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Desaparecido

Me llaman el Desaparecido
Perdido en el siglo...
De prisa, de prisa, rumbo perdido.
Me fui corriendo más allá
¿ Cuando llegaré ?
¿ Cuando llegaré
¿ Cuando llegaré ?

Les nouvelles qui arrivent du Mexique sont le plus souvent associées au trafic de drogue, aux enlèvements ou au meurtre. La France participe indirectement à ces péripéties lointaines et y perd même des ressortissants puisqu’une jeune Française, Florence Cassez, languit en prison depuis deux ans, accusée, sans éléments probants, de complicité d’enlèvement. Plus récemment, un spécialiste en biotechnologies de l’Institut de Recherche pour le Développement, Christopher Augur a été assassiné crapuleusement à Mexico pour 5000 €.

Il n’y a actuellement plus une région du pays qui soit épargnée par la terreur mafieuse, avec son épiphénomène en pleine expansion incontrôlable : le kidnapping contre rançon (une moyenne nationale de 500 par mois). A Ciudad Juarez en 2008, on déplorait plus de morts qu’à Bagdad : 1800. Dés les premiers jours de 2009, on comptait déjà trente cadavres. Sur l’ensemble du territoire en 2008, l’augmentation des décès par rapport à l’année précédente a été de 177%. Pour se mettre dans l’ambiance, aller voir le film La Zona.

Dangereusement proche des USA avec lesquels il partage une frontière de 2000 km, le Mexique actuellement« se bat pour sa propre survie face au narco-terrorisme (…). Sur le point de sombrer, il pourrait devenir un narco-Etat dans les 10 prochaines années ».
Barry McCaffrey
chef de la lutte anti-drogue de l’administration Clinton, ancien général professeur à l’académie militaire de West Point

Depuis Pancho Villa on sait que les Mexicains ont la gâchette facile. Mais dans les dix dernières années, les actes de violence ont explosé. Ce 2 février 2009, un groupe d’hommes armés a lancé deux grenades sur un commissariat de police à Zihuatanejo, près d’Acapulco, lieu de villégiature éloigné pourtant de ces états frontaliers explosifs qui jouxtent l’Arizona, le Nouveau Mexique et le Texas. L’attaque a fait 5 blessés et entraîné une grève de la police.
A
Tijuana, ville frontière devenue quasiment ingouvernable, les liens entre la police et le grand banditisme étant flagrants, les autorités fédérales ont décidé en janvier 2009 de désarmer les 2 390 policiers municipaux sous supervision de l’armée mexicaine (40 000 soldats antidrogue actuellement), les équipant de... lance-pierres. En avril 2002 déjà, elles avaient fait arrêter une cinquantaine d’agents de police et de fonctionnaires pénitentiaires, accusés de collaborer avec le “cartel de Tijuana”. Mais le président ne sait même plus sur qui faire reposer le contrôle de ce type de délinquance, puisque un tiers d’anciens officiers de l’armée elle-même sont impliqués dans le trafic de drogue.

Il est intéressant d’étudier l’évolution du Mexique, à l’heure de la crise mondiale, financière et économique. Les zones encore calmes du globe pourraient en effet d’ici peu se trouver, du fait d’un appauvrissement brutal, soudain touchées par le même système de cartels et la même absence de loi civile. Un récent rapport des experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février nous avertit que le dernier trimestre 2009 en France et en Europe pourrait être violent : déménagez, conseille Claire Gatinois, dans Le Monde du 27.02.09 qui fait état de ce rapport, des zones les plus volatiles où les habitants sont armés, car nous entrons dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale."
Les experts s’interrogent :
"La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ?"
Toutefois
"La dangerosité physique restera marginale en Europe" nous rassurent-ils, après avoir préconisé une solution du problème par une réunion du G20.

En 2006, le territoire mexicain était déjà ce passage obligé par lequel transitait la majeure partie de la cocaïne andine destinée au marché nord- américain. Il arrivait qu’elle subisse un conditionnement, de même que le pavot transformé sur place en héroïne, qui représentait en 1996 la troisième production mondiale, après les pays du triangle d’or et du croissant, d’après un rapport du ministère mexicain de la Justice (PGR). A cela s’ajoutait la fabrication locale de méthamphétamines (speed ou ice) à partir de l’éphédrine.

En 2009, c’est encore pire. Trois guerres imbriquées accablent 100 millions de Mexicains : guerre entre cartels, guerre de la police contre les cartels, guerre des cartels et de la police contre la population. Le transit de stupéfiants a pris la place de la production de dérivés de l’héroïne dans certaines parties du Mexique. Les cartels de la frontière ont vu leurs chefs abattus ou emprisonnés, mais ils ont été remplacés par d’autres. La fonction intermédiaire de passeur et la mainmise sur la chaîne entière du narcotrafic, désormais monopolisées par les mafias mexicaines, sont en plein essor.

"Les six derniers mois de cette guerre ont fait plus de 5 600 victimes au Mexique, soit le double de l’année 2007. D’après le département mexicain de la Défense, un demi-million de Mexicains sont désormais impliqués dans le trafic de drogue.

En effet ces cartels se sont assurés le contrôle, plus lucratif, à la fois sur les gangs de dealers nord-américains, et sur les producteurs en amont. Ce sont les cartels mexicains qui importent maintenant directement les produits d’Amérique du sud où ils disposent d’une présence permanente. Ils ont aussi diversifié le routage et exportent jusqu’en lointaine Europe. Les tentatives de contrôle relatif de trois routes principales inter-états (highways) sur le territoire US sont à l’origine de guerres sanglantes entre gangs : les corps décapités sont jetés en pleine rue dans les villes frontières, les cimetières mexicains s’ornent de tombes luxueuses, les écoliers jouent à la guerre des gangs en cour de récréation et ne rêvent que de faire fortune dans la coke. Le trafic ruine le tourisme, comme le relate un article de Rue 89.

Oui, on s’inquiète à juste titre, au Mexique, mais aussi aux Etats-Unis. La mafia s’étend, la tiers-mondisation en marche ne menace pas les Américains que de privations matérielles. Chacun peut craindre pour sa vie. Les kidnappings, qui aux Etats-Unis sont encore intra-communautaires et concernent principalement des clandestins latinos "dérobés" à leurs coyotes et séquestrés en groupe, pourraient les affecter directement. D’après le département américain de la Justice, les cartels mexicains contrôlent des gangs dans plus de 200 villes des Etats-Unis. A présent, l’emprise de ces cartels s’étend encore plus au nord, à Phoenix en particulier, à 200 km de la frontière. Dans cette ville, le trafic de drogue s’accompagne de celui des êtres humains, du recyclage de fonds, du trafic d’armes. Phoenix est devenue la capitale des enlèvements contre rançon des Etats-Unis (368 l’an dernier). On estime qu’il existe un nombre similaire de kidnappings non reportés.

Que faire ? En amont, Felipe Calderon le président mexicain a montré une volonté de combattre le phénomène. La corruption est son principal ennemi : un major de l’armée, membre de la garde présidentielle, recevait 100,000 $ mensuels pour rapporter les mouvements du Président aux frères Beltran-Leyva, anciens leaders du cartel de Sinaloa ; le chef même de l’espionnage et de la lutte antidrogue s’est retrouvé pris la main dans le sac. Pour compliquer le problème, plutôt que de mener la guerre à la drogue, des entités non nationales tels "George Soros, les réseaux d’influence britanniques et leurs alliés de Wall Street prônent ouvertement la légalisation et des accords directs avec les cartels comme la seule issue vers la paix."

C’est dans cette optique que, d’après Alterinfo, le 18 décembre 2009," Vicente Fox , président sortant, a appelé le président Calderon (...) à passer des accords officieux avec les cartels pour rétablir la « paix ». Il propose que le gouvernement mexicain garantisse les voies d’acheminement de la drogue, n’entrave pas le marché et respecte les zones d’influences des cartels, et notamment la zone frontalière avec les Etats-Unis. "
Bien que Calderon ait sans délai protesté contre une telle "capitulación", l’Americas Society, émanation de Wall Street, a déclaré dés le lendemain par voie de presse qu’elle soutenait la position de Fox.

En attendant, les mafieux achètent 90% de leurs armes sur le territoire US : roquettes anti-tank, mines, pièges, fusils automatiques, grenades. En conséquence directe, l’augmentation des kidnappings accable les villes frontières, comme celles de Laredo et de El Paso, au Texas. Les dealers de drogue locaux qui refusent de payer la dîme aux Mexicains sont descendus sans cérémonie, à l’AK47 ou même au machete. La revue Stratfor relate dans une série d’articles : Tracking Mexico’s Drug Cartels : "En juin 2008, on a pu voir un gang de mafieux armés de fusils AR-15 équipés de viseurs Aimpoint, déguisés en policiers antidrogue du Police Department de Phoenix (PPD), tirer plus de cent balles dans une résidence pour venir à bout d’un Jamaïcain à double allégeance jamaïcaine et mexicaine." Le commanditaire du meurtre était un Mexicain résidant au Mexique. Une partie des mafieux a pu être arrêtée, bien qu’ils aient tenté de tendre une embuscade à la police réelle de Phoenix. D’autres villes, comme Dallas ou Austin sont touchées dans une moindre mesure.

Il est fréquent que les hommes des cartels se présentent équipés jusqu’au moindre détail en policiers. Souvent ils viennent de la police réelle où ils ont pu se fournir. Même s’ils n’en viennent pas, les mafieux sont entraînés comme des militaires. Les Zetas et les Kaibiles "ont été formés à Fort Benning aux Etats-Unis, puis ont ensuite été entraînés sur place par des instructeurs israéliens. Leur principale mission consistait à combattre les narco-trafiquants ! A la fin des années 90, ils furent rejoints par des anciens des 15e et 70e bataillions d’infanterie, du 15e régiment de cavalerie motorisée et d’ex-fusiliers parachutistes. Il semble que la raison majeure de ces désertions importantes est due à l’appât du gain."

Tandis que ces nouveaux mafieux procèdent à des assassinats à Rio Bravo et à Dallas, les patrons de la drogue se réfugient plus avant sur le territoire US pour échapper aux opérations de police mexicaines, qui elles aussi transcendent les frontières. Les suivent éventuellement les Mexicains employés par la Drug Enforcement Administration (DEA) ou les informateurs mexicains en danger, dans le but d’échapper aux vengeances des gangs qu’ils ont aidé à capturer."Une liste de 22 personnes à abattre a été déposée dans un cimetière de Sinaloa, visant surtout des fonctionnaires municipaux. Depuis, sept de ces 22 personnes ont été assassinées – en commençant par le juge en chef de la section narcotique du Mexique, Edgar Millán Gómez le 8 mai dernier – trois ont été blessées, 12 ont résigné et seulement un policier demeure en poste." relate Nathalie Gravel.

« Les saisies d’armes par les autorités mexicaines – grenades, PGS et AK-47 – atteignent un niveau semblable aux périodes de conflits militaires. C’est difficile de comprendre l’apparente indifférence et l’incompétence des autorités américaines, au niveau des Etats comme au niveau fédéral, face à une menace si grave pour la sécurité nationale d’un Etat démocratique voisin." déplore Barry McCaffrey.

Bien que menacés et en situation de danger, les policiers de la DEA restent cependant en meilleure position pour combattre le trafic de drogue que la police mexicaine. A Phoenix par exemple, ils sont parvenus à coincer trois hommes dans la tuerie du pavillon, grâce à leur réseau sophistiqué de communication.
Aux USA 95% des crimes d’enlèvement contre rançon trouvent une solution policière positive, contre un très faible pourcentage au Mexique, du fait de la corruption d’une part, et de la faiblesse des communications dans ce pays. Les peines pour enlèvement contre rançon sont très sévères et dissuasives aux USA.

Mais que réserve le futur ? L’organisation du cartel pourrait finir par pervertir la société tout entière, qu’elle soit mexicaine ou états-unienne. Quand les formes de socialisation se trouvent dévoyées par une corruption elle-même récupérée vers la protection des trafics criminels, quand les clans politiques et criminels s’allient avec pour seul but un insolent enrichissement personnel, à quoi peut-on s’attendre ? Tout cela du reste rappelle quelques situations au coeur de l’Europe même.

"Il y a 200 millions d’armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s’est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l’association LEAP.

Une seule solution : l’esprit. Disparu comme un fantôme sur le chemin perdu, il attend son heure, il marche, il vole.
Cuando llegaré ? dit-il, un peu fatigué. Mort, certainement pas.
En voilà un qui reste increvable.


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34 réactions à cet article    


  • dapeacemaker911 2 mars 2009 10:54

    Il est aisé d obtenir de bons resultats quand on tient les 2 camps.
    la DEA obtient, certes, de meilleurs statistiques "grâce à leur réseau sophistiqué de communication"...

    La drogue et les services secrets americains.... une tres longue et tres fructueuse entreprise.




    • lisca lisca 2 mars 2009 19:24

      Les informations sensibles ne sous sont évidemment pas accessibles. On peut supposer que ce chaos est voulu, de façon à "disloquer" les nations et imposer (par exemple) l’amero, la monnaie tripartite et commune des Etats Unis, du Canada et du Mexique, semblable à l’euro. Le trafic de drogue serait une étape nécessaire pour imposer une frontière ouverte. Je recopie une traduction d’un extrait d’article de la Jornada (Mexique) qu’on peut trouver sur alterinfo
      http://www.alterinfo.net/Le-Conseil-des-Relations-Etrangeres-CFR-et-Robert-Pastor-confessent-que-l-Amero-existe_a29072.html
      "Tout porte a croire que Robert Pastor a raison quand il commente que l’Union Tripartite de l’Amérique du Nord (NAU en anglais) et l’imposition de l’Amero vont par "étapes". 
      					 					
      					 Au jour d’aujourd’hui, il y a déjà eu huit "étapes" sur une période de 20 ans : 					
      					 1) l’imposition de Salinas aux élections présidentielles fictives avec la bénédiction de Bush Père. 					
      2) l’ALENA, Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA en anglais) (qui a incite le libre échange transfrontalier des drogues et de la vente d’armes)
      3) l’ASPAN, l’Agenda du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (NDT : sorte de "Homeland Security" Nord Américain) et ses accords secrets signes par le Président Fox dans le Ranch prive de Bush fils à Waco au Texas
      					 4) L’imposition de Calderon à la présidence avec la bénédiction de Bush fils. 					
      					 5) L’initiative "Merida" (NDT : plan pour combattre le commerce de la drogue et le crime organise) 					
      6) La reforme pro-étasunienne sur l’énergie fomentée par Manlio Fabio Beltrones et Felipe Calderón (réforme qui inclus les bio-combustibles)
      					 7) L’insertion du Mexique dans le Commandement Nord 					
      8) Le projet d’insertion du Mexique dans le commandement nucléaire et de défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) propose par le secrétaire à la défense du gouvernement de G.W. Bush, Robert Gates en présence de Beltrones, le President du Sénat Mexicain.
      					 					
      A cette longue liste de faits, et non de théories, que nous vivons, vient s’ajouter l’ Amero, projet dont l’existence a "long terme" fut confessée par Fox (dans l’émission de Larry King sur CNN le 08/10/07) et maintenant par Robert Pastor."
      Il faut signaler que Ron Paul s’oppose complètement au plan "antidrogue" des USA. Il a des raisons de penser que ce plan entretient les trafics de toutes sortes.


    • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2009 11:35

      Il est vrai que le Mexique est un des PVD dont la stabilité sera menacée par la crise économique. Un problème de solvabilité important commence à y apparaitre.


      • LE CHAT LE CHAT 2 mars 2009 11:57

        j’ai lu plusieurs article sur le sujet dans courrier international . Depuis la mise au pas des cartels colombiens , les mexicains ont pris le relai et le mexique devient un narco état . Carramba ! smiley


        • lisca lisca 2 mars 2009 19:27

          Oui, ça va mal, mais ça ne date pas d’aujourd’hui. Le poids du parti unique, de la bureaucratie, des mentalités, de l’ignorance est considérable.
          Toujours d’après la Jornada :
          "Des 90 milliards de dollars de réserve de la banque centrale, il n’en reste que 60 (un tiers a disparu !!), comme l’annonce le rapport de l’insolvable Banamex-Citigroup, ces fonds sont destinés au sauvetage de Cemex (NDT : une entreprise du bâtiment) et a d’autres entreprises privées mexicaines, irresponsables et parasites, qui naviguent en eaux troubles."


        • Nobody knows me Nobody knows me 2 mars 2009 15:34

          La culture de la coca ne devient-elle pas plus rentable que celles du blé ou du maïs, ruinées par celles, subventionnées, des USA ainsi que les accords ALENA de libre échange "vous verrez c’est ’achement bien" Canada-USA-Mexique ?
          Encore une fois, on a pensé aux rendements pour une poignée de connards sans voir plus loin que le bout de son nez.


          • lisca lisca 2 mars 2009 19:43

            A ce propos, je me pose des questions sur l’assassinat de Christopher Augur, sachant qu’il était microbiologiste, une grosse tête. Il avait développé en quinze ans un partenariat actif avec le Mexique sur la biotransformation de la pulpe de café et la valorisation des résidus agro-industriels. Co-auteur de : New Horizons in Biotechnology, il devait lancer, en en 2009 avec l’Université Autonome de Mexico une recherche sur l’exploitation des jacinthes d’eau, plante éventuellement transformable en biocombustible. Aurait-il représenté par ses recherches une concurrence indésirable pour l’industrie, l’agriculture ou le commerce des narcotiques ? La mainmise du crime sur le Mexique est telle qu’on peut tout imaginer.
            On voit dans l’article de la Jornada que la recherche sur les biocombustibles fait partie des plans mondialistes, et donc Calderon, selon l’article mis là par des intérêts mondialistes, suit cet agenda, qui apparaît, dans ce cas, plutôt positif. Il n’est pas certain alors que les mafieux installés dans les arrière-cours du pouvoir n’aient pas agi préventivement contre un chercheur de haute volée qui pouvait recycler leurs champs de pavots en prés de jacinthes.
            Mais il est tout aussi possible que ce n’ait été qu’un crime crapuleux. Quoi qu’il en soit, nous avons perdu, le Mexique et la France, un précieux homme de science, une grande intelligence. C’est révoltant. smiley


          • R.L. 2 mars 2009 15:35

            Article qui n’apporte aucune information nouvelle fondamentale. Mais le plus important est absent :
            Le rôle et la responsabilité de son voisin qui a tout fait pour faire du Mexique son arrière-cour de manoeuvres corvéables à merci, de politiques complaisants et d’inductriels pas regardant envers les (rares) lois défendant le travailleur...
            Jusqu’au haricot rouge et noir -élément nutritif principal des modestes gens et fierté du pays jusqu’à maintenant- que les E.U. exportent maintenant au Mexique qui doit sortir des devises rares pour celà ! C’est le monde à l’envers.
            Il ne fait pas bon du tout d’être voisin des U.S.A. et en état d’infériorité...
            Il n’est qu’à discuter avec les Canadiens lucides...


            • lisca lisca 2 mars 2009 19:59

              Il y a quand même depuis longtemps, indépendamment des abus états-uniens, une grande violence et beaucoup de rancoeur dans la mentalité mexicaine. Causes historiques ? La révolution a été très violente, en 1910. Les Aztèques étaient cruels. La conquête, qui date quand même de six siècles a produit un peuple métissé à dominante indienne, qui n’est pas arrivé à surmonter une certaine confusion identitaire : enfant de vainqueur ou fils de vaincu ? Ce qui se traduit par une espèce de rage rentrée contre les dames, parfois. Contre aussi les "gringos", qu’ils soient européens ou américains. Et maintenant, n’importe qui.

              En tout cas, voici ce qu’écrit dans un message sur le net, quelqu’un qui a longtemps vécu au Mexique : Il s’agit d’Alexis Charbonnier reporter auteur pour Destination Mexique :
              "PEINE DE MORT pour tous les salauds ravisseurs et assassins qui démolissent ce qui était un si beau pays et qui est maintenant statistiquement pire que l’Irak ou la Colombie pour les enlèvements et les meurtres ! Français et Franco-Mexicains qui avez la possibilité de partir, partez ! Touristes français, ne venez pas ! Je vous le dis, moi qui croyais beaucoup en ce pays et qui ai tout fait pour le promouvoir, moi qui suis devenu mexicain au sens littéral et figuratif. En compagnie de ma fille de six ans et ma mère, nous avons été agressés par huit brigands armés en août dernier sur une autoroute mexicaine. (...) J’ai perdu tout ce que je possédais. Un petit faux pas avec le pistolet braqué sur le crâne et on aurait fini comme M. Augur. La police n’a rien fait, ils sont complices. SAUVEZ-VOUS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD."
              http://www.legrandjournal.com.mx/mexico/un-chercheur-francais-attaque-et-grievement-blesse-sur-mexico-df
              http://www.lepetitjournal.com/content/view/25135/310/


            • Nathan Nathan 2 mars 2009 16:17

               Superbe image, carte, map, etc. Le top des couleurs. J’adore avec des épices et du piment (oiseau de Martinique).


              • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2009 18:29

                Louer le piment des Antilles sous un article sur le Mexique, ça c’est de la provoc ! smiley


              • Reinette Reinette 2 mars 2009 18:43

                le SAMEDI 25 NOVEMBRE 2006  : des dizaines de milliers de manifestants encerclaient le centre de Oaxaca, occupé par la police fédérale. « Qu’ils s’en aillent ! » est le cri unanime. Jante contre jante, des blindés chasse-barricades bloquaient les accès. Sur les toits, des tireurs d’élite. Les robocops lancent des billes d’acier sur les gens. La colère enfle. Le parlement local, la direction du tourisme et le tribunal de justice partaient en fumée. Quand les leaders s’interposaient, rappelant que la manif était pacifique, les émeutiers rétorquaient : « C’est le peuple qui décide ! » Puis, alors que la foule refluait sous les gaz, les sbires du gouverneur Ruiz entraient en action. Rafales d’armes automatiques, rapts. Des passants étaient raflés au hasard des rues. Plus de 200 personnes étaient enlevées/arrêtées et beaucoup subissaient des tortures (tabassages, doigts brisés, viols…) pendant le transfert vers des pénitenciers du nord du pays. Une trentaine de disparus, ce qui pourrait vouloir dire autant de morts… Le lendemain, les dernières barricades tombaient et Radio Universidad, la voix des insurgés, cessait d’émettre. Des convois blindés sillonnaient les quartiers. Les hommes armés faisaient irruption chez les gens, sans mandat. Au même moment, sous prétexte d’un « vice de procédure », un juge libèrait les assassins de Brad Will, caméraman d’Indymédia, officialisant ainsi l’impunité.

                Ce traquenard du 25 novembre 2006visait à tétaniser le pays à la veille de l’entrée en fonction du nouveau président, Felipe Calderón. Fox ne pouvait lâcher Ruiz, car il avait besoin de l’ancien parti unique (PRI) pour adouber son dauphin, massivement contesté après une probable fraude électorale. L’alliance était scellée dans le sang.
                Le 1er décembre, Calderón jurait fidélité à la Constitution, escorté par des militaires, au milieu d’un pugilat entre députés. Autour de lui, un cabinet de massacreurs, dont le responsable direct de la répression à Atenco et l’ex-gouverneur du Jalisco, qui se fit connaître en faisant appliquer la torture à de jeunes altermondialistes en 2004.
                Le Mexique, dont la stabilité a longtemps été donnée en exemple, s’enfonce dans la spirale de l’arbitraire et de la violence d’État. Le fantôme de la « guerre sale » des années 1968-80 plane. Une coordination d’organismes de défense des droits humains déclarait : « La torture est avérée, on ne cherche même pas à la cacher. Elle est administrée comme une leçon et sert à terroriser le mouvement social.  » La déliquescence institutionnelle est telle qu’un des premiers actes du nouveau président aura été de faire arrêter quatre négociateurs envoyés dans la capitale par l’Assemblée populaire des peuples de Oaxaca (APPO). L’un d’eux, Flavio Sosa, un modéré au passé ambigu, aurait pu servir d’interface pour une issue pactisée au conflit. La tentation de la guerre civile est clairement du côté du pouvoir. « La mafia a plus d’éthique que ce gouvernement », avait tancé un sénateur.

                Sous le choc, la commune de Oaxaca s’est repliée du centre vers les quartiers, de la ville vers les montagnes, de la lumière vers l’ombre. Vers le Mexique secret et tellurique de la vieille opiniâtreté indienne. L’APPO, échaudée par la répression et par les gesticulations de la gauche parlementaire, se tourne vers les zapatistes et l’Autre campagne, qui avaient dénoncé le leurre électoral. Malgré un état de siège de fait, un forum des peuples indigènes a réaffirmé que les communautés ne reconnaissent plus l’autorité du gouverneur et construisent un auto-gouvernement à partir des assemblées de villages. Dans la Sierra Juárez, une réunion de délégués zapotèques, chinantèques et mixes a débattu des modalités de cette démocratie horizontale.

                Comme en Argentine en 2002, le fossé entre la société et l’État devient gouffre. Ce dernier se limite à agir comme une machine menaçante au service de l’argent. Au mieux comme une coquille vide.


                • Annie 2 mars 2009 19:23

                  Merci Reinette d’avoir mentionné Oaxaca. Il ne faut pas non plus oublier les très nombreux journalistes, éditeurs, rédacteurs enquêtant sur des affaires de corruption, liées ou non à la drogue, qui "disparaissent" ou sont retrouvés une balle dans la tête, au bas côté d’une route. Le Mexique a fait peut-être fait des progrès en dépénalisant plusieurs délits en relation avec la presse, mais il ne faut pas oublier que c’est un pays qui détient dans cette région du monde le plus triste record en matière de liberté de la presse, et étant une fédération, chaque état est en soi un petit fief difficile à contrôler à un niveau central.


                  • lisca lisca 2 mars 2009 20:16

                    Je ne suis pas très versée sur la politique du président Calderon, mais il faut peut-être relatiiviser. Il est mentionné dans l’article que des groupes non mexicains prétendent dicter la conduite du président vers ce que ce dernier a appelé "capitulacion". Il s’agit tout bonnement de céder aux narcotrafiquants, afin que les frontières restent ouvertes, et que ces groupes non mexicains puissent faire la pluie et le beau temps dans le pays, c’est à dire main basse sur ses ressources pétrolières et argentifères, ou peut-être pire encore, sur les trafics de stupéfiants.
                    Calderon, par ce cri de colère, révèle donc un certain degré de patriotisme. Déjà étranglé par une situation presque ingérable et des banques puissantes, il se peut qu’on lui envoie aussi dans les jambes quend il ne se montre pas assez docile, des mouvements de protestataires indiens ou non, bien chauffés par des agitateurs "humanitaires" et une pauvreté sans espoir. Cela s’est vu souvent, surtout lorsque George Soros débarque quelque part. Les problèmes sont là, les agitateurs n’ont qu’à agiter, et voilà le président qui essayait de mener une politique indépendante d’amélioration, confronté au désordre et contraint de NE RIEN FAIRE.


                  • Annie 2 mars 2009 21:26

                    @Lisca,
                    Je suis tout à fait d’accord pour accepter l’idée d’une influence extérieure sur le Mexique, mais c’est un pays qui contient à l’heure actuelle dans son système politique les germes de la violence et de la corruption. J’essaye autant que possible de rappeler sur AV le courage des journalistes mexicains, parce qu’à une époque où les journalistes français sont avec raison tant décriés, il est bon de rappeler qu’au Mexique ces mêmes journalistes payent de leur vie pour tenter d’exposer la corruption, ou pour avoir enquêté sur un gouverneur véreux etc. Le Mexique étant pour les journalistes l’un des pays les plus dangereux au monde. C’est un modeste hommage, mais un hommage quand même.


                    • lisca lisca 2 mars 2009 23:33

                      Annie
                      Tout à fait juste. Les journalistes tombés sous les balles de la mafia ou cherchant à s’en protéger, ainsi que les soldats et policiers qui ne se laissent pas corrompre, sont les héros et l’honneur du Mexique. C’est grâce à eux que le Mexique se relèvera, j’espère. En 2008, il y a eu 9 journalistes mexicains tués, deux disparus. Il faudrait faire un article spécialement sur le sujet, qui est passionnant. J’ai aussi lu quelque chose sur une journaliste très vaillante qui s’était attaquée aux réseaux pédophiles, et qui a été carrément persécutée par le gouvernement, et même enlevée à un moment donné. Je n’arrive pas à retrouver ses références.
                      En 2006, le journaliste anti-corruption Francisco Javier Ortíz Franco de l’hebdomadaire Zeta, était assassiné devant ses enfants par les hommes de main du cartel de Tijuana.
                      Depuis, il y a une nouvelle journaliste qui ne se promène qu’en gilet pare-balles.
                      Oui le système est pourri. Il est vieux. Il mourra.
                      Question de temps. Les gens courageux lui donneront le coup de grâce.


                    • phiconvers phiconvers 2 mars 2009 22:20

                      J’ai aimé : l’analyse objective de la situation et l’absence de grille de lecture marxiste. Le fait que l’on parle d’Amérique latine.

                      C’est pour cela que j’a voté des deux mains en faveur de la publication de l’article.

                      J’ai moins aimé : l’anti-américanisme latent et la référence à Manu Chao, démagogue proche des milieux marxistes latinos, qui n’ont jamais su trouver de solution pour les peuples.


                      • lisca lisca 2 mars 2009 23:18

                        @Phiconvers
                        Merci pour l’appréciation et le vote, c’est encourageant. Manu Chao est plutôt typiquement mexicain de la ville, discours "de gauche" compris. C’est sa chanson qui était bien adaptée au sujet, j’ai trouvé. Elle a du charme musicalement, non ?
                        Pour lire quelque chose de sérieux et documenté sur le sujet, voilà un très bon article, où l’on apprend que les familles dominantes de la drogue au Mexique sont depuis les années 20 au moins originaires de Sinaloa, dans les terres. Et que ce sont les Chinois qui ont enseigné la fabrication de l’opium aux habitants du nord du Mexique. C’est culturel ! Le marxisme n’a pas grand chose à y voir.
                        http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=HER_112_0049

                        Cet article est anti-américain ? C’est sans le vouloir. Peut-être voulez-vous dire les "mondialistes" ? Même eux, je ne suis pas sûre qu’ils aient planifié ce désastre, ou que leur plan ne soit pas en train de leur revenir en boomerang dans le nez. Ils ne peuvent qu’être débordés. L’amero, c’est bien beau de le projeter, mais avec un pays de mafias où la police et l’armée ne sont pas fiables ? Pour que marche tout projet, ce qu’il faut, c’est la moralité, l’honnêteté, l’éducation, la musique, le retour à la religion traditionnelle. C’est l’esprit, qui a disparu. Quand les Mexicains prient la vierge de Guadalupe, quand ils observent les vieilles coutumes, ils se comportent correctement.
                        Le fléau du narco trafic touche tout le monde des deux côtés du rio grande ; et ne rapporte de l’argent, et brièvement la plupart du temps, qu’à quelques uns. C’est une véritable tragédie, avec ses morts, ses disparus, ses torturés, ses mutilés, la peur pour tout le monde, l’idiotie généralisée.
                        Ici l’enregistrement réel qui donne la chair de poule, d’un appel téléphonique à la famille d’un otage avec son tortionnaire mexicain-américain sur la vidéo :
                        http://abcnews.go.com/video/playerIndex?id=6849238&quot ;smiley


                      • phiconvers phiconvers 4 mars 2009 23:21

                        Merci pour ces précisions. Va pour Manu Chao : je ne suis pas assez sectaire pour nier qu’il a un certain talent !

                        Pour F. Cassez, je ne vous suis pas trop et je milite pour une plus grande responsabilité personnelle des gens qui décident de tenter l’aventure à l’étranger. Je ne suis pas content que son cas puisse devenir un "irritant bilatéral". Marre que Sarko se prenne pour la mère de tous les zigotos qui se baladent de par le monde !

                        Pour le reste, le libre-échange est en effet la matrice des trafics illicites, nous sommes bien d’accord.


                      • lisca lisca 4 mars 2009 23:53

                        Disons que je compatis avec cette Française qui s’est retrouvée dans une sale histoire et qui vient de se ramasser une grosse déception. Le traitement qu’elle subit montre le peu de respect que la France inspire à l’étranger. En théorie, un ressortissant français injustement accusé devrait bénéficier de toute l’aide diplomatique (pas financière bien sûr) possible. C’était comme ça quand la France était un pays respecté. Solidarité ! La vraie.


                      • John Lloyds John Lloyds 2 mars 2009 23:26

                        Excellent article, comme d’habitude. Il est normal que l’instabilité sociale gagnant la planète commence par les maillons faibles, avant de se propager. Il est également normal qu’après la faillite des gouvernements, ce soient les mafias qui bourrent le mou. Voir ce très bon article du Monde, "Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"..."


                        • Reinette Reinette 3 mars 2009 00:15

                          Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

                          Donc batttons-nous pour le garder ce système de protection sociale.


                        • Reinette Reinette 3 mars 2009 00:20

                          Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.


                          Est-ce que Rose-lyne-fluo est au courant ?


                        • Christoff_M Christoff_M 3 mars 2009 08:54

                           pour les bobos idéalistes et gauchos empreints d’amour de l’humanité un petit voyage au Mexique, en Somalie ou en Irak et la descente sur terre sera radicale...

                          vous serez enlevé comme une bonne vache à lait blanche et plus vous avez l’air bien portant plus les ravisseurs demanderont une rançon importante... encore des volontaires pour les voyages exotiques !! un petit séjour dans les iles ?? y a promo en ce moment !!

                          et le prochain Paris bobo Dakar au Groenland peut etre qu’il y aura des pingouins pour applaudir mais attention à la réaction des ours blancs... va falloir trouver un placard à Gérard Holtz !!
                          faut dire qu’aller courrir avec de gros 4X4 des citernes des tentes et des vetements tous neufs chez les pauvres, fallait pas s’étonner que ça tourne court !! surtout qu’on est bien loin de l’esprit des pionniers et que ça devient iune gentille course pour people et fils à papa, plus grand chose à voir avec le sport !!

                          alors attention l’an prochain évitez certains pays d’Amérique du Sud !! Pagny pourrait peut etre vous organiser un tracè sur ses terres ce serait sécurisé et il vous ferait un prix d’ami !! une suggestion comme ça...


                        • lisca lisca 3 mars 2009 10:52

                          Claire Gatinois, porte-parole des financiers qui possèdent des journaux comme "Le Monde", présente dans cet article les projections du LEAP/E2020 qui avait prévu la crise actuelle en 2006 et qui est pris très au sérieux.
                          "Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c’est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne peut plus l’être."
                          Ce qu’espère C.G.inquiète, c’est que les gens qui sont actuellement à la tête des institutions, pays et groupes de pouvoir divers continuent de garder les rênesà trazver la dernière réunion de 20 pays, et fouette cocher (le baudet que nous sommes). Mais ces gens nous ont mené où noussommes, pourquoisauveraient-ils autre chose qu’eux-mêmes ? C’est d’’ailleurs ce qu’ils essaieront de faire : comment sécuriser leurs lingots et leurs châteaux pleins de réserves de nourriture et de plantes au milieu du chaos général, et défendus style mafia par des gardes privés. il faudrait en faire un article.
                          L’article de CG est aussi un appel au désarmement du citoyen, pour qu’il dépende du pouvoir armé (CG espèreque ce sera le même quemaintenant), et un appel à la fuite (on ne se bat pas : déménagez et donnez !).
                          On n’auraitplusbesoin de prendre l’avion pour se retrouver au Mexique.
                          Mais il faudrait en faire un article ou un roman.


                        • lisca lisca 3 mars 2009 11:01

                          Le LEAP 2020 laisse un doute sérieux sur la possibilité de protéger les acquis sociaux, dans une situation de "dislocation" généralisée des états.
                          Mais l’Europe reste un continent plein de ressources, sans doute le plus riche actuellement. Si l’Europe de l’ouest encore sociale et riche de ses industries et de son agriculture, mais très appauvrie spirituellement, s’unissait à la Russie, puissance montante et sûre d’elle, pour que le continent européen géo-historique puisse s’affirmer militairement et économiquement dans un monde dangereux, on pourrait espérer garder une partie de nos acquis.
                          Il ne fautr pas rêver, les "acquis" devront être défendus par la force, c’est ce qui ressort de l’article.
                          Alors, courage fuyons, comme nous le conseille Claire ? Viva México.


                        • John Lloyds John Lloyds 3 mars 2009 12:33

                          Merci pour ces précisions, Lisca, je lis vos écrits comme les ours se délectent du miel, c’est réfléchi, réaliste, et empreint d’un style très fin.

                          Pour ce qui est de la protection sociale, je vois de plus en plus de gens autour de moi qui sont victimes de retards de paiements des administrations, des dossiers perdus à la CAF qu’il faut recommencer, des dossiers en attente de traitement, de mises à jours non enregistrées ... C’est à croire qu’ils multiplient les prétextes pour gagner du temps, et qu’ils sont en grandes difficultés de paiements. Faut-il s’attendre à une radicalisation de la protection sociale, à une administration qui va trainer la savate ? Je pense qu’il faut s’attendre à des tensions de ce côté dans les mois à venir.


                        • lisca lisca 3 mars 2009 12:56

                          "il faut s’attendre à des tensions de ce côté dans les mois à venir."
                          C’est le moins qu’on puisse dire ! C’est bien vrai, ces retards, ces dossiers, ces imprécisions, cette loi interprétable, ces "nouvelles mesures", ces avances qu’on fait en espérant être remboursé...
                          Mais enfin, ce système ne peut pas durer, c’est clair. On s’en souviendra avec nostalgie l’année prochaine (piour ce qui est des remboursements) sans aucun regret pour le reste ! smiley


                          • Christoff_M Christoff_M 3 mars 2009 23:24

                            pour rebondir au fait de s’acharner sur un système, les renflouements massifs d’organismes bancaires qui ne sont que des pompes à fric et de mauvais injecteurs dans l’économie...

                            a voir l’obsession de relancer la consommation !! redonner de l’argent pour faire consommer les gens !!
                            le système qui se mord la queue, on a raillé les américains l’an dernier genre nous sommes au dessus de tout cela avec l’Euro avec notre sacro sainte vieille Europe prete à mentir pour cacher ses investissements foireux en liason avec des sociétés américaines !!

                            il faut dire qu’il y a un an notre charmant président s’est précipité en Angleterre et aux Usa vantant les mérites d’un système alors qu’on sait depuis longtemps que de nombreux pays fans du capitalisme, se sont laisser glisser vers la catastrophe en repoussant les mesures de sauvegardes ou de frein de la machine emballée !!

                            tout le monde nous parle de 1929 un peu loin !!

                            personne ne nous parle de la faillite de l’Argentine qui était un pur produit du capitalisme effréné il y a peu !!
                            résultat une catastrophe des faillites, un système bien plus proche de nous !! mais taboo no comment !!

                            on ose imaginer le meme phénomène d’emballement à l’échelle de la Chine, elle en prend le chemin, du moins dans le domaine du suréquipement industriel, de la surproduction, une demande infinie de matières premières et cela fera monter les prix partout ailleurs, cela aussi peut provoquer un ras de marée...

                            tout nos pays dits modernes civilisés et faisant partie d’un meme systeme bancaire sont touchés...

                            la crise actuelle sonne le glas de l’Europe traditionnelle qui n’a pas réussi à trouver son identité moderne...
                            et la fin de la toute puissance américaine, d’ou ce mouvement de panique dans les bourses actuelles et tout ceci accentué par des zones d’instabilité style nos banlieues chaudes qui se multiplient partout dans le monde... tout ceci fait un coktail détonnant bien compliqué à gèrer, je n’aimearais pas etre dirigeant en 2009


                          • lisca lisca 4 mars 2009 10:25

                            Oui il est intéressant d’étudier la crise en Argentine, comment elle a pu arriver, ce qui a suivi, en quoi elle pourrait ressembler à ce qui nous arrive. Actuellement en Europe, on assiste à une espèce d’effondrement des économies les plus fragiles, celles de l’Est, entraînant de gros problèmes pour des pays prêteurs comme l’Autriche ou le Royaume Uni. Deux gouvernenments européens sont déjà tombés : ceux de l’Islande et de la Lettonie. Il pourrait y avoir un effet domino pour toute l’Europe.
                            Pour revenir au Mexique, il faut signaler que le 3 mars 2009 Florence Cassez a été condamnée à 70 ans de prison plutôt que 95, alors qu’elle espérait fortement sortir de sa geôle. Elle est devenue selon toute apparence une espèce d’otage d’un gouvernement qui est soit impuissant à imposer la justice, soit corrompu au-delà de tout espoir. Il n’y a pas de preuve de son implication dans les crimes d’enlèvement qu’on lui reproche. Le ou les témoignages obtenus l’ont été après son arrestation et sont très suspects. Au vu de l’absence d’éléments probants, elle aurait dû être relâchée depuis longtemps.
                            http://www.elle.fr/elle/societe/les-enquetes/la-vie-suspendue-de-florence-cassez/condamnee-a-96-ans-de-prison/(gid)/840018
                            Pourquoi l’a-t-on emprisonnée si elle ne représente rien d’autre qu’elle-même : une jeune Française venue travailler au Mexique dans l’entreprise de son frère ? On se demande si le battage fait autour de la personne de madame Betancourt, et tout ce qu’elle a pu rapporter en avantages et argent divers à ceux qui la détenaient, n’a pas provoqué des convoitises. En clair, il est payant d’avoir un otage français. Une vengeance personnelle pourrait être aussi à l’origine de son emprisonnement injuste, ou encore une détestation des étrangers en général, qui se chercherait un bouc émissaire périodiquement. Le Mexique est devenu une destination dangeureuse à plus d’un titre. Cette affaire ne contribuera pas à encourager le tourisme. La France représente encore le cinquième client en tourisme du Mexique ; une telle affaire rebutante pourrait inciter les Français à visiter d’autres pays. La Colombie est devenue moins dangereuse, car le gouvernement est bien plus ferme avec les mafias, qu’il traite sans la moindre aménité, au grand soulagement de la population colombienne.
                            Le gouvernement français pourrait demander fermement et poliment l’extradition de cette prisonnière vers la France et faire valoir qu’un geste du président mexicain serait positif pour le tourisme et les relations d’affaires entre la France et le Mexique, deux pays qui éprouvaient une attirance réciproque il y a peu.
                            En attendant, n’y allez pas. La France, c’est beau. On peut encore y randonner et y camper sans craindre de se faire arrêter pour enlèvement, ou de se faire enlever soi-même.
                            Le message qui passe aux Etats-Unis pour les touristes devient  : n’allez pas au Mexique, surtout depuis que le Mexique vient vers les USA. Aux dernières nouvelles, on apprend qu’une opération Excellerator anti-cartels (en théorie) de grande envergure a été lancée le 2 mars sur le territoire étatsunien par Michèle Leonhart, chef de la DEA. "A ce jour, elle a permis l’arrestation de plus de 750 personnes dans plus de 100 villes des Etats-Unis, ainsi que la confiscation de grosses quantités de cocaïne, marijuana, amphétamines, ecstasy ainsi que de quelque 59 millions de dollars en petites coupures." dit le communiqué.
                            Tout cela prouve qu’il faut des frontières, des nations qui se protègent sur des bases culturelles, linguistiques, historiques, militaires, légales. Le commerce est nécessaire et doit être régulé, il ne doit pas devenir l’axe unique sous-tendant la société. Les malheurs du Mexique, ceux des citoyens américains ont été forterment aggravés depuis l’ALENA, accord scélérat de libre échange qui laisse TOUT et TOUT LE MONDE passer. Nos malheurs actuels en Europe viennent de la fusion des monnaies et des économies disparates.
                            L’angélisme a fait assez de morts et de blessés. Soyons réalistes.


                          • Christoff_M Christoff_M 5 mars 2009 02:30

                             quel idée d’aller dans des pays foireux en ce moment lorsqu’on est blanc et français, c’est dommage à dire mais le bon blanc français est devenu une monnaie d’échange !!

                            nous sommes vus , les satellites et internet y participent, comme des gens évolués, de l’occident et plus à l’ouest depuis Sarkozy, forcément le français n’est plus perçu comme quelqu’un de cordial comme au temps de Chirac, et certains discours n’ont pas arrangé les choses !!

                            les choses peuvent basculer rapidement, exemple au Japon, il y a dix ans plein essor de l’Asie démarrage du boom chinois... les japonais interrogé avaient une opinion favorable en majorité envers les chinois....

                            dix ans après 70% des japonais ont une opinion négative des chinois... cela fait réfléchir avant de choisir son voyage...

                            si nous allions en France permettons nous de faire remarquer au barman au restaurateur qui nous reçoit que le sourire existe !! nous sommes un des pays les plus fréquenté et nous avions l’image du français paisible accueillant et parleur !!

                            en 2008 seulement 20% des touristes étrangers sont satisfait de leur accueil !! si nous commençons a passer pour des grincheux peu parlant, pas amènes, et prétentieux, attendez vous à des réactions en conséquences en voyage, le rapt ou l’arrestation arbitraire pouvant etre le tribu à payer pour l’image d’arrogance de certains de nos émissaires ou chargés de relations qui manquent de connaissances linguistiques et qui font preuve de peu de diplomatie, d’une attitude glaciale presque prétentieuse...

                            une dernière anecdote il y a peu j’ai passé des tests d’anglais dans une chambre de commerce et j’ai eu à faire à une américaine qui m’a confirmé que les français en moyenne tiraient une tronche d’enterrement et qu’ils étaient peu causants et tres froid !! en discutant avec elle j’ai obtenu 3fois trois semaines de cours....

                            comme quoi un petit effort de communication, un sourire et un petit effort d’anglais cela rapporte toujours, je pense qu’il faudrait l’apprendre à de nombreuses personnes qui travaillent à un poste d’accueil et qui ne font aucun effort d’amabilité en France mais cela est plutot typique des zones tres fréquentées...


                          • lisca lisca 5 mars 2009 10:23

                            Il y aurait beaucoup à dire sur l’accueil en France, en effet. Regardez qui vous accueille à l’aéroport, par exemple, juste à la descente de l’avion. La décision vient d’en haut, qui donne l’exemple de l’arrogance. La classe au pouvoir est gravement déconnectée. Elle ignore ou méprise la population dont elle est chargée d’appuyer les intérêts, et ne nous fait pas respecter.
                            Mais voilà, la majorité des Français vote pour ces gens-là. Et re-veaute.
                            Le manque de sourire du Français ? Les Parisiens, contrairement à l’idée répandue en France, sont plutôt polis. C’est l’avis de nombreux Russes, habitués à plus de rudesse de la part d’inconnus. Le peuple français est un peu déprimé, en fait. Mais si on laissait reprendre sa souveraineté, il retrouverait le sourire.
                            Un coup de balai !

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