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Accueil du site > Actualités > International > Elections au Chili : gifle pour la gauche libérale

Elections au Chili : gifle pour la gauche libérale

 Malgré le terrible passé du Chili, celui des années Pinochet, la droite vient de battre la coalition de centre gauche qui gouverne depuis vingt ans, depuis la fin de la dictature. Et cette gauche chilienne est la seule qui a réussi à se faire battre en Amérique latine !
Contrairement à ce qui se passe dans presque tous les états du sud de ce continent, la gauche au pouvoir, de Ricardo Lagos à Michelle Bachelet, a appliqué une politique libérale à l’image des sociaux démocrates européens. On se souvient du voyage de la Dame du Poitou au Chili, venue chercher le soutien de Michelle Bachelet.

Le message est pourtant clair, les citoyens en ont marre de cette pseudo alternance qui tente de faire croire qu’il n’y a qu’une politique économique et sociale possible. De Morales à Zelaya, de Chavez à Correa, la gauche populaire et démocratiquement plébiscitée, opte pour des choix profondément différents, qui tentent de réduire les inégalités sociales et rompent avec l’ultralibéralisme, la destruction de tous les services publics et la privatisation de toutes les richesses. Et le verdict des urnes est sans appel, à tel point que les Etats-Unis, inquiet de leur perte d’influence, en sont à organiser des coups d’état pour renverser des gouvernements démocratiquement élus (Honduras en juin dernier).

Le nouveau président chilien, le multimillionnaire Sebastian Piñera, envisage déjà de faire appel à d’anciens dignitaires et sympathisants de Pinochet pour former son gouvernement. Et personne ne peut dire qu’il agit par traitrise puisqu’il l’avait annoncé avant son élection.

Piñera, est un entrepreneur libéral puissant issu d’une famille démocrate, il est propriétaire d’importants actifs dans les secteurs clefs de l’économie, comme du transport, de l’industrie minière, de l’exploitation agricole, des médias électroniques, de l’édition et des loisirs. Dans son gouvernement il devra prendre des décisions qui affecteront chacun de ces marchés, et il est difficile de s’imaginer qu’il reléguera le secteur de l’entreprise pour privilégier d’autres intérêts.

Il a su se positionner dans les secteurs des médias comme une espèce de Berlusconi sud-américain, bien qu’il préfère être comparé à Sarkozy. Il promet de baisser les impôts, de mettre plus de policiers dans les rues et un paiement unique de quatre-vingts dollars en mars pour alléger la situation des plus nécessiteux.

Les électeurs, las des querelles de la gauche libérale, inquiets des inégalités croissantes et du chômage (600.000 demandeurs d’emploi), ont été séduits par le chant clairement décomplexé d’une droite dure (alliance avec les secteurs durs de l’Église Catholique comme l’Opus Dei et les Légionnaires du Christ), teintée d’une note très sociale (populiste ?). Cela ne vous rappelle-t-il rien ?

Venezuela : Hugo Chavez a remporté le plébiscite de février 2009, lui permettant de se représenter de manière illimitée au scrutin présidentiel. C’est la treizième fois que le président du Venezuela affronte le verdict des urnes. Pourtant les libéraux du monde entier ne cesse de la diaboliser et le présentant comme un dictateur…
Equateur : en avril, le socialiste Rafael Correa a été réélu haut la main
Uruguay : en novembre, Pepe Mujica, malgré son passé de guérillero tupamaro a réussi son pari de maintenir la gauche au pouvoir
Bolivie : Evo Morales s’est offert en décembre un nouveau mandat dès le premier tour de l’élection présidentielle (62% des voix) et le contrôle du Congrès où son parti, le MAS (Mouvement vers le socialisme) a remporté le Sénat
Salvador : victoire de Mauricio Funes, après vingt ans de domination de la droite ultralibérale

 

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8 réactions à cet article    


  • Yena-Marre Yena-Marre 19 janvier 2010 12:24

    Ha bon ? C’est pas nous qui avons la gauche la plus bète du monde ? smiley-)


    • furio furio 19 janvier 2010 12:59

      la gauche chilienne ...Libérale !! Comme si on pouvait impunément être de gauche et ..libéral. cette soi-disante gauche a donné les bâtons pour se faire battre. Si des observateurs ont été acceptés, si des machines à voter on été distribuées, le résultat ne pouvait être que celui auquel on a assisté. machines et observateurs peuvent influer sur le vote.


      • Julius Julius 19 janvier 2010 14:08

        Imaginez, l’alternance au pouvoir n’est ni une catastrophe (si vous perdez), ni le Grand Soir (si vous gagnez). C’est la démocratie. Il ya une très bonnes nouvelles en provenance du Chili : Cette fois, l’alternance est arrivé par la voie démocratique et pacifique. Qui est extraordinaire dans l’Amérique du Sud. Pas un coup d’Etat, pas une révolution - une élection démocratique.


        • HELIOS HELIOS 19 janvier 2010 14:21

          Merci l’auteur, votre presentation offre un aspect plus reel de la socielé Chilienne.

          Parler de gauche au Chili, même avec Bachelet,, n’a pas du tout le même sens qu’en France.

          Si l’on plaçait un curseur se deplaçant de gauche a droite sur l’echiquier politique l’index serait au niveau de Chirac pour Bachelet et se deplacerait légerement a droite, sous Sarkozy pour le nouveau president Piñera.

          Parler de gifle pour la gauche est a mon avis exagéré. Il se trouve que E Frei fait parti des « éléphants » chjiliens que le peuple n’a plus trop envie de voir revenir au pouvoir, et les autres candidats pour cette election n’etaient franchement ni credibles ni serieux.

          Piñera a été elu parce qu’il represente la meilleure option pour les 4 années qui viennent. Rappelons que le mandat est unique, ce qui diminue le risque d’erreur. Le peuple peut supporter un mauvais choix, les consequences en seront limitées.

          Limiter la presidence de la république a 1 mandat, voila une idée qui pourrait etre bonne....


          • LE CHAT LE CHAT 19 janvier 2010 15:17

            Vous voilà prévenu , si la gauche ultralibérale réussit par miracle à gagner en 2012 , ça sera juste une étape avant l’arrivée de Prince Jean au pouvoir !  smiley


            • oncle archibald 19 janvier 2010 15:40

              un miaou d’honneur pour le vénérable patron du fonds monétaire international ! Une chatte sur un toit brûlant ne serait pas pour lui déplaire, à ce qu’on dit ..


            • Julius Julius 19 janvier 2010 21:48

              > La gauche liberale ca n existe pas

              Vous avez raison - la gauche est toujours plus ou moins liberticide ... smiley


            • tvargentine.com lerma 19 janvier 2010 22:57

              Sans approuver le choix des chiliens car cela reste aujourd’hui une démocratie et ils sont les seuls à prendre leur destin en main,il faut reconnaitre que le « projet » de la « gauche » ressemblait un peu à celui de Jospin

              Attendons de voir ce que pourra produire ce nouveau regime au Chili,qui ne pourra qu’être social-démocrate de peur du passé

              http://www.tvargentine.com

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