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Accueil du site > Actualités > International > Duane Andrews et la SAIC

Duane Andrews et la SAIC

Traduit d’un article de Kevin Ryan publié sur son blog http://digwithin.net le 4 juin2014

Avant et après 9/11, il est une société privée qui a eu une part plus décisive qu’aucune autre dans les programmes américains de contre-terrorisme : la Science Applications International Corporation (SAIC). Elle a aussi plus qu’aucune autre profité des événements de 9/11. Son directeur d’exploitation en chef, Duane Andrews, avait un niveau d’expert quant aux faiblesses qui furent exploitées à 9/11. Il faut aussi noter qu’il fut un ami de longue date et un proche collaborateur de Dick Cheney et Donald Rumsfeld.

La SAIC se nourrit du terrorisme, ayant enregistré maints contrats gouvernementaux grâce à l’État sécuritaire qui s’est développé avec la Guerre contre la terreur. Par ses nombreux contrats et habilitations à la sécurité de ses employés elle est devenue une affaire privée que l’on ne saurait distinguer d’une forme permanente de gouvernement. En bref, la SAIC est le « frère jumeau de l’Intelligence service.[1] »

La place de la SAIC dans 9/11 ne peut être surestimée, puisqu’elle a :

· Créé les bases de données nationales qui ont pisté et identifié des terroristes,

· Fourni les aéroports américains en équipement de contrôle du terrorisme,

· Prévu les attaques terroristes contre les infrastructures américaines, y compris les réseaux de défense nationale et le World Trade Center (WTC), et enquêté sur elles,

· Aidé à créer le récit officiel de ce qui s’est passé au WTC en 1993 et après 9/11,

· Été leader dans la recherche sur les matériaux thermitiques comparables à ceux qui ont été trouvés dans la poussière du WTC [2]

· Employé l’équipe leader dans la robotique qui a quadrillé le tas de débris de Ground Zero à l’aide d’équipements capables d’éliminer les explosifs

· Fourni l’information qui a permis de capturer le cerveau des attaques, Khalid Sheik Mohammed (KSM).

De plus, Duane P. Andrews, protégé de longue date de Dick Cheney, a dirigé l’entreprise gouvernementale SAIC pendant treize ans, de 1993 à 2006, et eut donc un rôle majeur dans ces activités. Pendant cette période il fut aussi un des principaux représentants de l'entreprise dans les commissions gouvernementales et groupes de travail chargés d’évaluer les menaces contre la défense et les systèmes d’information.

L’histoire de son rapport à Cheney remonte sur plusieurs décennies. Dans la guerre du Vietnam il fut soldat dans des opérations spéciales de l’aviation. Puis obtint un poste de membre du personnel de la commission parlementaire sur le renseignement. Pendant la période où il fut à ce poste, Cheney était un membre de premier plan de cette commission, avec Lee Hamilton, futur vice-président de la commission de 9/11.

Plus tard, George H.W. Bush nomma Andrews au poste d’adjoint du ministre de la défense pour le commandement, le contrôle, les communications et le renseignement (ASD/C3I). Ceci le mena à l’obligation de donner à Cheney, ministre de la défense, ses mémoires quotidiens sur le renseignement.

Cheney et Andrews utilisèrent de faux renseignements pour entamer la guerre du Golfe. Ceux-ci comprenaient des photos satellites montrant prétendument une accumulation de troupes irakiennes sur la frontière de l’Arabie saoudite, photos dont le journaliste Jean Heller du St. Petersburg Times démontra plus tard la fausseté [3]. Ces faux renseignements comprenaient aussi le témoignage de la princesse koweitienne Nayirah.

Andrews quitta le Pentagone en 1993 pour devenir président et directeur d’exploitation en chef de la SAIC fédérale, qui représentait la plus grosse part du revenu de la société. Andrews dirigea personnellement les programmes de la SAIC pour la National Security Agency (NSA), et d’autres agences de la communauté états-unienne du renseignement, dans les années précédant et suivant 9/11.

En tant qu’homme employé pour défendre les Etats-Unis contre des attaques dirigées contre système d’information, Andrews acquit un rôle critique dans l’appareil de la sécurité intérieure. Cependant, il continuait de voir dans Dick Cheney son héros de toujours [4].

La SAIC sur la route de 9/11

La SAIC travailla de nombreuses années en étroit partenariat avec l’aristocratie pétrolière du Moyen-orient, en particulier ceux que l’on a suspectés en rapport à 9/11. Le premier contrat international emporté par la société fut pour l’entraînement de l’armée koweitienne, à partir de 1976. Trois ans plus tard, la SAIC obtint son plus gros et long contrat international, avec l’entraînement de la marine de guerre saoudienne.

En 1986, la SAIC fut employée par l’Autorité portuaire de New York et du New Jersey (PANYNJ) « pour conduire un examen général de la sécurité du WTC » en rapport au terrorisme. Son rapport situe le WTC comme cible privilégiée du terrorisme, en particulier dans les niveaux de sous-sol [5]. Peut-être est-ce une coïncidence, si la société Stratesec, propriété koweitienne, fut employée par le PANYNJ en 1991 pour fournir un examen et un rapport similaires.

Après qu’Andrews l’eut rejoint, la SAIC fut employée pour enquêter sur l’attentat à la bombe du WTC de 1993, un événement remarquablement semblable à celui qu’elle avait prédit en 1986 [6]. Plus encore, la SAIC contribua à produire le récit officiel de ce qui s’était passé. La société se vanta qu’« après l’attentat à la bombe de 1993 du WTC, [ses] analyses de l’explosion eurent pour résultats tangibles d’aider à identifier les responsables. [7] »

Au début des années 1990 elle fut aussi leader dans le développement des technologies de sécurité aérienne. À l’époque, elle eut un contrat par un comité consultatif du Congrès conduit par L. Paul Bremer et Brian Michael Jenkins parmi d’autres, pour évaluer les menaces terroristes en rapport à la sécurité des aéroports [8]. En 1994, l’équipement de détection des explosifs de la société fut installé dans les principaux aéroports du pays, y compris New York, Miami et Washington DC [9].

Sous la direction d’Andrews, la SAIC s’est concentrée sur l’analyse des risques encourus par les systèmes d’information de la défense du pays et mena le partenariat entre le gouvernement et l’industrie de ce secteur. En tant que président d’un groupe de travail du bureau scientifique de la défense sur la guerre de l’information, Andrews s’informa des faiblesses propres aux systèmes de défense nationale. Début 1997, il informa le Congrès que ces systèmes constituaient un « environnement cible » et que des attaques contre certaines installations et systèmes d’information « affecteraient sérieusement la capacité du ministère de la défense dans les missions et fonctions qui lui incombent. [10] » Andrews continua d’élaborer et sécuriser le Réseau d'information de la défense (DISN). La composante secrète du DISN, appelée SIPRnet, reliait entre eux les systèmes de commande et de contrôle à travers le pays.

À partir de mars 2001 la SAIC fit aussi partie du Centre national de coordination des télécommunications (NCC). Le NCC a assuré la surveillance de l’agence qui, le matin de 9/11 mais avant le début des attaques, a mis en œuvre pour la première fois un Système de communications secrètes. Ce dernier avait été élaboré conjointement avec la doctrine de Continuité de gouvernement, à laquelle Dick Cheney avait travaillé depuis près de vingt ans de pair avec Richard Clarke, qui mit en œuvre la Continuité de gouvernement pour la première fois alors que se produisaient les événements de 9/11 [11].

Le fait qu’Andrews ait été le meilleur connaisseur des faiblesses du réseau d’information et de communications pour la sécurité nationale, semble important à retenir, en rapport aux si nombreuses et inexplicables difficultés, survenues dans les communications de la défense le jour de 9/11, dont les suivantes :

· Il y eut de nombreux problèmes ce matin-là avec les appels conférences du centre national de commandement militaire. Des intervenants de premier plan ne purent se connecter ou eurent leurs appels constamment coupés, y compris l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) [12].

· Les installations pour la sécurité nationales furent dans un manque d’information le jour de 9/11. Les agences les plus concernées par un événement terroriste en cours étaient sans visibilité sur les attaques [13].

· La SIPRnet n’eut aucune information sur les attaques, jusque dans l’après-midi de 9/11 [14].

· Le président Bush se plaignit de mauvaises communications, qu’il « ne put atteindre les principaux responsables, y compris Rumsfeld » et que « la ligne de la salle de conférence de l’abri de la Maison blanche — et du vice-président — ne cessait d’être coupée. [15] »

Au milieu des années 90 la SAIC créa le système américain de dépistage des suspects de terrorisme. Elle développa pour le FBI la Base de données nationale sur l’ADN (CODIS), et le Contrôle national des antécédents criminels (NCIC) [16]. Pour être précis, lorsqu’en août 2001 Robert Fuller, du FBI, cherchait la prétendue présence aux États-Unis de Khalid Al-Mihdhar and Nawaf Al-Hazmi en passant par le NCIC, il utilisa une base de données construite par la SAIC. Bien qu’il ne trouvât rien, le Rapport de la commission de 9/11 dit que ces vérifications auraient dû exhumer des actes d’enregistrements de permis de conduire et des listes d’appels téléphoniques aux noms d’Al-Mihdhar et Al Hazmi [17]. Ce seul fait devrait suffire pour appeler à une enquête sur la SAIC concernant 9/11.

La SAIC acheta le Boeing Information Services en 1999. Cet organisme était spécialisé dans l’intégration des systèmes d’information, la logistique, la mise en réseau et la sous-traitance, et gérait les communications de données pour Boeing. Il comptait dans ses activités en cours « un contrat de cinq ans avec l’agence des systèmes d’information de la défense, pour un réseau de systèmes d’information de défense », et « un contrat de 1,6 milliard de dollars, sur douze ans, remporté en 1991 pour un système d’automation des composants de l’armée de réserve. [18] »

Andrews était membre de la commission de Donald Rumsfeld sur les utilisations de l’espace pour la sécurité nationale. La commission fit valoir que les Etats-Unis devaient éviter les accords internationaux limitant le déploiement d’armes dans l’espace et que, afin d’éviter un « Pearl Harbor de l’espace », il leur fallait « développer la capacité de projeter leur puissance dans, à partir de, et à travers l’espace. [19] » Il en résulta que les contrats de missile de défense de la SAIC triplèrent entre 2001 et 2004, passant de 47 à 169 millions de dollars.

La SAIC et le WTC après 9/11

Il se trouve que la SAIC fut le premier des organismes à se présenter à Ground Zero. Dans son rapport aux actionnaires de 2004, la société soutient que « suite aux attaques terroristes de 9/11, [être] rapidement intervenue pour assister plusieurs de nos clients près de Ground Zero à New York et Washington. [20] » À cette occasion, « les techniciens de la SAIC ont couru à Ground Zero en quelques heures pour installer un réseau de communications ad hoc pour les premiers intervenants et les sociétés financières locales. [21] » C’est ainsi que la SAIC contrôla au moins certaines des communications à Ground Zero.

La connexion peut-être la plus intéressante de la SAIC avec le nettoyage [de Ground Zero] est dans la personne de John Blitch, lieutenant-colonel des forces spéciales de l’armée, dont on dit qu’il avait pris sa retraite de l’armée la veille de 9/11. On rapporte que « le matin de 9/11, Blitch remplissait des papiers de sortie dans un bureau du Pentagone », et qu’« après trois ans à la tête du Programme de robots mobiles tactiques du ministère de la défense, …il alla prendre la direction du Centre des systèmes de robots intelligents et sans présence humaine de la SAIC [22]. »

Le jour de 9/11, au lieu d’aller comme prévu dans son bureau de la SAIC, au Colorado, « Blitch préféra se diriger vers New York. Sur la route, il décida d’affronter son devoir, dénicha sa carte d’identité militaire et utilisa son téléphone portable, sommant ses collègues de la Floride jusqu’à Boston de préparer leurs meilleurs robots tactiques et de se rendre à Ground Zero… Et, pendant les onze jours qui suivirent, les 17 robots du groupe se retrouvèrent rassemblés dans des espaces trop étroits pour des humains, creusèrent parmi des tas de gravats brûlants et trouvèrent sept corps pris sous des montagnes d’acier tordu et de béton fracassé. [23] »

Blitch avait l’expérience de telles missions, et avait accompli « des recherches d’avant-garde, dans des fouilles et des sauvetage assistés par robots, conduites lors des interventions après l’attentat à la bombe d’Oklahoma City. [24] » En mai 2001, la technique du laser était employée dans les programme de robots de Blitch. Il fut rapporté que « les robots fonctionnent de façon assez satisfaisante dans l’Élimination des munitions explosives… et que les unités d’Élimination comprenaient une arme laser de neutralisation des munitions… pour brûler les munitions non activées. [25] »

La SAIC avait donc les moyens et les occasions de neutraliser n’importe quel explosif indésirable qui aurait pu être enterré dans les tas de gravats de Ground Zero. Chose intéressante, dans la mesure où la SAIC fournit le plus gros contingent d’enquêteurs non gouvernementaux, pour l’enquête menée par le National Institute of Standards and Technology (NIST) sur le WTC après 9/11. L’enquête s’étendit indéfiniment, afin d’éviter de se pencher sur la question des explosifs.

Industrie et profits de guerre

La SAIC joua ensuite un rôle essentiel dans la « guerre à la terreur », et fut même responsable de la capture de KSM. Ce fut son personnel et ses techniques qui « démêlèrent les indices cruciaux des activités de Mohammed à partir de textes de messages interceptés qu’il envoyait à ses agents d’Al Qaida, n’utilisant pas moins de vingt téléphones portables. [26] »

Après 9/11, la SAIC fut employée pour résoudre les problèmes qu’elle avait créés par ses systèmes de pistage du terrorisme. Duane Andrews fut personnellement chargé du projet « Trailblazer », initié en 1999 mais qui de toute évidence n’avait été testé au niveau opérationnel par le gouvernement que six ans plus tard. Le système était censé traduire en renseignements exploitables toutes les interceptions de la NSA, y compris téléphoniques, courrielles et d’autres informations électroniques.

Un exemple souvent cité des défauts que Trailblazer devait éviter fut l’incident signalé dans lequel les messages indiquant que « l’heure zéro est pour demain » et « le match commence demain » furent interceptés par la NSA le 10 septembre 2001, mais non traduits avant le 12 septembre. Le système Trailblazer n’était pas la réponse à ces problèmes et fut finalement un échec complet. Six ans plus tard, en 2005, après avoir dépensé 1,2 milliard de dollars, la NSA annula le projet.

Autre immense échec mené par la SAIC : le système appelé « Fichier de cas virtuels » par le FBI, censé résoudre le problème du partage de l’information supposée, qui empêchait le FBI de poursuivre les terroristes comme Al-Mihdhar et Al-Hazmi, qui passèrent des années avec un informateur du FBI. Le Fichier devait fournir une base données centralisée d’information sur le terrorisme que tous les agents du FBI pourraient utiliser. Cependant, après trois ans et des centaines de millions dépensés, le Fichier fut qualifié d’« l'échec le plus retentissant dans l'histoire des logiciels. [27] »

Les profits de la SAIC grâce à 9/11 ne s’arrêtent pas là. Tout en aidant le NIST à déterminer les causes de la destruction du WTC, « le personnel de la SAIC appuyait la thèse que des armes de destruction massive existaient en Irak sous Saddam Hussein, et que la guerre était la seule façon de s’en débarrasser. [28] » La société contribua aux faux renseignements selon lesquels Saddam possédait des armes de destruction massive et profita de l’invasion pour générer des contrats en milliards de dollars. Dans la seule année 2003, la SAIC tira de l’État 5,4 milliards de revenus.

Aidé par la SAIC, John Poindexter, connu dans l’affaire Iran-Contra, put convaincre le gouvernement de l’employer pour assurer une « veille totale » à la suite des attaques de 9/11. Par des programmes connexes, la SAIC emporta d’importants contrats de direction d’immenses systèmes d’information technologique [IT systems], qui impliquent l’espionnage d’Américains et la gestion de Centres d’opérations communes de renseignement. [29] »

À considérer l’incroyable accroissement des contrats réalisés par la SAIC depuis 9/11, n’importe quelle enquête sur les événements devrait se pencher sérieusement sur la part jouée par cette société et sa direction. Andrews et sa société ont fait partie intégrante du contre-terrorisme américain, dans les années précédant 9/11. La société avait pour fonction entre autres de créer des bases de données qui pistaient et identifiaient des terroristes, de fournir des équipements de contrôle aux aéroports, de prévoir les attaques terroristes contre le WTC et enquêter sur elles, d’aider à créer des récits officiels sur ce qui s’était passé au WTC après 9/11, et de fournir des renseignements pour capturer KSM. Il n’est pas douteux que l’intervention de la SAIC dans les programmes de contre-terrorisme aux Etats-Unis avant 9/11 fut unique et pénétrante.

Duane Andrews devrait susciter un intérêt particulier, comme expert des faiblesses de la défense américaine et des systèmes de renseignement à l’époque où nombre de ces systèmes faillirent de façon catastrophique. S’il y a une personne qui savait exploiter les faiblesses des communications et des systèmes électroniques du ministère de la défense, c’était Duane Andrews. L’historique de son rapprochement avec les activités de Dick Cheney et Donald Rumsfeld pendant les vingt années précédant 9/11 donne des raisons de plus de le considérer avec suspicion.

Notes

[1] Donald L. Barlett and James B. Steele, Washington’s $8 Billion Shadow, Vanity Fair, March 2007, http://www.vanityfair.com/politics/features/2007/03/spyagency200703

[2] Kevin R. Ryan, The Top Ten Connections Between NIST and Nanothermites, Journal of 9/11 Studies, July 2008

[3] Morris Berman, Dark Ages America : The Final Phase of Empire, W. W. Norton & Company, 2011

[4] Laura Rozen, The First Contract, The American Prospect, March 30, 2007, http://www.prospect.org/cs/articles?articleId=12612

[5] New York County Supreme Court, Matter of World Trade Ctr. Bombing Litig, 2004 NY Slip Op 24030 [3 Misc 3d 440], January 20, 2004

[6] New York State Law Reporting Bureau, In The Matter of World Trade Center Bombing Litigation, 2004 NY Slip Op 24030 [3 Misc 3d 440], January 20, 2004, http://www.courts.state.ny.us/reporter/3dseries/2004/2004_24030.htm

[7] Science Applications International Corporation, Annual Report 2004 http://www.saic.com/news/pdf/Annual-Report2004.pdf

[8] U.S. Congress, Office of Technology Assessment, Technology Against Terrorism : The Federal Effort, OTA-ISC-481, Washington, DC : U.S. Government Printing Office, July 1991.

[9] A. Maureen Rouhi, Government, Industry Efforts Yield Array Of Tools To Combat Terrorism, Chemical & Engineering News, July 24, 1995

[10] Statement by Duane P. Andrews, Chairman, Defense Science Board Task Force on Information Warfare & Defense, https://www.fas.org/irp/congress/1997_hr/h970320a.htm

[11] Matthew Everett, Backup Communications System Was ‘Miraculously’ Switched on for ‘Exercise Mode’ and Ready for Use on 9/11, Shoestring 9/11, January 10, 2011, http://shoestring911.blogspot.com/2011/01/backup-communications-system-was.html

[12] Matthew Everett, The Repeatedly Delayed Responses of the Pentagon Command Center on 9/11, Shoestring 9/11, November 7, 2010

[13] Matthew Everett, Why Were U.S. Intelligence Facilities in an ‘Information Void’ During the 9/11 Attacks ?, Shoestring 9/11, August 19, 2012

[14] Ibid

[15] The 9/11 Commission Report, p 40. Note that these communication failures helped ensure that the President was out of the loop for a longer period of time.

[16] Science Applications International Corporation, Press Release, August 24, 1994

[17] National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States, The 9/11 Commission Report, 2004, p 539

[18] Nick Wakeman, Boeing Information Services Sale Has Industry Abuzz, Washington Technology, Jan 21, 1999

[19] Report of the Commission to Assess United States National Security Space Management and Organization

[20] SAIC shareholder report, 2004, http://files.shareholder.com/downloads/SAIC/0x0x208149/64117BC7-5895-497E-A8EB-158A6E57012C/AR_2004.pdf

[21] William Launder, Homeland Security Goes Public, Forbes.com, 08.03.06, http://www.forbes.com/2006/08/02/saic-homeland-security-ipo-cx_wl_0803saic.html

[22] Michael Behar, The New Mobile Infantry : Battle-ready robots are rolling out of the research lab and into harm’s way, Wired, Issue 10.05 | May 2002, http://www.wired.com/wired/archive/10.05/robots.html

[23] Ibid

[24] American Android Corp webpage, About Us, http://www.americanandroid.com/about.jb.html

[25] Sandra I. Erwin, Battlefield Robots : Not Just ‘Entertainment’, National Defense, May 2001, http://www.nationaldefensemagazine.org/archive/2001/May/Pages/Battlefield_Robots4252.aspx

[26] Paul Kaihla, US : In The Company Of Spies, CorpWatch, May 1st, 2003, http://www.corpwatch.org/article.php?id=7892

[27] Harry Goldstein, Who Killed the Virtual Case File ? : How the FBI blew more than $100 million on case-management software it will never use, IEEE Spectrum, September 2005

[28] Charlie Cray, “Science Applications International Corporation,” CorpWatch, http://www.corpwatch.org/section.php?id=17 ; cf. Barlett and Steele, “Washington’s $8 Billion Shadow.”

[29] Tim Shorrock, QinetiQ Goes Kinetic : Top Rumsfeld Aide Wins Contracts from Spy Office He Set Up, CorpWatch, January 15, 2008

 


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1 réactions à cet article    


  • Feste Feste 24 juin 2014 05:47

    Merci pour l’article. Trés intéressant, j’ignorais cet aspect de la SAIC

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christophe


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