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Emeute paysanne en Chine

C'est dans la partie méridionale de la Chine continentale que se passent les faits. Il n'y a au départ qu'une affaire de contestation sur des terres. Et puis l'agriculture chinoise se modernise ! A ceci près que le conflit peut tout à fait s'envenimer. Les ingrédients sont présents.

Un télescopage est à l'origine de mon dernier papier de l'année 2011 : d'un côté les manifestants du Guangdong , de l'autre mes cours en Bretagne. Il y a tout juste un mois, j'ai en effet achevé un cycle de TD (travaux dirigés) consacrés à la Chine d'aujourd'hui. Pour l'examen final, j'ai proposé quatre documents. Il y avait une vidéo présentant Chongqing la grande métropole du Bassin Rouge, un post d'un blogueur du Monde sur la pollution des industriels du textile, une enquête de l'Express sur les grands travaux chinois au Tibet, et enfin un article sur la modernisation de l'agriculture tiré de Reflets de Chine. Ce site reprend la bonne parole officielle avec le secret espoir d'améliorer l'image de ce pays en Occident. Je mets en lien les questions posées.

C'est un de mes étudiants qui, le jour de l'examen, m'a fait remarquer un commentaire à la fin du post. Je n'avais d'autres ressources à ce moment précis que de m'en accommoder, non sans l'avoir parcouru. Je ne l'ai pas supprimé par la suite parce qu'en dépit de l'hostilité évidente de son rédacteur, il m'a au fond amusé. Le contenu de mes TD rend furieux un visiteur de passage. Qu'y puis-je ? Ici, le commentateur ne s'embarrasse d'arguments. Mais son intervention est plus utile qu'il n'y paraît. Je le cite in extenso, avec la signature. " Une belle accumulation de clichés. Félicitations, il fallait le faire. Ahhhh, ! la supériorité des systèmes occidentaux et la démocratie : en voilà un bel exemple universel ! Allez bonnes études et travaux dirigés, très dirigés même .... Pour ne pas dire formaté, comme l'esprit ! ALBIE Alain - refletsdechine.com "

Il s'agissait donc de l'auteur de l'article utilisé pour mon examen sur la modernisation de l'agriculture chinoise, fort mari d'être mêlé à d'autres auteurs incompatibles (de son point de vue). Le brave homme a eu bien tort de s'énerver. Son article 'Lentement mais sûrement, l’agriculture se mécanise' a provoqué l'effet attendu. Mes étudiants savaient pourtant l'essentiel - que d'illusions ! - avant d'entreprendre la lecture : la terre, en Chine, demeure propriété de l'Etat [source]. Avec leur lopin individuel - généralement inférieur à un hectare - les paysans chinois survivent à l'ombre des fermes collectives et des extensions urbaines : exemple dans le Shanxi. Le système montre aujourd'hui ses limites, avec une poussée préoccupante de l'inflation : ['Le bon sens et la spéculation']. Reflets de Chine fait pourtant preuve d'un optimisme sans faille.

Pour lui, les difficultés présentes ne sont pas systémiques mais conjoncturelles. Sont en cause : une 'redistribution des terres' (allusion à l'octroi d'un droit d'usage avec Deng Xiaoping) qui a morcelé l'espace agricole, la raréfaction de la main d'oeuvre et enfin la loi de 2007. Celle-ci offre la possibilité aux paysans de vendre leurs droits à exploiter une parcelle. Cette loi déplaît à l'auteur. A cause d'elle, les familles manqueraient désormais de bras. Fort heureusement - je résume sa réflexion - , les industriels débordants d'imagination proposent désormais des 'micros engins agricoles'. Avec les machines, tout roule en Chine. "Contrairement à nos pays 'riches' où la coûteuse moissonneuse batteuse climatisée va dormir dix mois de l’année dans un hangar de la ferme, les paysans chinois louent encore majoritairement ces engins. Les entreprises proposant ce genre de services se sont par conséquent multipliées et se concurrencent tant par les prix que par la qualité des prestations proposées."

J'attendais seulement de mes étudiants qu'ils comparent les données. Si la main d'oeuvre rurale se raréfie en Chine, il n'y a pas pression sur la propriété ou l'usage de la terre ; celle-là même qui pousse le législateur à battre en brèche le système collectiviste. Il y a en outre plus de 600 millions de ruraux en Chine qui ne peuvent s'installer en ville librement. Faute de passeport intérieur (hukou) un paysan devient un migrant privé de droits (mingong). L'exode rural reste sous le contrôle étroit de l'Etat. Le problème posé est donc celui de la productivité des parcelles. Pour louer des engins agricoles, encore faut-il qu'un paysan en ait les moyens, qu'il dégage des bénéfices. Seuls y parviendront ceux qui accroitront la surface de leur exploitation ; ce qui est pour l'heure impossible, faute de droit à la propriété ! L'agronomie compte moins ici que l'économie.

Sur cet article, une bonne partie de mes élèves n'ont relevé aucune contradiction dans la démonstration. Que Reflets de Chine se réjouisse donc. Ils se sont montrés très confiants dans la capacité de l'agriculture chinoise de se moderniser en l'état...

*

A Wukan, en revanche, les ruraux du Guangdong ne dissimulent plus leur exaspération. En 1997, une ferme spécialisée dans l'élevage porcin a raflé une trentaine d'hectares qui devaient revenir en 2011 au village. Dans le courant de l'année, les habitants ont appris l'existence d'un projet immobilier financé par un promoteur hongkongais, avec 400 hectares vendus à vil prix (520.000 dollars) : autant dire plusieurs centaines de familles expropriées. La population a alors élu des représentants pour transmettre aux autorités locales ses doléances. Celles-ci ont fait la sourde oreille, témoignant de leurs intérêts dans la vente des terres (jusqu'à quel point ?) : le secrétaire du Parti et son adjoint occupent leurs postes depuis quatre décennies. Ils ont pris la fuite, et seraient aujourd'hui incarcérés, le district gérant désormais l'affaire (source). Il y a depuis un siège en bonne et dûe forme, avec interrogatoire de toute personne tentant de sortir de Wukan.

Jusqu'au 9 décembre, l'affaire ressemblait à des centaines d'autres, avec d'un côté le droit théorique et de l'autre son application pratique. Les habitants de la bourgade (13.000 habitants) ont franchi ce jour-là un pas décisif. Car l'un des quatre représentants conduits au poste a connu une fin dramatique. Xue Jinbo, un père de famille d'une quarantaine d'années sans passif médical, est mort d'un brusque arrêt cardiaque : l'annonce officielle suscite immédiatement la colère des plus crédules.

Depuis, les forces de sécurité alternent apaisement et intimidation (source). Les habitants protestent de leur bonne foi en rappelant le droit chinois. Ils réitèrent leur soutien au Parti et à l'autorité centrale, mais dénoncent la corruption des cadres locaux (source). Les pots-de-vin ne font pas l'ombre d'un doute (source). Le 18 décembre, la fille de Xue Jinbo s'exprime à un micro devant la foule rassemblée, sur les marches du temple. Elle assure que son père a bien été battu à mort (source). Le même jour, une marche vers Lifeng, le chef-lieu de district le plus proche (500.000 habitants) est annoncée (source). Aujourd'hui, Wukan guette l'arrivée des policiers anti-émeute, sans illusion (source). En tout cas, les images de la bourgade filtrent à l'étranger (source) : le Guangdong est un sas - via Taiwan et Hongkong - par lequel sons et images circulent de plus en plus librement.

Dans un long article, un journaliste de Reuters relie l'événement avec la politique menée par l'actuelle direction du parti communiste, à Pékin. Pour Chris Buckley, la société harmonieuse pronée par Hu Jintao - il devrait céder sa place dans quelques mois lors du 18ème Congrès du parti au vice-président Xi (qui veillait au bon déroulement des JO de 2008) - ressemble à un discours rassurant sans portée réelle. Lorsqu'elle s'adresse à ses fonctionnaires, la direction présente la société comme menaçante parce qu'elle s'enrichit. Certains décèleront un discours contre-révolutionnaire. J'y vois de la duplicité à courte vue. Dans l'immédiat, le parti investit massivement dans l'équipement de l'armée, de la police et de la justice afin de faciliter la gestion sociale  : comprenez la répression des séditieux et des mécontents. Zhou Yongkang, à la tête de la direction de la sécurité intérieure a récemment donné le ton à l'agence officielle : "Le renforcement et la rénovation de la gestion sociale est une tâche urgente pour préserver l'harmonie et la stabilité".

Wukan laisse présager le futur (plus ou moins) proche. Il y aurait en effet 90.000 émeutes sporadiques par an en Chine, contre 60.000 en 2006 et 8.700 en 1993. Peu importe sur quelles bases statistiques repose le décompte. Pékin tremble et place tous ces espoirs dans une politique de répression. Mais Wukan ne plie pas. Cui Weiping, un dissident pékinois sollicité par Chris Buckley glisse le mot de la fin : "On ne peut diriger une société qui refuse de l'être." A très court terme, néanmoins, je ne perds pas de vue que Pékin dispose des moyens pour écraser la rébellion ouverte d'un district, ou même d'une province. Peut-être parce que je ne partage pas le goût des révolutions louées par principe. Tout paraît si facile derrière son ordinateur, avec la perspective de fêter Noël au chaud...

Il y a bien pire. En Occident, les propagandistes de l'agriculture chinoise en phase de modernisation et les amateurs de la société harmonieuse restent obstinément sourds et aveugles. Wukan ne peut pas tout... Who can, ai-je envie de demander en anglais ?

Incrustation : The Telegraph


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34 réactions à cet article    


  • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 21 décembre 2011 12:38

    Du nouveau à Wukan. Les ’représentants’ villageois sont revenus chez eux. Et le retour au calme semble programmé http://t.co/DDNIyR9Q Mais plus à l’Est, à Haimen, la police charge http://t.co/dpNw3oWT


    • Ronald Thatcher rienafoutiste 21 décembre 2011 12:52

      expropriation, corruption, répression, intimidation et assassinat = bienvenue en Chine nouvelle

      qui sont les responsables de ce petit mouvement de révolte, les communistes corrompus ou les promoteurs milliardaires qui lorgnent ce bord de mer ?


      • Raymond SAMUEL paconform 21 décembre 2011 15:43

        L’auteur,

        Que pensez-vous de ces centaines (?) de millions de ruraux qui rejoignent les ville en devenant des salariés ? La récession en occident, ajoutée à la cooncurrence de tous les autres pays du tiers-monde qui s’industrialisent progressivement prépare un chômage de masse en Chine, dans un avenir peut-être pas si lointain.
        N’est-ce pas une gigantesque bombe à retardement que cette masse énorme de néo-citadins si l’on estime que ce sont de futurs chômeurs probablement non indemnisés ?
        Comme en Europe et ailleurs, le retour à la tere nourricière se heurtera à de très grosses difficultés, ou plutôt à une impossibilité certaine.

        Merci de dire si vous considérez comme probable sinon certain ce futur chômage de masse en Chine. Le même phénomène est fort à craindre sur toute la planète mais le plus grand danger est en Chine compte tenu de l’importance de l’exode riural.


        • perlseb 21 décembre 2011 16:06

          Bof, rien de nouveau. C’est comme chez nous, en fait. L’oligarchie s’enrichit sur le dos de la masse et la difficulté est juste de trouver une vitesse d’enrichissement qui paraisse acceptable pour la masse. Pour l’instant, les oligarques chinois (qui ont beaucoup de retard par rapport à nos oligarques) exagèrent un peu et ça se voit.

          Le peuple veut la privatisation de la Terre ? Qu’il se réjouisse, les oligarques finiront par tout posséder et ils ne seront que des locataires esclaves, travaillant une Terre qui ne leur appartiendra pas juste pour survivre (regardez comment s’est passé la privatisation des pays de l’est : une poignée de salauds à tout ramassé et ce sont eux les nouveaux oligarques, maintenant). C’est ce qui se joue partout sur Terre. La liberté n’est pas de posséder des broutilles, la liberté serait que PERSONNE ne possède les choses indispensables (capitaux, fonciers, banques) et que le partage des fruits du travail soit équitable. L’avenir est aux oligarques rentiers, voleurs sans scrupules, à ceux qui nous promettent que la liberté passe par la privatisation de tout ce qui nous entoure. Et c’est bien ce qui se passe. Nous allons bientôt payer pour aller à la plage ou pour emprunter de simples routes. Les faillites des états sont là pour ça. C’est ça, la propriété privée. Il n’y a soit-disant pas d’autre alternative...


          • franco-chinois 21 décembre 2011 16:07

            Le site refletsdechine.com vaut ce qu’il vaut : une vision d’un citoyen français, ordinaire, qui, depuis 6 ou 7 ans, vit en Chine dans la cambrousse en partageant 24h/24 la vie quotidienne du peuple local.

            Cette phrase :

            « Ce site reprend la bonne parole officielle avec le secret espoir d’améliorer l’image de ce pays en Occident. »

            ne reflète que, soit une imagination suspicieuse - Monsieur connait les secrets espoirs des autres -, soit une condescendance caractéristique de ces sommités auto-proclamée ou validées par l’establishment officiel qui continue à examiner les « Autres » comme des « bons sauvages ».

            Dommage, l’article aurait valu quelque chose si, à la place d’un Ayatollah de savoir, on retrouve un enseignant digne de ce nom. Comme aurait suggéré, Max Weber.


            • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 21 décembre 2011 17:30

              Avec les phrases de transition, j’ai souvent une hésitation... Est-ce bien nécessaire de résumer une démonstration en une phrase, quitte à forcer le trait ? En même temps, cela permet de passer d’une idée à une autre en douceur.

              Maintenant, cela veut dire qu’il y a une démonstration et des arguments, si vous voyez ce que je veux dire ?

              Donnez donc quelques clefs de lectures pour comprendre ce qui se passe à Wukan, ou à Haime. Et puis on en reparle. Tenez, voilà quelques images d’Euronews http://fr.euronews.net/2011/12/21/soulevements-populaires-dans-le-sud-de-la-chine/

               


            • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 21 décembre 2011 17:36

              Faute de frappe sur le dernier message : il fallait lire Haimen - et non Haime - dans le Guangdong. La province de Sun Yat-sen...


            • franco-chinois 21 décembre 2011 18:25

              Est-ce bien nécessaire de démolir quelqu’un d’autre pour présenter votre vision ?

              Est-ce bien nécessaire de qualifier les opinions divergentes d’autrui de « bonne parole officielle » ?

              Est-ce bien nécessaire de recourir à des « arguments » de type "mes étudiants savaient pourtant l’essentiel« , »mes élèves n’ont relevé aucune contradiction« , pour démontrer quelque chose ?

              Est-ce bien nécessaire de démontrer un »secret espoir" ?

              Vous aimez la démonstration, soit.

              Démontrez alors l’impartialité dans la présentation des faits, de cette TV, Euronews .


              • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 21 décembre 2011 18:47

                Vous préférez le Los Angeles Times, peut-être http://www.latimes.com/news/nationworld/world/la-fg-china-protests-20111221,0,4358863.story ?

                A la fin, la journaliste donne d’ailleurs la parole à un ’activiste’ qui se montre catégorique sur la suite des manifestations. Les Occidentaux qui attendent une révolution tunisienne s’illusionnent...

                A ses yeux, les habitants du littoral du Guangdong ont une vue plus acérée parce qu’ils sont habitués à regarder la TV hongkongaise. Mais la majorité des Chinois des Quinze provinces ne pourraient aujourd’hui suivre les mots d’ordre entendus à Wukan ou à Haimen.

                A Haimen, un témoin http://o.seattletimes.nwsource.com/html/nationworld/2017058914_apaschinavil lageriot.html relève quand même que la gravité des pollutions s’impose à la population. Qui pourrait croire que celle-ci disparaîtra du jour au lendemain ?


                • Marc Bruxman 21 décembre 2011 19:35

                  Et surtout, les populations des grandes villes qui profitent du système seraient bcp moins enclines à se révolter. Même dans le guangdong, il est probable qu’une éventuelle révolte n’atteigne pas guangzhou, la capitale (canton pour les français) ou le niveau de vie est déja assez élevé et ou tout une classe moyenne bénéficie du travail du reste de la province. Dans le cas présent, si les paysans se font expulser au grand bénéfice d’un projet immobillier ou croyez vous que cela va ramener la thune ?

                  Mais ne croyez pas que les chinois ne savent pas ce qui se passe dans leurs pays ou à HK parce qu’ils habitent la province. Depuis les années 80 les gens savent comment cela se passe à HK et cela n’a jamais encouragé une révolte. Même en 1989 d’après plusieurs chinois, la révolte est globalement restée circonscrite à Beijing. Même à Shanghai la situation était très calme si ce n’est quelques petites manifs à l’université.

                  Simplement jusqu’à une époque récente les chinois des villes considéraient que l’augmentation de leur niveau de vie était bonne et cela justifiait le reste d’une certaine façon.

                  Cela change depuis quelques années (environ 2009 je dirai) car le niveau de vie est devenu suffisamment bon pour que les citadins aspirent à d’autres choses : par exemple la justice, la santé, l’air pur, etc, ... 

                  Et si l’immobillier s’effondre (grosse probabilité), la donne pourrait être différente et la ca va être dangereux.


                • Marc Bruxman 21 décembre 2011 18:54

                  Que voulez vous, rien n’est ni tout noir ni tout blanc. Les chinois le savent et se moquent bien de notre définition du « bien » et du « mal » : un concept pour eux très bizarre car rien ne peut être que bon ou que mauvais.

                  Pour la Chine il en est pareil :

                  • Le bon : Un pays qui est passé en 30 ans du statut de pays du tiers monde à celui de pays émergents. un pays qui a fait passé 250 millions de personnes du statut de pauvre à un niveau de vie proche du notre. Et la pauvreté des autres a quand même baissé.
                  • Le moins bon : Les chinois n’ont pas de tradition « juridique », la justice est rendue par des hommes et non par des textes du moins jusqu’à une époque récente. Or ce point la n’est pas rentré dans les habitudes et le système juridique est un grand bordel qui reste jonché d’arbitraire et de corruption. C’est la source de la plupart des problèmes dans la chine actuelle. Plus que la démocratie, les chinois aimeraient bien un droit et une justice équitables. Leurs intérêts convergent sur ce point avec les investisseurs étrangers ET chinois. Difficile en effet de faire du business à long terme quand vous ne savez pas si vous n’allez pas être condamné demain parce que vous n’avez pas le bon guanxi.

                  Avant même d’être un problème économique (et le problème dont vous parlez est réel), la gréve en question est le message de paysan qui signalent qu’ils en ont marre de se faire fister à chaque fois qu’ils ont un conflit avec plus gros qu’eux. Si leurs terres avaient été payées avec un juste prix ou tout au moins que la procédure d’expropriation avait été transparente, ces gens la ne se seraient probablement pas révoltés. Lorsqu’au contraire ils ont l’impression qu’ils se sont fait flouer parce qu’ils n’ont pas pu payer un pot de vin au maire, ils sont furieux. Cela se comprend.

                  Ce qui manque en Chine, c’est un système judiciaire capable de faire appliquer des lois écrites qui soient identiques pour tous. Paradoxalement cela renforcerait le pouvoir central et permettrait de réduire considérablement la corruption. Mais cela montrerait aussi au chinois moyen qu’il a des droits et que l’état lui garantit ses droits y compris face à des fonctionnaires véreux. Cela améliorerait beaucoup la stabilité du pays et la confiance dans ses dirigeants. Mais il semble dixit les chinois avec qui j’en ai discuté qu’il soit très difficile de faire une telle réforme car beaucoup de mauvaises habitudes et qu’il faudrait beaucoup d’énergie pour imposer un tel changement. Or, les grands noms de la politique chinoise comme Mao (qui quoi que l’on en penses ici est encore respecté la bas) et Deng Xiaoping (qui a pu lancer des réformes ambitieuses à lui tout seul) ne sont plus la. Parmis les dirigeants actuels, aucun ne semble avoir l’aura nécéssaire pour entrainer le pays dans cette réforme nécéssaire. Et la situation ne semble pas assez grave pour qu’il puisse l’imposer.

                  Car souvent c’est la nécéssité qui fait les réformes dans ce pays. Lorsque Deng a souhaité réintroduire le capitalisme, il avait une forte opposition face à lui. Mais le pays était tellement dans la merde que l’opposition l’a accepté. Paradoxalement la prospérité actuelle nuit aux réformes. Et c’est dommage car cela a si bien commençé !


                  • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 21 décembre 2011 19:53

                    MB

                    Merci pour ces commentaires circonstanciés. Je vous suis pour l’essentiel. Pour la question du droit, il y a quand même une différence entre un pays sans environnement juridique et la Chine. La loi existe ; elle est simplement à géométrie variable : la majorité des Chinois ne peuvent se payer un avocat. Cette profession est de toutes façons fermée à ceux qui veulent affronter les autorités http://www.dailymotion.com/video/xkgbcr_un-avocat-chinois-emprisonne-pour-avoir-defendu-falun-gong_news

                    Sur l’éclatement de la bulle immobilière en Chine, je mets le lien sur un reportage de Philippe Reltien hier http://www.franceinter.fr/emission-ailleurs-la-bulle-immobiliere-en-chine


                  • sonearlia sonearlia 21 décembre 2011 20:28

                    Encore une nouvelle révolution de couleur ?


                    • franco-chinois 21 décembre 2011 23:59

                      @ l’auteur

                      Je vous ai demandée de démontrer l’impartialité d’une TV que vous citez, vous en citez une autre. Bien.

                      Sachez que l’énumération et la sommation, 1+1+1+1..., ne signifie pas que l’Infini peut être atteint.

                      Ce n’est pas non plus, en démolissant le point de d’un autre, qui prouve que le votre soit juste.

                      Vous voulez quelques clefs pour comprendre le problème de la propriété en Chine, je vous rappelle d’abord ce qu’est la notion de propriété dans le contexte de la civilisation occidentale ainsi que les enjeux immédiats.

                      Propriété (pro privo : à titre privé) :

                      Le propre et le sale : ce qui est à moi est propre, ce qui est à l’autre est sale (l’animal marquant son territoire de ses excréments)/propreté.

                      La propriété : ce qui se distingue du reste, le mien et le tien ; la traduction phénoménologique, puis spatiale de mon individualité, conçue à la fois comme ma singularité et mon unicité. D’emblée liée à la question de l’individu, comme principe qu’il faut absolument respecter dans son autonomie (qui s’appelle à l’époque liberté)*. Dans le contexte du Contrat social, c’est le travail du corps propre qui est la seule source légitime de la propriété. Le corps propre comme sanctuaire du moi, lieu premier où existe le moi, traduit dans le monde le droit absolu du moi d’être, donc d’avoir.

                      L’enjeu de la propriété ou de l’autorité vise le pouvoir (symbolique sur les textes, politique sur la vie et la mort d’autrui), étant supposé que chacun maintient un pouvoir fondamental qui constitue sa liberté, mais qu’il doit renoncer à une partie de son pouvoir pour respecter la liberté d’autrui et garantir sa propre liberté.

                      Question : est-ce possible ? Ce pouvoir peut-il être autre chose que la guerre de tous contre tous ou la tyrannie de quelques uns ? Ce pouvoir peut-il échapper au chaos et à la domination ? ce pouvoir peut-il être légitime, fondé, juste ?

                      * Article 544 du code civil : « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements. »


                      Dans le contexte de la civilisation chinoise, à titre d’exercice, je vous renvoie à la réflexion sur les questions suivantes : Quels sont les contenus accordés au mot propriété ? Au mot individu ? Au mot Moi ? Au mot privé ? Au mot autorité ?


                      Et finalement, concernant la propriété, ce sont les mêmes questions – en Chine et en Occident - qui reviennent :

                      A qui appartient le monde ?

                      A qui revient l’autorité d’exercer la puissance ? Qui est propriétaire de l’autorité ? Comment faire pour que l’autorité ne soit pas une simple domination ? Comment lutter contre une puissance sans autorité, c’est-à-dire la violence ?

                      Si vous avez des réponses claires à ces questions en tenant compte des remarques nuancées de Marc Bruxman, la conclusion de votre article : “Il y a bien pire. En Occident, les propagandistes de l’agriculture chinoise en phase de modernisation et les amateurs de la société harmonieuse restent obstinément sourds et aveugles. Wukan ne peut pas tout... Who can, ai-je envie de demander en anglais ? - somme toute, un dilettantisme et un règlement de compte personnel reflétant un ego démesuré -, aurait alors un sens.


                      • franco-chinois 22 décembre 2011 00:01

                        Désolé pour la faute de frappe : Je vous ai demandé.


                      • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 22 décembre 2011 09:13

                        Un officiel reconnaît les violences policières à Haimen. Visiblement, dans le Guangdong, la parole se libère un peu. Les injustices atteignent de tels sommets en Chine continentale http://www.reuters.com/article/2011/12/21/china-protest-plant-idUSL3E7NL0KR20111221 

                        Mais la terre ne pourra pas être éternellement confisquée par l’Etat au profit d’intérêts particuliers. Dans les provinces orientales, où se posent en plus des questions ’nationales’, moins qu’ailleurs http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/les-ouighours-en-colere-apres-la-confiscation-de-leurs-terres_1019326.html


                        • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 22 décembre 2011 09:27

                          Il fallait lire bien sûr les ’provinces occidentales’... Et non orientales. Mais Achille Talon comprendra.


                        • platon613 22 décembre 2011 09:19

                          Selon Dominique Strauss-Kahn, l’Euro s’effondrera dans une semaine ! !
                          DSK, qui se produit rarement en public depuis son scandale sexuel retentissant, est intervenu au Forum économique de Pékin et a averti que « les dirigeants européens n’avaient pas plus d’une semaine pour sauver l’euro. Or, ils refusent toujours de regarder la vérité en face »...

                          http://www.news26.tv/econmie/1466-d...


                          • robin 22 décembre 2011 09:48

                            Les chinois le cas échéant ne s’embarrasseront pas de négociations, une bonne campagne d’écrasement aussi sanglante que possible à coup de chars des manifestants et le reste de la racaille rentrera dans le rang.


                            • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 22 décembre 2011 12:26


                              Quelle arrogance dans cet article.
                              Le point de vue d’un occidental supérieur ?

                              Humm... qui se croit supérieur, ça oui, sans doute.

                              Ce petit coté donneur de leçons à tort et à travers, bien à la française... ça ammuse, bien sur, et puis ça fini quand même par agacer un peu. Non ?


                              • Abdu Abdu 22 décembre 2011 12:28

                                Quelques remarques :

                                - Le Hukou n’empêche personne de s’installer et vivre en ville. Il y a éventuellement (mais me dit-on de moins en moins) des difficultés pour scolariser les enfants, les écoles publiques ne recevant pas les enfants d’autres communes, il faudrait se tourner vers des écoles privées, donc plus cher. Le problème essentiel que rencontre un paysan désireux de s’installer en ville n’est absolument pas un problème de droit, c’est un problème d’argent.
                                (Source : les enfants de paysans de mon bled).

                                - A Wukan, les choses se sont embrasées car il y a eu mort d’homme. Ce type de scénario amène toujours à la défaite des autorités en place. On est donc dans les faits bien loin de solutions répressives. Les autorités savent parfaitement que sur le plan de l’affrontement physique, elles ne font pas le poids. La police et les forces armées sont utilisées dans une stratégie bien plus alambiquée sans laquelle tout aurait été balayé depuis longtemps (et pas nécessairement pour le meilleur).
                                (Source : mes yeux ouverts sur mon environnement)

                                -Il y a des micro-Wukan partout en Chine. Il n’y a pas à proprement parler de spoliation des terres, mais la magouille habituelle qui consiste à les racheter au prix qu’elles valent en sachant que ce prix sera décuplé dans les mois qui viennent. Du délit d’initié, quoi. En droit, je ne suis pas convaincu que ces magouilles soient illégales. Elles provoquent une colère que l’on peut qualifier de légitime, mais il faut savoir qu’en général les terres sont payées au prix en vigueur et que la vente n’est pas forcée.
                                (Source, le frangin d’un pote qui sort de prison pour avoir fracassé la porte du bureau du gouvernement dans le cadre d’un de ces accès de colère...)

                                - la réduction de la proportion du monde rural dans la société chinoise est une volonté politique de la Chine. Je ne trouve pas que ce soit une bonne idée. Il vaudrait bien mieux se mettre à payer les paysans. Mais ce problème est mondial. L’ordre mondial ne supporterait pas qu’on se mette à rétribuer les personnes à la hauteur du service qu’il rendent à la société. Je crains que Wukan ne soit pas le déclic qui y changera quoi que ce soit.

                                NB :
                                Je n’ai rien compris au conflit entre l’auteur et Reflet de Chine, et encore moins ce que ça pouvait apporter à cet article.


                                • franco-chinois 22 décembre 2011 13:03

                                  “Pour lui [refletdechine, ndlr], les difficultés présentes ne sont pas systémiques mais conjoncturelles”

                                  “Mais la terre ne pourra pas être éternellement confisquée par l’Etat au profit d’intérêts particuliers.”

                                  “Les injustices atteignent de tels sommets en Chine”

                                  Et, heureusement, à travers vos propagandes, non, divines lumières, ces bon sauvages seront bientôt émancipés, iront « Occupy Wallstreet » pour pouvoir savourer la délice de la bonne justice...., et enfin, reconnaissant, ils chanteront tous les dimanches : “Quia fecit mihi magna qui potens est.”

                                  Amen.


                                  • Gérard Luçon Gerard Lucon 22 décembre 2011 14:17

                                    combien de temps etes vous reste en Chine ? mais y etes vous reellement alle ?

                                    je n’ai pas bien compris si vous etes simplement endoctrine a la sauce CIA ou juste un simplet de passage disciple du clown triste denomme ricard -ou pastis-

                                    Clairement vous avez beaucoup a apprendre, par exemple sur la notion de propriete privee en Chine, probablement les changements legislatifs de ce pays -la Chine- ces 15 dernieres annees vous on echappe, ou ont echappe a vos mentors,,,


                                    • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 22 décembre 2011 14:27

                                      Aux défenseurs du hukou (passeport intérieur) voilà un lien sur un blog du Monde qui montrera à ceux qui veulent bien ouvrir les yeux (évidemment, c’est un peu long à lire... Mais les liens sont quand même bien utiles !) http://chine.blog.lemonde.fr/2008/01/09/hukou/

                                      Sinon, je signale qu’à Haimen les forces de sécurité ont tiré sur la foule http://www.reuters.com/article/2011/12/22/us-china-protest-power-idUSTRE7BL09M20111222 En même temps, les autorités locales reculent en promettant l’arrêt de la centrale

                                       


                                    • Abdu Abdu 22 décembre 2011 15:17

                                      Il ne s’agit pas de défendre le hukou. Mais depuis le temps que je lisait régulièrement cette histoire de peuple assigné à vivre là où il est né à cause du hukou et de voir en parallèle que les chinois sont extraordinairement mobiles à l’intérieur de leur pays, forcément, j’ai finit par me poser des questions (je suis de nature crédule, mais il y a des limites).
                                      Plutôt que d’aller sur internet, j’ai demandé autour de moi. Tout le monde étant concerné par la mobilité (soit personnellement, soit par ses proches, soit dans le passé soit dans le futur), pas besoin d’aller bien loin pour enquêter.
                                      Le verdict est sans appel, le hukou, c’est une paperasse chiante comme une autre, mais ça n’est en aucune manière un obstacle significatif à la migration.
                                      Si vous avez des versions chinoises de vos liens prouvant le contraire, je pourrais toujours pour vous être agréable tenter l’expérience de convaincre les intéressés qu’ils se trompent sur leur propre sort. Ça les amusera.
                                      Donnez-leur le choix entre l’abolition du hukou et une prime au déménagement de 1000 yuans, ils n’hésiteront pas une seconde... a condition bien entendu que déménager soit dans leurs projets.
                                      Quand j’ai demandé alors à quoi servait le hukou, on m’a même avancé que c’était pour limiter l’achat de terres locales par les citadins... Mais que comme tout règlement, il y a des solutions pour passer outre.
                                      Je précise que mes sources ne sont pas le bureau de propagande mais des chinois de base, qui ont ou vont faire leur corvée à Shenzhen comme bagnards volontaires pour tirer de notre système de fous les moyens d’un beau mariage ou dont les parents posent des moellons.


                                    • Gérard Luçon Gerard Lucon 22 décembre 2011 20:54

                                      bravo ... mais probablement et contrairement a l’auteur de ce torchon propagandiste, vous avez vecu ou vivez actuellement en Chine ...on y apprend le respect ...

                                       


                                    • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 22 décembre 2011 22:15

                                      Du nouveau à Haimen. Pékin annonce l’envoi de forces de police. Mais tout va bien, nous dit-on... Celles-ci seront ’civilisées’ !

                                      http://www.chariweb.com/2011/12/beijing-urges-more-civilized-policing.html 

                                       


                                    • Abdu Abdu 25 décembre 2011 17:50

                                      A Gerard Lucon, effectivement.

                                      On y apprend le respect pour l’humain.
                                      Et pour peu qu’on se souvienne un peu de ses propres racines, on apprend à les comprendre.

                                      Je crois qu’il faut pardonner à l’auteur.
                                      Il ne peut pas vraiment se rendre compte.


                                    • ALBIE Alain 28 décembre 2011 06:59

                                      @franco-chinois" Le site refletsdechine.com vaut ce qu’il vaut« 


                                      C’est vrai, mais au moins ce que je relate est du vécu et non l’alignement de prélèvements faits dans les bibliothèques françaises ou par rapport à une très lointaine jeunesse passée dans un pays quitté pour raison de confort personnel. 

                                      C’est d’ailleurs un point que vous partager avec l’auteur de ce qui qui est difficile de nommer article et dont on peut se demander comment il a passé la »modération« . Le point que j’évoque concerne celui qui vise à n’être capable que de répéter ce qui a été imposé par un programme scolaire pour l’auteur, et ce qu’il est bon de penser pour vous.

                                      Cela étant, et bien qu’ayant répondu sur le blog de l’auteur en ignorant que le double de Paul Villach avait copié/collé sa pose dans ce récipient, je vais toutefois lui répondre.

                                      1°) Il est où votre problème ? Est-ce le fait que je sois intervenu sur votre copié/collé dans votre blog qui se veut éducatif ?

                                      Si oui, il faut dès lors fermer cette zone et ouvrir un livre d’or à seulement dévolu à votre gloire.

                                      2°) Oui votre article initial est une suite de clichés parce que le fait d’une personne qui parle d’une chose qu’il ne connait pas. Désolé d’avoir introduit la contradiction, ce qui est la plus haute forme de démocratie dont vous parlez beaucoup, mais en appliquez bien peu le concept.

                                      3°) Votre statut d’enseignant vous offre un certain nombre d’avantages en contrepartie desquels vous devez éduquer le enfants qui vous sont confiés. Il n’est inscrit nulle part dans votre mission que vous devez y glisser quelques sentiments idéologiques personnels, lorsque vous en avez.

                                      Vous avez pour cela les scrutins électoraux et les très nombreuses manifestations corporatistes visant à défendre vos salaires et vos périodes de congés.

                                      Comme je vous l’ai dit sur votre blog, enseigner et détenir la moindre parcelle d’intelligence sont deux choses totalement différentes, ce dont vous êtes d’ailleurs la preuve éclatante.

                                      Dans votre article, vous prenez comme base l’agriculture chinoise, domaine dans lequel vous ne connaissez strictement rien, pas plus d’ailleurs que celle concernant votre propre pays. 

                                      Existe-t-il d’ailleurs un domaine que vous maîtrisez ?????

                                      La corruption en Chine, je la relate souvent sur mon blog, et ce très loin de la parole officielle du PCC, ce qui n’est pas votre situation puisqu’une fois de plus vous ne reprenez que la doctrine que vous impose votre parti associé. 

                                      Je vais vous citer une anecdote qui contrairement à vos écrits est vérifiable auprès des personnes concernées :

                                      En mai 2010 j’ai reçu un groupe de personnes parmi lesquelles un ancien député PS et son épouse conseillère régionale membre du même parti. Je connais ces deux personnes depuis très longtemps, du temps où j’habitais dans le pays de la liberté d’expression.

                                      Comme le dit Franco-chinois, j’habite à la campagne (j’en suis fier parce que c’est un choix et non une obligation), je leur ai donc fait visité les lieux où je vis sans rien leur cacher.

                                      Nous sommes donc allé dans des fermes où vivent des gens de la même manière que vivaient certains de nos paysans (vous ne l’avez jamais vu) il y a 40 ans. Ils ont vu la pauvreté, l’opulence de certaines villes, la classe moyenne, etc ...

                                      Lorsqu’ils ont été de retour en France, je leur ait demandé s’ils pouvaient me faire un compte rendu de leurs impressions que je publierais ensuite sur Reflets de Chine. L’objectif était de relater ces impressions, que celles-ci soient ou non positives.

                                      La réponse a été :

                                       »Désolé Alain, mais malgré notre profonde amitié on ne peut pas. Ce que nous dirions honnêtement de ce pays est en effet trop éloigné de la ligne du parti."

                                      Alors je vous en prie Monsieur l’enseignant, allez faire vos leçons auprès, non pas de vos élèves, mais de vos adeptes formatés.

                                      Comme le disait l’intellectuel ( ou se prenant comme tel) Franco-chinois (le cul entre deux chaises par intérêt), mes écrits valent ce qu’ils valent, mais ont au moins le mérite d’être objectifs. Vous avez sorti un de mes commentaires de son contexte, cela ne vous grandit pas et démontre le peu d’argumentation d’une cause que vous voulez juste, mais qui n’est dictée que par un formatage idéologique partisan.

                                      Pour conclure je vous direz qu’au lieu d’attaquer une personne dont vous ne savez rien, vous feriez mieux de vous cantonner à ce que vous connaissez et qui tient en un mot : rien.

                                      Pour ce qui est des articles sur la corruption, il y en a plein dur Reflets de chine, dont celui-ci tout dernièrement :



                                      • Abdu Abdu 28 décembre 2011 09:04

                                        « ce pays est en effet trop éloigné de la ligne du parti »...

                                        Excellent !


                                        • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 28 décembre 2011 10:12

                                          Comme cet article continue à attirer l’attention de nombreux lecteurs en panne de liens, je me permets de glisser celui-ci tiré du ’New York Times’ extrêmement bien renseigné. Je ne peux résister au plaisir un expert chinois, Liu Yawei : « Ce qui se passe à Wukan n’a rien de nouveau. Cette réalité est partout équivalente en Chine »... Un autre décrit la corruption des comités villageois comme la résultante du système administratif.

                                          Faute de ressources financières, ceux-ci profitent de l’envolée des prix du foncier pour vendre des terrains au plus offrant : c’est possible dans les périphéries de grandes agglomérations, sur les littoraux, ou dès qu’il y a un acheteur ; au passage, des milliers de paysans se retrouvent privés de terre.

                                          Dans cet autre article du Monde, on trouvera à la fois le rappel des événements récents dans le Guangdong et de nouveaux développements à Nanjing. Dans ce dernier cas, il s’agit des personnels du groupe coréen ’LG’


                                          • ALBIE Alain 28 décembre 2011 17:45

                                            Sûr que le New York Times sur la Chine, c’est une référence ............ Pour un « enseignant » français du moins.


                                            Si vous m’en trouviez un du même éditeur sur les 50 millions d’américains mis à la rue suite aux subprimes, je suis preneur.

                                            Mais non que je suis bête, je vais regarder sur le quotidien du peuple, uns source fiable sur le sujet.

                                            Pauvres enfants obligés de supporter ces magnétophones trop chers payés !!!!

                                            • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 28 décembre 2011 18:42

                                              Dans cet article de Mediapart repris par un blogueur, on trouve le passage suivant, lui aussi extrêmement instructif...

                                              «  »En février dernier, l’Académie des sciences sociales de Pékin, considérée comme le think tank du gouvernement central, a publié une étude réalisée dans dix provinces rurales. Elle a mis à jour l’inhumanité du système : dans 29% des cas de réquisition de terres par les autorités locales, les fermiers ne sont jamais prévenus à l’avance ; et pour 58% d’entre eux, aucune négociation sur le montant des indemnités n’est même envisagée.«  » 

                                              On trouve également des détails sur ce secteur vidé de ses paysans dans le Sichuan pour cause d’installations photovoltaïques, ou encore le développement de la ville-champignon d’Ourdos en Mongolie intérieure...


                                              • ALBIE Alain 4 janvier 2012 16:33

                                                En France ce sont toutes les campagnes qui sont vidées de leurs agriculteurs. Ceux-ci doivent aller travailler en ville pour subvenir à leurs besoins.


                                                Mais il est vrai que vous ne connaissez pas plus la France que la Chine en dehors de ce qui vous sert de support pour toucher votre salaire.

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