Le taux de participation : quand les chiffres parlent…
Avec un taux de participation se situant à 74 %, soit le plus élevé depuis plus d’une décennie, à savoir les élections de 1998 pratiquement, trois électeurs sur quatre se sont prévalus de leur droit de vote. En premier lieu, nous devons savoir qu’un fort taux de participation n’affirme pas nécessairement une contestation mais exprime incontestablement quelque chose. C’est ce que nous tenterons de démystifier en décortiquant les enjeux de la précédente campagne.
En premier lieu, cette campagne ne manquait visiblement pas d’enjeux. Il y’a d’abord, la traditionnelle question souverainiste qui est revenue à l’ordre du jour. Également, il y’avait aussi tout le débat enflammé quant aux frais de scolarité ? Hypothétiquement et techniquement, Charest a réussi un coup de maître et a réussi à faire d’une pierre, deux coups. À savoir d’une part utiliser les élections 2012 comme référendum sur la question des droits de scolarité afin de camouflerles spéculations de corruption. Peut-être que le premier enjeu a pesé d’avantage que le second. Sur la question des droits de scolarité cette dernière se divisait en deux autres interrogations à savoir, d’augmenter gelerou diminuer les frais de scolarité et également celle de la violence vue des dernières semaines par rapport d’un des slogans de campagne de Charest, la rue ou la démocratie. Il y’a bien au delà des simples enjeux et de la campagne électorale un travail de l’ombre, à savoir celuifait par chaque député dans sa circonscription. Quant à la prétendue corruption, les électeurs donnaient-ils le bénéfice du doute aux libéraux ou respectaient ils peut être la question de présomption d’innocence et voulaient peut être des preuves concrètes quant aux questions de corruption. Peut être que les résultats de la campagne auraient été différents pour les libéraux ou un autre parti, après la commission Charbonneau ? Il y’a aussi le facteur économique. Nous devons avouer que le Québec s’en est mieux sorti que l’Ontario et que plusieurs pays du monde tout en faisant miroiter un avenir économique encourageant avec le plan nord, la création de 250 000 emplois et le Colisée de Québec. Également, les gens voulaient peut être également une stabilité pour ne pas tout bouleverser avec
Chaque parti : quelles leçons en tirer ?
Québec Solidaire :
Québec solidaire est peut être passé d’environ 3 à 5 % avec deux députés élus mais il s’agit d’une double déception pour eux qui s’attendaient à en avoir une demi-douzaine et donc qu’ils ne peuvent même pas prétendre à la balance du pouvoir. Ce parti devra se pencher sur une question fort simple : comment tenter de percer ailleurs que dans certaines régions de Montréal ? Certaines réponses peuvent être amenéescomme par exemple de parler d’avantage des enjeux régionaux ainsi que revoir leurs moyens de financement (une campagne à vélo pour madame David face aux moyens colossaux des autres partis) ainsi que leurs moyens de communication à l’heure des nouveaux médias sociaux. De plus, la question du vote stratégique souverainiste est également évidemment à l’ordre du jour. Également, n’oublions pas que les deux porte-parole de QS jouissent d’une visibilité médiatique monstre comparativement au reste de leurs collègues. C’est ce qu’on appelle l’effet médiatique pour ne pas dire l’effet Montréal ?Finalement, QS devra revoir peut être sa stratégie puisque un nouveau parti gauche, complètement fédéraliste cette fois, du NPD Québec pourrait venir chasser sur ses terres.
Parti Québécois :
Nous devons applaudir le parti gagnant et nous incliner face à une majorité exprimée si minime soit-elle. Toutefois Le PQ devra se méfier pour revoir certains éléments stratégiques pour ne pas échapper une deuxième fois la majorité. Peut être que divulguer son budget à la dernière minute, après les débats était une tactique pour éviter des questions budgétaires mais ce fut peut-être aussi dans le même temps une erreur. Les se méfient des questions budgétaires et ils ont peut-être perdu la majorité à ce moment là.Ensuite, les péquistes devront réfléchir à deux fois avant de prendre position sur des sujets épineux et encore tabous dans notre société ou d’arborer des symboles comme le carré rouge à l’assemblée nationale. Le parti québécois a prit un pari à savoir rechercher le vote de l’électorat étudiant, la grande majorité de ce dernier étant des jeunes mais historiquement le vote des jeunes ne pèse incontestablement pas autant que celui des personnes âgées. Le parti québécois à aussi peut être perdu certains comptés à cause de la division du vote souverainiste et ce dernier pourrait se poser des questions sur des accords avec QS. Cependant, il ne faut pas négliger que même minoritaire le parti québécois, demeure le gagnant de la dernière campagne électorale.
En premier lieu, nous devons féliciter
Parti libéral du Québec : touché mais pas coulé,
Le phénomène défaite victoire, victoire défaite revient un peu comme dans le cas de la plupart des partis. Les libéraux perdent dans cette guerre, non seulement leur chef mais également une majorité. Cependant, cette défaite est beaucoup moins élevée que ce que la plupart des médias prévoyaient. Les libéraux devront d’une part tenter de soigner cette image de corruption. Ensuite, ils devront continuer le travail sur le terrain dans des régions comme Laval et continuer de contribuer à l’essor de la ville de Québec. Au final, ils devront se doter d’un nouveau chef capable de les emmener à la victoire lors de la prochaine campagne électorale.
Et maintenant : un gouvernement péquiste ! Oui mais pour combien de temps et quelle marge de manœuvre pour Pauline Marois ?
Un gouvernement minoritaire dure en moyenne 18 mois. Madame Marois se retrouve les deux mains sur le volant d’un autobus, incapable de choisir l’itinéraire. Si cette dernière souhaite gouverner, elle devra user de patience et faire des compromis pour éventuellement avancer. Par contre, n’oublions qu’elle est tout de même la première ministre du Québec. C’est non seulement, elle qui va nommer les ministres en plus de prendre d’importantes décisions. Dans un autre ordre d’idées, n’oublions pas qu’elle est aussi la première ministre québécoise de l’histoire du Québec Elle vient de d’accéder à la fonction suprême de notre grande nation même si les femmes sont présentes depuis environ 50 ans comme députées et qu’elles formaient 50% du dernier conseil des ministres de Jean Charest, première fois de l’histoire également.Elle montre un message fort toutes les jeunes filles québécoises, qu’elles peuvent aller aussi loin qu’elles le souhaitent. Madame Marois devra user de patience et gouverner en tentant de faire des compromis avec les autres partis. Par exemple, elle pourra peut-être s’entendre avec les Caquistes sur l’abolition de la taxe santé. Des élections pourraient avoir lieu pour deux raisons, une impossibilité de compromis avec les autres partis et faire passer leurs idées ou bien, une perte de confiance. Le premier se situera éventuellement sur une question constitutionnelle et l’autre sur une question importante, à savoir une question budgétaire par exemple. De plus, les libéraux ne voudront pas partir en élection immédiatement sans chef. Plusieurs rumeurs circulent autant à l’interne qu’à l’externe quant au prochain chef mais cette opération d’envergure prend incontestablement beaucoup de temps.
Au final, le véritable gagnant de cette campagne électorale serait t’elle la démocratie avec la nation québécoise qui vient de voter à 74% ?
Kamel Ben-Naoum
Intervenant social, intervenant des services à la jeunesse et étudiant à la faculté de science politique et droit de l’Université du Québec à Montréal.

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Ah oui, c’est vrai, les »accommodements raisonnables« ... Une belle couillonnade* que les (...)
12/09 23:25 - MorpheusOmar, il faut mieux connaître la mentalité du peuple québecois pour comprendre. Les québecois (...)
12/09 19:50 - MorpheusOmar 33 Bonjour Kamel Merci pour vos explications qui me permettent de mieux comprendre (...)
11/09 11:54 - OMARMonsieur Dornet, je ne sais pas trop ce que vous voulez entendre par les « OMAR ». ? (...)
10/09 23:28 - Kamel Ben-Naoum@Kamel-Ben Nahoum, nous avons besoin de vos témoiganges pour mieux appréhender les choses. Ici (...)
10/09 22:52 - Yves DornetMon très cher Omar, Tout d’abord, sachez que nous avons effectivement la (...)
10/09 22:37 - Kamel Ben-Naoum
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération