque l’un de ses lieutenants l’a remplacé au pied levé, assisté du directeur de campagne du personnage . .

                        « La gauche a gagné les élections . La droite a gagné les élections .
                        Quand est ce que ce sera la gauche qui gagnera les élections ? » ( Coluche )

                         


                        • paul 30 octobre 2012 12:27

                          Il fallait écrire « Quand est ce que ce sera la France qui gagnera les élections »


                        • Romain Desbois 31 octobre 2012 11:41

                          si les français voulaient une justice indépendante, ils auraient voté Joly !!!!!


                        • miha 30 octobre 2012 12:22

                          Il faut bien comprendre que la démocratie ne se limite pas au seul droit de vote (d’autant plus que les électeurs sont manipulés de toutes les façons et c’est de plus en plus visible), c’est pourtant ce qu’on veut nous faire croire.

                          Une fois élus, les représentants doivent rendre des comptes aux citoyens tout au long de leur mandat (et même après) et c’est ce qui manque (en plus du manque d’informations non biaisées et exhaustives).

                          Le droit de vote n’est pas le SEUL critère d’une démocratie, ce n’est même pas le premier : le premier, c’est le contrôle par les citoyens de ceux qui les représentent (que ces derniers soient élus ou pas).

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