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Elections en RDC - Egalité des sexes, Parité, Genre… Mythe ou réalité

De concept en concept, la femme congolaise à l’instar des autres femmes du monde se bat pour instaurer la parité de genre dans tous les domaines de sa vie. Il est vrai que ce combat est de longue haleine et il est loin d’être gagné. Le chemin est parsemé des batailles à livrer, des pièges à déjouer, des défis à relever et aussi des défaites… Première bataille gagnée, la reconnaissance par la Constitution du droit à une représentation équitable au sein des institutions du pays.

La Constitution du 18 février 2006, en son article 14 stipule : « La femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales. L’Etat garantit la mise en œuvre progressive de la parité homme-femme dans lesdites institutions. » L’article 14, comme on le voit, garantit et encourage le respect de la parité entre les hommes et les femmes.

En 2011 comme en 2006, l’article 13 de la loi électorale stipule : « Chaque liste est établie en tenant compte, s'il échoit, de la représentation paritaire homme-femme et de la promotion de la personne vivant avec handicap. Toutefois la non réalisation de la parité homme – femme au cours des prochaines échéances électorales n'est pas un motif d'irrecevabilité d'une liste ». Les défenseurs de la parité fustigent la loi électorale en ce sens qu’elle fragilise l’action en faveur d’une vraie parité stipulée dans la loi suprême en rendant non-contraignante la représentation paritaire homme-femme. La dernière phrase ci-haut citée de l’article 13 est déclarée « pariticide », qui tue la parité, par les défenseurs de celle-ci.

Ni à la chambre basse du Parlement et encore moins à la chambre haute, lors de la révision de la loi électorale les femmes et leurs partenaires militant pour le genre n’ont pu obtenir du législateur la suppression de la phrase « pariticide ».

Et le constat est amer, aucune femme n’est candidate à l’élection présidentielle et le nombre de candidates à la députation nationale avoisine les 10% dans presque toutes les provinces du pays. L’Observatoire de la parité s’en désole et accuse les partis politiques d’avoir refusé de placer des femmes sur leurs listes de candidats aux élections. Et pour l’Observatoire, 5 ans après, le désastre des élections de 2006 se répètera emmenant moins de 10% de femmes dans l’hémicycle du Parlement.

Egalité des chances ? Oui. Mais à quel prix ? Faut-il aligner des listes paritaires rien que pour respecter les prescrits de la loi ? Embrasser le système des quotas électoraux avec des pourcentages obligatoires et/ou contraignants de femmes candidates aux élections faisant fi des capacités réelles de ces femmes ?

Ou au contraire, il faudrait aller au-devant des intelligences et ambitions féminines disponibles et prêtes à se défendre pour obtenir gain de cause. En exigeant une représentativité paritaire, il faudrait aussi et surtout abattre le travail visant à briser les tabous et toutes les barrières qui empêchent les femmes à se déclarer pour briguer des mandats politiques.

Il ne faut pas se leurrer, les capacités féminines existent en grand nombre mais malheureusement sont souvent obnubilés par plusieurs obstacles qui font que, comme dans les autres domaines de la vie où la femme se bat pour son émancipation, elle doit se battre deux fois plus et ne se permettre aucune erreur.

Parmi les barrières qui empêchent aux femmes de se lancer dans l’aventure politique, on peut citer[1] :

- l- le manque de temps à consacrer aux activités publiques vu les nombreuses responsabilités familiales que les femmes assument plus que les hommes ;

-   - le manque de formation et d’information sur la vie politique ;

-   - le manque de confiance en soi (peur d’être incompétente) ;

-   - le manque de moyens ;

-   - le manque d’intérêt ou de motivation, souvent lié à l’image négative que les femmes ont de la vie politique etc.

Pour ne pas donner raison à ceux qui estiment que « mwasi atongaka mboka te » (la femme n’est pas en mesure de bâtir son pays), il faut éviter de tomber dans la représentativité en nombre en négligeant la qualité du travail à abattre par la future élue. Pour assurer une représentativité qui pourra rehausser l’image de l’homme/femme politique d’aujourd’hui, il faut que l’élu quel que soit son genre puisse être le défenseur et le porte-parole du peuple et non un être robotisé qui n’est là que pour chahuter et lever la main lors des votes…

Après les législatives, il est prévu des élections provinciales (25 mars 2012) et locales (05 février 2013). Pour les provinciales la période de réception et de traitement des candidatures court du 18 octobre au 21 novembre 2011. Espérons que les femmes ne manqueront pas ces rendez-vous fixés à 2012 et 2013, et s’inscriront en masse… au nom de la parité...


[1] Argumentaire sur les quotas, Observatoire de la parité (www.observatoiredelaparite.org)


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2 réactions à cet article    


  • Rémi Manso Manso 11 novembre 2011 20:28
    J’aimerais rebondir sur les 2 points suivants : 

    - « le manque de temps au vu des nombreuses responsabilités familiales que les femmes assument plus que les hommes ». Il est clair que si les femmes de RDC continuent encore à avoir plus de 6 enfants en moyenne, elles ne pourront pas dégager du « temps libre » à consacrer aux activités publiques.

    - « le manque de formation et d’information sur la vie politique », et je rajouterais aussi le manque de formation, voire le manque d’instruction dans un premier temps.
    Pour moi, l’avenir politique des femmes en RDC passe par l’éducation primaire et secondaire pour toutes ET par leur accès libre à des centres de planification familiale où elles pourront trouver gratuitement tout ce qui concerne la contraception.

    C’est d’ailleurs ce pour quoi milite l’association francophone Démographie Responsable.
    En tous cas Bravo et bonne continuation dans votre combat.

    • Kingli Kingli 16 novembre 2011 10:27

      Merci pour la réaction et je suis totalement d’accord sur le fait que l’éducation primaire et secondaire pour toutes les jeunes filles est primordiale, encore faut-il que le système éducatif soit reformé (lutte contre toute forme de corruption) et performant. Car les filles fréquentent l’école primaire et secondaire autant que les garçons (pour ce que j’ai pu observer dans les grandes villes du pays).


      Pour ce qui est de la planification familiale, c’est un programme qui doit être suivi aussi par le conjoint car c’est à deux que l’on décide du mode de contraception à suivre... Une moyenne de 6 enfants, c’est beaucoup et lorsque l’on s’en occupe seule, sans l’appui du géniteur, il est difficile de s’en sortir tant que les enfants sont jeunes pour s’occuper des activités publiques ou autre.

      Il est aussi primordiale, au-delà de la planification familiale, de conscientiser ces mères éducatrices de leur progéniture pour que dès le plus jeune âge elles inculquent à leurs garçons le respect de l’autre sexe, la parité...

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