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Accueil du site > Actualités > International > Des droits civiques pour les réfugiés palestiniens du Liban

Des droits civiques pour les réfugiés palestiniens du Liban

C’est en 1948, au moment de la Nakba que, dans une abominable terreur, la clé dans la poche, ils ont quitté leurs foyers dans la certitude d’y retourner. Le plus tôt possible. Non seulement, ils n’y sont jamais retournés mais d’autres aussi ont été expulsés en 1967, 1969,1973.. et continuent jusqu’à aujourd’hui à se voir dépouiller de leurs biens. Ils sont devenus des réfugiés palestiniens disséminés dans les pays voisins : Jordanie, Liban, Syrie, Egypte... Pour se donner la force de supporter cette déchéance, autour du cou, sur une chaîne, ils ont gardé bien précieusement la clé de la maison. Dans bien des cas, ils sont morts en laissant en héritage la clé...
 
Leur nombre, selon les Nations unies, atteindraient les 4.700.000. Ils vivent dans des camps en Cisjordanie à Gaza, en Jordanie, au Liban, en Syrie avec un statut spécifique à chaque pays d’accueil. Une diaspora éparpillée dans des conditions souvent déplorables, maintenant d’une manière bien vivace la perennité de son statut, pour tenter de préserver ce fameux droit au retour. Malgré toutes les tentatives de ne pas laisser s’éteindre cette lueur d’espoir, les chances de retour s’amenuisent de jour en jour. Aujourd’hui, ils s’accrochent au désir de reconnaissance morale et matérielle de la pernicieuse série d’injustices subies depuis la funeste date de 1948, moment de la création de l’état d’Israël. Même cet infime geste de reconnaissance de l’ampleur de la spoliation ne leur est pas rendu car contredirait la légende sioniste selon laquelle, Israël serait la terre pour un peuple sans terre mais une terre sans peuple. Mensonge édifiant, quand on expulse 750.000 personnes devenues environ 4.500.000. 
 
Un grand contingent parmi ces expulsés a trouvé refuge en Jordanie avec un accueil plus ou moins favorable leur garantissant la naturalisation ainsi que l’accès à toutes les fonctions ce qui explique partiellement le tragique septembre noir de 1970 où le roi Hussein de Jordanie s’en prend à la branche armée de l’OLP (organisation de libération de la Palestine), laquelle se transfère au Liban et constituera un terreau fertile de dissension entre les divers partis libanais pour constituer la pièce maîtresse de la guerre du Liban et pour servir d’exutoire aux règlements entre pays arabes. D’autres aussi ont trouvé refuge à proximité de chez eux sur les territoires devenus, Cisjordanie et Gaza.
 
Voulant récupérer la carte palestinienne, la Syrie quant à elle, a favorisé l’intégration des palestiniens en évitant toutes sortes de discriminations à leur rencontre. Au nom de l’intangibilité des équilibres communautaires, au nom de la préservation du droit au retour, le sort qui leur est réservé au Liban est plus rude : il se traduit par l’inaccessibilité au travail, l’inaccessibilité au logement, des conditions de vie socio-économiques particulièrement alarmantes. Manque de crédit de l’UNRWA aussi oblige. Des enclaves de misère.
 
Tous ces réfugiés qui n’ont ni voulu ni pu s’intégrer dans les pays d’accueil ont lourdement payé les frais se trouvant aujourd’hui presque abandonnés par une direction dont les structures politiques, sociales dans les pays d’accueil faiblissent, se trouvant la proie de tiraillements entre factions palestiniennes( Fatah, Hamas).. Aussi suffit-il de faire miroiter le mirage d’un futur état palestinien, depuis les accords d’Oslo en 1993, pour que soit sacrifiée la question dramatique de ces réfugiés. Mais qu’a-t-on donc fait de la résolution 194 adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies qui, suite au départ forcé de centaines de milliers de palestiniens stipule :"qu’il ya lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque,en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvenements ou autortés responsables" ? Passée aux oubliettes !
 
Depuis l’invasion isralienne du Liban en 1982, se profile une tendance de départ de cette diaspora vers le Canada, l’Australie, la Suède. Il semblerait que pour absorber ces réfugiés, une politique volontariste d’accueil a été mise en place sous l’égide de certaines puissances occidentales.
 
Meurtri par la guerre, le Liban a perdu 200.000 personnes et plus d’un million d’exilés et compte le plus grand nombre de réfugiés palestiniens du monde arabe soit 400.000. Sceptique, quant à la volonté de la communauté internationale de prôner l’implantation des réfugiés dans les pays d’accueil, la proposition de loi, dans le courant du mois de juillet par Walid Joumblatt, président du parti socialiste progressiste, visant à accorder plus de droits sociaux et humanitaires aux réfugiés a provoqué un vif tollé dans la classe politique qui y voyait, à juste titre, le spectre d’une implantation rampante capable de rompre l’équilibre démographique sur lequel repose le tisu social et religieux. Hier, un amendement à la loi du travail a été voté accordant ainsi aux 400.000 réfugiés sur une population d’environ 4.000.000, le droit d’exercer tous les métiers autorisés aux étrangers. Le Liban, les libanais ont payé et continuent de payer si cher ce conflit et l’état hébreu n’a toujours pas fini d’imposer sa loi dans la région ! 

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27 réactions à cet article    


  • King Al Batar King Al Batar 19 août 2010 11:13

    Bonjour à l’auteur.

    Comment expliquer qu’une population de réfugiés passent de 750 000 individus à 4.5 millions en à peine 60 ans, soit une multiplication par 6 ? Un population qui double tous les dix ans c’est quand même surprenant....

    Sinon pour l’article, il est évident qu’il faut trouver, et vite une solution a ce probleme humanitaire.


    • dieudo 19 août 2010 11:39

      La triste réalité des rapports de force internationaux  !
      Non seulement les palestiniens ont été spolié de leurs biens et de leurs terres,chassés lors d’un vaste nettoyage ethnique en 1948, ont vécu plus d’un demi siècle d’horreurs, de massacres d’humiliations mais ils n’obtiendront jamais réparation de la part cette pseudo communauté internationale (le diktat des états les plus forts) inconditionnellement alignés sur la politique d’expansion de Tel Aviv.


      • King Al Batar King Al Batar 19 août 2010 12:44

        Ollah vous vous emportez quand même un peu, mais a voir votre pseudo ce n’est pas surprenant.

        Les Palestiniens on effectivement été spolié de leur terre, et donc de leur bien, sans ménagement c’est évdent. Parler de nettoyage ethnique me parait un peu exagéré. Comme je le souligne un peu plus haut, on ne peut pas dire que la population a subi un nettoyage ethnique si elle s’est multiplié par 6... Ou alors il faut me donner la marque du savon (dsl c’est de mauvais gout).
        La réparation serait une terre, des droits civiques, et un niveau de vie équivalent à celui des Israeliens.


      • dieudo 19 août 2010 13:41
        Le nettoyage ethnique de la Palestine

        par

        Ilan Pappé
        Un historien israélien reconstitue en détail ce qui s’est vraiment passé à la fin de 1947 et en 1948, ville par ville, village par village. Apparaît alors une entreprise délibérée, systématique, d’expulsion et de destruction : un « nettoyage ethnique » de la Palestine.Un livre choc qui va susciter de nombreux débats.
        http://www.bibliomonde.com/livre/nettoyage-ethnique-la-palestine-6308.html


      • dieudo 19 août 2010 13:45

        « La réparation serait une terre »

        Laquelle ? Israël a absorbé 90 % de la Palestine historique,les pseudo accords de paix ne sont qu’une vaste fumisterie ! et ceci depuis le départ, visant à gagner du temps pour poursuivre l’expansion coloniale quelque soit le gouvernement en place !


      • FRIDA FRIDA 19 août 2010 13:59

        @King
        Le nettoyage ethnique ne veut pas dire forcément une disparition physique de la population. Il y a nettoyage ethnique également quand on fait déplacer de force les population pour vider un territoire d’une composante ethnique. Cela s’est produit notamment à la suite du partage de l’Inde en deux Etats. Il y a eu massacre mais surtout déplacement de populations incroyable, tout cela pour pouvoir créer un Etat pakistanais musulman.


      • King Al Batar King Al Batar 19 août 2010 14:10

        Non ca c’est une expulsion. Un nettoyage ethnique, ou alors j’entends mal le terme nettoyage, je l’entends comme une tentative de genocide. Mais vous avez raison, je viens d’aller sur Wiki et cela peut egalement signifier l’emigation forcé ou le transfert.

        C’est une erreur de ma part.

        Dsl.


      • FRIDA FRIDA 19 août 2010 15:52

        @King

        Pas de soucis
        C’est le risque quand on banalise des termes juridiques bien précis. Le droit international definit et précise ces notions, de même le droit national, en tout pour la France. C’est ainsi que l’on trouve des définitions bien précises et notamment celle de génocide.
        Cordialement


      • marguerite 19 août 2010 13:04

        Bonjour !
        La brutalité avec laquelle ont été traités les palestiniens pourraient peut-être expliquer leur réaction de désespoir se traduisant par une forte natalité : plus d’hommes pour faire face à l’ennemi ?
        En tout cas l’inquiétude démographique est présente et la fécondité palestinienne aurait atteint vers le milieu des années 80 un record planétaire de 8 à 9 enfants par femme sans oublier les mariages précoces, l’abscence de contaception...


        • anty 19 août 2010 16:45

          Les nettoyages ethniques ont eu lieu juste après la fin de la deuxième guerre mondiale dans les pays de l’est

          16.5millions d’allemands ont du quitter les pays de l’est (Pologne et Tchécoslovaquie surtout )
          2 millions de polonais ont du quitter ses territoires de l’est vers l’ouest de la Pologne
          D’autres nationalités étaient également concernées
          des millions de roumains,moldaves,ukrainiens ,hongrois etc


          • dieudo 19 août 2010 18:11

            @Anty
            on se fout de vos décomptes ! on parle ici de la situation des palestiniens qui attendent réparation pour les injustices commises depuis un demi siècle.


          • anty 19 août 2010 18:31

            Je conçois

            mais ces déplacés n’ont jamais eu des réparations non plus

            Ces déplacements ont en plus coûtés la vie à plus d’un million de personnes


          • FRIDA FRIDA 19 août 2010 19:01

            @Anty
            Est-ce que le mot « justice » vous parle ??
            Vos arguments sont d’un déni et d’un mépris qui montre une personnalité pathologique.
            Aves-vous idée de ce que c’est que vivre sur au moins deux générations dans des camps de réfugiés ?? Ce n’est pas l’echelle de quelques années. Cela devient une sorte de marqueur identitaire. Paradoxalement à l’instar de ce qu’était pour les juifs, cela vous dit quelque chose le « juif errant ».
            que veut dire « en plus coûtés la vie à plus d’un million de personnes » l’article n’est nullement dans une logique de surenchère ou de concours pour le prix qui a souffert le plus. Mais sinon, avez-vous fait le décompte des morts palestiniens depuis le partage de la Palestine ???
            Gardez vous leçons d’histoire pour vous.
            Et évitez de polluer des thèmes si vous n’avez pas d’arguments pour discuter.


            • anty 19 août 2010 20:08

              Dans un premier temps je tenais a informé que les evenements qui ont eu lieu en Israël il y a 60 ans ont été perpétré en Europe puis en Inde puis en Israêl

              Dans le deuxième temps alors que je n’avais nullement eu envie de faire un déni (un mot que j’ai utilisé avant vous ce n’est pas très fin de votre part ) des souffrances du peuple palestinien

              j’enfonce le clou

              Oui en Europe puis un peu plus tard en Inde les déplacements des populations se sont soldés par plusieurs millions de victimes

              C’est tout


            • King Al Batar King Al Batar 19 août 2010 20:52

              Ce n’est pas parce que des « erreurs » gravissimes ont été commise dans l’histoire, de par le monde, que l’on ne peut pas relever et chercher à corriger les actuelles.

              Le fait qu’un million de personnes soient mortes en Europe ou en Inde ne justifie pas qu’un nombre moins importants meurent au proche Orient.

              Par contre si les Palestiniens justifient de plus de soutiens que d’autres peuples qui souffrent tout autant, tel les Khurdes, par exemple (dont la situation est à eu près similaire, la création de la Turquie n’ayant que 20 ans de plus que celle d’Israel), on est aussi en droit de se demander pourquoi...


            • Salsabil 19 août 2010 20:54

              Hem.... Al Batar,

              La création de la République laïque de Turquie, vouliez-vous dire, n’est-ce pas ? smiley


            • King Al Batar King Al Batar 20 août 2010 12:18

              Ouais de la pseudo republique, pseudo laic de truquie, c’est exactement ce que je voulais dire....


            • À Mehdi Thé OuLaLA33 20 août 2010 05:21

              Merci pour votre article marguerite =)


              • marguerite 20 août 2010 06:56

                Merci Oulala 33, merci aux commentateurs surtout qui l’ont enrichi !


                • Sébastien Sébastien 22 août 2010 08:49

                  Et oui, tout le monde se fout des palestiniens, a commencer par leurs « freres ». Ils vivent dans ces camps de refugies depuis 60 ans, situation inedite malgre des deplacements de populations beaucoup plus massifs.

                  Vous avez oublie de preciser que les palestiniens sont partis precipitamment car les sympathiques voisins d’Israel ont lance une guerre simultane pour jeter les juifs a la mer, avec le succes que l’on connait. Comme dans toute guerre, tout territoire acquis l’est pour de bon. ils ont joue, ils ont perdu.

                  Le retour des refugies ? Peut-on appeler refugie quelqu’un qui n’est pas ne dans le pays dans lequel il pretend retourner ? De 750,000 personnes, bien que le chiffre soit discute, il faudrait maintenant en accueillir 4,500,000 ? Ce n’est pas serieux.

                  Dernier point sur votre conclusion : le Liban paie les consequences de la non-integration des palestiniens. S’il les avait integres depuis le depart on n’aurait pas des camps de refugies qui sont devenues des poubelles sources de trafics et de criminalite pour des populations marginalisees depuis 60 ans.


                  • marguerite 22 août 2010 13:44

                    Bonjour,
                    Juste quelques citations de Ben Gourion qui peuvent apporter un certain éclairage à ce conflit.
                    Si j’étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur.
                    Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ?
                    David Ben-Gourion (le 1er Premier Ministre israélien) : Cité par Nahum Goldmann dans « le Paradoxe Juif », page 121




                    « Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n’est pas dénué d’idéalisme et d’auto-sacrifice. »
                    David Ben-Gourion : Cité page 91 du Triangle Fatidique de Chomsky qui est paru le livre de Simha Flapan « Le Sionisme et les Palestiniens » – page 141-2, citant un discours de 1938.





                    « Nous devons tout faire pour nous assurer qu’ils (les Palestiniens » ne reviendront jamais.« 
                    David Ben-Gourion, dans son journal, 18 Juillet 1948, cité dans le livre de Michael Bar Zohar : »Ben-Gourion : le Prophète Armé« , Prentice-Hall, 1967, p. 157.



                    Ben Gourion prévenait également en 1948 : En assurant à ses copains Sionistes que les palestiniens ne reviendraient jamais dans leurs maisons : »Les vieux mourront et les jeunes oublieront."


                    • marguerite 22 août 2010 13:46

                      « Nous devrions nous préparer à lancer l’offensive. Notre but est d’écraser le Liban, la Transjordanie (Jordanie) et la Syrie. Le point faible c’est le Liban, car le régime musulman y est artificiel et il nous sera facile de le miner.
                      Nous y établirons un Etat chrétien, puis nous écraserons la Légion Arabe, nous éliminerons la Transjordanie (Jordanie) ; la Syrie tombera entre nos mains. Nous bombardons alors et avancerons pour prendre Port-Saïd, Alexandrie et le Sinaï. » (50)
                      David Ben-Gourion, mai 1948, au Chef d’Etat-Major. De Ben-Gourion, une Biographie, par Michael Ben-Zohar, Delacorte, New York 1978.





                      « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants d’Allemagne en les emmenant en Angleterre, et seulement la moitié en les transférant sur la terre d’Israel, je choisirais la dernière solution parce que, devant nous, il n’y a pas que le nombre de ces enfants mais la calcul historique du peuple d’Israel. »
                      Ben-Gourion (Cité pages 855-56 du Shabtai Teveth de Ben-Gurion dans une version légèrement différente).




                      « Il ne s’agit pas de maintenir un statu-quo. Nous devons créer un Etat dynamique, orienté vers l’expansion. » - Ben Gourion



                      « Chaque écolier sait qu’il n’y a pas de chose de ce genre dans l’histoire en tant qu’arrangement final : pas en ce qui concerne le régime, pas en ce qui concerne des frontières, et pas en ce qui concerne des accords internationaux. »
                      Ben Gourion, Journal de guerre, 12/03/1947 suite à l’acceptation par Israel du Plan de partition des Nations-Unies du 29 novembre 1947 (Simha Flapan, « Naissance d’Israel, » p.13)




                      « Nous marchions dehors, Ben-Gourion nous accompagnait. Allon a répété sa question : »Que doit-on faire avec la population palestinienne ?« ‘Ben-Gourion a agité la main dans un geste qui disait : »Conduisez-les dehors !« 
                      Yitzhak Rabin, version censurée des Mémoires de Rabin, publiée dans le New York Times, 23 octobre 1979.





                      Partition : »Après la formation d’une grande armée à la suite de l’établissement de l’Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons sur l’ensemble de la Palestine« 
                      Ben Gourion, p.22 »La Naissance d’Israel, 1987« Simha Flapan.


                       »L’acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie. On ne demande pas à quelqu’un de renoncer à sa vision. Nous accepterons un état dans les frontières fixées aujourd’hui — mais les frontières des aspirations Sionistes sont les affaires des Juifs et aucun facteur externe ne pourra les limiter.« 
                      p.53, » La Naissance d’Israel, 1987« Simha Flapan





                      En octobre 1936, au cours de la réunion de l’exécutif de l’Agence Juive, plaidant pour une politique du transfert, Ben-Gourion a dit : »Nous ne sommes pas un Etat et la Grande-Bretagne ne le fera pas pour nous...« bien que »il n’y ait rien de mal dans l’idée.« 
                      Il a continué :


                       »s’il était permis de déplacer un Arabe de Galilée vers la Judée, pourquoi est-il impossible de déplacer un Arabe d’Hebron vers la TransJordanie (Jordanie), qui est bien plus proche ? Il y a de vastes étendues de terres là-bas et nous sommes surpeuplés....Même la Haute Commission est d’accord sur un transfert vers la Transjordanie (Jordanie) si nous dotons les paysans de terre et d’argent. Si la Commission Peel et le gouvernement de Londres acceptent, nous enlèverons de l’agenda le problème de la terre.« 

                      Les Arabes, affirmait Ben-Gourion, ne deviendront pas sans terre en raison de l’acquisition Sioniste de la terre ; ils seront transférés en Transjordanie (Jordanie).

                      Le 29 octobre 1936, les 21 membres de l’exécutif de l’Agence Juive ont approuvé la proposition d’un transfert des fermiers Arabes déplacés vers laTransjordanie (Jordanie). Seuls deux des quatre membres Non-Sionistes ont choisi la dissidence.
                      Flapan, »Le Sionisme et les Palestiniens« , citant les protocoles de la reunion de l’Exécutif, p. 261




                      Le 12 juillet 1937, Ben-Gourion écrit dans son journal :

                       »Le transfert forcé des Arabes des vallées de l’Etat Juif proposé pourrait nous donner quelque chose que nous n’avons jamais eue, même lorsque nous y étions nous-mêmes à l’époque du Premier et du Second Temple« 
                      une Galilée affranchie de sa population Arabe

                      Ben-Gourion est allé jusqu’à écrire : “Nous devons nous préparer à le faire” le transfert (emphase dans l’original)


                      Le 27 Juillet 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

                       »Nous avons n’avons jamais voulu déposséder les Arabes [ mais ] parce que la Grande-Bretagne leur donne une partie du pays qui nous a été promis, il est juste que les Arabes de notre Etat soient transférés vers la partie Arabe« 


                      Le 5 octobre 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

                       »Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place.... Et, si nous devons utiliser la force -non pas pour déposséder les Arabes du Negev et de la Transjordanie, mais pour garantir notre propre droit à nous installer dans ces lieux - puis nous avons la force à notre disposition.« 

                       »il est très possible que les Arabes des pays voisins viendront les aider contre nous. Mais notre force sera supérieure à la leur. Non seulement parce que nous serons mieux organisés et mieux équipés, mais parce que derrière nous, il y a une plus grande force encore, supérieure en quantité et en qualité... l’ensemble de la génération plus jeune des Juifs d’Europe et d’Amérique.« 
                      Ben-Gourion, Zichronot [Mémoires], Vol. 4, p.297-299, p. 330-331.
                      Voir également : Teveth, Ben-Gourion et les Palestiniens Arabes, p. 182-189




                      Ben-Gourion dans un discours au Comité Central de la Histadrut le 30 décembre 1947 :

                      Dans le secteur assigné à l’Etat Juif, il n’y a pas plus de 520.000 juifs et environ 350.000 Non-Juifs, en grande partie des Arabes. Avec les Juifs de Jérusalem, la population totale de l’Etat Juif à l’époque de son établissement sera d’environ un million, incluant presque 40% de Non-Juifs.
                      Une telle composition (de la population) ne fournit pas une base stable pour un Etat Juif. Ce fait (démographique) doit être vu dans toute sa clarté et avec finesse. Avec une telle composition de (population), il ne peut même pas y avoir de certitude absolue que le contrôle restera entre les mains de la majorité juive.... Il ne peut y avoir aucun Etat Juif stable et fort sans majorité juive d’au moins 60%.


                      Le 6 février 1948, pendant un Conseil du parti du Mapai, Ben-Gourion a répondu à une remarque d’un membre de l’assistance que : »Nous n’y avons aucune terre« (dans les collines et les montagnes à l’ouest de Jérusalem) en disant :

                       »La guerre nous donnera la terre. Les concepts de « nôtre » et de « pas à nous » sont des concepts de paix, seulement, et en temps de guerre, ils perdent leur signification entière "
                      (Ben-Gourion, Journal intime De Guerre, Vol. 1, date d’entrée le 6 février 1948. p.21


                      • marguerite 22 août 2010 14:14

                        http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3664&type=analyse&lesujet=Sionisme

                        Sébastien,
                        Comme l’a dit Dieudo, il s’agit de pseudo-négociations, directes ou indirectes, pour gagner du temps, pousuivre l’expansion qui aboutira à un projet bien ambitieux.

                        Concernant cette question récurrente qui consiste à faire endosser « aux frères » la responsabilité du sort des palestiniens c’est une façon de banaliser leurs expulsions et d’exiger leur intégration ailleurs !

                        Pendant qu’Israël poursuivait son plan, le Liban en guerre de 1975 et 1990 a énormément souffert, sans parler de l’attaque israélienne de 2006.
                         Les droits des palestiniens obtenus récemment ne peuvent être que le résultat d’un très long processus
                         


                        • Sébastien Sébastien 22 août 2010 18:11

                          marguerite : pourquoi citer Ben Gurion ? On pourrait aussi ressortir des citations de palestiniens, de syriens ou libanais. Ou cela mene-t-il ? D’ailleurs Ben Gurion est-il aujourd’hui un dirigeant de premier plan en Israel ? Tire-t-il les ficelles depuis sa tombe ?

                          Les personnes qui defendent les palestiniens critiquent Israel a la moindre incartade mais ne sont pas aussi prompts a denoncer le sort des palestiniens dans les pays arabes. Comparer la vie d’un arabe israelien et d’un palestinien au Liban... lequel vit le mieux ? Et pourtant c’est toujours sur Israel que l’on s’acharne.

                          Dans votre article, vous parlez d’un leger mieux pour les palestiniens vivant au Liban. Mais vous ne denoncez pas le veritable apartheid dont ils sont victimes. Sachez que certains metiers sont encore interdits aux palestiniens. Est-ce le cas en Israel ?

                          Lorsque vous ferez preuve d’un peu plus d’equite dans votre raisonnement, alors on pourra discuter et je serai pret a admettre les torts d’Israel. Et il y en a. Dans l’attente, je la defendrai bec et ongles.


                          • marguerite 22 août 2010 22:05

                            Sébastien,
                            Vous parlez d’acharnement sur Israël plutôt verbal et sans effet ! Le véritable acharnement qui ravage des pays et tue des civils se passe bien ailleurs , vous en conviendrez ?
                            La solution du conflit est entre les mains d’Israël, à mon humble avis. Peut-on encore croire en sa véritable volonté d’aider à la construction d’un état palestinien lorsque démolitions de maisons, colonisations à Jérusalem Est se poursuivent etc.
                            Maintenant, concernant le sort des réfugiés palestiniens du Liban, il est scandaleux et pour accéder à ce plus des plus élémentaires, il a fallu batailler , frôler la guerre civile ! 
                             
                            Doume,
                            Vous pouvez consulter les sources !


                            • Sébastien Sébastien 23 août 2010 08:40

                              Non, marguerite, la solution du conflit est entre les mains des palestiniens. D’ailleurs regardez : depuis qu’Arafat a disparu, la situation en Cisjordanie n’a jamais ete aussi bonne. Avec un premier ministre centre sur l’economie, le business repart et la stabilite politique / sociale / securitaire avec.

                              On n’en parle pas mais de nombreux checkpoints ont disparu et pour ceux restants les formalites se sont simplifiees.

                              Faire croire qu’Israel doit construire l’etat de son voisin est une plaisanterie. Israel les aidera du mieux qu’elle pourra mais ne fera pas les choses a leur place.

                              Quant a la colonisation a Jerusalem-Est, de nomreuses fois les medias citent des constructions en territoire israelien. Que je sache, Israel peut encore construire dans la partie de la ville qui lui appartient, non ?


                            • birdy 23 août 2010 09:11
                              Avec les pourparlers sur le statut final entre Israël et les Palestiniens, le sujet de Jérusalem est finalement abordé. À l’origine, le débat est un débat entre Juifs et Musulmans. Il consiste à déterminer qui est le mieux documenté, qui a les liens les plus anciens ou profonds avec Jérusalem.

                              Un rapide rappel des faits montre l’inutilité du débat.

                              Jérusalem revêt une importance unique aux yeux des Juifs. Sa place dans la loi juive est unique, et sa présence dominante dans la religion juive. Les Juifs prient en direction de Jérusalem, y pleurent la destruction de leur temple, et répètent, pleins d’espoir, la phrase « L’an prochain à Jérusalem ». C’est l’unique capitale de l’état juif, moderne ou ancien.

                              Au contraire, pour les Musulmans la ville est d’intérêt second. Elle n’est pas mentionnée une seule fois, ni dans le Coran ni dans les liturgies. Le prophète Mahomet n’est jamais venu à Jérusalem, n’a jamais été lié à la ville. Jérusalem n’a jamais servi de capitale sous régime, ni de centre culturel islamique.

                              Ce serait plutôt La Mecque qui serait la « Jérusalem » de l’Islam. C’est le lieu où les Musulmans croient qu’Abraham a quasiment sacrifié Ismaël, le lieu où Mahomet a vécu presque toute sa vie, où les évènements clés de l’Islam ont eu lieu. Les Musulmans prient en se tournant vers La Mecque cinq fois par jour, et les non-musulmans y sont interdits de résidence.

                              Si Jérusalem revêt une si faible importance aux yeux des Musulmans, pourquoi prétendent- ils que cette ville compte plus pour eux que pour les Juifs ? La réponse est liée à la politique. Les musulmans s’intéressent religieusement à Jérusalem quand cela sert leurs intérêts politiques. Quand ces derniers tombent en désuétude, le statut de la ville également. Cela s’est produit au moins cinq fois durant les 14 derniers siècles.

                              Le prophète. Quand Mahomet a cherché à convertir les Juifs en l’an 620 après J.C., il adopta quelques pratiques de style juif - un jeûne semblable à Yom Kippour, un lieu de culte ressemblant à une synagogue, des restrictions alimentaires rappellent la casherout, ainsi que des prières orientées vers Jérusalem. Mais, lorsque la plupart des juifs refusèrent de se convertir, il changea la direction de la prière pour La Mecque. C’est ainsi que Jérusalem perdit de son importance pour les Musulmans.

                              La dynastie Umayyade. Jérusalem retrouva sa renommée quelques dizaines d’années plus tard, lorsque les dirigeants de la dynastie Umayyade essayèrent de rehausser l’importance de leurs territoires. Une, des manières d’y arriver était de construire deux monuments prodigieux à fonction religieuse, le Dôme du Rocher en 691, et la mosquée d’El Aksa en 715.

                              C’est alors que les Umayyades eurent l’idée d’une ruse. Le Coran dit que Dieu conduisit Mahomet « de nuit, de la mosquée sacrée de La Mecque à l’endroit de culte le plus éloigné (el aksa) qui soit ». Quand ce passage fut révélé (vers 621), « le lieu de culte le plus éloigné qui soit » était une tournure de phrase, pas un endroit particulier. Des dizaines d’années plus tard, les Umayyades construisirent une mosquée à Jérusalem et la nommèrent El Aksa. Depuis ce temps-là, les Musulmans comprennent le passage « le lieu le plus éloigné » comme faisan référence à Jérusalem.

                              Mais quand les Umayyades tombèrent en 750, Jérusalem retourna dans l’obscurité.

                              Les croisades. La conquête croisée de Jérusalem en 1099 fit face au début à une faible résistance musulmane. Puis, avec le développement de là-contre croisade musulmane, une littérature entière prônant les vertus de Jérusalem vit le jour. C’est pourquoi la ville commença à être considérée comme la troisième ville sainte pour l’Islam.

                              Puis, lorsque la sécurité fut revenue entre les mains des Musulmans en 1187, la ville retomba dans l’obscurité. Le nombre d’habitants diminua, et même les murailles tombèrent.

                              La conquête anglaise. Les musulmans ne retrouvèrent un intérêt dans Jérusalem que lorsque les troupes anglaises atteignirent la ville en 1917. Les dirigeants palestiniens firent de Jérusalem l’argument majeur de leur campagne contre le sionisme.

                              Quand les Jordaniens envahirent la vieille ville en 1948, les Musulmans perdirent tout intérêt dans la ville, ainsi que l’on pouvait s’y attendre. Elle devint une petite ville de province sans importance, volontairement dégradée par les Jordaniens au profit de leur capitale Amman.

                              Obtenir un prêt bancaire, faire installer des lignes ou enregistrer un paquet postal nécessitait un voyage à Amman. La radio jordanienne transmettait le sermon du vendredi non pas d’Al-Aqsa, mais d’une mosquée mineure à Amman. Jérusalem disparut aussi de la carte diplomatique arabe : le pacte de l’OLP de 1964 ne le mentionne pas. Aucun dirigeant arabe ne s’y rend (à l’exception du roi Hussein, et ce fût rare).

                              La conquête israélienne. Quand Israël a conquis la ville en 1967, les musulmans ont montré un regain d’intérêt pour Jérusalem. Le pacte de l’OLP de 1968 mentionne le nom de Jérusalem. L’Iran révolutionnaire a instauré une journée de Jérusalem et a imprimé des billets de banque montrant l’image de la ville. L’argent a alors afflué pour la reconstruction de Jérusalem.

                              C’est donc la politique, plus que les sentiments religieux, qui a éveillé l’intérêt musulman pour Jérusalem.

                              Daniel Pipes
                               
                              La mosquée Al-Aqsa de Jérusalem porte ce nom en référence à la « masjid Al-Aqsa » mentionnée dans le Coran, où Dieu aurait une nuit emmené Mahomet. Mais à l’époque des faits relatés, il n’y avait ni mosquée ni même le moindre musulman à Jérusalem. Selon toute probabilité, la fable faisait référence à Médine. La mosquée Al-Aqsa a été bâtie des décennies après la mort supposée du prophète et a reçu ce nom tout exprès pour sacraliser Jérusalem, après coup, dans la religion islamique, c’est-à-dire dans l’esprit de l’époque pour se l’approprier politiquement, bien que le Coran ne mentionne jamais la cité.

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