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Eléctions allemandes : la confédération DGB soutient le SPD sans donner de consignes de vote aux salariés

La grande confédération syndicale allemande DGB (6,4 millions d’adhérents), qui regroupe les principales centrales syndicales (comme IG Métal, VER.DI, Transnet...) ne donnera pas officiellement de consignes de vote à ses adhérents.

Le premier signe de cette décision fut donné lors du meeting d’I.G. Métal (2,3 millions d’adhérents) à Francfort au début du mois. 45000 personnes ont participé à ce grand rassemblement de mobilisation pour les élections fédérales du 27 septembre qui verra l’élection des parlementaires germaniques.

Depuis la création de la centrale syndicale au sortir de la seconde guerre mondiale, le DGB est un partenaire traditionnel du parti social démocrate (SPD).

L’éloignement entre le DGB et le SPD présidé par Frank-Walter STEINMEIER a des raisons fort logiques. Rappelons que ce dernier est ministre des affaires étrangères d’Angela MERKEL dans la grande coalition CDU-SPD actuellement aux affaires en Allemagne et que le Président du SPD n’est autre que Franz MUNTEFERING, ministre du travail dans le gouvernement rouge-vert de Gerhard SCHRODER, et artisan de l’âge de la retraite repoussée à 67 ans et de la flexibilisation du marché du travail.

Sans oublier la plan HARZ IV qui a remodelé le système d’assurance chomâge (en baissant les indemnisations pour les demandeurs d’emploi).

Nul doute que la participation du SPD à la grande coalition menée par Angela MERKEL a rapporté à la seule CDU.

Pour éviter de se mettre en porte-à-faux, les dirigeants syndicaux n’hésitent pas à dénoncer une éventuelle coalition entre CDU et FDP (libéraux), en soulignant les propositions particulièrement rétrogrades de ce dernier parti selon eux.

Depuis fin août, le SPD a renouer avec quelques propositions sociales susceptibles de limiter un échec presque annoncé comme celle d’un salaire minimum interprofessionnel à 7,5 euros horaire, allégements fiscaux pour les bas revenus et plus d’impôts pour les plus riches, ainsi que la création d’une taxe internationale sur les transactions financières.

Pour l’instant, ces propositions ne semblent pas avoir retourner le vent d’une défaite probable.

Le parti DIE LINKE, dirigé par le charismatique ancien ministre des finances Oskar LAFONTAINE (et ancien dirigeant du SPD) taille de sérieuses croupières au SPD dans les rangs des syndicalistes.

Mais ces derniers ont toutefois bien compris les enjeux. Même avec une majorité absolue pour les trois partis SPD-DIE LINKE et VERTS, une coalition sera quasiment impossible avec les dirigeants politiques nationaux actuels qui le refusent.

Si le SPD et DIE LINKE semblent en passe de s’entendre dans les Lander de Sarre et Thuringe, cela ne forme pas encore l’ossature d’une coalition sérieuse au niveau national. Or, les électeurs sont très souvent intéressés par un vote "utile" dans les élections du 27 septembre en portant leurs voix sur des partis dits "de coalition".

Mais si DIE LINKE continue sa progression électorale, nul doute qu’il y aura de nouvelles alliances avec le SPD dans d’autres Lander malgré l’opposition des dirigeants nationaux actuels du SPD. 

L’analyse est assez simple : un SPD qui s’est déporté au centre droit durant la fin des années SCHRODER et qui s’est éloigné progressivement du monde du travail, un parti de gauche radicale proche des revendications sociales de terrain mais qui par ses excès oratoires et populistes proches de l’extrême gauche n’apparaît pas comme un partenaire fiable pour une coalition nationale en effrayant les électeurs de gauche modérés, voilà le dilemme de la gauche allemande et des syndicalistes du DGB historiquement engagés.

En cas de mauvais résultats pour le SPD (estimé à moins de 30% pour certains observateurs politiques), cela pourrait faciliter à la fois le départ des leaders actuels du SPD et un repositionnement du parti social-démocrate à travers une cure d’opposition après une décennie ininterrompue au pouvoir.

Dans tous les cas, un repositionnement politique et un changement générationnel semblent être les éléments d’une évolution positive pour les sociaux-démocrates et leurs alliés les plus proches (VERTS et DIE LINKE).

Rémi AUFRERE


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