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Deux présidentielles, deux Libye ?

Au sein des guerres que se livrent les empires, la politique atlantique terrorise le monde Arabe depuis maintenant vingt-cinq années. A-t-on quelque chose de bon à retirer de ce quart de siècle ? Bon, certainement. Mais pour qui ? Le califat abbasside refait surface après un millénaire d’oubli qu’avait accompagné sa chute et, un peu partout, le fanatisme religieux prend un nouvel essor. Dans chaque parcelle qui a été déstabilisée, sur des terres où un certain ordre s’était parfois installé, la guerre n’a fait qu'ajouter horreur et confusion à des troubles contenus. C’est le drame du Moyen-Orient, c’est aussi la tragédie africaine.

Au cours de l’élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy, alors chef de l’Etat, brandissait comme le signe de sa magnificence le drapeau sanglant d’une Lybie pacifiée. « On a apporté la démocratie, la paix et abattu l’effroyable dictature », disait-on naguère. Le résultat nous l’avons désormais sous les yeux, au sens figuré et peut-être demain au sens propre. La course à la présidence de 2017 pourrait voir revenir dans le bain du débat public – comme on l’appelle – une douche froide et pourtant bien méditerranéenne. Vers la Syrie, le religieux pèlerinage devient difficile ; nos croisés européens éprouveront donc surement la tentation de rejoindre un territoire moins éloigné.

Depuis des siècles, avant la colonisation européenne, des échanges nombreux se font entre le Moyen-Orient et l’Afrique. Nous oublions, en fins stratèges que nous sommes, le lien fort unissant ces grands ensembles, le courant étant renforcé par l’Islam qui emporte, d’un continent à l’autre, ses dissensions et ses troubles. M. Olivier Guetta rapporte au cours d’une conférence de la European Corporate Security Association que : « La Libye constitue un danger bien plus grand pour les Européens que la Syrie et l'Irak. » Aussi estime-t-il que : « Il y a en Libye, à côté d'au moins quatre grandes organisations terroristes et des nombreuses milices armées, entre 3000 et 5000 combattants actifs de l'Etat islamique. Il y a en outre des indications que des dirigeants de l'EI quittent la Syrie pour la Libye. »

Pour l’instant M. François Gouyette, ambassadeur français en Tunisie, a confirmé que notre pays n’a aucune intention d’intervenir dans le conflit. La France veut entretenir une « solution politique » dans la région. Quelle faveur accorde le terrain à cette intention ? Mince si l’on est optimiste, inexistante, dirions-nous, car les moyens ne sont pas là. Pour comprendre les grandes lignes qui ressortent du chaos, énumérons les principaux acteurs en jeu. D’abord, deux Parlements prétendent à l’exécutif libyen. Le Congrès général national de Tripoli, qui a le soutien de puissances arabes telles que la Turquie ou le Qatar, s’étend sur un modeste territoire vers l’ouest, entre la Tripolitaine et le Fezzan. A l’est, la Chambre des représentants, soutenue par l’Occident, assoit ses velléités de souveraineté sur une contrée plus vaste qui regroupe une petite part de la Tripolitaine, du Fezzan et l’ensemble de la Cyrénaïque. Combattant les armées du général Haftar ainsi que des groupes et milices issus de la mouvance Al-Qaida, Daech a conquis Syrte et se porte sur deux cent quarante kilomètres de côtes. On dénombre en tout près de sept cent cinquante groupes armés disputant leurs forces.

En ce début 2016 des annonces se succèdent, célébrant tour à tour une solution enfin extirpée des négociations. A l’ONU ou à Tunis on tente de créer l’unification nationale, en vain. Se nourrissant de divers trafics afin de subsister, les différentes factions fragmentent, affaiblissent un État disparu et des autorités divergentes.

La Libye exista un petit temps dans la main de Mouammar Kadhafi. Aujourd’hui, prise dans la tourmente de tribulations qui la dépassent, elle ne semble pas donner l’espoir d’une renaissance.

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4 réactions à cet article    


  • microf 13 février 14:08

    Lorsque je regarde cette photo, je vois le visage fourbe et perfide de l´ex Président de la France Sarközi, et je me demande s´il arrive á trouver le sommeil la nuit après avoir fait de la Lybie ce qu´elle est devenue aujourd´hui, que dira t-il au Guide Kadhafi le jour oú ils vont se rencontrer au ciel ?.


    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 13 février 17:41

      @microf

      Comme tous les pervers narcissiques (1), Nicolas Sárközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy [ni.kɔ.la saʁ.kɔ.zi] est totalement hermétique à la morale. Sa seule règle est de marcher sur les têtes de ceux qu’il a jetés à l’eau pour ne pas couler lui-même car, en fait, il ne sait pas nager.


      Pour ce qui est du « ciel », il croit que Dieu, c’est Bolloré ou le copain de Bolloré et qu’il aura du piston.


    • Ouallonsnous ? 13 février 19:30

      @microf

      J’espéres qu’avant le jugement du ciel, celui des hommes n’oubliera pas de lui compter ce crime de guerre et contre l’humanité !


    • zygzornifle zygzornifle 13 février 18:24

      Bientôt l’Europe saoudite .....

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